Après avoir commis un premier album assez proche des délires free jazz de Sun Ra, Joakim (alors Joakim Lone Octet) aurait pu passer pour un drôle de zigue, à l'instar d'un Arnaud Rebotini ou d'un Sébastien Tellier… A l'heure qu'il est, le Français semble avoir retrouvé la raison. Moins casse-tête, plus accueillant, ce disque sympa en est la preuve. Pourtant, en intro (" Into "), le boss de Tigersushi voudrait encore démontrer son savoir-faire : ces xylophones hypnotiques, on dirait presque Steve Reich ! Mais dès les premières notes d'" Are You Vegetarian ", on remise nos critiques au placard : c'est bien sur le dance-floor, et pas en classe de l'IRCAM, que Joakim veut nous emmener. Cette basse, ces " claps " en cadence, ces bleeps de laser : depuis Metro Area, on n'avait plus entendu pareille house, intelligente et entraînante, qui s'adresse aussi bien au cerveau qu'à nos guiboles. La suite ressemble à un film noir. Katerine, en acteur inquiet, se demande quelle mouche a piqué " John " : une sombre histoire à la Melville qui met en scène François de Roubaix aux claviers et Alan Vega dans l'ombre. Egrenant doucement ses notes de piano sur des nappes bruitistes à la Pole, " L'amour c'est pas pour les caniches " n'est pas moins cinématographique. Mais la piste nous rappelle, avec " Cotton Gun " et son beat à la Carl Craig (Innerzone Orchestra ?) : c'est le quart d'heure américain, avant la pause punk funk et ses vocodeurs eighties (" The Minimum of Life "). Sur " Resistance on an Island ", Joakim nous refait une démonstration de musique répétitive, mais passée au filtre house : 8'30'' de bonheur. " Come Into My Kitchen " frise l'exercice elektroklash tendance Playgroup, comme si le Français voulait montrer à tout prix son éclectisme… Pour conclure, deux morceaux calmes, à l'hébétude reposante. A l'arrivée, tout le monde est content : on en a eu pour notre argent.
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