Agé de 29 ans, Selwyn Birchwood est issu de Tampa, en Floride. Un jeune guitariste de blues, qui a remporté l'International Blues Challenge de Memphis. En compagnie de son groupe. Il reconnaît pour influence majeure Buddy Guy. Il excelle également à la lap steel, dont il a tout appris auprès de Sonny Rhodes, un des plus grands spécialistes sur cet instrument. Le Texan l’avait même intégré au sein de son backing group, pendant 4 ans.
Birchwood a fondé son propre band en 2010. Il avait déjà publié deux albums autoproduits : "FL Boy", en 2011 et "Road worn", en 2013. Les sessions d’enregistrement de ce nouvel opus se sont déroulées, chez lui en Floride. Le saxophoniste Regi Oliver, le bassiste Donald ‘Huff’ Wright et le drummer Curtis Nutall sont au poste. Selwyn signe l’intégralité de son répertoire.
"Addicted" nous plonge profondément dans le blues cher à Buddy Guy. La voix de Selwyn est aussi graveleuse que celle des doyens. De quoi forcer le respect. "Don"t call no ambulance" réverbère des sonorités du Mississippi blues. La guitare reste bien rivée au chant, prête à bondir dès que l’occasion se présente. Une opportunité qui ne tarde guère. Caractérisée par ses accents métalliques, la plage évoque les fameux boogie de John Lee Hooker! Changement de tempo et de style pour "Walking in the lion's den", une ballade blues roots que chante Selwyn d’un timbre très grave ; une piste légèrement teintée de jazz par les interventions de Regi à la flûte et au saxophone. "The river turned red" est un funk/blues dominé par les éclats de slide ; et c’est un invité de prestige, Joe Louis Walker, qui se la réserve. "Love me again" est un blues lent que chante Birchwood d’un timbre soul, spectral, alors que les accords de gratte sont parcimonieux et empreints d’une grande sensibilité. Armé de son bottleneck, il empoigne sa slide pour attaquer "Tell me why". Il libère d’abord des riffs épais et puissants, avant de s’autoriser quelques expérimentations sonores parfaitement maîtrisées. Notre homme est un adepte de la guitare slide. Il aime caresser voluptueusement son doigt d'acier tout au long des cordes, comme sur le paisible "Overworked and underpaid". Un piste au cours de laquelle il se réserve le micro, alors que RJ Harman (NDR : ne pas confondre avec le Californien James Harman!) souffle dans l’harmo. Agé à peine de 24 balais, ce jeune Floridien puise son influence majeure chez Jason Ricci. "Brown paper bag", c’est le blues lent attendu. Plus de 9 minutes de bonheur ! Selwyn y injecte toute sa sensibilité, sa passion. Et manifestement, ce feeling, il parvient à le pousser à son paroxysme, lorsqu’il se montre parcimonieux aux cordes. Une sobriété qu’il enrobe de douceur. Il y communique ainsi son mal de vivre. Une compo au cours de laquelle Dash Dixon, le claviériste de Black Honkeys, un collectif funk issu d'Orlando, siège derrière l'orgue Hammond! Changement radical de style pour "Queen of hearts", un R&B funky, généreux, soutenu par la section rythmique porteuse et l'arsenal de saxophones dont dispose Mr Oliver. Birchwood s’autorise un envol contaminé par le jazz sur "Falling from the sky", un r&b plutôt cool. Hoodoo stew" achève l’elpee. Le bottleneck et les interventions du saxophone baryton de Regi colorent ce Delta blues imprimé sur un mid tempo.

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