Mitch est né en 1960. A Santa Barbara, en Californie. Il fonde son premier groupe, les Pontiax, en 1980. Une formation qui écume la région avant de s'établir à Los Angeles. En 1985. A l'époque, les Pontiax enregistrent l'album "100 miles to go". Chez Blue Sting, le label belge cher au boss de Parsifal, Nico Mertens ! Le combo emprunte alors à différents styles : Chicago, Texas, Louisiane et West Coast. Mitch s’impose comme un excellent chanteur/harmoniciste ; et il ne manque pas d'impressionner Kim Wilson, James Harman et William Clarke en personne.
L’opus swingue dès "Dirty deal". La technique et le son de la guitare de Jr Watson sont facilement reconnaissables dès les premiers accords. Il n'attend d’ailleurs guère plus d'une minute avant de prendre sa première envolée. Constituée de Ronnie James Weber à la basse et de Richard Innes aux drums, la section rythmique porte les solistes. Kashmar ne tergiverse pas davantage pour se réserver un solo inspiré par Sonny Boy Williamson. Le titre maître est imprimé sur un tempo funky. Watson est toujours aussi brillant ; mais l’originalité procède de l’éclat affiché par l’harmonica. Pour le plus grand plaisir de nos oreilles, l’homme a indiscutablement un style bien personnel. Le West Coast swing est omniprésent. A l’instar de "New York woman". Non seulement Mitch souffle divinement et chante d'une voix bien assurée et très musicale, mais c’est également un excellent compositeur. L'ensemble joue avec légèreté et justesse. "Just show it to me" en est une nouvelle démonstration. Pour la circonstance, le piano sautillant de Bob Welsh met le nez à la fenêtre, immédiatement talonné par les cordes au débit insatiable de Junior. Chicago blues, "Lizzy Mae" est un slow très dépouillé écrit et chanté par Abu Talib. Alias Freddy Robinson, il joua naguère pour Little Walter, Howlin' Wolf et John Mayall. Des instants d'intense émotion ! Kashmar hausse allègrement le rythme et s'engouffre dans un sémillant «Gettin' drunk», au cours duquel Watson se distingue en coupant ses notes littéralement au couteau. Bob Welsh est passé au piano et joue à la manière d'Otis Spann pour interpréter "Backy Ann", une compo lente inspirée par le Chicago blues. Il y a bien longtemps qu’on avait plus entendu parler d’Arthur Adams ; et pourtant ce chanteur/guitariste noir est bourré de talent. Sa voix est incroyable. Et c’est avec un grand plaisir qu’on le retrouve ici pour chanter son "Knock 'em dead". Des rythmes syncopés ou variables balaient le "I don't play" de Willie Dixon. "Whiskey drinking woman" constitue le dernier blues lent à fleur de peau. L’ambiance navigue quelque part entre Chicago et Baton Rouge, un thème proche de Guitar Slim que colore Junior Watson, tel un chien fou et si passionné, d’un solo sublime. Retour au swing pour "We're sittin' home tonight". Sur un tempo proche du "Honky tonk" de Bill Dogett, le piano se trémousse alors que l'harmonica ne tarde pas à s'éclater sur un très haut niveau. Après «Who», un dernier west coast swing, l’opus s’achève par l’instumental dynamique "Runnin' off at the mouth". Ce Mitch Kashmar est un merveilleux harmoniciste. A cet égard, je félicite Andy Chortkoff. Après nous avoir permis de découvrir le superbe opus de Mannish Boys, son Delta Groove remet le couvert pour Mitch Kashmar. Il se produira au prochain Spring Blues d'Ecaussinnes, au sein des West Coast Winners, une formation qui implique Frank Goldwasser, Leon Blue, Freddie Roulette et Sugar Pie Desanto. En 2004, il y était déjà présent ; mais chez Top of the Harps, en compagnie de Doug Jay et de Birdlegg.