En observant l’image de l’artiste reproduite au recto de la pochette, on aurait pu craindre devoir se farcir une musique concoctée par un héritier de Khaled ou encore du pathétique petit prince du raï, Faudel. Heureusement, le Marocain d’origine ne s’est pas égaré dans cet univers stérile. Certes les influences raï sont présentes ; mais, à l’instar d’un Badmarsh & Shri ou encore de l’Indien State Of Bengal, U-Cef nous propose, tout au long de cet « Halalwood », une jungle sonore racée et fort intéressante. Véritable maître en son genre, ce Londonien d’adoption parvient à mettre en exergue une véritable panoplie d’instruments typiques issus du Maghreb sur un lit de beats électros. De quoi finalement embraser les dancefloors. Pourtant, habituellement, le résultat de ce type de fusion sombre dans la médiocrité. C’est donc une agréable surprise de constater que le raï électro n’est pas forcément de piètre qualité. Ce qui explique sans doute pourquoi cet artiste est respecté dans l’univers de l’électro world.
Pour enregistrer cet elpee, U-Cef a reçu la collaboration de grandes pointures. Et notamment UK Appache, Rachid Taha et le maître Damon Albarn. Sans oublier Steve Hillage et Miquette Giraudy de Mirror System pour « Hilal », une compo dont la rythmique mystérieuse est tramée par des derboukas. Et puis Natacha Atlas. Sur « Ouddamack ». Gamil Awad alias Gamal Al-Kurdi, musicien égyptien basé à Londres, signe ce morceau au cours duquel les sonorités synthétiques sont superbement orchestrées sur des beats dansants. Le leader de Blur a participé activement à la confection de « Stick ». Damon y pose sa voix, joue du mélodica, de la basse et y a ajouté de la guitare.
« Halalwood » réconciliera tous les détracteurs de ce style musical si décrié, au cours de ces deniers temps. Espérons même qu’U-Cef puisse incarner le renouveau de cette jungle world et susciter la vocation de nouveaux talents, capables de se montrer à la hauteur de leur sujet…

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