Honnêtement, je dois avouer avoir été surpris de voir atterrir une compilation consacrée à Juliana Hatfield. Tout simplement parce que j'imaginais qu'elle était disparue du circuit musical. Mea culpa ! En fait, après avoir vécu une expérience underground fort intéressante chez les Blake Babies, enregistré un formidable premier album en 1992 (" Hey babe "), en compagnie notamment d'Evan Dando des Lemonheads, puis un tout aussi excellent second opus (" Become what you are ") l'année suivante (NDR : sur lequel figurait le single épatant " My sister "), Juliana a embrayé par un album d'honnête facture (" Only everything ") en 1994, mais beaucoup trop prévisible. Résultat des courses, le label major sur lequel elle avait été signée n'a pas voulu sortir le suivant (" God's foot "). Il n'est d'ailleurs jamais paru. Deux fragments de ce disque figurent sur ce recueil : le somptueux " Mountains of love ", enrichi d'arrangements de cordes ; et le percutant " Fade away ". Ah oui, pour ceux qui l'ignoreraient, Juliana Hatfield appartenaient au mouvement " riot grrrrl ", qui a accouché de groupes féminins lorsqu'il n'était pas drivé par des filles. Parmi lesquels les plus illustres répond(ai)ent au nom de Breeders, Veruca Salt ou encore L7 (NDR : encore que ce dernier était plus riot que grrrrl...). C'est à dire des formations responsables d'une musique capable de passer de la tendresse au fanatisme, de libérer un groove viscéral irrésistible et dont les lyrics cryptiques ou caustiques reflétaient un engagement certain pour les droits de la femme. Bref, après les déboires connus au cours de l'année 96, Juliana est retournée dans la marge de l'underground. Ce qui ne l'a pas empêchée de continuer à graver des albums. A ce jour, elle en a même commis sept, sans tenir compte de ceux qu'elle avait réalisés chez les Blake Babies. Et à travers cette compile, on se rend compte que ses chansons ont toujours la même pêche. Seuls les quatre dernières chansons, enregistrées en 2001 et pas encore sorties me paraissent un peu fades. C'est peut-être la raison pour laquelle elles sont demeurées à l'état de démo. Le recueil épingle également une cover de Police (" Every breath you take ") et une autre de Neil Young (" Only love can break your heart "). Deux adaptations, ma foi, fort bien réussies. Mais le fragment que j'ai le plus apprécié s'intitule " My protégée ". Un morceau digne du meilleur Lynyrd Skynyrd, qui figurait sur l'album " Juliana's pony ". A quand une reprise de " Sweet Alabama " ?

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