Tommy Castro est devenu une référence incontournable dans l’univers du blues et du R&B. Ce chanteur/guitariste californien accomplit une carrière exemplaire depuis une bonne vingtaine d'années. Il est surtout plébiscité pour ses aptitudes vocales. Une voix soul, qu’il puise dans le southern soul de Memphis. Il a même été comparé à Otis Redding. Il compte déjà plus d'une douzaine d'albums à son actif, dont six ont été publiés par le label californien Blind Pig. En 2009, il signe chez Alligator. Il lui réserve "Hard believer", la même année. Il aura fallu attendre un break de cinq années pour saluer son 2ème opus qui sort sur le label chicagoan. Il ne faut cependant pas oublier qu’en 2011 il avait gravé "Tommy Castro presents : Legendary R&B Revue Live!".
Les sessions d’enregistrement de « The devil you know » se sont déroulées en Californie, à Sausalito et San Rafael. Il a reçu le concours de son backing band, qu’il drive depuis 2012, les Pain Killers ; en l’occurrence le bassiste Randy McDonald, le drummer Byron Cage et le claviériste James Pace (un ex-Ana Popovic Band). Il a également bénéficié de la participation de nombreux et prestigieux invités. Le tracklisting est découpé en 13 pistes, soit neuf compositions personnelles et quatre reprises.
Une armée de guitares attaque "The devil you know", une plage qui macère dans le Mississippi blues. La voix de Tommy est puissante et savoureuse. Saturée, sa six cordes talonne le chant! L'orgue de Jim Pugh ouvre "Second mind", un morceau caractérisé par ses débordements de percussions syncopées. Les Pain Killers soignent ce funk participatif tandis que les cordes deviennent audacieuses. "I'm tired" est une des meilleures compositions issues de la plume de Chris Youlden, remarquable vocaliste qui a sévi chez Savoy Brown de 1967 à 1970. Castro chante d’ailleurs dans un registre assez proche. Ce titre figurait sur l'elpee "A step further, paru en 1969. Et c'est Joe Bonamassa qui reprend sans complexe le rôle de Kim Simmonds. La nouvelle version n’est guère surprenante, mais elle est bien restituée. Plutôt exploratoire, "Center of attention" consomme du R&B qui rocke. "The whale have swallowed me" est un blues composé par JB Lenoir. La cover ne manque pas de charme. La slide part en dérapage contrôlé. Tasha Taylor (NDR : c’est la fille de feu Johnnie Taylor, un chanteur et acteur texan qui a l’instar d’Isaac Hayes et The Staple Singers a marqué l’histoire de la scène Stax) lui donne la réplique vocale. Pour aborder le puissant "When I cross the Mississippi", Tommy est épaulé par le chanteur/guitariste Tab Benoit, le gratteur Mark Karan et l’organiste Mike Finnigan. Castro adapte le "Mojo Hannah" d'Andre Williams, à la sauce louisianaise. Pour la circonstance, il a reçu le concours d’une invitée de charme, en l’occurrence Marcia Ball qui se consacre au piano et au chant. Pace siège derrière l'orgue Hammond, les Homes Brothers assurent les backing vocaux et Magic Dick (J. Geils Band) souffle dans son harmo, tout au long de "Two steps forward", un blues traditionnel, largement amplifié, au cours duquel le rythme s'emballe dans un gospel nerveux. Malgré la présence de cette ribambelle de ‘guests’, Tommy parvient à tirer son épingle du jeu sur ses cordes. Et c’est une véritable prouesse. Sur "She wanted to give it to me", ses interventions se révèlent même bien plus agressives que de coutume. La voix de Castro est vraiment impressionnante tout au long de "Keep on smilin'", un superbe R&B signé Wet Willie. C’est également la meilleure plage de l’opus. Tommy ne relâche pas l'étreinte. Il entame un duel vocal face à la ravissante Samantha Fish, tout au long "Medicine woman", une piste dont le cadre est balisé par les ivoires de Pace! Le long playing bénéficie de deux bonus tracks. Les deux titres parus en single. Soit les dansants "That's all I got" et "Greedy". Un excellent album!

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