Originaire de Philadelphie et résidant aujourd'hui à Atlanta, ce jeune chanteur/guitariste blanc a fait son petit bonhomme de chemin en un minimum de temps. Il n'a que 23 ans. Et son premier album, "Call the cops", remonte déjà à 1996. Il était paru chez Blue sun. "Cuttin' in", le suivant, est sorti en 2000 sur Landslide. Sean a également collaboré à l'opus de son amie Susan Tedeschi, "Just won't burn".
Pour concocter ce troisième elpee, Sean s'est tout simplement entouré de sa propre formation. Matt Wauchope aux claviers, Melvin Zachary à la basse et Terence Prather aux drums. Il a également reçu le concours d'un des plus célèbres bluesmen canadiens : Paul Linden. Il y joue du piano, de l'harmonica et coproduit le disque !
La plage titulaire ouvre l'album. Un instrumental destiné à libérer les articulations. Soutenu par le superbe travail de Matt au piano, le climat baigne dans le jazz. L'ensemble s'attaque à "You're killing my love". Une composition signée Mike Bloomfield/Nick Gravenites, qui s'appuie sur un riff à la Albert King. La section de cuivres est bien présente. Sean est particulièrement à l'aise sur ces motifs. Ayant manifestement assimilé l'essentiel du génie musical de Bloomfield, il peut y disserter à souhait. Arc-boutée sur une ligne rythmique chargée de groove, "Don't be reckless with my heart" campe un bon blues rock tonique. Melvin et Terrence portent littéralement leurs compères. "You're a part of me" constitue probablement une des meilleures compos de l'opus. Costello me fait alors penser à un autre guitariste aussi diabolique, Duke Robillard. Et c'est également vrai dans la manière de chanter. Signé Willie Dixon, "One kiss" est un bon blues rythmé. Tout comme "It takes time" d'Otis Rush, une plage au cours de laquelle les cordes passablement dévastatrices tirent leur épingle du jeu. Tout comme les accords du piano de Paul Linden et ceux d'orgue de Wauchope. La clef de voûte de l'album repose probablement sur la voix posée, naturellement modulée de Sean. Elle peut se faire rocailleuse mais sans faiblesse. Elle brille sur "No lie", un morceau co-écrit par Billy Emerson et Buddy Guy. Et encore une fois, il démontre toute son étonnante faculté d'assimilation des meilleurs styles. La guitare ne distille que les notes nécessaires. Cette voix impressionne aussi sur des reprises très réussies. A l'instar d'"I want you so bad", une ballade R&B signée James Brown. Paul Linden souffle dans son harmo, avec une puissance inouïe, sur "The plumber". Une plage instrumentale qui fait des ravages. A la manière d'un Lee Dorsey, Costello nous convie à New Orleans sur son "Miles away" : piano, cuivres et chœurs en toile sonore. Il a également composé "Low life blues", un fragment très Chicago, proche du célèbre "Key to the highway". L'album se referme sur deux dernières reprises : le R&B Memphis Stax "You can't win with a losing hand" d'Eddie Floyd, et "Good advice" de J.B Lenoir, une clôture roots au cours de laquelle Sean chante seul en s'accompagnant d'une guitare acoustique. " Moanin' for molasses " constitue le meilleur album de Sean. Ne le manquez pas lors de son prochain passage près de chez vous. En septembre prochain. Que ce soit au Beersel Blues Festival, aux 4 Ecluses de Dunkerque, à Marcq en Baroeul, au Crossroads ou encore au Spirit of 66.

Nederlands
Français 
