La nation fantôme de The Besnard Lakes…

Le septième opus de Besnard Lakes, « The Besnard Lakes Are the Ghost Nation », paraîtra ce 10 octobre, confirmant ainsi son statut de l'un des groupes les plus constants de ces 20 dernières années, dont la vision et la qualité sont difficilement égalables…

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Bernard Dagnies

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Edwyn Collins publiera enfin son 7ème elpee, ce 13 septembre prochain. Il s’intitulera « Losing sleep ». Une majorité de titres ont été coécrits en compagnie de collaborateurs ; et en particulier Johnny Marr, Roddy Frame, Alex Kapranos etNick McCarthy de Franz Ferdinand, Romeo Stodart des Magic Numbers, Ryan Jarman des Cribs et des The Drums. Il a été coproduit par Edwyn et Sebastian Lewsley. En outre, l’album a aussi bénéficié du concours de toute une série d’artistes, parmi lesquels figurent Paul Cook, Dave Ruffy, Carwyn Ellis, Sean Read, Barrie Cadogan, Andy Hackett, Luca Santucci et William Collins. Son dernier opus remonte à 2007. Faut aussi dire que suite à un empoisonnement du sang, dû à l’ingestion de nourriture impropre à la consommation, il avait été victime d’une sévère hémorragie cérébrale. L’ex-Orange Juice semble être sur la voie de la guérison ; d’autant plus qu’il a recommencé à se produire sur scène…

Tracklisting

1.   Losing Sleep
2.   What Is My Role? (Co-written with Ryan Jarman)
3.   Do It Again (Co-written with Alex Kapranos & Nick McCarthy)
4.   Humble
5.   Bored
6.   In Your Eyes (Co-written with The Drums)
7.   I Still Believe In You (Co-written with Ryan Jarman)
8.   Come Tomorrow, Come Today (Co-written with Johnny Marr)
9.   It Dawns On Me (Co-written with Romeo Stodart)
10. Over The Hill
11. All My Days (Co-written with Roddy Frame)
12. Searching For The Truth

http://www.edwyncollins.com/
http://www.myspace.com/81170767

mercredi, 16 juin 2010 02:00

Ambitieux, pas suicidaire…

Peu d’artistes sont capables d’adapter des œuvres aussi obscures que celles de Brecht et Kurt Weill. Peter Wilson, alias Duke Special, s’y est frotté ; et ma foi, a fort bien réussi son challenge. D’autant plus qu’il se traduit par la sortie d’un triple cd baptisé ‘The stage, A book & The silver screen’. Un box luxueux incluant deux elpees et un Ep. Peter est un personnage fort sympathique, loquace. Et n’élude aucune question. Dès la première, il se lance même dans une sorte de monologue pour bien expliquer ce qui l’a poussé à se lancer dans cette aventure…  

Le premier disque s’intitule ‘Mother Courage and her children’. C’est aussi le plus théâtral, dramatique et ambitieux. Il s’agit de la bande-son d’une des neuf pièces de Berthold Brecht. Signée Paul Dessa, elle a été revue et corrigée par Wilson, en 2009, après une nouvelle traduction opérée par Tony Kushner. 100 000 personnes ont assisté à la représentation de ce spectacle au Théâtre National irlandais. Et l’an prochain, elle sera jouée à Broadway. « Non seulement on m’a demandé d’écrire la musique, mais on m’a taillé un rôle sur mesure : celui d’un hybride entre un cheval et un cavalier grec. J’ai joué cette pièce, l’automne dernier. Une expérience qui a duré 4 mois… » Oui mais lorsque Brecht a écrit ces vaudevilles, c’était pour stigmatiser la montée du fascisme et du nazisme. « Mon job était de mettre en musique, des lyrics existants. Il fallait que je sois en parfaite adéquation avec les paroles. De nombreuses compos parlent de personnages qui ont vécu avant la guerre, alors qu’ils étaient encore purs, intègres. Les textes sont empreints de nostalgie. Par exemple sur ‘Yvette’, on y parle d’une femme qui sortait en compagnie d’un militaire. Il la battait. Elle l’a quitté. Et a voulu se suicider. Puis s’est tournée vers la prostitution, pour pouvoir protéger, élever ses enfants. C’est la guerre, mais il existe également un conflit entre les individus, à l’échelle sociale, humaine. Une tension entre l’égoïsme et l’amour, le don de soi. C’est cette étude conflictuelle, qui est la plus intéressante… »    

‘Huckleberry Finn’ est un Ep partagé en cinq titres, un disque plus léger consacré à des chansons inachevées de Kurt Weill. Le compositeur allemand s’était inspiré du chef-d'œuvre de Mark Twain, pour les écrire, mais elles n’avaient jamais été traduites en musique, ni enregistrées. « J’ai travaillé sur ce projet pendant un an et demi, en plusieurs étapes. Je suis tombé sous le charme de ‘Catfish song’, qu’il avait composée. C’est ainsi que j’ai découvert son œuvre. Et cette comédie inachevée. J’y ai ajouté des cuivres et du piano. Les morceaux ont été enregistrés à la maison. Les paroles, à Belfast. Et les cordes à New York… » Des chansons enjouées, insouciantes, susceptibles de nous replonger dans le rêve américain… Peter précise : « Oui, c’est quelque chose de beau et d’innocent à la fois. Quand j’ai écrit ‘Mother Courage’, je baignais dans l’univers musical de Kurt Weill. ‘Huckleberry Finn’ était une sorte de récréation. Weill était capable d’écrire des mélodies simples, malgré les aspects dramatiques de la pièce. Ces compos coulent de source. C’est le plus candide des trois enregistrements… » Et le plus amusant. La mélodie d’‘Apple Jack’ aurait pu servir de B.O. à un dessin animé de Walt Disney. Dans le ‘Livre de la Jungle’, certainement. « Elle est facile à chanter. Mais elle raconte d’une manière imagée, l’addiction à l’alcoolisme du père d’Huckelberry, et la difficulté d’en sortir… Kurt écrivait cette autre comédie musicale, quand il est mort. Je suis allé visiter le studio d’enregistrement où il travaillait. C’est devenu un musée. Il y a encore sa chaise. Des lettres. Des compos en friche. Quelque part, c’est un hommage à ce mythe ; et en même temps cette expérience m’effraie. Je porte une forme de responsabilité dans cette aventure… »

Mais le plus fort et le plus cohérent des concepts est manifestement ‘The Silent World of Hector Mann’. Mann était un obscur acteur de cinéma muet mis en scène par le romancier Paul Auster, dans son livre ‘The book of Illusions’. Wilson a composé la première chanson, inspirée par le titre du film ‘Mister Nobody’. Puis, il a eu l’idée de transmettre le bouquin à onze amis musiciens, pour les inviter à écrire une chanson sur un des autres titres de films, au sein duquel figurait Mann. Leur précisant que ces compos étaient destinées à être interprétées par trois stars de la musique rock. Ce processus a très bien fonctionné, puisqu’elles sont rentrées en un laps de temps assez court. Trois jours, suivant les déclarations de Peter. Et finalement, chacune d’entre-elles est marquée par la plume de chaque collaborateur.

Parmi les artistes qui ont coopéré à ce dernier projet, figurent Neil Hannon, le leader de The Divine Comedy et le Londonien, Ed Harcourt. En ce qui concerne le premier, on devine que c’est parce qu’il partage les mêmes sensibilités musicales. Pour les compositeurs allemands du XXème siècle comme Kurt Weill. Mais aussi Scott Walker, Burt Bacharach, le music-hall et le cabaret. Chez le second, on imagine, qu’il doit apprécier sa vision du romantisme. Peter s’explique : « J’ai effectué une tournée en compagnie de Neil, en 2006. Qui est passée par la France, l’Angleterre et la Belgique. J’admire cet artiste depuis longtemps. Il vit à l’extérieur des courants et des modes ; et c’est ce que j’aime chez lui. C’est d’ailleurs ce que j’apprécie toujours chez les artistes. Il est intemporel comme Jacques Brel ou Scott Walker. Je pense que nous partageons les mêmes influences. Et le goût de cette musique d’une autre époque. Mais l’essentiel, c’est qu’il fait ce qu’il a envie et aime. Qu’il reste lui-même. Tous les compositeurs qui ont participé à l’écriture de ‘The Silent World of Hector Mann’, je les ai choisis, parce que je savais qu’ils étaient capables de composer à l’ancienne et comprenaient ce que j’attendais d’eux. Comme Ed Harcourt, qui a écrit ‘Jumpin’ Jack’… » Certaines plages de cet elpee épousent même la forme dansante de l’époque : tango, valse ou charleston. Un feeling qui reflète parfaitement les années 20. Peter admet : « C’est un peu comme si ces artisans peignaient un tableau de l’époque. Mais le plus passionnant, c’est que chaque chanson recèle l’ADN de son compositeur… J’ai demandé à Bob Weston de tout mettre en forme, afin que l’ensemble sonne comme du Duke Special. Car le but, c’était que le mélomane ait l’illusion d’écouter du Peter Wilson… »

Les sessions d’enregistrement de ‘The Silent World of Hector Mann’ se sont déroulées sous la houlette de Steve Albini. Etonnant pour ce type de projet, quand on sait que le producteur fait pratiquement tout en une seule prise. Peter clarifie : « C’est vrai qu’il est plus notoire dans l’univers du rock. Au service de groupes ou d’artistes qui privilégient la guitare. Comme chez Shellac. Finalement, on pensait que le choix n’était pas si insensé, car c’est avant tout un remarquable ingénieur du son. Il n’est pas vraiment producteur. Nous étions trois. Un joueur de banjo et de mellotron. Et moi. Puis on a loué les services d’une section rythmique à Chicago. On a tout exécuté. N’ont été overdubbées que les paroles. Le reste était en ‘live’. C’est la meilleure méthode d’enregistrement, car elle te force à bien jouer. Et ces compos ont été mise en boîte rapidement. Les sessions étaient très intensives. Mais j’ai apprécié cette manière de travailler… »

A premier abord, on pourrait penser que ce concept est un véritable suicide commercial. Pas tant que ça. En fait, Peter s’est tourné vers ‘Pledge music’ pour le financer. Oui, mais ‘quekcèqça’ ? « Traditionnellement, un groupe ou un artiste signe chez un label. Il dispose d’un budget pour l’enregistrement. La maison de disques doit payer les salaires et prendre sa marge bénéficiaire. ‘Pledge Music’ est un nouveau système pour recueillir des fonds. Les gens achètent les œuvres avant qu’elles ne sortent. J’ai réussi à récolter entre 42 et 43 000£ (+ ou - 40 000€), lors de cette prévente. J’ai aussi écrit des poèmes pour les souscripteurs. Certains d’entre eux m’ont demandé de leur consacrer des covers. Et je me suis fait rétribuer pour ce boulot. Tout un arsenal de moyens pour lever des fonds. L’industrie du disque est en pleine tourmente et chacun essaie de trouver des idées et des solutions. Il y a tellement de gens qui écoutent de la musique gratuitement. Comment voulez-vous gagner votre vie ? »

En 2006, j’avais eu le plaisir d’assister à un concert de Duke Special. A l’Aéronef de Lille, très exactement. Un chouette concert, amusant même, qui m’avait également permis de découvrir un fantastique percussionniste (NDR : il n’hésite pas à se servir de toute une batterie de cuisine, comme instruments de musique) répondant au nom Chip Bailey Wilson. Sera-t-il de la prochaine tournée ? « Il s’agira d’un autre spectacle impliquant d’autres partenaires. Je bosse en compagnie d’une dizaine de musiciens différents. Donc il ne participera pas à cette nouvelle tournée… Et on va d’abord se concentrer sur ‘The silent world of Hector Man’. Puis ‘Mother courage’. On va y ajouter des éléments visuels, des interviews qu’on projettera lors des intermèdes, etc. »

Dernière question qui s’écarte complètement du sujet, mais qui méritait d’être posée, qu’est ce que Wilson aime chez les Dresden Dolls ? Et la réponse reflète parfaitement l’état d’esprit de notre interlocuteur. « En fait, j’étais en tournée, quand j’ai découvert ce groupe. J’aime beaucoup le concept cabaret de leur spectacle. Leurs déguisements, leur maquillage, le chapeau melon de Brian… sans oublier le talent de pianiste, de compositrice et de chanteuse d’Amanda. Mais j’apprécie aussi leur manière indépendante de gérer leur carrière. Tant d’un point de vue artistique que financier. A l’écart du circuit conventionnel des labels » (NDR : on y revient…)

Merci à Vincent Devos

 

mardi, 08 juin 2010 02:00

Alt er Tabt

« Alt er Tabt » constitue le quatrième opus de ce collectif danois ; et manifestement, il s’agit de leur album le plus complexe concocté à ce jour. Complexe, mais également minimaliste. Le départ de leur claviériste et principal compositeur de la musique, Thorbjørn Krogshede, y est sans doute pour quelque chose. Souvenez-vous, c’était lui qui nappait la plupart des titres, de ses interventions atmosphériques. Second changement, la voix d’Henriette Sennevaldt ne cherche plus à monter dans les tonalités aigües, dans l’esprit de Björk. Son timbre est beaucoup plus éthéré, un peu comme si elle chuchotait, après (pendant ?) un orgasme. Mais le plus difficile procède de ces structures constamment imprévisibles, que seule la ligne de basse parvient à canaliser. Une basse très présente (heureusement !), aussi viscérale que celle de Peter Principle (Tuxedo Moon). Un Tuxedo Moon dont le spectre revient régulièrement tout au long de l’elpee. Outre la basse, à cause des interventions fiévreuses, lyriques du violon et (ou) du violoncelle. Et puis de ces références qui oscillent de Stockhausen (les accès symphoniques contemporains) à Magma (le côté prog ténébreux) en passant par Terry Riley (l’électro organique), Robert Wyatt (le climat intimiste et les chœurs diaphanes) et Efterklang (l’électro-world). Tout n’est pas perdu, mais on ne voit pas trop comment Under Byen va se débrouiller pour écouler ses œuvres sur le marché du disque. Perso, je suis très ouvert à ce type de musique expérimentale, mais je doute fort que le mélomane lambda partage mon point de vue…

mardi, 08 juin 2010 02:00

Total life forever

Encore une fois, on va me regarder de travers après avoir lu la critique de cet album. Le deuxième de Foals. Qui est excellent, rassurez-vous. Simplement, parce que votre serviteur n’y a pas rencontré les mêmes courants référentiels (NDR : un grand mot, je l’avoue). Pas très contemporains, il faut le reconnaître, à contrario de tout ce que j’ai pu lire dans la presse spécialisée.

Pour enregistrer cet opus, le quintet s’est isolé en Suède. Du côté de Göteborg. Au beau milieu d’une zone industrielle. Et les musicos ont bossé comme des malades. En essayant de s’écarter au maximum du math rock de leurs débuts. Pour embrasser des influences très eighties. Celles de Talking Heads, tout d’abord. Que l’on retrouve en filigrane, tout au long de l’elpee. Et en particulier l’œuvre majeure « Remain in light ». Un disque qui a influencé les courants postpunk, world et new wave. Et le titre d’entrée « Blue blood » ainsi que l’hypnotique « After glow » en sont probablement les plus belles illustrations. Lorsque le tempo ralentit, et emprunte un profil funkysant, c’est plutôt à INXS (NDR : le contagieux « Miami »), à Spandau Ballet (NDR : époque « Chant no.1 ») et même à XTC (NDR : les percus menaçantes et ce remarquable travail sur les voix opéré tout au long d’« Alabaster »), que je pense. Quant à « 2 trees », il nous plonge au sein d’un climat atmosphérique, mélancolique, réalisant une fusion parfaite entre le feeling de Durutti Column (NDR : surtout pour la trame électro) et l’intensité électrique de Kitchens of Distinction. « Black Gold » lorgne même vers le reggae et le dub du Clash (NDR : et de « Sandinista! », of course !), tout en s’autorisant des digressions électriques à la Skids. Et en finale, « What remains » est même hanté par le spectre de Peter Gabriel. A cause de cette sensibilité world. De ces chœurs en boucle, aussi ; même si la dimension électronique évoque davantage Efterklang. L’occasion d’en revenir à des références plus contemporaines. Comme sur « Spanish Sahara », dont les montées euphorisantes, cette sensibilité romantique et cette tension progressive auraient pu naître d’une rencontre hypothétique entre Snow Patrol, Grandaddy et Sophia. Ou encore le single « This Orient ». Dont l’intro math rock puise aux sources du combo, alors que les envolées de six cordes empruntent manifestement à Bloc Party. Et pourtant, les élans de gratte sont moins fréquents. La voix de Yannis Philippakis moins agressive. Et les compos paradoxalement plus élaborées et plus fluides.

Bref, un chouette album, même s’il est le fruit d’un cocktail d’influences aussi riches qu’énigmatiques. Quoique… D’ailleurs, pas sûr que si les membres de Foals lisent cette chronique, ils vont être très heureux d’avoir ainsi vu leur musique décortiquée…

dimanche, 30 mai 2010 23:08

Girls in Hawaii en deuil

Le drummer de Girls In Hawaii, Denis Wielemans, est décédé au cours de la nuit du samedi 29 au dimanche 30 avril. Il s’est crashé en voiture, à Bruxelles, près du tunnel Madou. Agé de 27 ans, Denis était le jeune frère d’Antoine, le chanteur de Girls in Hawaii. Il était également impliqué au sein du projet de Daniel Offermann, Hallo Kosmo, responsable d’un second album, cette année. Toutes nos pensées émues vont à leur famille et à leurs proches.

mardi, 18 mai 2010 02:00

Soldier of love

Lorsqu’on évoque Sade, on pense immédiatement aux hits planétaires « Smooth operator » et « The Sweetest taboo », deux titres qui ont véritablement cartonné au beau milieu des eighties. Car la naissance du groupe remonte déjà à 1983. Une aventure qu’on ne peut qualifier de prolifique, puisqu’elle n’a, à ce jour, que six elpees au compteur (NDR : plus de 50 millions d’albums vendus à travers le monde quand même ; excusez du peu !) Dont le dernier, « Soldier of love », fait suite à « Lovers rock » publié, il y a déjà dix ans. En fait, Sade Adu, la vocaliste, se réserve un long break, après chaque accouchement, afin d’élever sa progéniture.

Pour enregistrer ce nouveau long playing, elle a bien sûr bénéficié du concours de ses fidèles collaborateurs. En l’occurrence le claviériste Andrew Hale, le guitariste Stuart Matthewman et le bassiste Paul Spencer Denman. Des sessions qui se sont déroulées au sein des studios de Peter Gabriel. Vous aimez le timbre vocal velouté, sensuel, suave, de Sade ? Ce disque devrait suffire à votre bonheur. Musicalement, hormis le titre maître et single –plus rock, plus martial– l’ensemble de l’opus trempe dans une soul, tour à tour teintée de jazz, de trip hop voire de reggae, le tout enrobé d’arrangements tantôt synthétiques, tantôt classiques (voire classieux). Un disque constitué, en majorité, de ballades délicates, vaporeuses, ténébreuses, mélancoliques ou visionnaires. Adu siffle même sur « Be that easy ». Coproduit par Sade et Mike Pela (toujours un indéfectible collaborateur), « Soldier of love » ne recèle pas de tube susceptible de squatter les ondes radiophoniques, mais contient 10 plages de bonne facture. Certains morceaux s’avèrent même assez complexes, même si le titre final, « The safest place », emprunte un format plus minimaliste…

 

mardi, 18 mai 2010 02:00

Nonstoperotik

Charles Thompson vient probablement d’enregistrer son 18ème long playing au cours de sa carrière. En comptabilisant ses projets collectifs (Pixies, Catholics, Grand Duchy) et en solitaire (Frank Black, Black Francis). Et en solo, il en est quand même à son 12ème elpee.

Pour concocter ce « Nonstoperotik », il a reçu le concours d’Eric Drew Feldman (NDR : reconverti en producteur, ce bassiste possède une fameuse carte de visite ; claviériste au sein du band de Captain Beefheart, il a notamment produit des œuvres des Residents, de Pere Ubu, dEUS, PJ Harvey et bien sûr pour Charles, sans oublier les Pixies) à la mise en forme. Un disque dont les sessions n’ont duré que quelques nuits.

Découpé en 11 plages, l’œuvre surprend par ses arrangements alambiqués, luxuriants, réservés à une bonne moitié des compos. Notamment sur les ballades. A l’instar du trompeusement laidback « O my tidy sum », au cours duquel, Frank se prend pour Jimmy Somerville. Un falsetto qu’il nous ressert lors de la comptine enfantine « Rabbits ». Des compos qui traitent surtout de foi et de religion. Comme lors de la première partie de la plaque. On retrouve quand même des accents ‘pixiesques’ sur la cover du « Wheels » de Flying Burrito Brothers. Et même un solo de guitare bien saignant. Sur le virulent « Six legged man », également, sorte de réécriture de « Tony’s theme ». Sur la compo qui ouvre le cd, « Lake of sin », une plage percutante mais imprimés sur des tempos variables. Et en fin de parcours de la ballade surf « Dead man’s curve », moment choisi pour pousser des hululements, des glapissements et des aboiements. A partir du 8ème titre, le style change radicalement. D’abord, à cause de ce « Wild son », calqué sur le « Riders on the storm » des Doors. Basse fiévreuse et piano électrique compris. Encore que lorsque ces ivoires empruntent les sonorités d’un bar, c’est plutôt à un vieux western, tourné par Ennio Morricone, qu’on se met à penser.

Et soudain, notre Charles se laisse glisser dans des confidences érotiques. Vantant les mérites du cunnilingus sur la ballade mid tempo « When I go down on you ». Sa voix en devient même éraillée comme Bruce Springsteen. Et sa mélodie hymnique. Il en remet même une couche sur le titre maître, un fragment nettement plus dépouillé (NDR : évidemment !)

L’album s’achève par la compo la plus intéressante : « Cinema star ». Parce que la plus originale et lumineuse. Tout y est : sens mélodique, richesse des arrangements (NDR : presque prog ?), variations de tempi, cordes de guitare bringuebalantes. En extrapolant on pourrait imaginer un croisement hypothétique entre Wilco (des débuts), Danielson et Elbow. A cet instant, Frank est en état de grâce (NDR : à quand des lyrics sur les oligo-éléments contenus dans la semence masculine ?)

mardi, 18 mai 2010 02:00

Boo

Dag För Dag (NDR: traduisez ‘Au jour le jour’) est un ensemble californien, qui s’est finalement établi à Stockholm, après avoir transité par Londres et Honolulu. Un duo familial, (NDR : Snavely !) réunissant un frère (Jacob Donald) et une sœur (Sarah Parthemore), responsable d’un Ep 6 titres en 2009 (« Shooting from the shadows »). « Boo » constitue leur premier elpee. Un titre qui n’exprime pas une crainte quelconque, mais simplement évoque le nom d’un patelin suédois. Et pourtant, leur musique communique un certain sentiment d’inquiétude…

« Boo » baigne au sein d’un climat lugubre. Une atmosphère lourde et ténébreuse réminiscente des Kills, de Mazzy Star, mais également des Raveonettes. Le timbre de Sarah est voluptueux, limpide, mais spectral. Les inflexions de Jacob sont morbides, mais lorsqu’elles deviennent déclamatoires, elles peuvent lorgner vers celles de Fred Schneider (The B-52’s). Mais le plus étonnant procède des harmonies vocales du tandem ; conjuguées elles sont aussi soignées que chez le mythique Byrds (« Hands and knees »).

Guitares reverb, acides, volontiers déstructurées, ligne de basse sulfureuse ou profonde, tempo lancinant voire tribal, alimentent une solution sonore, ponctuellement soulignée de claviers vaporeux, que le combo a lui-même qualifiée de ‘Tropical punk rock’. En fait, la plupart des compos sont paradoxalement sculptées dans un garage/blues/punk à la fois sauvage et nonchalant. L’intensité est omniprésente. Le spleen également. Et pourtant, on se laisse facilement entraîner dans leur univers, fruit d’un mélange d’angoisse et de fascination. Certaines mélodies empruntent même un profil contagieux (« I am the assassin »), alors qu’une compo comme « Boxed up in pine » s’enflamme progressivement au contact des interventions virevoltantes d’un violon. L’opus s’achève même par un titre imprimé sur un tempo new wave, intitulé « Ring me Elise ». Un bonus track, paraît-il ?

 

mardi, 18 mai 2010 02:00

Moon landing

“Moon landing” constitue déjà le troisième effort en solitaire de Sivert Höyem. Mais le premier depuis que l’ex-chanteur de Madrugada a entamé une carrière solo. Une décision qu’il a prise après le décès du guitariste, Robert Burås, retrouvé mort dans son appartement, à Oslo, le 12 juillet 2007. La formation norvégienne avait alors achevé l’enregistrement de son opus éponyme et accompli les dernières dates de sa tournée, avant de se séparer définitivement.

Découpé en 10 plages, « Moon landing » laisse encore transparaître des réminiscences de son ex-combo. Surtout sur les morceaux les plus électriques. On y décèle d’ailleurs cette intensité blanche ténébreuse si caractéristique. A l’instar du titre maître, de « Lost at sea » et surtout du remuant « High society », un morceau contaminé par un clavier vintage et illuminé par l’intervention débridée d’un saxophone. Un clavier dont le flux continu (NDR : un orgue Hammond !) hydrate « Arcadian wives », un morceau dont la lente progression instrumentale nous replonge quelque peu dans l’univers de la prog. Tout comme « Shadows/High Meseta », un titre glacial, tout en crescendo, dont la richesse évoque Motorpsycho et le feeling mystique, un certain Tea Party. Le reste de l’opus met davantage en évidence la superbe voix de Sivert, baryton dont le timbre rappelle parfois celui de Neil Diamond. Et en particulier sur la ballade langoureuse « Going for gold », le contagieux « Empty house » ainsi que sur le titre qui ouvre l’elpee, « Belorado », une compo de près de 9 minutes, baignant paradoxalement dans une ambiance positive. Un bien bel album pour un artiste, dont le style est en pleine mutation…

 

mercredi, 12 mai 2010 00:08

Damn the Torpedoes (Dvd)

Attention ce Dvd est un documentaire consacré au meilleur opus enregistré par Tom Petty et sa bande, en 1979, « Damn the Torpedoes ». Il s’agissait du troisième elpee de cette formation née en Floride. Sacré triple album de platine, il recelait une compo exceptionnelle, intitulée « Refugee ». C’est d’ailleurs ce morceau qui allait lancer la carrière du groupe. La plaque inclut des interviews, des analyses, des images d’archives et même une leçon de guitare dispensée par Mike Campbell.

La sortie de ce Dvd annonce, en fait, tout simplement, la réédition prochaine de cet album culte. Il sera double et recèlera d’inévitables inédits.