Sparks dans la lune

Sparks, éternel laboratoire de la pop, poursuit son exploration de territoires inédits. Après plus de cinq décennies passées à bousculer les codes musicaux, Ron et Russell Mael ajoutent un nouveau chapitre singulier à leur parcours en publiant Live On The…

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Enregistré sous Ex:Re

Elena Tonra rompt le silence de son projet solo Ex:Re. La voix du combo indie-folk londonien Daughter annonce la publication de Save As, un nouvel elpee attendu pour le 30 octobre chez 4AD. Pour faire patienter l'auditoire, elle dévoile le single d'ouverture…

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The Cure
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Bernard Dagnies

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vendredi, 31 décembre 2004 01:00

The Gris Gris

The Gris Gris est un trio drivé par le jeune Greg Ashley. Chanteur, guitariste et compositeur, ce Texan vit à Oakland, en Californie. Ce qui explique sans doute pourquoi sa section rythmique est issue de la baie de San Francisco. Une chose est sûre, la musique des Gris Gris est influencée par le psychédélisme. Et en particulier par le 16th Floor Elevators de Rocky Erickson. A cause de ce climat spectral, presque vaudou, qui règne tout au long de cet opus. Et « Best regards » qui tressaille et siffle tel un exorcisme en est la plus belle démonstration. Un climat qu’il parvient à entretenir sur les compositions acoustiques ou semi acoustiques. Un peu à la manière d’un Syd Barrett. A l’instar de « Mary #38 » ou de « Medication #3, plages au cours desquelles on a l’impression qu’il vient d’exhumer la guitare de Woodie Guthrie. Du final « Winter weather » également. Un blues countryfié, soutenu de backing vocals falsetto, réminiscent du « Let it bleed » des Stones. Ou encore de la ballade « Me queda um bejou », nonobstant son début plus expérimental. Une face expérimentale qu’il développe sur l’instrumental « Plain Vanilla », un peu dans l’esprit de « More » du Floyd. Ou encore de « Raygun », synthèse de toutes ses références, qu’il sature de feedback. L’opus éponyme laisse bien évidemment une place au garage. « Necessary separation » aurait ainsi pu figurer sur des compiles « Nuggets » aux côtés des Standells. Tout comme « Everytime », un fragment rogné de claviers poussiéreux, caverneux et imprimé sur un tempo tribal. Encore que cette exploration ténébreuse s’achève dans un délire électrique que n’aurait pas renié un certain Erik Braunn, lorsqu’il sévissait chez Iron Butterfly.
vendredi, 31 décembre 2004 01:00

Salt for zombies

Oui cet album est sorti l’an dernier. Et il n’a jamais bénéficié d’une distribution officielle chez nous. Alors pourquoi en parler ? Parce qu’il le mérite tout simplement. « Salt for zombies » est le premier opus studio du mythique groupe garage depuis 13 ans. Il y a bien eu un album ‘live’ (« Lysergic ejaculations ») paru en 1994. Et une compile ainsi que quelques projets parallèles menés par Rudi Protrudi. Mais rien de bien consistant à se mettre sous la dent. C’est donc chose faite avec « Salt for zombies ». Un disque pour lequel il a reçu le concours de James Lowe des Electric Prunes et Sky Saxon des Seeds. En fait, Rudi les a surtout persuadé de revenir à la musique. Dans la foulée, les Seeds se sont d’ailleurs remis à tourner. Et pour rendre hommage à feu son ami Screamin’ Jay Hawkins, entre la plupart des compos, on entend la voix du vieux bluesman, un peu comme s’il se manifestait d’outre-tombe. Sans quoi, partagé entre reprises d’obscurs groupes psyché/garage (We the People, The Plague, Boss Tweads, Shy Guys, etc.) et originaux, le combo nous entraîne dans un tourbillon sonore qui fleure bon les sixties. Guitares bourdonnantes, vibrantes, hammond aux sonorités pourries, groove, section rythmique implacable, drums tribaux, bongos, sitar et j’en passe : tout y est ! Le tout épicé par le baryton profond, sensuel de Rudi. Et si vous souhaitez en savoir davantage, je vous invite à lire la longue interview que Protrudi nous a accordée, il y a quelques mois…
 
vendredi, 31 décembre 2004 01:00

Before the poison

Pour enregistrer “Kissin Time”, son précédent opus, Sister Morphine avait reçu le concours de Beck et de Billy Corgan. Deux ans plus tard, elle nous revient avec « Before the poison ». Son 21ème elpee studio. Mais pour la circonstance, elle a notamment bénéficié de la contribution de Damon Albarn (NDR : le chanteur de Blur !), du compositeur de musiques de film Jon Brion, de PJ Harvey ainsi que de Nick Cave et de ses Bad Seeds. Et le résultat va au-delà de toutes les espérances. Parce que les dix fragments de cet album collent parfaitement à son style vocal empreint de sensibilité, de fièvre, de grâce et de douleur ; une voix nicotinée, monochrome que certains n’ont pas hésité à situer à mi-chemin entre celle de Nico et de Janis Joplin. Une voix hantée, hantant ces textes à la beauté sombre. Une voix qui vous fige, vous glace et vous transperce l’âme. Polly Jean Harvey s’est investie pour cinq plages. Les plus arides, punkysantes, obliques, gothiques et dépouillées. Cave pour trois morceaux. Les plus mélancoliques, ténébreux. Encore que le tempétueux « Desperanto » trempe dans un funk sauvage (Beck ?), pendant que Marianne s’exprime sur un mode presque rap, souligné par des chœurs angéliques (Chumbawamba ?). Et si en finale, l’étonnante berceuse « City of Quartz » évolue au gré des instruments insolites, la meilleure chanson de l’opus demeure « Last song », la composition signée Albarn. Une compo élégiaque, enrichie d’orchestrations somptueuses, au cours de laquelle on entend les doigts glisser sur les cordes de la guitare. A vous flanquer des frissons partout. Un bien bel album !
lundi, 31 décembre 2001 01:00

Minor setbacks

Premier album pour ce trio batave, de Beverwijk très exactement, dont le slowcore marche sur les traces de Idaho, Codeine, Low, Spain ou Slint. Encore que des groupes aussi différents et majeurs que le Floyd circa " More ", le Red House Painters ou encore Yo la Tengo doivent avoir (eu) une influence certaine sur Gardin. De nature atmosphérique, sombre et mélancolique, la musique de ce combo s'épanche sur un tempo lent, très lent parfois même ; ne s'embrasant qu'en de très rares occasions. Mais lorsqu'elle s'embrase, elle libère une intensité électrique véritablement impressionnante. Découpé en 9 fragments, " Minor setbacks " propage une mélancolie douce, moelleuse ; une mélancolie insufflée par des cordes de guitares plaquées ou bringuebalantes, des drums feutrés, des accords de piano (NDR : à queue !) profonds, frémissants, que caresse le timbre vocal chuchoté d'Allan, parfois rejoint dans la confidence par Jessica…

 

mardi, 24 mars 2009 23:04

Cleaning out the ashtrays (sampler)

C’est bien de vider les cendriers, mais il n’y avait que 10 clopes dans le paquet, sur les 59 promises. Bref, si Lloyd Cole vient de sortir un box de 4 cds réunissant démos, flip sides, raretés, inédits et covers (NDR : entre autres de Leonard Cohen, Lou Reed, Kris Kristofferson, Burt Bacharach et Marc Bolan), le sampler se limite à dix titres. Sympa à écouter dans sa voiture, mais insuffisant pour pouvoir se faire une idée exacte du contenu.

mardi, 24 mars 2009 23:03

Battlefield

EZ3kiel est une formation qui nous vient d’outre-Quiévrain. De Tours, très exactement. Et « Battlefield » constitue son second opus. A l’origine, le line up réunissait 5 musiciens. Réduit à un trio, en 1998, le line up est passé à un quatuor depuis l’enregistrement de cet elpee. Si la plupart des médias leur reconnaissent des vertus trip hop épicées de dub et de jungle, ce dernier essai affiche davantage de références indus. Peu de vocaux sur les 11 compos de cette œuvre. Sur « Firedamp », quand même, titre de grindcore chaotique, ils sont déchirés par des cris stridents, sauvages et implacables. Des invités comblent épisodiquement cette lacune. A l’instar de « Spit on the ashes », plage au cours de laquelle, deux musiciens de Narrow Terence apportent leur concours. Et le contraste entre le timbre féminin limpide et masculin éraillé, lugubre, est assez saisissant. Sur « Alignment », également, un morceau de rap ambient, relevé par la présence du Mc de Blue Rum.

Dub, post rock, indus et ambient se partagent l’essentiel du reste de l’album. Deux exceptions qui confirment la règle, la finale tempétueuse « Wagma », qui lorgne même vers le hard rock ; et le cinématique, ‘enniomorriconesque’, « The Wedding », malgré ses cuivres majestueux. Des cuivres qu’on retrouve parsemés ça et là et notamment, sur l’adaptation insolite d’un extrait du Roméo et Juliette de Sergei Prokofiev, « La Danse des Chevaliers ». Intitulée « The Montagues and The Capulets », cette adaptation a bénéficié de la collaboration des musiciens de DAUU. Enfin, meilleur titre de l’elpee, « Break or die » épouse un profil parfaitement indus. Il est même agité de percus tribales, dans l’esprit de Nine Inch Nails. S’il faut avouer que je ne suis pas un grand consommateur de ce style musical, l’ensemble tient la route. On épinglera encore l’identité graphique du combo français, un artwork réalisé par Yann Nguema, leur bassiste…

mardi, 24 mars 2009 10:17

Esprit, es-tu là?

Une interview qui débute face à trois interlocuteurs, et se termine en compagnie du line up au complet, ce n’est pas courant. Et pourtant, il n’a pas fallu plus de 10 minutes pour que l’ensemble du quintet newyorkais décide de participer activement à l’entretien. Des gars extrêmement sympathiques qui, quelques minutes auparavant, avaient terminé un mini-set destiné aux enfants, accordé en fin d’après-midi. Seul souci, en décryptant la bande d’enregistrement, pas toujours facile de reconnaître qui avait pris la parole. Il a donc fallu, parfois, extrapoler. Ah oui, et pour que vous vous y retrouviez, Greg Jamie est le chanteur/guitariste, Gabe Darling le préposé au banjo, Bob Pycior, le violoniste, David Roger-Berry le drummer et Newman, le bassiste…

Question bateau pour commencer, pourquoi avoir choisi un patronyme aussi funèbre ? Rien de bien extraordinaire, puisqu’il s’agit d’une chanson traditionnelle américaine qu’ils interprétaient en studio à leurs débuts. Elle figure d’ailleurs sur leur premier opus, ‘Carl Nemelka Family Photographs’, paru en 2004. Par contre, la mort, on peut dire que le combo a été confronté à cette épreuve, puisque David Rogers-Berry, le drummer a perdu sa fiancée, il y a plus ou moins deux ans, victime d’une rupture d’anévrisme. Le dernier album recèle d’ailleurs une chanson qui lui est consacrée, ‘A light that does not dim’. Qu’ils interprètent même en ‘live’. Mais que ressentent-ils, et en particulier David, lorsqu’ils la jouent en public. Le principal intéressé semble surpris de la question mais n’élude pas le chapitre. « Cela a un effet catharsis. De temps à autre, c’est un bon feeling. A d’autres moments, c’est plus difficile, et j’y pense très fort. Mais quand vous jouez cette chanson tous les soirs, son sens profond finit par vous échapper… » La mort et le sexe sont deux sujets qu’on retrouve régulièrement dans leurs lyrics. Dans son essai poétique, ‘The Lords’, Jim Morrison liait déjà intimement ces deux pôles. Newman admet : « Le sexe et la mort sont probablement les deux pierres angulaires de la vie. L’histoire l’a démontré… » Des lyrics souvent proposés sous la forme de contes, qui parlent de magie de sorcellerie et de spiritisme. Il était donc bon de savoir s’ils étaient inspirés par des légendes pour écrire de telles fables. Ou si elles étaient le fruit de leur imagination. Pourquoi, ils écrivaient de tels récits ? Et enfin, s’ils croyaient à ce qu’ils racontaient. Aux esprits, à la vie après la mort, à un dieu ? Vaste débat ! Ils se regardent tous en se demandant qui va répondre ; mais c’est Gabe qui se jette le premier à l’eau : « Nous sommes les auteurs de ces paraboles. » Et Greg d’embrayer : « La plupart d’entre elles sont inventées de toutes pièces. Mais certaines d’autres possèdent une signification historique. Ce qui nous intéresse, c’est de proposer une autre approche de la mythologie, de créer notre propre imagerie. » Gabe argumente : « L’imagerie est quelque chose d’essentiel. Le langage imagé est plus important que l’image elle-même » Newman s’épanche : « Cependant, le fait de s’intéresser à la sorcellerie et au spiritisme ne veut pas nécessairement dire que nous croyons à la vie après la mort. Les deux thèmes ne sont pas nécessairement liés. Néanmoins, oui, je crois à la magie. D’autant plus que nous avons vécu des événements qu’on ne peut pas expliquer de manière rationnelle ». Bob insiste : « Tu crois que nos esprits se promènent ? » Gabe revient à des propos plus terre-à-terre : « Ce qui nous passionne, c’est ce qui se passe aujourd’hui ; et notamment les problèmes écologiques… » Car, entre les lignes, le groupe cherche à faire passer un message de retour à la nature. Ce qui évidemment me fait penser à la philosophie prônée par les hippies, à la fin des sixties. La question déclenche de grands éclats de rires. Gabe réagit : « Ce n’est pas une philosophie, mais plutôt une frustration par rapport à notre civilisation. Par exemple quand tu analyses le stress éprouvé par la population de New York City ou de L.A., il y a de quoi se poser des questions. La société contemporaine est devenue égoïste. Egocentrique, même. Beaucoup plus que celle des sixties. Et elle n’en a rien à cirer de l’environnement. Or, il est urgent de s’en soucier. D’essayer de le sauvegarder. » Greg insiste : « Nous sommes capables de dépasser nos petits problèmes du train-train quotidien de la vie en groupe. Nous nous intéressons à des valeurs bien plus fondamentales, primordiales même. Nous nous soucions des aspects de la vie qui ne nous sont pas familiers. Comme par exemple les problèmes relatifs à la nature. On est sensibles à ces sujets, auxquels, apparemment, le commun des mortels ( ?!?!) n’a pas le temps de se préoccuper… »

‘Broken hymns limbs and skin’, leur dernier album a été produit par Alex Newport, un personnage dont la carte de visite mentionne des mises en forme d’elpees de Mars Volta, Two Gallants, Rival Schools, Death Cab For Cutie, Me First and the Gimme Gimmes, At the Drive-In, The Melvins, Sepultura ou encore System Of A Down. Envisagent-ils de collaborer à nouveau avec lui, pour le prochain opus ? Newman réagit immédiatement : « Non. Parce qu’on ne peut plus se le permettre. C’est un cher client. Et pourquoi on l’avait quand même engagé ? C’est parce qu’il avait accepté de baisser ses prix. Même que c’était encore trop onéreux. Finalement, c’est notre label qui s’est chargé de régler la différence. Bien sûr il est un excellent ingénieur du son autant que très bon producteur, mais ce n’est pas sur notre dos qu’il se fera de l’argent. » Gabe a son avis personnel sur le sujet : « En fait, je pense qu’il est plus judicieux de bosser, pour chaque disque, en compagnie de producteurs différents, car ils apportent à chaque fois des perspectives d’enregistrement différentes. » Newman ajoute : « Heureusement, cet album a été réalisé en deux temps trois mouvements. En fait, les morceaux étaient rôdés depuis au moins deux ans. Et Newport a mis trois jours pour tout ficeler. » Gabe enchaîne : « Mais pour le prochain album, on va y consacrer plus de temps ». De nouvelles chansons ont-elles déjà été écrites ? Greg confie : « On vient d’en composer une nouvelle » Pour un nouveau 7 inches ? Probablement, puisqu’apparemment le groupe a l’intention de sortir davantage de disques sous ce format. Gabe nuance : « Il faudra voir. Nous avons déjà concocté des covers qui sont parues en single » Newman explique : « Effectivement, on a enregistré une chanson à Hambourg. Elle est destinée à un 7 inches. Nous étions en congé… » Bob lui coupe la parole : « Il faut être fou pour passer toute la journée dans un studio… » Mais quelle est la part d’improvisation dans le répertoire de O’Death ? Bob reprend le crachoir : « On n’improvise pas tout le temps. Maintenant, il arrive qu’une chanson naisse d’une session d’impro. » Greg confirme : « Quoiqu’il arrive, il y a toujours de l’impro. Mais il faut un élément déclencheur. Alors l’inspiration nous tombe du ciel. » Newman a sa propre idée sur le sujet : « Ce phénomène arrive surtout sur scène. Pas comme lors d’une session de jazz. Mais parce qu’on bondit, fait des cabrioles, se bouscule, balance des vannes… C’est aussi de l’impro. » Gabe poursuit : « Une même chanson est jouée des centaines et des centaines de fois, et donc inévitablement, lorsqu’on la maîtrise parfaitement, on est capable de l’interpréter différemment. » Bob intervient : « On peut y mettre davantage d’effets de violon, de reverb… » Greg donne un point de vue plus pointu : « Mon impro se focalise davantage sur les lyrics. Notamment, quand je formule des paroles différentes de celles du texte original. C’est un peu comme je le sens. » Impro ou pas, David est lui très intéressé par les percussions insolites, à l’instar de Meric Long et Logan Kroeber des Dodos. « J’ai toujours aimé collectionner ce type de matos. J’en fabrique également. Mais je vis dans une maison trop petite pour pouvoir entasser tout ces instruments. Au cours des huit dernières années, j’ai déménagé au moins une fois par an. Et chaque fois, mon domicile est encombré d’un tas de brol. Il me faudrait davantage d’espace pour pouvoir entreposer tout ce que j’acquiers. Un jour j’aurais un studio. Et je pourrais y mettre au moins douze pianos. »

La musique d’O’Death n’est pas vierge d’influences. Violent Femmes, Gogol Bordello et les Pogues, semblent, à mes oreilles, les plus évidentes. A voir maintenant si le groupe partage cet avis. Gabe reconnaît : « Il est sûr que nous sommes très enthousiastes quand on nous parle de ces trois groupes. Ils jouent du folk dans le meilleur sens du terme. D’une manière énergique. » Newman confirme : « Indéniablement, on est influencé par ce type de rock folk énergique, dynamique, rapide, souple, efficace. Et puis on ne nie pas avoir été marqués par des groupes de pré-heavy métal. Peut-être même plus proches du punk que du métal. En fait, ce qui nous botte, c’est l’énergie qu’ils libèrent. On aime ainsi autant Black Sabbath que les Ramones. » O’Death puise aussi ses sources dans la musique gothique et appalache. Un peu comme 16th Horsepower ou Wovenhand. Gabe commente : « J’ai rencontré David Eugene Edwards récemment. En fait, ce sont nos racines qui sont proches. Celles héritées de la tradition. Du gospel aussi. Quand tu es jeune, tu as une approche académique de la musique. Mais au fil du temps, tu construis ton propre style et tu dépasses tes propres influences. Tom Waits est également un personnage qui me fascine. A cause de sa manière d’intégrer différents styles et différentes époques dans sa muse ». Pour en rester aux références, le quintet new-yorkais apprécie tout autant Outkast que John Fahey. Explications confirmées par Newman. « Absolument, parce que l’ex-rappeur de Wu-Tang Klan est quelqu’un qui a marqué le hip hop. Mais c’était il y a cinq ans. Aujourd’hui, ce style musical est devenu insipide. Quant à Fahey, je ne sais pas où tu es allé chercher tes infos. Fallait gratter pour le savoir. Il s’agit d’une de nos influences les plus obscures. En fait, nous sommes intéressés par l’approche scientifique de sa musique… »

Merci à Vincent Devos

Responsable d’un remarquable album (NDR : « Merriweather Post Pavilion », probablement déjà un des ‘musts’ pour 2009), la formation new-yorkaise passait par l’Aéronef ce 19 mars 2009. Normal dès lors de caresser l’espoir que la transposition en ‘live’ de leur petit chef-d’œuvre soit de la même trempe. C’est-à-dire retrouver cette musique oscillant de la pop éthérée à la noise, en passant par le folk tribal, le néo-psychédélisme et le minimalisme électronique. Et surtout ces superbes polyphonies vocales. Mais en mon fors intérieur, je me demandais quand même comment ils allaient gérer leur cocktail d’influences, puisées aussi bien chez Mercury Rev, Terry Riley, New Musik, Pet Shop Boys, les Beach Boys, Syd Barrett ou encore Aphex Twin, sur les planches. Mauvaise nouvelle, leur principal guitariste Deakin s’est provisoirement retiré du projet. Il n’avait d’ailleurs pas participé aux sessions d’enregistrement du denier elpee. Mais apparemment, donc, ce changement de line up n’avait guère affecté leur muse. C’est ce que m’expliquait un confrère, qui avait assisté à leur prestation, la veille à l’AB. Epoustouflante, paraît-il !

Il revenait à Pantha du Prince d’ouvrir les hostilités. Comme le mercredi, à Bruxelles, d’ailleurs. Alias Hendrick Weber, ce DJ, producteur, compositeur et bassiste est réputé pour son recours au Schaffel beat, soit un rythme syncopé glissant rapidement du classique 4/4 au 6/8, 3/4 voire 12/8 (NDR : il doit avoir la bosse des maths !) Ne m’en demandez pas plus, je suis totalement ignare en la matière. Il s’installe derrière un pupitre drapé de noir. Au milieu du matos d’Animal Collective. Et il se lance dans un set d’une bonne demi-heure, au cours duquel il va tourner des boutons et de temps à autre à frapper une sorte de cloche à l’aide d’une tige. Paraît que ces variations rythmiques sont destinées à faire remuer les corps. Comme lors d’une transe vaudou… En fait, si le sexe féminin a pu admirer un beau garçon qui pourrait facilement poser pour des magazines de mode, je dois avouer que sa prestation m’a laissé de glace. Et en observant plusieurs de mes voisins bâiller, j’ai la nette impression que je n’étais pas le seul dans le cas.

Place au trio Animal Collective. On a enlevé le pupitre de Pantha du Prince pour ne laisser que ceux du trio, habillés d’un drap de couleur blanche. Pour en dissimuler les fils, c’est évident. Geologist s’installe à gauche de la scène. Il éclaire ses gestes d’une lampe frontale. A droite, Panda Bear se plante derrière le sien. A côté de lui, on discerne une cymbale et un tom dont il ne jouera qu’épisodiquement. Au milieu, Avey Tare se partage la guitare et deux claviers sis de chaque côté de lui. Au fond de la scène, on aperçoit également un tom et une cymbale. Encore des percus subsidiaires. Une énorme boule blanche est suspendue au-dessus du groupe. Au fil du show, quelques images psychédéliques y seront projetées. Le light show est on ne peut plus minimaliste. D’ailleurs, pour immortaliser le moindre cliché, les photographes ont galéré toute la soirée.

Bref, venons-en au set proprement dit. D’abord, les beats (NDR : parfois dub) imposés par Geologist plombent toutes les compositions. On est même scotché sur place tant ils sont puissants. J’essaie de reconnaître l’un ou l’autre morceau, mais la bouillie sonore est tellement déstructurée, qu’il est difficile de s’y retrouver. Panda et Avey se réservent les vocaux. Des harmonies qui nous avaient enchantés sur les compos de leur album. Mais ici, on n’entend plus que des onomatopées réverbérées. Manifestement, le groupe a décidé de privilégier l’électronique expérimentale. Et de nous noyer sous des nappes de sons basées sur la répétition. Que ce soit des bruits, des voix, des infrabasses, des rythmes et de tout le saint tremblement. Sur la musique aussi, on suppose… Paraît qu’il faut s’immerger dans leur univers pour en prendre conscience et espérer qu’un moment subliminal se produise. Ce serait du néo-surréalisme (NDR : qui a dit néo-libéralisme ?) Si on veut ! Faudrait alors qu’ils s’expliquent de manière approfondie sur le concept. Parce que tout ce que j’ai pu lire à leur sujet me donne l’impression d’être en présence d’un hype. Que la presse spécialisée s’est empressée de faire mousser, pour paraître branchée. En consultant la presse écrite et celle du web, j’ai même eu la nette impression qu’ils n’avaient pas grand-chose à raconter d’intéressant. C’est peut-être la raison pour laquelle, ils n’ont pas souhaité (NDR : ou leur label) qu’ils s’expriment auprès de Musiczine. L’épreuve du ‘live’ de votre serviteur va durer 55 minutes. Et puis basta ! Franchement, qu’ils se concentrent sur leurs disques. Ce sont des maîtres dans le domaine. Mais pour la scène, après plus de 40 ans de bouteille dans l’univers du rock, il ne faut plus me la faire…

Organisation Aéronef Lille.

 

mardi, 17 mars 2009 01:00

Tout va disparaître

Curieuse histoire que la sortie du premier album du chanteur/guitariste de Mud Flow, puisqu’un premier disque promo avait été transmis à la presse pour être chroniqué, avant que le label ne nous prévienne que ce disque ne sortirait jamais sous cette forme et qu’une nouvelle mouture allait nous être transmise. Bref, la première version deviendra un véritable collector. En fait, suite à un désaccord contractuel entre Liben et la comédienne belge Edwige Bailly, vocaliste pour la circonstance, toutes les sessions d’enregistrement ont été réenregistrées en compagnie de la styliste Stéphanie Croibien. Et le disque de ressortir le 19 janvier.

Cette œuvre est un peu une sorte de concept album. Un album chanté dans la langue de Molière. Un projet dont Vincent rêvait depuis belle lurette et qu’il ne pouvait concrétiser auprès de Mud Flow. Pas une raison pour abandonner son groupe fétiche, mais une belle occasion de se faire plaisir. Tout au long de « Tout va disparaître », il raconte l’histoire d’un couple fictionnel déchiré, comme dans un film. En dix chansons, qu’il a intégralement écrites, composées, arrangées et réalisées, il aborde ainsi l'inépuisable sujet de l'amour. Vincent et Stéphanie se partagent les vocaux. Lui d’un timbre grave et posé. Elle d’une voix douce, limpide et sensuelle. Les références à Yves Simon sont manifestes, même si la formule en duo garçon/fille, s’inscrit d’avantage dans l’esprit d’un Serge Gainsbourg (NDR : c’est évident sur « 30 décembre). Hormis sur le plus électrique (NDR : un mambo subrepticement caressé de percus !) « Le joli mai », c’est la guitare acoustique qui domine l’instrumentation. Souvent jouée en picking, elle est soutenue discrètement par quelques accords de piano, une rythmique basse/batterie et ponctuellement de discrètes mais très judicieuses orchestrations. Le fidèle Rudy Coclet est toujours aux manettes de cet opus qui baigne dans une douce mélancolie et qui ma foi est de toute beauté. « Tout va disparaître », mais pas cet album, j’en suis convaincu…

 

mardi, 17 mars 2009 01:00

La République des Meteors

Ce n’est pas parce qu’on apprécie tout particulièrement un groupe ou un artiste, qu'il faut se montrer complaisant. C’est donc dans cet esprit que la chronique du dernier opus d’Indochine a été écrite.

Premier point, et il est positif, une bonne moitié des lyrics de l’elpee traite de la guerre, de la séparation et de la mort, provoqués lors du conflit mondial de 14-18. A travers des lettres de poilus. Et dès l’intro apocalyptique (« Republika meteor ouverture ») on est mis au parfum. Oui, d’accord, ces textes ont toujours cet aspect juvénile qui les rend (in)volontairement surréalistes. Mais c’est Indochine. Deux exceptions, le très dansant « Play Boy » (Taxi Girl rencontre XTC ?), au cours duquel Nicola ironise sur le choix de Johnny Halliday d’avoir opté pour la résidence en Suisse ; et puis le touchant « Bye, bye Valentine », dédié à sa fille (NDR : en fait Nicola projette ses angoisses en pensant à son départ du nid familial, lorsqu’elle décidera de faire sa propre vie), même si on a parfois l’impression d’avoir déjà entendu ce type de mélodie. Car c’est ici que le bât blesse : trop de chansons de cet album puisent au sein des propres références d’Indo. A un tel point que parfois, ça sent le réchauffé. « Alice in June » était tout bonnement remarquable. Malgré ses superbes arrangements et orchestrations, « La République des Meteors » est trop inégal pour totalement convaincre. J’épinglerai néanmoins, le single « Little dolls » dont la superbe mélodie est balayée par ses accords de piano sonore et frémissants. La ballade émouvante « Le grand soir », le bouleversant « Union wars », dont les lyrics graves sont prononcés sur un ton badin, le solennel « La lettre de métal », ponctué par quelques accents d’électro vintage, la ritournelle « Junior song »,  construite sur un schéma en crescendo et surtout « Le dernier jour ». Imprimé sur un tempo new wave, il remet enfin à sa place le rôle des guitares pourtant ponctuellement shoegaze, bringuebalantes.

Son duo (avec Suzanne Combeaud, la chanteuse de Pravda, sur l’hymnique « Un ange à ma table ») et trio (en compagnie de la même Suzanne ainsi que Gwen B, bassiste de Madinka) pour « Je t’aime tant » n’ont pas le feeling de « J’ai demandé à la lune ». Imprimés sur un tempo presque binaire, « Go, Rimbaud Go ! » et le plus rock « Republika », malgré son glas obsessionnel et sa fin de parcours pimenté d’accords de guitare reverb, comme à l’époque du « 3ème sexe », sont trop gratuitement basiques. Epique, « L world » est plus que dispensable, tout comme l’électro pop/variétoche « Les aubes sont mortes ». Enfin, malgré ses riffs de gratte post punk et sa section de cordes, « Le lac » pousse un peu loin le bouchon dans la mélodie hymnique (NDR : éventuellement pour reprendre en chœur ‘live’, ça risque de marcher). Limité au piano et à la voix de Sirkis, le morceau caché, « Tom & Jerry », est trop court pour pouvoir émettre un jugement objectif. Ce sont les points négatifs.

Pour que votre info soit complète, sachez que c’est Gilles Martin (Tuxedo Moon, Colin Newman, dEUS, Dominique A, etc.) qui s’est chargé du mastering au studio Farside. Petite remarque qui vaut ce qu’elle vaut, mais Olivier De Sat ne serait-il pas occupé d’orienter la musique d’Indochine vers un style de plus en plus impersonnel ? Une chose est sûre, les guitares sont de moins en moins présentes. Ou si elles le sont, elles se fondent de plus en plus dans les arrangements et les orchestrations. Serait peut-être temps que le groupe en revienne à une forme plus épurée…