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On the harp side

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Très largement inspiré par les légendaires bluesmen de Chicago, Sonny Boy Williamson I et II ainsi que Little Walter, Rick Estrin est considéré comme un des plus grands souffleurs californiens contemporains. Il a accompli une longue et brillante carrière aux côtés de Charlie Baty, au sein de Little Charlie and the Nightcats. Depuis le départ de son compagnon gratteur, il a repris les rennes du combo, soutenu par le même backing group. C’est-à-dire le redoutable guitariste Kid Andersen, le bassiste Lorenzo Farrell et le drummer J Hansen. Il est désormais devenu l'authentique leader de Rick Estrin and the Nightcats.

La paternité de ce nouvel opus lui est cependant attribuée. En solitaire. Rick est peut-être confronté à quelques problèmes contractuels pour pouvoir reprendre le patronyme du combo à son compte. Et comme la demande de ses nombreux aficionados, de le voir sortir un nouvel opus, était de plus en plus pressante, il a probablement décidé de ne plus attendre avant d’éditer cet "On the harp side". Une œuvre qu’il avait, en outre, promis de la focaliser davantage sur le Mississippi saxophone.

Rick ouvre l’elpee par un instrumental issu de sa plume : "Headin' out". Déjà un concentré de son talent, largement inspiré ici par Little Walter. Il enchaîne d’ailleurs par une compo signée par ce dernier, "Tell me mama", en s’appuyant sur une rythmique du chemin de fer. Il n’oublie d’adresser l’un ou l’autre clin d’œil à ses maîtres. Tout d’abord sur la cover du "Fattening frogs for snakes" de Sonny Boy Williamson II, et puis sur celle du "Tell me baby" de John Lee Sonny Boy I, en adoptant une démarche manifestement plus country. Il est particulièrement à l'aise dans le répertoire de Rice Miller, Sonny Boy II. Et incarne, sans aucun doute, l'harmoniciste de ce nouveau siècle, dont le style se rapproche le plus du mythique bluesman. Et c’est d'ailleurs sans surprise qu'il s'attaque encore à d'autres compositions de Miller. A l’instar du saisissant "Don't lose your eye". Tel un fantôme, il souffle de manière saccadée devant la seule basse acoustique de Ronnie James Weber. L'émotion est à son paroxysme. Il transpire une sensibilité à l'état pur. Il est seul pour interpréter les six minutes de "Getting' out of town". L’exercice de style est difficile ; et pourtant, Rick nous en met plein les oreilles. Près de 6' de bonheur ! Avant de reprendre quelque peu son souffle ( ?!?!?) sur le léger shuffle  "Keep it to yourself".

Estrin signe également quelques plages instrumentales. "Blues for Doe", tout d’abord. Un blues lent dominé par l'instrument chromatique. A cet instant, son esprit est manifestement tourné vers George ‘Harmonica’ Smith. Rusty Zinn se réserve alors les parties de guitare. "Porn bred", ensuite. L’approche est résolument contemporaine, légèrement funky, un climat entretenu par le piano électrique ‘Wurlitzer’ de Kid Andersen. "The scissorbill" baigne au sein d’une atmosphère swing jazz, atmosphère alimentée par les cordes du Kid. Tout comme le final "Dog on dog", un morceau entraînant et percutant.

Sa lecture du "Gangster blues" d'Eddie Burns, est excellente ? Il chante d’un timbre distinct. Le tempo est enlevé. Il semble ravi de souffler son bonheur. Il est au sommet de sa forme. "Big and fat" lorgne du côté du Chicago Westside. Sa prestation sur l'instrument chromatique est impeccable. Il accorde, pour la première fois, un billet de sortie à son excellent partenaire, le Norvégien Kid Andersen, aux cordes. A contrario "The lotter blues" macère dans le Chicago southside. Les guitares d'Andersen et de Zinn ainsi que le piano de Welsh le talonnent de près. Andersen est passé à la slide, lorsqu’il s'attaque au répertoire de Muddy Waters. En l’occurrence sur "Too young to  know", la flip side de "Long distance call", un single datant de 1951. On ne peut qu’être admiratif en écoutant le classique "Harlem nocturne". Il y a de l’émotion, de la sensibilité et un plaisir de jouer qui évoquent un certain Toots Thielemans. Il nous réserve, une dernière fois, une compo sculptée dans son blues le plus pur, lors d’un duo acoustique partagé en compagnie d’Andersen, sur "Murmur low", une compo écrite par Arthur ‘Big Boy’ Spires. Un album brillant réalisé par un musicien exceptionnel…

 

Informations supplémentaires

  • Band Name: Rick Estrin
  • Genre: Blues/Roots
  • Label Prod: Estrin
  • Date: 2008-12-31
  • Rating: 4
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