Il faut admettre que parfois certains disques vous passent au-dessus de la tête sans trop savoir pourquoi. En fin d’exercice, lorsqu’on a un peu de temps, on se met à réécouter le stock des indésirables et, on tombe parfois sur une perle. Comme cet album d’Alexander Tucker. Un type issu de Kent, en Grande-Bretagne. Un artiste qui a décidé de se lancer dans une carrière en solitaire depuis le début du XXIème siècle (NDR : auparavant, il a milité au sein de toute une série de groupes noisy, hardcore et même punk ; de quoi faire ses premières armes). Ce qui ne l’empêche pas d’opérer une multitude de collaborations. En compagnie de Stephen O'Malley de Sunn O))), par exemple. Ou encore de Daniel O'Sullivan et Dave Smith de Guapo. Et en analysant son parcours, on se rend compte qu’il n’en est pas à ses premières expérimentations du genre.
Mais venons-en à son quatrième opus solo, « Portal ». Un disque découpé en huit paysages sonores baignant au sein d’une forme de psychédélisme avant-gardiste déchiré entre folk, drone metal et electronica. Alexander y joue de la guitare acoustique (NDR : le plus souvent en fingerpicking !) et électrique (NDR : il doit disposer d’un éventail de pédales de distorsion plutôt impressionnant !), du banjo, de la mandoline, du violoncelle. Il y ajoute un tas de sonorités électroniques, dont des boucles. Et chante également. D’un timbre hanté, dont les inflexions peuvent parfois rappeler Brian Eno. Bref, dans ce style qui puise autant chez Six Organs of Admittance, Jim O’Rourke, Stockhausen, Velvet Underground, Steve Reich que John Fahey, Tucker fait absolument merveille. Vivement conseillé !

Nederlands
Français 
