Selon Suecide High, le chaos a son charme

Suecide High marque le retour au rock frontal de Renaud Mayeur, auteur-compositeur, guitariste et chanteur belge passé par Hulk, La Muerte et Triggerfinger. Pendant plus de deux décennies, il a écrit, enregistré et tourné au sein de formations qui ont laissé…

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Twin Temple, amants maudits ?

Établis à Los Angeles, Alexandra et Zachary James, mariés à la ville, publieront leur troisième elpee, « Doomed Lovers », le 23 octobre sur leur propre label, Pentagrammaton Records, distribué à travers le monde par Secretly Distribution. L'annonce survient…

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Bernard Dagnies

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vendredi, 31 décembre 2004 02:00

Wave of Mutilation. Best of the Pixies

La reformation des Pixies est donc assortie d’une tournée qui passera par Werchter le 4 juillet prochain. Et puis de la sortie simultanée d’une compile et d’un DVD. Pour un groupe comme les Pixies, difficile de réaliser la compilation parfaite. En 1997, « Death of the Pixies » (NDR : il n’est aujourd’hui plus disponible qu’en import) avait déjà essuyé les mêmes critiques. Et chaque fan possédant l’intégrale du quatuor bostonien s’est sans doute déjà constitué son propre best of. Pas étonnant dès lors d’entendre dire de leur part qu’il y manque l’un ou l’autre titre. Ou que certains n’auraient pas dû y figurer. Sachez simplement que « Wave of mutilation » est découpé en 23 fragments, dont les inévitables « Bone machine », « Caribou », « Monkey gone to heaven », « Where is my mind ? », « Gigantic » , « Here comes your man », « Dig for fire », « Planet of sound », etc. Et puis surtout recèle une cover de Neil Young, « Winterlong » et une autre flip side, « Into the white », deux plages qui figuraient déjà sur « The complete B-sides » (NDR : un elpee consacré aux faces B, vous vous en doutez, paru en 2001). Le plus intéressant procède du DVD. Pas tellement à cause de la présence de huit clips vidéo ni du documentaire retraçant l’histoire des Pixies, à travers des interviews accordées par Bono, Bowie, Thom Yorke, PJ Harvey, Tim Wheeler et quelques autres, mais surtout à cause du film d’un concert accordé par le groupe en 1988, au Town & Country Club de Londres, en première partie des Throwing Muses. Un régal ! Maintenant si vous souhaitez tout connaître d’un des groupes les plus importants de la fin des années 80 (NDR : certains n’ont pas hésité à dire au monde !), il ne vous reste plus qu’une solution : vous procurer l’intégrale. Et vous ne serez pas déçus. (NDR : il vous est également loisible de retrouver une interview accordée par Frank Black, en 2001, sur le présent site)
vendredi, 31 décembre 2004 02:00

Once more with feeling – Singles 1996 – 2004

En 19 titres, le premier morceau de plastique de ce double CD nous propose un aperçu rigoureux et chronologique de l’évolution de Placebo. Depuis « 36 degrees » à « Twenty years » en passant par « Nancy boy », « Pure morning », « Taste in men », « English summer rain”, “Every you every me” et le duo échangé avec David Bowie pour “Without you I’m nothing”. On y recèle également une nouvelle compo, le romantique “I do”, « Protège moi » (NDR : chanté dans la langue de Molière ce titre était jusqu’alors uniquement disponible sur le marché français), et puis le single “Twenty years”, paru le 18 octobre dernier. Une mise au point qui s’imposait après la confection de deux elpees quelconques (NDR : « Sleeping with ghosts » purement et simplement gâché par la technologie moderne et le gothique « Sleeping with ghosts »). Et qu’on espère salutaire dans le chef de Brian Molko. Si son talent n’est plus à démonter, il aurait tout intérêt à en revenir à une forme plus basique, plus proche d’un esprit glam/punk qu’il incarnait si bien à ses débuts et que ce disque nous démontre si bien. Suffit pas d’être décrit comme le Marquis de Sade du XXIème siècle ; il faut aussi le mériter. C’est tout le mal qu’on lui souhaite. Ah oui, je ne vais pas m’étendre sur la seconde plaque, puisqu’elle ne recèle que des remixes ; et franchement à moins qu’ils ne soient exceptionnels, j’éprouve une allergie certaine à l’égard de ces bidouillages technologiques…
vendredi, 31 décembre 2004 02:00

Monsoon

Au sein de PSOI, on retrouve Spiral Stairs, alias Scott Kannberg, guitariste et membre fondateur de Pavement. Un personnage qui était toujours resté dans l’ombre ; mais qui depuis la séparation du groupe mythique, a mis les bouchées double. Tout d’abord en fondant son label, « Amazin Grease », et puis en fondant Preston School Of Industry. En 2001, la formation avait d’ailleurs déjà sorti un premier elpee, « All this sounds gas », un disque apparemment constitué de sessions d’enregistrements écartées de l’album « Tenor twilight ». Pour enregistrer « Monson », PSOI a reçu le concours de Wilco (« Get your crayons out ! ») ainsi que de Scott Mc Caughey desYoung Fresh Fellows) et de Minus Five (« Caught in the rain » et « Tone it down »). Ce qui explique sans doute pourquoi l’opus trahit de larges affinités pour la musique country alternative. Une chose est sûre, la plupart des chansons de ce disque manifestent des arabesques héritées en ligne droite de chez Pavement, même si elles sont imperceptibles. Une certaine nonchalance aussi. Tout en empruntant la sensibilité hymnique d’un Lloyd Cole, voire d’un Evan Dando. Scott y a ajouté des cuivres, du violoncelle et même de la mandoline. Et puis surtout ses lyrics véhiculent un engagement sournoisement politique. Opus fort agréable à écouter, « Monsoon » manque cependant de personnalité. Exception qui confirme la règle : « Line it up », un morceau élégamment déchiqueté par l’électricité de la guitare ; presque noisy, si vous préférez. Inutile de dire qu’il s’agit du meilleur morceau de la plaque.
vendredi, 31 décembre 2004 02:00

Aghast agape

A l’instar d’Interpol, Prosaics avoue un petit faible pour la cold wave, la new wave et le post punk du début des eighties. Un trio qui doit partager un même culte pour Joy Division. Et surtout pour Ian Curtis. Deux formations qui paradoxalement nous viennent de New York. Même les spectres des Smiths, d’Echo & the Bunnymen et du Sound transparaissent à travers leur musique. Alors copie conforme ? Non, puisque les Prosaics ont opté pour une formule tour à tour allègre ou frénétique. Et puis la voix d’Andy Comes (NDR : ex Tel Aviv) n’est pas aussi clinique et monocorde de celle de Paul Banks. Parfois gémissante. Mais pas comme celle de Robert Smith. Plutôt de Robbie Grey. Si, si, souvenez-vous de Modern English, auquel Prosaics emprunte finalement le sens mélodique. Avec pour résultat ce mini album 5 titres qui prélude la sortie d’un premier opus.
vendredi, 31 décembre 2004 02:00

Shutdown the sun

Issu de San Francisco, Oranger compte déjà quatre albums à son actif. Une formation qui collabore régulièrement aux projets de groupes avec lesquels ils partagent les mêmes affinités musicales. Récemment, Matt Harris avait rejoint les Posies, Mike Drake et Jim Lindsay joué en compagnie de Preston School Of Industry, et Patrick Main apporté son concours au Tarnation de Paul Frazer. Réputé pour leur psyché/garage hérité en ligne droite de la West Coast, le quatuor a décidé de rendre ses chansons plus pop, plus contagieuses. Sans pour autant renier leur démarche sous influence. Résultat des courses, le combo californien vient de commettre un opus fort intéressant. Riche aussi. Dans la lignée des Wilco (NDR : décidemment on ne parle plus que d’eux), de Son Volt et d’Uncle Tupelo. Et la participation de David Dondero (alias Chris ‘The Texican’ Heinrich) à la pedal steel pour « Cut off yer thumbs » et « The writer » accentue, bien évidemment, cette impression. Maintenant, en grattant un peu, on se rend compte que chaque chanson, d’abord composée à la guitare acoustique, puis mise en forme avec toute la panoplie de l’instrumentation basique (guitares, basse, batterie et claviers), possède ses propres spécificités. Plus surprenantes les unes que les autres. A l’instar de l’excellent « Othersider », dont le groove semble avoir été piqué à Beck. Du croustillant « Going under », dont le fruit de la rencontre entre ELO et Teenage Fan Club, semble hanté par le spectre de George Harrison. Du déjanté « Sweet goodbye », morceau qui aurait pu naître d’une jam entre les Stones et Gomez. Et enfin du titre maître. Ses harmonies vocales beatlenesques, sinusoïdales nous ramènent même à l’époque du « Magical Mystery Tour ». Et je nous laisse le soin de découvrir le reste. Car au plus on écoute cet opus, au plus on découvre de surprises. Epatant !
vendredi, 31 décembre 2004 02:00

Music for nurses (Ep)

Auteur d’un premier opus fort prometteur commis l’année dernière, Oceansize nous revient avec un Ep 5 titres. Si l’ouverture s’inscrit dans l’esprit d’« Effloresce », libérant une intensité » semi sismique, semi symphonique, qui aurait pu naître d’une rencontre entre Metallica et Radiohead, le reste du disque épouse une forme plus atmosphérique, plus complexe, tentaculaire, parfois post rock ou encore proche de la prog, évoquant tour à tour Sigur Ros, Mogwai, Tool, Isis, King Crimson (NDR : aussi bien « In the Court Of the Crimson King » que « Lark’s tongues in aspic »), Mansun et Faith No More. Les trois derniers fragments s’enchaînent même naturellement, un peu dans l’esprit d’un concept (mini) album, ou d’un triptyque, si vous préférez. Bâti sous la forme du crescendo, le final, « As the smoke clear » vous entraîne dans un véritable tourbillon sonique. Une chose est sûre, ce « Music for nurses » augure un futur elpee de toute grande classe !
vendredi, 31 décembre 2004 02:00

Cherry Tree

Auteur d’un remarquable deuxième album fin de l’année dernière (« Sad songs for dirty lovers »), The National nous revient avec un EP 7 titres. Soit cinq nouvelles compositions et une version ‘live’ sauvage et décapante de « Murder me Rachel ». Fasciné par la poésie urbaine de New York, métropole au sein de laquelle la formation a élu domicile, cette formation mélange pop, rock et folk avec une redoutable efficacité. N’hésitant pas à passer du plus électrique au plus acoustique, du plus violent au plus tendre, du plus emphatique au plus minimaliste, du plus allègre au plus dramatique, pour nous communiquer leur spleen. A charge du baryton fatigué de Matt Berninger de canaliser toutes les émotions. Si vous appréciez Swans, Tindersticks et le défunt Triffids, vous ne pouvez passer à côté de The National !
vendredi, 31 décembre 2004 02:00

I love total destruction

Pour enregistrer leur cinquième opus, cette formation écossaise (NDR : d’Edimbourg pour être plus précis), a reçu le concours du guitariste Malcolm Ross (Josef K, Orange Juice) et de Gareth Sager (The Pop Group) au piano et à la clarinette. Ce dernier avait déjà participé à la confection du précédent elpee, « Received transgressed and transmitted », paru en 2001. Nonobstant deux fragments qui s’égarent dans le reggae/dub, « I love total destruction » trempe dans la pop expérimentale. Expérimentale, mais toujours mélodique. Fruit d’un mélange subtil d’influences qui oscillent de Captain Beefheart (le désordre créatif) à Orange Juice (postacard oblige !), en passant par le Fall, Beck (lorsque la basse roule son groove), T Rex (les harmonies vocales glamoureuses du titre maître et d’« I am the sky), Supergrass (le très contagieux « Hanging around ») et Tortoise (dès que le post rock navigue aux confins du jazz et de l’électro). On y trouve même du garage (l’excellent « The end of definition »), quelques effluves jamaïcaines, un peu de free jazz (les drums surtout) et une forme de psychédélisme très personnelle. Bref, un elpee fort intéressant, original, auquel il y manque cependant un titre véritablement accrocheur pour mériter de décrocher un must…
mardi, 07 avril 2009 22:50

Grace/Wastelands

Peter Doherty s’est racheté une conduite. Et aussi un prénom. Ne dites donc plus Pete, mais Peter. A 30 balais, aurait-il enfin atteint l’âge de la maturité ? C’est en tout cas, ce que la presse, dans son ensemble, laisse supposer. Spécialisée ou non. La came, l’alcool et les excès : ce serait du passé. On veut bien le croire. Mais personnellement, je demeure toujours aussi sceptique. Par contre, il faut reconnaître que son premier album solo est remarquable. Et le mot est faible. Un disque pour lequel il a notamment reçu le concours du guitariste de Blur, Graham Coxon, pratiquement sur toutes les plages. Ainsi que de Stephen Street, à la production. Sans oublier ses potes de Babyshambles. Peter signe ou cosigne tous les textes et s’est chargé de toutes les (superbes) illustrations du booklet.

Partagé en 12 plages, l’elpee est essentiellement acoustique. Ce qui ne veut pas dire qu’il soit minimaliste. Les arrangements et/ou les orchestrations sont même somptueux. A l’instar de « 1939 returning », de « A little death around the eyes », caractérisé par son refrain en mode tango et du cinématique et gracile « Salomé » (NDR : une référence biblique !) Trois titres pour lesquelles une section de cordes, au sein de laquelle on retrouve l’ex Durutti Column, John Metcalfe, apportent une dimension raffinée, digne de John Barry, à la mélodie. On a même droit à du mellotron et à de la guitare électrique sur le caressant et chaleureux « New love grows on trees », morceau légèrement psyché réminiscent de Luna. Et dans le même registre, « Palace of bone » lorgne vers un Guy Chadwick (NDR : cette voix !) échappé de House of Love. Plusieurs compos baignent dans le jazz et/ou le blues. Caractérisé par cette guitare en picking, presque manouche, et ses drums frottés par des balais, « Arcady », le morceau d’entrée, en est une belle illustration. Tout en adressant un clin d’œil au Kinks, « Sweet by and by », trempe carrément dans le dixieland. Et en finale, l’allègre « Lady don’t fall backwards » trahit constamment des accents syncopés, nonobstant cet orgue vintage (NDR : un farfisa ?), qui envahit progressivement l’espace sonore. Vous avez certainement déjà eu l’occasion d’entendre ou d’écouter le single « Last of the English roses ». Les références au reggae dub de Clash sont incontestables. Petite variante, la présence de ce mélodica fantomatique. Un instrument qui hante d’ailleurs la plupart des plages de cet elpee. Finalement seuls trois fragments épousent un profil essentiellement acoustique. Tout d’abord « I am the rain », malgré son interlude latino, « Sheepskin tearaway », dont Peter partage un duo en compagnie de la chanteuse écossaise Dot Allison et enfin le bouleversant et contagieux « Broken love song ».

Œuvre savoureuse, empreinte de romantisme et de poésie, « Grace/Wastelands » se pose déjà comme un des musts de l’année 2009. Quant à savoir si le gaillard respectera le calendrier de sa tournée, c’est une autre histoire…

 

mardi, 07 avril 2009 21:46

All the plans

La Britpop? C’est passé de mode! Et pourtant, certains groupes s’accrochent encore et toujours. Parfois avec succès. Comme Coldplay. Souvent sans. Pensez à Travis. Et Starsailor en est une autre illustration. « All the plans » constitue le quatrième elpee du quatuor de Wigan. Un disque qui a reçu le concours de Steve Osborne (New Order, B-52’s) à la mise en forme.

Sur les onze plages de cet opus, quatre parviennent à éviter le piège de la ballade sirupeuse et hyper léchée. Tout d’abord, le morceau d’entrée, « Tell me it’s not over ». Caractérisé par son piano sonore, il aurait pu figurer au répertoire de la bande à Chris Martin. Encore que parfois, il me fait davantage penser aux Veils. C’est d’ailleurs le cas également pour le morceau maître. Un titre enrichi de claviers fluides et bercé de guitares bringuebalantes (NDR : Ron Wood est venu donner un bon coup de gratte !) Reste encore le cinématique, ‘enniomorriconesque’ « The Thames » et l’étrange finale, aussi dépouillée que paisible, « Safe at home », au cours de laquelle James Walsh se fait crooner. A contrario, on ne s’étendra pas sur l’insipide « You never get what you deserve », au cours duquel il emprunte carrément les inflexions de Bono. Pas la peine de tirer des plans sur la comète, mais je crains fort que l’histoire de Starsailor s’achève à moyen terme ; à moins que le band n’accepte de descendre en seconde division… Seul l’avenir nous le dira…