L'album s'ouvre par l'instrumental « Obscura », quelques notes volées à un xylophone traînant dans un grenier poussiéreux, un vent tourbillonnant soufflé par un violon larmoyant, le tout appuyé par les pleurs d'une scie aux dents longues. J’appréhende alors déjà le pire. A savoir d'être submergé tout au long de ce « Twin feathers» par un pathos conférant à la mièvrerie. Sur mes gardes, je tends l'oreille à « Fallen trees ». Serpentant au sein d’un climat inquiétant, quelques larsens avancent à la lisière d'un chemin. Le violon de Rachel Watkins fraie avec le diable, entamant une triste danse. Ici, au centre de cette clairière, la douce choisit d'entamer son chant aux résonances moyenâgeuses. Irritant. Bientôt, le tout est emporté dans un final pompeux où de manière incompréhensible, la batterie s'estompe quand justement elle gagnerait à monter en puissance.
Je reste peu convaincu par tant d'esbroufe maladroite. J'en viens à me demander si je n'écoute pas une énième resucée de Mono ou Presence of Soul, tant ce final frise la grandiloquence parfaitement affirmée des deux précités. J'hésite encore à me prononcer. Nippon, ni mauvais. J'attends la suite. La voix de monsieur Watkins prenant le pas sur celle de son épouse, dès le troisième titre, ce « Through water » s'avère de meilleure facture et bien moins maniéré. De quoi présager une suite moins énervante. Passé l'interlude « The Museum song », où le violon se garde d'en faire trop, l'ambiance feutrée de « Lucida », et l'agréable « Rituals », aux guitares diluées dans un delay de fond, « Shipwrecks » retombe hélas dans les travers de production, noyant la batterie dans les tréfonds de guitares saturées. Agacé, mais au final loin d'être frustré, je me laisse aller au decrescendo en apesanteur de « Slowing time », avant que « The sea and the heather » ne clôture cet opus tout en douceur.
Au bout du compte, aucun morceau de bravoure mal assumée de cet album ne viendra le sauver d'un anonymat où Fuzzy Lights est pour l'instant condamné à errer.

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