Encore un album posthume pour Johnny Cash. Quoique ! En fait, il s’agit de compositions enregistrées entre 1981 et 1984 qui auraient dû alimenter un long playing de l’artiste, intitulé « Out among the stars ». Et paraître entre « Johnny 99 » et « Rainbows ». C’est même Billy Sherill qui s’était chargé de la mise en forme, à Nashville. Mais Cash n’avait pas voulu le publier, car il l’estimait trop pop. Et puis, le label n’était pas davantage emballé, car à cette époque, la mode (?!?!?) était aux synthétiseurs. Bref, c’est son fils, John Carter, qui a retrouvé les bandes, dans les archives de son paternel et estimé qu’il méritait une gravure sur support.
Caractérisé par un son manifestement plus propre, sans pourtant tomber dans le formatage, cet opus se distingue également par le ton plus allègre de l’ensemble des compos. A l’instar des trois duos qu’il échange avec trois voix féminines. Deux auprès de son épouse June Carter : « Baby ride easy » et « Don’t you think it’s come our time », un bluegrass vraiment irrésistible. Un en compagnie de Waylon Jennings, pour « I’m movin’ on », une reprise du classique de Hank Snow, paradoxalement hantée par l’esprit d’Elvis Presley et des Beatles originels. Tout comme le judicieusement intitulé « Rock and roll shoes ». Quoique profond, le baryton de Johnny est chargé de nuances, ce qui rend les plages également beaucoup moins monocordes. L’opus recèle d’inévitables pistes country & western, enrichies par les interventions de banjo, de pedal steel, d’harmonica, et même des chœurs gospel sur « Tennessee ». On y rencontre également une valse (« After all ») et l’une ou l’autre ballade. Un bonus track. Soit une version terriblement contemporaine de « She used to love me a lot ». Une piste retravaillée par Elvis Costello et Steven Mandel, en 2013. Et ma foi, même si les puristes risquent de ne pas trop apprécier cette approche, le résultat est aussi étonnant que réussi…

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