La nation fantôme de The Besnard Lakes…

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L’homme intérieur

Écrit par - Stéphane Reignier -

L’histoire d’Hir*shima m*n am*ur commence en 2005. Elle est née d’une rencontre entre Fabrice Bonnaudin (voix/guitare/programmation), Joël Lafarque (batterie) et David Lansat Campa (basse).

Une première démo en décembre 2007 et un maxi cinq titres deux ans plus tard, « Un pas dans ta mémoire » leur permet de se produire au sein de salles de concerts intimistes (du pavillon sauvage à Toulouse en passant par le Florida d’Agen) tout en plongeant le mélomane au sein d’un univers empreint d’onirisme.

« L’homme intérieur », premier long format du trio, intègre à la fois éléments électroniques et organiques. Un savant mélange de post-rock et d’électro rock. Ce disque est un véritable travail d’orfèvre qui puise son inspiration dans les blessures, les souffrances et la nostalgie…

L’originalité procède de la narration d’histoires aux subtilités insoupçonnées, parfois presque militantes, qui se construisent insidieusement et progressivement tout au long des dix morceaux constituant ce bel objet. On est donc loin du classicisme couplet/refrain. Plutôt, une déclinaison chantournée entre slam et rap.

La diction, souvent emphatique, parfois incantatoire, de Fabrice, laisse entrouvrir les portes obscures de l’inconscient où se mêlent horizons métaphoriques et méandres mélancoliques renforçant avec véhémence, mais sans jamais les dénaturer, le processus sensoriel et le fonctionnement de la pensée. Jubilatoire !

Cette poésie d’un art nouveau relate le plus souvent des sujets introspectifs. La plage éponyme décrit l’authenticité profonde, mais oh combien fragile, de la race humaine, par exemple.

Parfois, la thématique est plus pragmatique. « Le film est terminé » conte le regard d’un homme pétri d’émotions face à un passé qui semble à jamais torturé. On n’en sort pas indifférent !

Je recommande vivement l’écoute des dernières quarante-cinq secondes du disque. L’auteur y aborde la fin de vie, avec une approche pudique et poétique, comme quelque chose qui s’impose à l’être humain, majestueusement. Il compare la mort à la mer qu’on découvre la première fois. Emouvant !

Bref, vous l’aurez compris, les références dans des domaines connexes comme la musique, le cinéma et la littérature y sont légion !

Sans nul doute, un de mes coups de cœur cette année ! A recommander aux mélomanes, avides de sensations musicales nouvelles !

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