Les Gale Brothers sont originaires de Memphis, dans le Tennessee. Quatre frères, dont trois se sont régulièrement produits ensemble : Eric (le cadet, né en 1975), Eugene (l'aîné et le bassiste) ainsi que le regretté Manuel "Little Jimmy" King, décédé en 2002 à l'âge de 34 ans. Eric n'avait que seize ans lorsqu'il enregistre son premier elpee pour le label Elektra : "The Eric Gales Band". En 1991. Il embraie en 1993 par un second opus : "Picture of a thousand faces". Mais en 96, les trois frangins se réunissent et concoctent "Left hand brand" pour le label House of Blues. Le titre de cet album avait été choisi parce qu’ils étaient tous les trois gauchers! En 2001, Eric commet "That's what I am", une plaque qui paraît chez Nightbird. Une œuvre qui démontre toute sa capacité à intégrer l'esprit et le style de feu Jimi Hendrix. « Crystal vision » a été enregistré en Californie, sous la houlette de Mike Varney. Eric y a reçu le concours du drummer Thomas Pridgen, du bassiste Steve Evans et du claviériste Mark Robertson. Eric reconnaît pour influences majeures le gospel, le rock et bien sûr le blues. Il cite d’ailleurs volontiers pour maîtres Albert King, John Lee Hooker mais aussi Jimi Hendrix et Robin Trower.
"Retribution" ouvre les hostilités ; et nous sommes directement mis au parfum. Pas étonnant qu’il ait signé chez Mascot, car cette entrée en matière trempe bien dans le hard. La guitare est suramplifiée. Eric érige un véritable mur de son. La production de Mike Varney ne dissimule pas ses objectifs. Eric et son frère Eugene co-signent "Are you my friend?" Une compo funkysante au cours de laquelle les percussions de Thomas communiquent toute la puissance à la section rythmique. Slow blues, "I got me a woman" libère une intensité toute dramatique. Volontairement écrasante, cette plage est conduite par le timbre vocal paresseux mais très présent de Gales. Cette voix épouse très souvent des intonations hendrixiennes ; mais la solution sonore s’avère bien plus âpre, dense et accablante qu’au sein du JH Experience. Et "I don't want you hangin' around" en est la plus belle démonstration. Autre blues lent, "Freedom from my demons" constitue la plus longue plage de l'album. La guitare se fait plus mesurée, aérienne. L'orgue Hammond de Mark se détache allègrement de l’ensemble. Eric retrouve même de la douceur et de la quiétude dans la voix. Et son interprétation est excellente. Il n’est pas avare de notes, mais le débit est opéré pour atteindre le meilleur effet! Eric est rassuré. Il a trouvé son rythme lors du funky "Trouble". Il autorise sa machine rythmique à occuper le devant de la scène ; mais ses cordes demeurent insatiables. Lorsqu’il ne cherche pas à impressionner à tout prix, il peut se révéler un brillant gratteur. La puissance de feu refait surface lors du titre maître. Un peu trop travaillé à mon goût, il souffre d’un traitement trop métallique. Et la reprise du "Hush" de Joe South est assez mal négociée ; surtout lorsqu’on sait ce que l'homme peut réaliser. Gales est retombé dans son travers. Il veut trop en faire. Et bascule dans la précipitation pour exécuter "Me and my guitar". "Plastic girl" est saturé de riffs bien lourds. La production confère un ton hard pop à cette compo. Ce qui n'est sans doute pas la meilleure des idées. Ravageurs, les accords de guitare débordent et finissent par se noyer. L'album s’achève par une ballade. Probablement inspirée par le grand Hendrix, elle est caractérisée par des accès de cordes chirurgicaux. Eric est capable du meilleur comme du pire et le démontre sur cet opus. Et quoique musicien assez brillant, il devrait apprendre à maîtriser son art…

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