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La fuite d’Ellside

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The Days of Mars

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C’est l’histoire d’un couple néo-hippie coincé au stade anal du trip sous acide, dont la vision hédoniste rappelle celle de Jodorowski et des designers de Haight-Ashbury. Ils s’appellent Delia Gonzalez et Gavin Russom, composent de la musique trans-sensorielle, aux confins de la transe psychotrope et du maxi-minimalisme à la Terry Riley. Membres du collectif Black Leotard Front (une chorale disco), magiciens à la Crowley (le Mystic Satin) et chorégraphes spasmophiles (Fancy Pantz), ils vouent un culte à Dionysos, et aux rites païens. Leur musique ? D’étranges oscillations aux harmonies dilatatoires, de l’extase cosmique et progressive, en rupture totale avec le temps et ses compromissions, comme s’il n’existait plus. Quatre morceaux, une heure d’intense divagation, sous le couvert analogique : on pense à Manuel Göttsching et à son disque « E2-E4 », à Vangelis, voire à Brian Eno et à John Carpenter. Les nappes psychédéliques se superposent aux beats contemplatifs, et l’oreille tangue en pleine berlue amniotique. Le chamanisme existe : voilà son rituel sous plastique, destination la piste de danse, atomisée sous le poids de l’étirement… Qui sont donc ces druides du drone mystique, qui « se sentent obligés de planer » (dixit Tangerine Dream) ? Un couple à la pointe de l’onirisme, perdu dans les limbes de l’électro la plus dérivative. Inspirez, expirez, et faites tourner les têtes avec ce disque d’exception, aux ambiances parallèles. Martiennes ? C’est son titre qui le dit.

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