Le rire de Will Paquin

Will Paquin sortira son premier elpee, « Hahaha », ce 12 septembre. Orienté guitare, psychédélique et garage-rock, il est décrit comme un chaos créatif à haute tension et imprégné d'humour, un élément souvent oublié dans le rock. En attendant, il a partagé…

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La Divine Comédie de Lora Gabriel

Lora Gabriel a trouvé sa voie en oscillant constamment entre les polarités pour mieux les réconcilier. Cette quête débute dès son enfance, lorsqu'un professeur de flûte traversière, au conservatoire, lui propose de chanter les notes qu'elle joue. Son premier…

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Stereolab
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Grégory Escouflaire

Grégory Escouflaire

mercredi, 24 décembre 2003 01:00

III

Le maquereau de la French Touch Bob Sinclar est de retour pour un troisième méfait disco(graphique). D'entrée " The Beat Goes On ", qu'on croirait composé pour le générique de Nice People, sent l'eurodance … " Kiss My Eyes ", dont l'accordéon semble avoir été piqué à Jeunet et son Amélie - cette France rance - nous fait le coup de l'Yvette Horner pétée à l'ecsta : bad trip. " If I was the best fucker in this world, would you come ? ", susurre une voix mâle sur le titre suivant (" If I Was ") : ce dont on est sûr, c'est que Bob n'est pas le meilleur des compositeurs, juste un peine-à-jouir du music business. Même Cerrone, son mentor et de trente ans son aîné, bande plus fort ; c'est dire ! Après cette déconfiture, voilà qu'il tente de rattraper le coup pendant une demi-heure d'elektroklash (" La Music Is Fantastique ") : l'opportuniste ! La house filtrée n'ayant plus la cote sur les Champs Elysées, Bob n'avait plus d'autre choix que de ressortir ces vieux disques de Moroder et de Mantronix. Ben tiens ! Sacré Bob : la prochaine fois, trouves-toi d'autres couillons. Allô Mirwais ?

mercredi, 31 décembre 2003 01:00

Fleshwounds

Si certains regrettent toujours la fin prématurée de Skunk Anansie, qu'ils se rabattent sur le premier album solo de Skin. Posé et sincère, ce " Fleshwounds " n'a pourtant rien à voir avec le metal FM de " Selling Jesus ". Finies, donc, les hymnes féroces et les poses un peu fourbes : Skin est désormais plus chatte ronronnante que panthère rugissante. Ses griffes rétractées, la belle ne montre plus maintenant que des pattes de velours : sur " Fleshwounds ", on n'entend d'ailleurs presque plus de guitares. Sans doute se sentent-elles un peu gênées de troubler notre quiétude. La colère d'autrefois semble avoir disparu au profit d'une sérénité presque douteuse, tant la féline s'est assagie : à part sur " Listen to Yourself " et " Trashed ", plus aucune trace de ce passé houleux, de ces refrains gueulards qui montraient les dents. Il faudra donc se faire une raison, et jouer ce disque pendant les slows, non plus pendant les pogos. Désormais, Skin n'aura plus à crier pour se faire entendre : il lui suffit de murmurer (le très beau " 'Til Morning ")… David Kosten (alias Faultline) et Ben Christophers font (presque) tout le reste. Ces ornements délicats - un piano en sourdine, des beats feutrés, tout en subtilité - sont le point fort de " Fleshwounds "… Et bien sûr cette voix, toujours aussi puissante, mais cette fois davantage en nuances. Skin chante des histoires d'amour qui tournent mal, mais on pâtit. Grâce aux talents d'arrangeurs de Kosten et Christophers, la dame de pique du rock anglais s'est transformée en dame de cœur (" Faithfulness ", " You've Made Your Bed "). On n'en demandait pas tant.

 

mercredi, 31 décembre 2003 01:00

Life Is…

‘Visitez Bristol, sa plage, ses restos jamaïcains, ses sound-systems’. L'enseigne lumineuse clignote à l'entrée du port, où s'entassent des échoppes à la gloire du trip-hop : le " Blue Lines " de Massive Attack joue à fond sur un vieux pick-up relié à d'énormes enceintes, pendant que le vendeur tente de nous refiler ses T-shirts de Smith and Mighty, soldés depuis trois ans. C'est que les deux musiciens locaux, grands manitous d'un dub côtier qui fleure bon la ganja, n'ont jamais eu le succès qu'on leur prédisait : alors qu'ils étaient là avant tous les autres gamins du bled (Massive, Tricky, Roni Size), les deux compères experts en infusion ragga-électro-soul se sont fait damer le pion comme deux gros pigeons. Résultat des courses : ceux qui sont sans doute les vrais tutélaires d'un genre devenu jingle planétaire (le trip-hop) se sont retrouvés dans les bacs à ristourne du GB de Tamines. " Y a pas de justice dans ce monde ", scande le vendeur du vieux port, essayant vainement de vendre ses T-shirts du groupe à 2 euros pièce (" trois pour le prix de deux, avec un sticker du Wild Bunch en prime "). Heureusement pour lui (et pour nous), Smith and Mighty ne sont pas du genre à se laisser abattre : voilà-t-y-pas qu'ils nous sortent un album bien torché, plein de perles à (surtout) ne pas jeter aux pourceaux (entendez les compileurs de lounge à deux balles). Soul, house, drum'n'bass, ragga,… Smith and Mighty ont braqué le coffre à idées de leurs amis de Bristol (Tricky, Roni et companie) pour nous concocter un petit bijou de sensualité et de douce torpeur. " Rise " étonne par ses breakbeats béats et sa texture house, " I Saw You " rappelle que Bristol, c'est juste à côté de Portishead, et " 1,2 Mic Check " invite à se dérouiller les guiboles sur le dance-floor. Avec Massive Attack qui joue aux dominos (seul survivant : 3D) et Tricky qui batifole en compagnie d'Alanis Morrisette et de Cindy Lauper sur son dernier album (Blowback), Smith and Mighty apparaissent comme les ultimes sauveurs d'un genre à l'agonie. " Deux euros le T-shirt, vous m'avez dit ? Mettez m'en dix ! ".

mercredi, 31 décembre 2003 01:00

Supper

Depuis quelques albums (" Knock Knock ", " Dongs of Sevotion "), Bill Callahan semble s'être ouvert au monde et aux autres. Parce qu'avant, c'était presque la croix et la bannière pour écouter jusqu'au bout ses disques malades et bricolés. Sur ce dixième album, Callahan pourrait même passer pour sympathique et détendu, tant ses mélodies se sont aérées. L'arrivée au chant de Sarabeth Tucek l'a sans doute décoincé, lui qui avait l'habitude de marmonner des trucs pas clairs sur CD, et de dos en concert… " Supper " pourrait donc bien passer pour l'album le plus accessible de (Smog), en tout cas le plus enjoué. Certes, ce n'est pas encore la franche déconnade, mais on sent le bonhomme désormais à l'aise dans ses baskets. Les morceaux les plus lumineux sont clairement ceux interprétés en duo : " Feather by Feather " en ouverture avec sa guitare slide, " Butterflies Drowned In Wine ", sorte de version tronquée et délétère du " Caterpillar " de Cure, et surtout " Truth Serum ", splendide tentative de dialogue à la Hazlewood/Sinatra, mais sur une vieille platine qui tournerait au ralenti. S'ensuit une autre merveille, " Our Anniversary ", dont les accords ouateux pourraient servir de bande-son pépère pour chaque anniversaire, si possible au mois d'août, sous un soleil tétanisant et à l'abri du vent. Imaginez Callahan en clown McDonald, chantant de sa voix monocorde " Happy Birthday " à des gosses apeurés : une belle vision de l'Amérique. A la fin, Bill se prend même pour George Harrison, avec un " Driving " un peu mystique qu'on croirait sorti d'un " Yellow Submarine " plein de fuites. Malgré quelques vieux défauts tenaces (ce côté fielleux sous la couche de vernis), Bill Callahan semble avoir trouvé la lumière au bout du tunnel (" A Guiding Light " en conclusion sereine). Tant mieux : ça nous fera des vacances.

 

mercredi, 31 décembre 2003 01:00

Selling Live Water

James Holland est l'un des piliers du label américain Anticon : le bastion de l'avant-hop, ce hip hop blanc et intello, avant-gardiste et plus proche du trip hop et de l'électronica que de Death Row et du gangsta. Sole est son pseudo. Il rappe depuis son adolescence, à l'époque dans des groupes obscurs, comme Northern Exposure et Live Poets. Son premier album en solo, " Bottle of Humans ", sonnait la rencontre entre William Burroughs, Boards of Canada et A Tribe Called Quest. Aujourd'hui, il revient avec " Selling Live Water ", en tout point remarquable. Encore une fois, Anticon fait mouche : après les albums de Sage Francis, d'Alias et de Themselves, le label d'Oakland confirme son autorité en matière d'hip hop inventif et malin. A priori difficiles d'accès, les productions Anticon restent pour l'instant cantonnées à l'underground. Ce " Selling Live Water " devrait, on l'espère, changer la donne : moins lo-fi que l'album de Sage Francis, moins expérimental et foutraque que celui de Themselves, moins hystérique et gothique que celui d'Alias, l'album de Sole séduit par son homogénéité et sa richesse. Cuivres et drum'n'bass sur voix rocailleuses (" Da Baddest Poet "), synthés vintage, flow mitrailleur et ambiance aqueuse (" Salt On Everything "), xylophone, trip hop crade et sample de Portishead (" Respect pt 3 "), notes bleues et rap en 16:9 (le dyptique " Pawn in the Game "), guitares en apesanteur (" Selling Live Water ") et crépitements SF et bruits blancs venus d'ailleurs (" Ode to the war on terrorism "), le rap mille-feuilles de Sole ne dévoile ses secrets qu'au compte-gouttes. Chaque écoute se révèle ainsi une incroyable aventure, une expérience sans nulle autre pareille dans le rap contemporain. " Le hip hop du futur ", a-t-on pu lire ici et là au sujet d'Anticon. Concernant Sole, le constat s'avère des plus opportuns. Check it and love it !

 

mercredi, 31 décembre 2003 01:00

The Magnolia Electric Co

Il pleuvait beaucoup sur le dernier album de Songs : Ohia, " Didn't It Rain " : le genre de drache qui vous mouille jusqu'aux os et vous laisse grelottant, cloué au lit comme un mort en sursis. Sur ce nouvel album, la pluie s'est transformée en orage électrique, et les gémissements en inflexions plus rock. Jason Molina semble désormais plus proche d'un Neil Young cuvée " After The Gold Rush " que d'un Will Oldham en rupture d'anévrisme. Sans doute que Steve Albini, qui a produit l'album, y est pour quelque chose, lui qui sait dompter l'électricité comme un paratonnerre… Toujours est-il que ce " Magnolia Electric Co " suinte davantage le rock à la Lynyrd Skynyrd que la country autiste à la Palace, cette maladie incurable qui terrasse tout ceux qui y prêtent oreille. Jason Molina serait donc le nouvel hérault d'une americana décomplexée, dont les fiers Artabans - ses influences - se nomment toujours Bruce Sprinsgteen, Bob Seger, Steve Wynn et Johnny Dowd. En à peine huit chansons, du splendide " Farewell Transmission " au définitif " Hold On Magnolia ", Songs : Ohia revisite donc avec classe et grandeur tout ce qui s'est fait de mieux en rock rural ces trente dernières années. Les guitares dressées telles le doigt de Dieu, Molina et ses fidèles destriers foutent le feu au maquis country, après avoir entamé une danse de la pluie en plein milieu de la Vallée de la Mort. L'épidémie de grippe qui frappait de plein fouet tous les albums précédents de Songs : Ohia a bel et bien été éradiquée : maintenant que Molina dompte les éclairs et décoche des riffs foudroyants, sa musique connaît davantage de soubresauts. Finies les baisses de tension, au contraire tout s'affole. Plus Pat Garrett que ‘poor lonesome cow-boy’, Molina fait désormais beaucoup d'ombre à tous les apprentis countrymen qui osent croiser son chemin. Un très grand album, d'un chroniqueur tordu de l'Amérique profonde.

mercredi, 31 décembre 2003 01:00

Breaking Records

Mazzi, Koncepts et Zvi ont grandi au sein de l'underground hip hop de la Bay Area. Abonnés aux plans foireux depuis trop longtemps, ils ont décidé de sortir de la mouise et de créer leur propre groupe, Soul Purpose, en hommage aux producteurs old school qui posèrent les bases du mouvement, de Fab Five Freddy à Prince Paul. Pas de gangsta, ici. Juste de bonnes vibes qui balancent, et plein de potes à la rescousse, de C Rayz Walz aux Juggaknots. Ca commence bien par " Let's Go ", qui donne le ton (et le sourire) : l'ambiance est festive et chaleureuse, c'est déjà la fête. Des flûtes (" Breaking Records ", très Jurassic 5, " Stay Busy, plus downtempo), des trompettes, des synthés,… : Soul Purpose prouve qu'on peut venir de l'underground et soigner ses productions sans claquer des millions. Parfois plus critique et violent (" The Other White Meat ", " Lung-Collapsing Lyrics Part II "), leur rap ne tombe pourtant jamais dans la caricature. Eux savent que Tony Montana, c'est du cinéma… Leur film à eux, c'est faire se croiser rimes malignes et beats moelleux, sans bomber le torse et sortir le gros calibre. Dommage qu'à force de vouloir à tout prix se faire entendre, Soul Purpose ait rempli ce disque jusqu'à ras bord… Pour ne pas nous lasser, ils auraient du se limiter à trois-quarts d'heure (et supprimer tous ces interludes à la De La Soul, un peu indigestes). La prochaine fois, les gars ?

 

mercredi, 31 décembre 2003 01:00

Delta

L'objectif de ce groupe français à l'éclectisme joyeux me semble destiné à faire danser sans réfléchir, juste pour le plaisir. Une noble tâche, presque réussie sur ce premier maxi sympathique, à défaut d'être vraiment accrocheur. Premier morceau, " My Neighbor " se veut résolument festif. A cause de cette basse à la Peter Hook, de ce gars qui geint en compagnie d'un rappeur genre Mike Skinner et d'une fille trop gentille. Malheureusement, le titre suivant, " Bob ", ressemble davantage à du Jil Caplan qu'à du Ginger Ale, cet autre groupe français avec qui paraît-il on les compare… Puis " Radio One Twenty Five " copie sans vergogne Joy Division (on croirait presque entendre le chanteur susurrer " Radiooo, Live Transmission "…), sur un beat peu inspiré et des guitares baggy : de New Order aux Stone Roses, ces gars-là semblent être tombés dans la marmite Madchester quand ils étaient petits. Pour terminer, " Post Death Experience " ralentit la cadence, gros synthés ambient à l'appui (qui a dit Spiritualized ?). Certes, Semyorka n'invente rien, mais tout non plus n'est pas noir : derrière cette timidité encore trop référencée pourrait bien se cacher un vrai bon groupe en devenir. Une simple question de maturation.

mercredi, 31 décembre 2003 01:00

It´s a Record

‘C'est un disque’, et un bon… Pourtant, l'instrumental d'ouverture avait fait craindre le pire : encore un groupe de country-rock scandinave labourant les plates-bandes de ses cousins américains, de Neil Young à Gram Parsons. Ouf ! Ce n'était qu'une feinte : " Perfection " nous rassure par sa mélodie pop à la Grandaddy et cette voix pour une fois enjouée, plus proche de celle d'un Ian McCulloch que d'un Will Oldham, trop souvent imité, jamais égalé. Sur " Flame " et " Waiting Song ", on aimerait certes ne pas entendre Calexico et 16 Horsepower, mais heureusement cette sauce tex mex, qui tourne souvent au vinaigre quand elle est copiée à la lettre, se révèle chez ces cow-boys suédois d'une étonnante fraîcheur. Le morceau suivant, " The Amazing Face of Grace ", pourrait lui aussi les faire accuser de faussaires (St Thomas, Lambchop, etc.), mais un theremin hilare sauve la mise au dernier moment. Qu'on leur accorde le bénéfice du doute ! Surtout quand Sergeant Petter, au lieu de préférer le banjo, se lance dans un périple funky à décorner les bœufs (" Tunes & Rhythms "), avant qu'un piano calme le jeu et convoque Hawksley Workman et Ed Harcourt en renfort, le temps d'une ballade bien méritée (" Wusloys "). Pas pour longtemps toutefois, puisque " Mediocre Magic Tricks " et " Urban Dreams " repartent de plus belle, deux tubes power-pop addictifs, comme si My Morning Jacket décidait de reprendre du Weezer… La batterie surchauffée, il lui faut vite une pause : c'est chose faite sur le beau " Sparkle ", suivi de près par une longue complainte instrumentale digne du meilleur Dirty Three (" Slowdown ") et une dernière ballade crépusculaire (" Time Will Tell ") qui clôt le disque avec majesté. Humble mais pas simpliste, honnête sans être naïf, ce disque s'avère une des meilleures surprises country-pop de l'année. On n'en dira pas tant de certains kadors à la Grandaddy, dont le talent s'étiole malgré l'avis général. Comme quoi les projecteurs sont parfois braqués sur les mauvaises personnes, et c'est bien dommage. Voilà qui est dit !

 

mercredi, 31 décembre 2003 01:00

React

Plus connu ces dernières années pour ses talents de producteur (LL Cool J, Mary J. Blige, Redman, Jay-Z, D'Angelo,…) que pour ses méfaits en solo, Erick Sermon n'est pourtant pas un dilettante du micro : dans les années 80, le rappeur faisait partie du gang EPMD, sans doute l'un des groupe de hip hop les plus samplés de l'histoire. Avec ce " React " de bonne tenue, Sermon creuse le sillon d'un rap costaud et ravageur, à défaut d'être innovateur. Tantôt violents (" We Don't Care ", " S.O.D. ", " React " et ses samples hindous (à la mode depuis Truth Hurts), tantôt caressants (" Love Iz ", avec un Al Green ressuscité par la technologie), les titres de cet album s'inscrivent dans la lignée de ces précédentes livraisons, un peu dépassées, mais toujours ‘bombastic’. Don't believe the hype !

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