A l'issue de la sortie de son premier elpee, Blur incarnait le meilleur ambassadeur de la pop britannique. Au deuxième, il n'était plus qu'un groupe secondaire... La presse britannique venait ainsi, suivant sa mauvaise habitude, de brûler ce qu'elle avait adoré. Un peu hâtivement, car aujourd'hui, elle fait complètement volte-face en présentant ni plus ni moins Blur, comme les nouveaux Beatles. Et Oasis alors? Personnellement, nous aurions plutôt opté pour les Kinks... Damon Albon, chanteur du groupe, vient de déclarer qu'il voulait devenir le plus grand groupe anglais en Angleterre. Précisant même qu'il n'en avait rien à cirer du nombre de disques vendus outre-Manche! Voici donc le nouveau Blur, "Great escape". Un disque qui s'inscrit parfaitement dans la lignée du précédent, "Park life". C'est à dire un pastiche de la pop insulaire destiné à faire vibrer la fibre nationale. A quand une nouvelle version du "God save the Queen"? Selon toute vraisemblance, le combo sera invité à composer l'hymne de l'‘Euro 96’, coupe d'Europe de football, qui se déroulera en juin de l'année prochaine dans l'Albion. A moins que ce ne soit Oasis! Ou même un troisième larron, si la fédération décide de départager les deux antagonistes. Bref, revenons à notre morceau de plastique découpé en seize fragments. Depuis le percutant et même complexe "Stereotypes" à la version française de "To the end (la comédie) interprétée en compagnie de Françoise Hardy, en passant par les singles "Country house", "Best days", les désopilants "Charmless man" et "Fade away", "Top man" dans une sorte de new wave décontractée, le ‘rollingstonien’ "Mr. Robinsons'Quango", le ‘pulpien’ "It could be you", le féroce "Globe alone", le ‘fallien’ "Entertain me", l'atmosphérique "He thoughts of cars", etc. Un disque qui comporte inévitablement quelques petites faiblesses, mais qui en vertu de sa durée (plus d'une heure!) mérite franchement de figurer parmi les meilleurs albums de l'année...

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