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Rhythm & Blues

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Buddy Guy devient lentement mais sûrement l'un des plus vieux bluesmen qui roule encore sa bosse sur la route. Ce chanteur/guitariste noir, originaire de Louisiane, a maintenant 77 balais bien tapés. Il en avait 21 lorsqu'il émigre à Chicago, la ville de ses idoles. Il enregistre dès la fin des 50’s sur le label Cobra. Dans les 60’s, il devient l'un des fleurons du mouvement Chicago Westside, à l’instar de Magic Sam, Otis Rush ou encore Freddie King. Il s'associe très vite à l'harmoniciste Junior Wells, en compagnie duquel il va très longtemps faire équipe. Guy est un musicien extraverti. Il aime amplifier le son, et n’hésite pas à en remettre une couche. Sa discographie est impressionnante, et il a publié un bon nombre d’albums pour des labels major.

"Rhythm & Blues" est double et propose deux facettes nettement distinctes de l’artiste. Le premier cd, "Rhythm", nous entraîne dans le R&B et la soul, le second, sans ambiguïté, plonge au cœur du blues pur et dur ! C’est un rituel, mais lors des sessions d’enregistrement, de nombreux invités ont transité par le studio Blackbird de Nashville. La production est signée Tom Hambridge, un excellent drummer qui s’est forgé une belle réputation, au cours des dernières années, et qui par ailleurs signe pas mal de plages de cet opus.

"Rhythm" s’ouvre par "Best in town", un R&B largement cuivré par les Muscle Shoals Horns. De son orgue, Reese Wynans tapisse la toile de fond, pendant que Buddy écrase ses pédales. "Justifyin" adopte un profil plus rock. Cordes et choeurs encadrent le leader pour "I go by feel", une ballade soul au cours de laquelle il se libère sur son manche. Guy reprend un des titres fétiche de sa carrière, une compo qu’il partageait auprès de Jr Wells ; en l’occurrence "Messin' with the kid". Pour la circonstance, c’est le rockeur/rappeur Kid Rock qui participe aux parties vocales. Le vieil artiste met la gomme. Les flèches décochées à l’aide de ses cordes, tout au long de "What's up with that woman", sont meurtrières. Pourtant, il peut également nous réserver l’une ou l’autre plage empreinte de douceur. A l’instar de "One day away" ou des excellents "Devil's daughter" et "Whiskey ghost". Il reprend respectueusement le "Well I done got over it" de Guitar Slim. Et ose se mesurer aux cordes vocales effervescentes de Beth Hart sur "What you gonna do about me".

"Blues" débute très naturellement à Chicago. Buddy chante "Meet me in Chicago". Il est soutenu par des voix féminines. Les interventions de gratte sont volubiles et arides. Chicago shuffle, "Too damn bad" fait littéralement mouche. Au piano, Reese Wynans pousse le vieux maître vers les sommets, et son envol est opéré avec une facilité déconcertante. "Evil twin" est le slow blues brûlant très attendu. La spécialité du chef ! Steven Tyler, le vocaliste d'Aerosmith, est venu le rejoindre, et ô surprise, les deux gratteurs du groupe, Joe Perry et Brad Whitford, sont également de la partie. Empreinte d’émotion, "I could die happy" est une plage caractérisée par la rencontre entre les cordes acoustiques de David Grissom et électriques de BG. Une atmosphère réminiscente de Chicago, brute et primaire, baigne "Never gonna change", un morceau qui bénéficie du renfort de Rob McNelley à la slide. "All that makes me happy is the blues" : quel beau titre pour un autre blues lent ! L’artiste ne nous laisse guère de répit, et embraie par "My mama loved me". "Blues don't care" est un blues imprimé sur un tempo très enlevé, une compo chantée et grattée en compagnie du nouveau prodige texan, Gary Clark Jr. Cette fête consacrée au blues s’achève par la reprise toute en swing de "Poison Ivy", un morceau écrit par Mel London (NDR : pas celui de Leiber & Stoller). Encore un album de choix pour ce génie du blues!

 

Informations supplémentaires

  • Band Name: Buddy Guy
  • Genre: Blues/Roots
  • Label Prod: Silvertone / RCA / Sony Music
  • Date: 2013-07-24
  • Rating: 4
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