Mikey Jr poursuit sa route parfaitement tracée depuis qu’il a accompli ses débuts dans le New Jersey, il y a déjà 31 ans ! Et sa belle discographie est au diapason. "Traveling South" constitue son huitième opus. Pour la circonstance, il a de nouveau reçu le concours du jeune Dave Gross qui s’est chargé de la production, de conduire les séances de studio, tout en apportant sa participation à la guitare.
Le titre maître ouvre l’opus. Une compo signée Mike Vernon, l'ancien gourou du blues anglais. Il souffle dans son instrument chromatique. Deux grattes soutiennent les vocaux, mais c’est bien la musique à bouche de Mikey qui dirige la manœuvre. Et ses interventions sont superbes. Une excellente entrée en matière ! "Nobody does it like me" permet de savourer la qualité du chant. Une voix qu'il force quelque peu mais sans excès ; d’ailleurs on peut mesurer la réserve de puissance du souffle. Mikey en garde sous la pédale tout en variant aisément ses tonalités. Michael Bram excelle aux percus sur "Morning on my way". L'orgue Hammond de Jeremy Baum (un musicien de studio notoire) s'intègre parfaitement à cette compo qui rappelle quand même Billy Boy Arnold. Mikey peut y vider ses poumons sans ressentir la moindre entrave. L'artiste s'enfonce dans le Delta pour aborder "Mill Tavern". Michael ‘Leroy’ Bram maîtrise ce blues authentique imprimé sur un tempo à l’aide de ses fûts. Bram est également un bluesman talentueux. Leader des Alternators, il se réserve le chant et la guitare. "Katie Lynn" constitue un sommet de l’opus. Tout est parfaitement en place. Jeremy est passé au piano. Et bien soudés, les musicos édifient une rampe de lancement rêvée pour le chant et l'harmonica. Auteur, compositeur, chanteur et guitariste, Danny DeGennaro s’était forgé une solide réputation en militant chez Kingfish, groupe lié à Grateful Dead. Danny a été lâchement assassiné lors d'un cambriolage perpétré dans son domicile, fin 2011. Cinq personnes ont depuis été arrêtées, jugées et emprisonnées. Mikey Jr lui rend justice en lui dédiant cet album et en interprétant une de ses compositions, "Bad time blues". Dave Gross y opère une sortie brillante sur ses cordes. "The cheat" s’appuie sur un riff solide de guitare, un blues de bonne facture au cours duquel l'harmonica ne tient plus en place. "You" baigne au sein d’un climat hypnotique réminiscent de Howlin' Wolf. A cause du chant. Un climat de transe propice aux solistes. "She's good at being bad" est un autre summum de l’elpee, un blues très lent, dépouillé, aux intonations dramatiques. Très en verve, Dave Gross devient même carrément intenable sur "Please come back", une plage plus R&B. DeGennaro avait co-écrit "Wrong number", une ballade majestueuse très Memphis Stax, au cours duquel l'orgue de Baum ronfle comme celui de Booker T. "Trying to do the best I can" clôt le long playing. Une piste acoustique agréable et finalement très roots.

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