Après trois longues années de silence radio, le quintet d’Oxford opère son come-back en grande pompe. Il vient en effet de publier un nouvel opus intitulé « The Kings Of Limbs » (NDR : pour ceux qui s’intéressent à ce genre de détails, le titre se réfère à un chêne centenaire sis à proximité de leur studio d’enregistrement). Alors, digne successeur d’« In Rainbows » ou flop ultime ?
A la première écoute, on s’imagine aisément que Tom Yorke est tombé dans une marmite de barbiturique en tout genre durant l’enregistrement. Tel un aphex twin des grands jours, un flot de paroles envahit frénétiquement nos pauvres tympans sur des mélodies chauffées au LSD première qualité. Pourtant, « The King of Limbs » est avant tout expérimental. Nous sommes donc très loin des elpees précédents plutôt axés sur les envies suicidaires d’un gosse de riche schizophréno-paranoïaque. Non ici, on bascule dans les délires psychotropes d’un junkie au bord de l’overdose et ce, pour notre plus grand plaisir. Car en plus d’être en radicale opposition avec ses prédécesseurs, cette nouvelle galette ouvre une brèche pour un groupe qui, après 7 albums plus ou moins identiques, commençaient petit à petit à s’essouffler.
Jamais la personnalité torturée de Tom Yorke n’avait pu aussi s’exprimer que dans cette œuvre. On y retrouve toutes ses influences majeures (de Battles à Squarepusher en passant par Autechre et Modeselektor) ; mais surtout, c’est la présence d’un terrain totalement dédié à ses complaintes hallucinées qui permet à l’auditeur de s’évader à milles lieues et laisser libre cours à ses convulsions frénétiques d’épileptique latent.
Cet opus risque malgré tout de déplaire à une majeure partie des fans de la première heure, vu son caractère novateur et insolite.
Bien qu’en décalage total avec le reste de la discographie, « The King Of Limbs » demeure un excellent long playing plutôt axé sur Thom Yorke, une sorte de second opus solo infiltré pernicieusement dans la discographie de Radiohead.

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