Chanteuse/compositrice, Cathy Lemons vit à San Francisco. Elle compte plusieurs albums à son actif. Excellent, le précédent, "Black crow", est paru en 2014 sur le label Vizztone. Elle a monté un nouveau projet, Lucky Losers, en compagnie du chanteur/harmoniciste Phil Berkowitz, également issu de la ‘City by the Bay’. Un excellent musicien déjà responsable de quatre elpees solos. Pour son dernier, "All night Party", il avait reçu le concours du redoutable gratteur issu de Colombus, Sean Carney, et de Bill Stuve, l'ex-bassiste de Rod Piazza. Les Lucky Losers se sont retrouvés lors de trois sessions différentes, dont la dernière, à San José, dans le studio Greaseland du Norvégien Kid Andersen, le gratteur de Rick Estrin & The Nightcats. Tous les musicos qui ont participé aux séances sont balaises. Y compris les membres de Lucky Losers, soit le bassiste Steve Hazlewood, le batteur Robi Bean et le guitariste Marvin Greene. Sans oublier les invités : en l’occurrence le claviériste Chris Burns (ex-Joe Louis Walker, Maria Muldaur, Lowell Fulson), le saxophoniste Michael Peloquin et la liste est loin d’être exhaustive.
Plage d'ouverture, "Change in the weather" est issue de la plume de Phil Berkowitz et Dany Caron. Ce dernier a longtemps épaulé le guitariste du bluesman légendaire californien, Charles Brown. Le couple chante impeccablement ce titre de funky R&B cuivré. Burns siège derrière l'orgue Hammond alors que les interventions de Phil à l’harmonica sont très originales. Paru sur le label Stax, le "I take what I want" de Sam and Dave avait décroché un énorme succès. Du bon southern soul ponctué d'une solide salve de musique à bouche. "What have I done" est un excellent blues écrit par Jimmy Rogers (NDR : il a longtemps sévi comme guitariste au sein du backing group de Muddy Waters, un mythe du label Chess de Chicago). La version de Lucky Losers est très réussie. Superbe blues, le titre maître est imprimé sur un mid tempo. Les vocaux des deux partenaires sont consistants. Complices, ils chantent cependant tout en décontraction. Guest, Steve Freund, l'un des grands guitaristes de blues contemporain, s’y réserve une sortie remarquable. Miss Lemons signe "Suicide by love", une plage de jazz cool. Elle la chante avec discernement, alors que Chris Andersen à la guitare et Chris Burns au piano, s'inscrivent subtilement dans ce contexte. L’harmo et l’orgue balisent le "What was it you wanted" de Bob Dylan, un funk léger caractérisé par une belle sortie de Marvin Greene sur ses cordes. Le "What is succes" d'Allen Toussaint est une piste bien roots. Balayée par les ivoires de Burns et la slide langoureuse du gratteur de l'Oregon, Ben Rice, elle baigne dans une atmosphère musicale propre à New Orléans. Soutenue par les cuivres et l'orgue de Kevin Zuffi (ex-Mark Hummel Band), "Long hard road" est une ballade soul qui met bien en exergue la voix de Berkowitz, un morceau au cours duquel Green s’autorise une belle sortie tout en feeling. Le "Baby, you got what it takes" de Brook Benton trempe dans le swing et le jump californien. Et irréprochable, la section rythmique facilite les billets de sorties accordés à Berkowitz et Greene. La cover du "Cry no more" de Charles Brown campe un soul blues délicat. Il ne manquait qu’un boogie. Il arrive. Et ce "Detroit City man" adresse de toute évidence un clin d'œil à John Lee Hooker. De toute bonne facture, ce long playing s’achève par "Don't you lose it", une piste entretenue par le piano électrique, la guitare d'Andersen et les percussions légères de Jay Hansen des Nightcats.

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