Derrière Five Deez se cache en fait Fat Jon, qu'on a pu entendre cette année chez Pole et Styrofoam. Preuve que l'homme a du goût, ce qui est presque un luxe dans le monde stéréotypé du rap amerloque. Pour cet album, le deuxième de son groupe, Fat Jon n'a pourtant pas retenu les leçons de ces potes du laptop : ici, on parle toujours de hip hop, et du plus riche. Si " Kinkynasti " n'est pas avare en tubes plaqués or, il lorgne davantage du côté plus abstrait du jazz rap à la Gangstarr. C'est quand les rythmes s'étirent et que les femmes soupirent (" Another Love Affair ", " Tonight ") que Five Deez retient le plus notre attention, même si certains atours plus funky peuvent aussi attiser notre ardeur (" Funky ", comme son nom l'indique). Il arrive également à Five Deez de garder ses mots en bouche et laisser parler la musique : ces instants-là, précieux (" The Ocean ", " The Rain "), nous rappellent alors le meilleur de Cinematic Orchestra, bref le meilleur de l'électro-jazz. De ce disque se dégage une poésie tranquillisante, loin des diktats FM imposés en général par le rap bizness. Du miel pour les oreilles !

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