Paul Brady est irlandais. Du Nord, très exactement. Chanteur, guitariste, auteur et compositeur, il est âgé de 63 ans. Ses premiers pas musicaux, il les a accomplis au cours des sixties, au sein de formations de R&B et soul. Il est ensuite emporté par la vague du folklore irlandais qui était alors emmenée par les Dubliners. Il rejoint ensuite un groupe d'irish folk : les Johnstons. Une aventure ponctuée de sept albums! En 1972, il rejoint Planxty ; mais son style n’a pas changé. Sa première œuvre individuelle, il la publie en 1978 : "Welcome here kind stranger". Sculpté dans le folk, cet elpee est très bien accueilli par la critique. Depuis, il a aligné une douzaine d'albums, dont le précédent, "Say what you feel" remontait à 2005.
Ce nouvel opus, il a commencé à l'enregistrer dans son propre studio. Sis dans les faubourgs de Dublin. Fin 2008. Lors des toutes premières sessions, il bossait en compagnie de son batteur, Liam Genockey. Puis, il a invité sa bassiste, Jennifer Maidman, à tracer quelques lignes, à l’aide de son instrument. Paul ajoute alors ses propres interventions : aux guitares, au bouzouki, à la mandoline, aux claviers et percussions. Début 2009, Billy Shanley et Anto Drennan prodiguent leur concours aux grattes électriques et Rod McVey le sien à l’orgue Hammond et à l’accordéon. Paul est un perfectionniste. Il sollicite Jerry Douglass pour enrichir la solution sonore de sa lap steel guitare. Depuis son domicile de Nashville. Puis, il invite Fiachra Trench à réunir un ensemble de cordes. Ce n’est qu’après ce long travail de préparation que Mr. Brady va enfin se consacrer au mixage et à la production. Et en 2010, il publie enfin ce "Hooba Dooba" ; un opus réunissant douze chansons, dont onze compositions personnelles et une reprise du "You won't see me" des Beatles, qui figurait sur "Rubber soul".
"Cry it out" donne le ton. Un titre taillé dans un pop rock de toute bonne facture. Le timbre vocal de Paul est franc et clair. Il est soutenu par des chœurs. La conjugaison de l'orgue Hammond de McVey et du Farfisa de Brady confèrent une coloration particulière à cette ouverture. "Rainbow" baigne au sein d’une atmosphère exotique, chaleureuse. La lap steel de Jerry Douglas et l'accordéon de Rod nous transportent sous des îles ensoleillées. Bien jolie ballade folk, enrichie de chœurs, de cordes et bénéficiant de superbes arrangements, "The price of fame" véhicule des accents country. Bercée par des flots de violons et de violoncelles, "One more today" campe une chanson d'amour bouleversante, empreinte d’une grande intensité. "The winner's ball" change de cap. Une chanson funky soul destinée à la piste de danse. L’elpee recèle encore quelque ‘love songs’ trempées dans le folk. Tout d’abord, "Luck of the draw", une chanson qu'il avait écrite pour Bonnie Raitt. "Mother and son", ensuite. Une plage balisée par le piano et illuminée par l'ensemble de cordes. Et enfin la finale "Living the mystery", une compo au cours de laquelle, son fils Colm est venu souffler timidement dans un harmonica. "Follow that star" est certainement le morceau que je préfère. Il emprunte son profil à vieux blues à peine dépoussiéré. La voix prend de la hauteur, le piano roadhouse s’impose, pendant que la guitare bien sentie s’illustre. "Money to burn" nous replonge dans l’univers de son folklore irlandais. Sa version du "You won't see me" des Fab Four est respectueuse de l’originale. Composée par Lennon et McCartney, cette ballade n'était pas une des chansons les plus connues du célèbre quartet de Liverpool. Son ton devient grave lorsqu’il évoque les guerres légitimées par la religion et la terreur qui en émane, sur "Over the border".

Nederlands
Français 
