Cette jeune brésilienne qui porte bien son nom n’est pas une inconnue pour les amateurs de brazil-électro. Comme sa compatriote Bebel Gilberto, elle a posé sa voix sur le séminal « São Paulo Confessions » du (défunt) producteur Suba, une plaque qui a insufflé un vent de jeunesse dans la pop brésilienne. Epaulée par le dénommé A9 qui se charge des programmations, elle s’est lancée dans la confection de ce premier effort bilingue (pas français-néerlandais mais bien anglais-portugais), paru l’an passé. Une entreprise pas encore parfaite mais plutôt réussie, Cibelle possédant une très belle voix qui rappelle un peu celle de la chanteuse de Morcheeba. Certes, ce grand écart entre mélodies et pure recherche sonore produit quelques fois des douloureuses courbatures : dans ces cas-là l’emballage électronique du bon A9 cache bien mal l’absence de vraies chansons. Cela dit la première moitié de l’album et les excellentes chansons qui la composent (mention spéciale au mélancolique « So sei viver no samba ») révèlent le talent en devenir du duo, déjà au travail sur un deuxième essai qui devrait se révéler décisif.