Selon les déclarations de l'intéressé, ce sixième album serait " son plus personnel et son plus diversifié ". Il est vrai que Sawhney semble avoir élargi sa palette, jusqu'au… r'n'b (" Rainfall ") ! Peut-être s'agit-il enfin pour lui de sensibiliser les masses, plus réceptives au rap qu'à la musique indienne traditionnelle. Après les succès critiques mais pas vraiment publics de " Beyond Skin " et " Prophesy " (2001), il était donc temps pour le pionnier de l'" asian sound " (avec Talvin Singh) de revoir ses ambitions… à la baisse. " Human " n'est pas mauvais, loin de là : juste un peu lisse, çàd davantage taillé pour une écoute en surface. L'oreille glisse sur ces compositions proprettes, sans jamais trébucher sur une note de trop, une mélodie qui surprend. L'opus s'ouvre par une chansonnette hindie-pop un peu béate (" The River "), puis ça dévie vers de la lounge flamenco soyeuse mais trop polie ou du folk tranquille, à l'orientale (le triptyque " Say Hello " - " Falling Angels " - " Falling "). A force de mettre de l'eau dans son vin, Nitin Sawhney donne l'impression d'être devenu trop gentil pour être honnête : ces voix berceuses, ces flûtes extatiques, ces beats sans reliefs,… Tout ça c'est bien joli, mais niveau prise de risques, Sawhney mérite une fessée. Natacha Atlas, Jacob Golden, Kevin Matt Hayles (entendu chez Mike Skinner) et Shakespeare ont beau lui prêter mains fortes (au chant, à l'écriture), ils partagent la même galère. Il n'empêche qu'à plusieurs, on rame plus vite.

Nederlands
Français 
