Dans l’univers du rock progressif, les artistes font rarement les choses à moitié. Surtout lorsqu’il s’agit d’enregistrer un disque. Preuve supplémentaire chez Docker’s Guild, qui signe ici la première partie d’un projet ultra-ambitieux, à la tête duquel on retrouve Douglas R. Docker. Ce claviériste a notamment travaillé en compagnie de Therion. Le premier volet de cet opéra rock en cinq saisons tente donc d’établir le lien entre science et religion, s’appuyant sur un thème classique dans la science-fiction : Dieu est une invention extraterrestre, destinée à faciliter la manipulation des êtres humains. Beaucoup de blé à moudre sur un sujet pareil, et il n’y a pas à douter que Docker trouvera facilement de quoi remplir les 5 volumes prévus pour ce périple, ouvertement inspiré par les sérials SF des années 30, Babylon 5 ou Buck Rogers en tête.
Musicalement, le projet est largement influencé par les ténors du genre que sont Yes, Genesis, Dream Theater, David Bowie voire Pink Floyd. Parfois plus proche du hard rock, voire de l’AOR, que du heavy metal, les chansons s’appuient plus volontiers sur une construction en crescendo que sur une succession de démonstration technique qui plombent souvent le style. Ici, les chansons et l’histoire sont mises en avant, ce qui rend l’album d’autant plus digeste.
Au final, même si l’LP est finalement très rock, très années 80, il est aussi particulièrement varié, notamment grâce à un line up très fourni. Une quinzaine de musiciens sont crédités, et Docker a le bon goût de leur laisser assez d’espace pour s’exprimer, se contentant la plupart du temps de lier le tout grâce à des nappes de clavier parfaites pour retranscrire l’ambiance SF old school, mais aussi à ses lignes de chant qui permettent à l’album de ne pas s’éparpiller.

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