C’est parti ! La saison des festivals d’été est entamée. Comme chaque année, Couleur Café est le premier à se lancer dans l’arène. Malgré une affiche moins affriolante que dans le passé, le festival bruxellois, qui se déroulait du 24 au 26 juin à Tour &Taxis, est tout de même parvenu à s’offrir quelques jolies prestations d’artistes autant confirmés que prometteurs. On épinglera plus particulièrement les shows de DJ Shadow, Kid Koala, Ghostpoet et Irma. Et même si le soleil n’a brillé qu’un jour sur trois, l’ambiance, elle, a une nouvelle fois atteint des sommets de chaleur !
C’est dès 19h que je frôle les (affreux) graviers de Tour&Taxis. Le temps est pas top mais le public est chauffé à point. A temps pour applaudir les rappeurs marseillais les plus fadas de la planète. Comme à son habitude, IAM se démène à secouer un public déjà très nombreux devant la scène Titan. Mais v’là qu’un problème technique les forcent à arrêter leur set pendant quelques minutes. Akhénaton et Shurik’N ne le laissent pas démonter. A peine le courant rétabli, ils reprennent de plus belles en enchaînent avec quelques uns de leurs plus gros tubes, à savoir l’énorme « L’empire du côté obscur », « Petit Frère », « Independenza » et, évidemment « Le Mia » retravaillé sur le sample funky de « Give Me The Night » de George Benson. C’est vrai qu’ils jouent ‘un peu tôt’, comme s’en sont plaint pas mal de festivaliers. Mais au moins t’es dans le bain, direct. Ca démarre plutôt fort.
Après la France, c’est au tour de la Belgique de prendre possession de l’estrade du Titan. Couleur Café, elle connaît bien la petite Louvaniste. Tour à tour, Selah Sue aura posé le pied sur chacune des scènes du festival. Le Titan, c’est la consécration. Bien méritée, d’ailleurs. Suffit de voir le nombre de fillettes arborant la même coiffure pour classer définitivement la carrière de la chanteuse comme l’une des plus énormes success story musicale made in Belgium. Pourvu que ça dure, comme dirait l’autre. Faut juste espérer qu’elle garde les pieds sur terre. Des petons qui étaient bien vivaces sur les coups de 20h15. Toujours plus à l’aise sur scène, Selah Sue parcoure son éponyme avec naturel et une bonne dose d’énergie. Entre deux morceaux du disque, elle s’essaie à l’exercice de la reprise en réinterprétant le « Lost Ones » de Lauryn Hill. Pas mal. Par contre, ceux qui s’attendaient à voir débarquer Cee-Lo Green pour le duo « Please » ont du être terriblement déçu. En même temps, faut pas rêver, les ptis gars. Green est remplacé au pied levé par le (co)producteur de la jeune femme, Patrice. Histoire de se chauffer un peu avant son set, qui suit une petite heure plus tard sur la même scène. Succès de foule, Selah Sue peut dormir sur ses deux oreilles. Et vu l’acceuil que le public de Couleur Café lui a réservé, y’a en effet de grandes chances que son concert prévu à Forest National à la rentrée affiche tôt ou tard complet.
Un tour du côté de la scène Univers pour la prestation d’une autre star montante, Américaine cette fois, me donne envie d’abréger en écrivant ‘Cfr. Article du 20.02.2011’. Tout simplement parce que le manque de spontanéité du show de Janelle Monáe se confirme. Certes, la gamine, les danseuses et les musiciens y mettent du cœur. Mais tout y est quasi à l’identique. Y compris l’ordre des morceaux. Non, attends. C’est vrai, elle a fait l’effort de chanter « I Want You Back » des Jackson 5 au lieu du « Smile » de Chaplin. On l’applaudit bien fort. Next.
Pas très intéressé par ce que fait Patrice (‘tiens v’là Selah qui lui rend la pareille…’), le moment est idéal pour aller fureter sur les inévitables à-côtés du festival. A commencer par la Grande Rue du Bien Manger où les bons petits plats des quatre coins du monde embaument l’air de leurs délicieux parfums. Ca te coûte la peau des fesses mais tu sais que tu ne pourras pas y résister. Quelle faiblesse ! Quel bonheur ! Et puis y’a le marché. Le plaisir de ces dames, principalement. Et, ô joie, toujours pas une goutte dans le ciel ! L’expo, ce sera pour demain parce maintenant, faut se mettre en place pour accueillir Method Man & Redman comme il se doit.
Mais quelle erreur… Prévu à 23h15, ce n’est que vers 23h40 que quelque chose se passe enfin sur scène. Pas de rappeurs East Coast en vue. Juste un DJ qui tente de chauffer la salle pendant que les deux mecs terminent tranquillement leur bédots. Et quand ils débarquent enfin sur scène, le résultat est pas génial. Rien à redire côté énergie, Method Man & Redman se démènent comme des bêtes. Mais le son pourri de la scène Univers, et plus particulièrement du mic’ de Method Man gâche un peu la fête. Sa voix si authentique est passée au hachoir et c’est bien dommage. Me reste donc plus qu’à rentrer à la baraque et me taper la daube cinématographique « How High » (mettant en scène les deux acolytes). Même le son mono de ma téloche rend bien mieux justice aux cordes vocales du grand maître... Repos bien mérité avant la reprise des activités le lendemain.