Agé aujourd’hui de 57 ans, Kim Field est issu du Nord-ouest américain. De Seattle très exactement. Avant d’opter pour l’harmonica, il était d’abord trompettiste. Chanteur et guitariste, aussi. Une décision qui date quand même de 1968. A l’époque, il avait été impressionné, lors d’un trip à San Francisco, par la prestation de James Cotton et de Paul Butterfield. Un événement qui va orienter son choix.
Il a entamé sa carrière à New York, chez les Sting Rays. Revenu chez lui à Seattle, il s’associe au chanteur noir Isaac Scoot, en compagnie duquel il signe deux albums. Puis au guitariste Louis X Erlanger (NDR : un ancien partenaire de Mink Deville) pour fonder les Slamhound Hunters. Le combo tourne en Europe et aux States et commet deux elpees : "4/1 mind" et "Private jungle". Kim a également écrit un livre consacré à histoire et au rôle joués par l'harmonica dans la musique américaine : "Harmonicas, harps and heavy brothers".
Le Mighty Titans of Tone constitue son dernier projet en date. Le line up implique le guitariste Steve Yonck, le bassiste Brady Millard-Kish (NDR : deux ex-Hudson Blues Band), le chanteur/drummer Billy Spaulding et un second guitariste qui double au chant, Eric Daw. " Blue smoke" est le tout premier opus du combo. Un ‘live’ ! Il a été immortalisé en septembre 2008, au Highway 99 Blues Club de Seattle. Pendant plus d’une heure, le combo alterne compositions personnelles et solides reprises.
Le quintet ouvre les hostilités par le "Texas Hop" de Pee Wee Crayton, un west coast blues très rythmé. Les cordes de Steve Yonck mènent la danse. Steve a manifestement bien intégré les techniques de ses maîtres ; et en particulier Hollywood Fats ou Junior Watson. Autre instrumental, la cover du "Don't lose your cool" d'Albert Collins opère un changement de style. Pour la circonstance, Eric Daw se révèle un excellent élève dans la technique du picking chère au Maître de la Telecaster! Kim Field entre en scène et s’installe derrière le micro pour attaquer une version engagée du "Good good lovin" de James Brown. Il sort enfin l'harmonica de sa poche et souffle aussi vigoureusement que clairement. Il embraie par "The girl that radiates that charm", une composition signée R and J isle, popularisée par Lynwood Slim et Mark Hummel. Et la sienne tient tout aussi bien la route, bénéficiant pour la circonstance d’excellents échanges de soli entre Kim et Steve. Imprimé sur un tempo très lent, le titre maître est ballade instrumentale dont la mélodie est, ma foi, fort jolie. Field est doté d'un fameux organe vocal. Une aptitude qui lui permet de parfaitement s’adapter aux schémas R&B. A l’instar de "It hurts to be in love", du "You're losing me" de BB King ou encore d’"Unchain my heart". Les deux autres vocalistes reçoivent leur instant de gloire. Tout d’abord Eric Daw. En interprétant le blues lent "A fool for you", une compo issue de la plume de Ray Charles et caractérisée par une très bonne sortie sur les cordes. Et puis Billy, le drummer. Il se réserve une version très R&B du "You belong to me" de Magic Sam. Field et son ami local Henry Cooper ont coécrit "Dis pas ça". Rock'n'roll zydeco, ce moment de bravoure se révèle très participatif. Enfin, la reprise du "That's the chance you've got to take" de Johnny Guitar Watson est de toute bonne facture. Pour un travail d'artisan, le résultat est vraiment remarquable…

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