" And we still fuck them ", chante Simon Neil sur Hero Management, juste avant une explosion de riffs costauds ponctuée par un cri de désespoir, un déchirement : " Take me away ! ". Biffy Clyro allie le romantisme le plus névrosé aux décharges électriques les plus violentes : sans cesse en déséquilibre, entre accalmie pop et dérapages métal non contrôlés, la musique de ce trio écossais fait penser à de l'emocore genre Fugazi, mais avec davantage de refrains accrocheurs et d'innocence juvénile… Leurs chansons, sèches et rugueuses comme du papier de verre, rappellent tantôt les Foo Fighters, tantôt Jimmy Eat World, sauf qu'on ne sait jamais comment elles prennent fin : dans le calme ou la tempête, en tout cas toujours de manière surprenante. Et c'est là l'intérêt majeur de Biffy Clyro : à jouer comme ça avec les conventions, leur musique en prend de la valeur. Des titres comme " Kill the old, torture their young (…) ", " 57 " ou " The go-slow " en imposent, et nos tympans accusent parfois le coup (de grisou). " We still fuck them ", hurle le chanteur, comme un pied de nez à tous ceux qui n'entendraient dans leur musique qu'un exutoire pour ados attardés. Evidemment, ces gens-là ont tout faux : écouter Biffy Clyro, c'est un peu de bleu dans le " ciel obscurci " du rock le plus mainstream.

Nederlands
Français 
