Sparks dans la lune

Sparks, éternel laboratoire de la pop, poursuit son exploration de territoires inédits. Après plus de cinq décennies passées à bousculer les codes musicaux, Ron et Russell Mael ajoutent un nouveau chapitre singulier à leur parcours en publiant Live On The…

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Un clip d’animation pour le nouveau single d’Σtella

L'artiste grecque Σtella dévoile son nouveau single intitulé « Belinda ». Cette nouveauté s'accompagne d'un clip officiel au format visualizer, dont les illustrations sont nées sous la plume de la chanteuse elle-même, complétées par les animations de Yokanima…

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Gary Numan
Editors
Bernard Dagnies

Bernard Dagnies

vendredi, 31 décembre 2004 01:00

No cities left

Cette formation canadienne est née à Montréal. En 1995. Mais du line up initial, il ne reste plus que le chanteur Murray Lightburn, un vocaliste dont le timbre et les inflexions peuvent faire penser tantôt à Damon Albarn (Blur), à Morrissey (Smiths) ou encore à Jarvis Cocker (Pulp). Et vous vous doutez bien que ces trois formations ont eu et ont encore une influence sur la musique des Dears. Mais à l’écoute de ce « No cities left », les choses sont beaucoup plus complexes qu’on n’aurait pu l’imaginer. En fait l’opus aligne quelques titres ‘britpop’ tour à tour dramatiques ou contagieux (NDR : l’épique « Don’t lose the faith »), avant de prendre une forme beaucoup plus élaborée. Des cordes et des cuivres apportent même une touche symphonique ou jazzyfiante à l’ensemble. Classique, jazz, mais également cabaret et prog ont également leur mot à dire. Un peu comme si Mansun et Divine Comedy avaient décidé d’entrer en osmose. Et les 9 minutes d’« Expect the worst/Cos she’s a tourist », fragment au cours duquel la formation explore ces différents tangentes musicales, en est la plus belle démonstration. Jusqu’en fin de parcours, les Dears rivalisent d’audace, invitant même sur « Postcard to purgatory » Tuxedo Moon et Nick Cave à danser un pseudo tango qui s’achève dans le métal, ou adressant un clin d’œil au « 21st century schizoïd man » de King Crimson sur le bruitiste « Pinned together ». Le funk contamine même le luxuriant « Never destroy us ». Une seule pause : « 22 : the death of all the romance », au cours duquel Lightburn et Natalia Yanchak échangent un duo d’amants superficiels. Bref, un ‘must’ !
vendredi, 31 décembre 2004 16:40

Faded seaside Glamour

Ce qui frappe d’abord chez ce quatuor insulaire (NDR : de Southampton, pour être précis), ce sont les vocaux. Tout d’abord la voix de Greg Gilbert. Un falsetto capable d’atteindre le registre céleste, angélique, solennel d’Elizabeth Fraser (NDR : oui, oui, la chanteuse de Cocteau Twins). Et lorsqu’il se conjugue avec la voix de son frère, Aaron, et celle de Colin Fox, le bassiste, c’est aux harmonies des Byrds, voire des Hollies, qu’on se met à penser. C’est d’ailleurs à cet instant que la guitare de Greg épouse un profil ligne claire (« Wanderlust ») ou bringuebalant (« Hey girl »). La guitare est d’ailleurs très présente, tout au long de cet elpee. Elle est même très souvent chatoyante, pétillante, voire vivifiante. Et je pense tout particulièrement au single « Nearer than heaven » (NDR : Geneva rencontre Church ?). Mais cet opus est avant tout constitué de plages sculptées dans la pop hymnique. Une pop hymnique, mélancolique, ensoleillée, dont les mélodies contagieuses, flottantes, lorgnent allègrement du côté de Fleetwood Mac. Pourtant, derrière cette pop pailletée, les lyrics véhiculent des contes ténébreux d’innocence, de mort prématurée, de désolation ou d’existence dilapidée. Deux plages s’écartent cependant de l’ensemble et semblent hantés par l’esprit mancunien du début des eighties. Tout d’abord « One night away », réminiscent des débuts de Stone Roses ; et puis « On », dont le groove semble avoir été pompé chez Happy Mondays.
vendredi, 31 décembre 2004 01:00

Your blues

Destroyer est le projet de Daniel Bejar, membre du collectif canadien The New Pornographers. Un projet sur lequel il travaille depuis la mi-nineties. « Your blues » constitue son sixième essai. Un disque pour lequel il a uniquement reçu le concours de David Carswell, le guitariste des Smugglers et John Collins le bassiste des N. P. ; le duo se chargeant de la production. Hormis quelques percus, la guitare sèche de Dan et sa voix au faux accent cockney, l’expression sonore est entièrement synthétisée. Même les orchestrations symphoniques. Certains médias l’ont même déjà baptisée ‘synthphony’. Dans un style tour à tour fragile, emphatique, baroque, cabaret, décadent, théâtral ou mélancolique, qu’on retrouve à des degrés divers chez Young Marble Giants, Magnetic Fields, Scott Walker, Divine Comedy, Pulp, Prefab Sprout et le Bowie de l’époque « Berlin » voire « Hunky Dory ». Une constante dans cette œuvre audacieuse, presque conceptuelle : l’esthétisme. Mais un esthétisme qui demeure dans les limites de l’univers de la pop mélodique. Une nuance, mais elle est d’importance !
vendredi, 31 décembre 2004 01:00

The Devastations

Les Devastations ont accordé leur premier concert en septembre 2002. Après 4 ou 5 dates, ils ont été invités à assumer le ‘supporting act’ des Tindersticks, lors de leur tournée australienne. Faut dire que la formation est issue de Sydney et que leur réputation a rapidement dépassé les frontières du pays des kangourous, lorsque le légendaire guitariste de Birthday Party, Kevin S Howard, leur a consacré un article élogieux, dans la presse spécialisée. Il les a même rejoints sur scène, à l’une ou l’autre reprise. En outre, le trio a également collaboré à la confection d’une bande sonore cinématographique, sur l’initiative d’Alexander Hacke, leader du groupe allemand légendaire Einsturzende Neubauten. Vous soupçonnez donc fort que la musique des Dévastations concède des affinités avec celle des Tindersticks et de Nick Cave ? Et vous n’avez pas tout à fait tort. A cause du baryton profond de Conrad Standish, également préposé à la basse. Mais nuance, et elle est de taille, il partage régulièrement le chant avec une invitée. En l’occurrence l’ex Luxedo, Emilie Martin. Lors de duos qui ne sont pas sans rappeler les exercices de style opérés par Lee Hazlewood et Nancy Sinatra. Et sous cette forme, les titres y sont beaucoup moins sinistres, nonobstant des lyrics qui traitent de thèmes aussi joyeux que le chagrin, la rupture, la solitude, et j’en passe et des meilleurs. Une Emilie qui se charge également des parties de violon. Et en particulier sur les deux fragments les plus ténébreux, « Previous crimes » et « You can’t reach me now ». Maintenant, il ne faut pas sous-estimer le rôle des deux autres membres du groupe. Tout d’abord, le drummer Hugo Cran : sobre et efficace. Et puis du guitariste/pianiste, Tom Carlyon. Ses interventions peuvent même se révéler meurtrières. A l’instar du décapant « Hold me ». Ou encore douloureuses. Tout a long de l’intimiste, indolent, mais tellement vibrant « Under ». Maintenant, cet opus explore d’autres horizons sonores. Et je pense tout particulièrement au lancinant « We will never drink again », caractérisé par un harmonium omniprésent. Au rock très carré « Loene ». Et enfin à « He was’nt like that when I knew him ». Digne d’Ennio Morricone, cet instrumental aurait pu servir de ‘soundtrack’ à un western spaghetti. A mon humble avis, lorsque les Devastations auront totalement digéré leurs influences, il faudra compter avec eux…
vendredi, 31 décembre 2004 01:00

Greetings from Trauma

Ancien journaliste pour Rock’n Folk, Dimi Dero a sévi successivement chez les Grooves, Ghost Train, Chatterbox ou encore les New Bones, avant de fonder Dimi Dero Inc. Une formation au sein de laquelle figurent des vétérans de la scène toulousaine. Pour enregistrer son deuxième opus, le groupe a reçu le concours de quelques invités. Tout d’abord Miss Tallulah X (de Lady Godiva), dont la voix est empreinte de douceur ou de frénésie, suivant les circonstances. Apportant ainsi davantage de contraste au timbre de Dimi, dont les inflexions peuvent osciller d’Iggy Pop à Stan Ridgway, en passant par Peter Murphy. De Sébastien Moly, également. Sur « Dandy’s daughter », sa trompette aux accents mariachi suggère une rencontre hypothétique entre Wall of Voodoo et Calexico. Découpé en 11 fragments, « Greetings from Trauma » carbure le plus souvent au punk rock énergique, urgent, torturé, menaçant, réminiscent des Stooges et des New York Dolls. Il est alors assez facile d’imaginer que les vocaux de Dero, à l’instar de James Osterberg, se font rageurs, possédés ou féroces. Mais certains fragments paraissent plus complexes ou encore semblent véhiculer des énergies malsaines, comme hantées par un rite vaudou. Et je pense tout particulièrement à « You shallow grave », tramé sur un piano délicat et énigmatique (Nick Cave ?). A « Deep sleep », dont l’intensité électrique fiévreuse, rappelle les Scientists. Au sauvage et métallique, mais aux accents orientalistes « Koursk » (Tea Party ?). Et puis au tribal « Down in hell », que balaie des cuivres jazzyfiants. L’opus recèle deux morceaux relativement plus calmes. Tout d’abord « The good things that I’ve done » et la valse britpop « Two sentences a day ». Ce n’est plus une surprise, mais une confirmation !
vendredi, 31 décembre 2004 01:00

Absent friends

Après avoir enregistré « Regeneration », Neil Hannon a donc décidé de prendre congé de ses musiciens avec lesquels il bossait depuis 1996. Alors qu’on imaginait qu’il allait poursuivre son aventure sous son propre nom, il a décidé, à l’instar de Jason Pierce pour Spiritualized, de reprendre le patronyme du groupe à lui tout seul. Ce qui ne l’a pas empêché de faire appel à l’un(e) ou l’autre invité(e) pour enregistrer ce nouvel opus. En l’occurrence Yann Tiersen pour la plage « Stick & stones » et l’ex Kennickie Lauren Laverne pour « Home Billy bired », titre qu’elle enrichit de sa voix angélique. Sans oublier son fidèle collaborateur Joby Talbot, dont les orchestrations ont été enregistrées par Guy Massey et mixées, bien évidemment, par Nigel Godrich. Première constatation, Neil en est revenu à la forme orchestrale qui avait fait le succès de « Liberation », « Promenade » et « Casanova » ; c’est à dire abordée dans l’esprit d’un Burt Bacharach ou des standards des comédies musicales. Seul le thème diffère, cet opus traitant essentiellement des problèmes liés à l’instabilité. De son instabilité. Une instabilité née des nombreux changements intervenus au cours de son existence. Tout d’abord le split de sa formation, bien sûr. Mais aussi la naissance de son premier enfant, l’énorme tournée accomplie aux States et son déménagement de Londres à Dublin. Un retour aux sources, en quelque sorte, puisque Neil est né à Londonnery, en Irlande du Nord. Même si dans le style il demeure d’excellente facture, « Absent friends » constitue probablement l’album le moins surprenant pour un des fils spirituels les plus doués de Scott Walker. Vous savez ce qu’il vous reste à faire...
vendredi, 31 décembre 2004 01:00

Das not compute

Deuxième opus pour ce quatuor suédois responsable d’une musique ‘garage’ particulièrement excitante. Vous aimez Soundtrack Of Our Lives, les Hives ou encore International Noise Conspiracy, vous aimerez The Divisison Of Laura Lee. Maintenant, le style musical pratiqué par cette formation possède des références distinctes, qui oscillent du post punk à la noisy, en passant par le psychédélisme bien british. Les spectres de Jesus & Mary Chain, des Stooges, du Spacemen 3 et de Spiritualized Electric Mainline rôdent en permanence au sein d’un univers sonore partagé entre guitares malsaines, torrentueuses, basse crépusculaire, piano sinistre, orgue fluide, poussiéreux et drums métronomiques. Sans oublier les parties vocales assurées par Per Stalberg. Susceptible de vociférer à la manière d’un Alice Cooper lorsque le climat entre dans une phase agressive ou d’emprunter l’accent de Brooklyn lorsque la solution sonore prend une coloration yankee, il a la capacité d’emprunter un timbre limpide et tendre lorsque la circonstance est de rigueur. Et même si le sens mélodique s’avère particulièrement contagieux, le groove est tellement omniprésent tout au long de l’opus que de peu de temps est laissé à l’auditeur pour reprendre son souffle. Un disque sur lequel Nina Persson, la vocaliste des Cardigans, est venue donner de la voix sur « Dirty love », et qui comprend un morceau caché. Doté de propriétés lancinantes, il aurait pu figurer au répertoire des frères Reid…
vendredi, 31 décembre 2004 01:00

Whiskey tango ghost

Tanya Donnelly est surtout connue pour avoir sévi chez Throwing Muses et les Breeders (NDR : avant qu’elle ne parte fonder son propre groupe, Belly). Son soprano séraphique, aussi riche que le chocolat, se mariait à merveille avec le timbre gémissant de sa demi sœur, Kristin Hersh. « Whiskey tango ghost » constitue déjà son troisième elpee. Et inévitablement, on ne peut qu’émettre des comparaisons avec le dernier opus de Kristin, « The grotto ». Deux œuvres minimalistes qui font la part belle à l’instrumentation acoustique et à la voix. Deux disques dont les thèmes évoquent le mariage, mais en des termes bien différents. Cependant, si Kristin semble bien enracinée dans le folk appalachien, Tanya puise davantage son inspiration dans la country basique de Nashville (NDR : pensez à Loretta Lynn, Emmylou Harris et Lucinda Williams), la pop romantique (Carole King, Suzane Vega) et la country alternative (Neko Case et Wilco). Le titre de l’elpee est même une réponse codée au dernier long format de la bande à Jeff Tweedy. Pour enregistrer ce « Whiskey tango ghost », Tanya a reçu le concours de son mari Dean Fisher. L’ex membre du groupe de Juliana Hatfield, y joue de la guitare, de la basse et des drums. Rich Gilbert (Frank Black & the Catholics) à la steel et Elizabeth Steen (Nathalie Merchant) au piano, complétant le line up. Et Tanya a le bon goût de ne pas sombrer dans la mélancolie maladive, injectant dans sa solution sonore, tantôt un zeste de jazz, des percus tribales ou évoluant même sur un mid tempo (NDR : l’excellent « Butterfly thing »). Mais les plus belles chansons sont tramées sur un piano sonore. Et je pense tout particulièrement au bouleversant et envoûtant « Golden mean » ou encore au fragile « Divine sweet divine ». Un superbe album !
vendredi, 31 décembre 2004 01:00

Specially for you

Au sein de ce quatuor rennais, on retrouve deux ex Candie Prunes : Gilles Morrillon et surtout Laureline Prod’homme. Cette dernière avait ainsi tenu la basse au sein de Giant Sand, lors de la tournée accomplie par la bande à Howe Gelb, en France. « Specially for you » constitue leur premier opus, un disque pour lequel la formation a reçu la collaboration de l’ingénieur du son Ray Staff, mieux connu pour avoir travaillé en compagnie de Bowie, Clash, PJ Harvey ou encore Muse. Une mise en forme qu’il a opérée dans ses propres studios à Londres. Des conditions favorables à l’éclosion d’une musique britpop raffinée et contagieuse. Et bien non ! Si les lyrics de The Dude sont bien chantés dans la langue de Shakespeare, l’expression sonore lorgne franchement de l’autre côté de l’Atlantique. Vers New York et Detroit, plus précisément. Pensez à des Strokes qui ne penseraient pas uniquement à leur compte en banque ou aux White Stripes. On trempe donc ici dans le garage. Un garage aride, incisif, caractérisé par la sécheresse et la sauvagerie et l’électricité ; mais une impétuosité apprivoisée par un sens mélodique pop très développé (NDR : dans ce registre, découpé dans les guitares bringuebalantes, « Dawn » est une petite perle !), que parcourt épisodiquement la voix féminine de Laureline. Un peu comme chez les White Stripes. L’opus recèle même deux plages découpées dans le funk blanc (« I’m on the run » et « Lies ») ; une ballade venimeuse, réminiscence de Concrete Blonde, mais privée de ses accès hispaniques (« Sunday 3 am »), et puis et paradoxalement pour titre maître, un fragment imprimé sur un tempo new wave et galvanisé par une basse cold…
vendredi, 31 décembre 2004 01:00

Astronaut

Devaient avoir un besoin urgent de fric pour sceller une telle reformation. Si, si, Simon LeBon, John Taylor, Andy Taylor, Nick Rhodes et Roger Taylor ont donc décidé d’enterrer la hache de guerre pour enregistrer cet « Astronaut ». Manquait plus que Stephen Duffiy soit de la partie. M’enfin, on ne peut pas dire qu’il faisait partie du line up type de Duran Duran. Qui n’avait plus enregistré sous cette formule depuis 21 ans ! Enfin, faut quand même savoir que la réconciliation était dans l’air depuis un bon moment, puisque certaines chansons ont été composées, il y a déjà trois ans. Découpé en 12 titres, l’elpee s’avère, ma foi, fort agréable à écouter. Un disque partagé entre morceaux pop/rock/funky et compos plus sombres, plus atmosphériques, contagieuses même (NDR : enrobé d’arrangements symphoniques, « Still breathing » est absolument superbe !). Le onzième de D.D., pour ceux qui aiment les précisions. Un seul reproche, mais il est de taille, cet « Astronaut » ne recèle aucun hit de la trempe des « Girls on films », « Hungry like the wolf » ou encore « The reflex » ; et c’est bien là que le bât blesse. Sans hit potentiel, susceptible de vous donner l’envie de danser, Duran Duran n’a aucune chance de refaire surface…