Difficile de succéder à « Alive on Planet Earth », même si pour beaucoup d'amateurs de musique, les enregistrements 'live' sont un produit à part. Et puis la participation de Roine Stolt, incontestable leader du groupe au projet à succès « Transatlantic », soulevait bien des questions quant au devenir immédiat de Flower Kings. Soyez tranquilles, bonnes gens, il est l'heure du petit nouveau, et tout va bien.
« Space Revolver » est dans la droite ligne de ses prédécesseurs 'studio' : un album riche, contrasté, proposant son lot de trouvailles sonores, de développements improbables et de moments d'émotion. Une fois de plus une sorte de kaléidoscope musical. La plage d'ouverture annonce la couleur : « I am the Sun (part I) » démarre de façon très classique, avant de s'égarer dans moult méandres musicaux pour notre plus grand bonheur. Après une courte plage intimiste, « Rumble Fish Twist » passe d'une véritable logorrhée de notes complètement délirantes (qui au passage introduit le nouveau bassiste, Jonas Reingold ) à une longue respiration superbement aérienne. « Monster within » est à la hauteur de ce qui précède, tandis que « Chicken Farmer Song » et « Underdog », d'abord pop et enjoués, proposent de belles harmonies vocales. Il faut attendre le très court (et très 'Crosby, Stills and Nash') morceau suivant pour entendre chanter Hans Froberg et non plus Roine. « Slave Money » fait un peu redondant dans ce festival, tandis que « 'A Kings Prayer », simple mais chargé de feeling, introduit « I am the Sun (part II) », qui clôture en beauté. Un album globalement fort réussi, avec des musiciens toujours aussi créatifs et brillants (mention spéciale pour Thomas Bodin aux claviers), et un nouveau bassiste qui ne fait pas regretter le pourtant très bon Michaël Stolt. Alors… pourquoi « Space Revolver » nous laisse-t-il un peu sur notre faim ? Peut-être à cause de l'absence de surprise ? Il est vrai que Flower Kings exploite ici une formule éprouvée, peut-être même sans la superbe de certains de ses précédents albums. Mais peut-on décemment leur reprocher de ne pas sortir des CDs toujours meilleurs, alors que la barre fut placée d'emblée si haut ? On espère qu'ils parviendront à se renouveler, bien sûr. Mais pour l'heure, ils font du Flower Kings, et, à l'instar de la peinture à l'huile, c'est déjà bien difficile !

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