L’histoire de Blktop Project débute en 2002. Tommy Guerrero, Ray Barbee et Matt Rodriguez sont surtout connus et depuis belle lurette pour leur qualité à rider le bitume, à rentrer des figures impossibles sur des planches roulantes souffrant le martyre, et pour leurs drops incessants de vert’ impressionnantes. Ces gaillards-là sont nés sur un skate et ne savent faire que ça. Pas si sûr ! Ils touchent aussi un peu aux instruments, et tournent dans des petits groupes. Il faut croire que le bois leur réussit. Un célèbre magazine spécialisé dans cette discipline urbaine leur propose d’emprunter la Blues Highway allant de Chicago à New Orleans. Traversant les Etats en roulant à sa guise, le bus qui les conduit de ville en ville est aménagé en petit studio 4 pistes. A chaque arrêt, les lascars s’adonnent à leur job/loisir (biffez la mention inutile) préféré et se retrouvent le soir dans leur chambres d’hôtel pour développer ce projet musical intitulé : Blktop (bitume en anglais). L’enregistrement les amuse et, à leur retour, malgré son amateurisme, il récolte un franc succès. Trois ans plus tard, enfilant depuis leur premier coup de gratte, leurs propres projets musicaux, les trois amis se réunissent et invitent deux skaters et musiciens de renom, pour compléter leur line up : Doug Scharin et Chuck Treece. Tout ce beau petit monde rentre en studio et réenregistre calmement les compositions initiales. On compare souvent le skate au trash skaterock ou rock californien ; jadis, le hardcore (NY et Straight Edge) trouvait en son sein, nombre de figures emblématiques du circuit pro. Ce temps est révolu. Sur l’esprit de « Pow », « Groove Holmes » ou « In 3’s » de l’excellentissime album « Check your Head » des Beastie Boys, Blktop se la joue rythm & blues et construit des ballades complètement instrumentales. Elles glissent comme une roue sur un sol lisse : sans accrocs ni perte de vitesse. Succulent à souhait, l’esprit chill-out de l’album est élevé en qualité quand surgissent des titres comme « Beans For Breakfast », « Miles & Miles » ou « Blkwater blues ». Ils donnent l’envie de prendre la route à son tour et parcourir le même chemin que ses créateurs. Très sympa, loin d’un professionnalisme pointu, ni vraiment novateur, cet opus devrait ravir un public cool, un brin nonchalant. C’est signé chez Galaxia, un vivier d’artistes roulants capables de se reconvertir dans la discipline artistique musicale.
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