A première vue, ce best of n’a guère d’intérêt. Ce n’est ni la reprise du “Word up” de Cameo ni d’“Another brick in the wall” du Pink Floyd qui le rend intéressant. Ni le tracklist à proprement parler, au demeurant impeccable, enfilant les hits (le but du best me dirait vous) de manière rétrospective, puisant 2 à 3 titres dans chaque galette. Remarquons que l’argument “cross over” de Korn est complètement écarté. Pas de rapper à l’horizon. Du rock bien balancé sur 15 titres. Non, là n’est pas l’intérêt. Mais alors ??? Alors le Dvd mes amis ! Et quel Dvd. Flash-back : le matin du 24 novembre 2003, une radio annonce un concert de Korn. Pour le soir même. Le spectacle est gratuit et se déroulera au mythique CBGB de New York... Double cohue. Gratuité et exiguïté. La nuit tombe. A cette époque de l’année, normalement, personne ne se ballade en tee-shirt dans cette métropole. Surtout pour y faire le pied de grue depuis le matin. Le groupe arrive. On imagine facilement les minutes qui paraissent des heures avant la montée du band sur scène. 7 titres y seront joués. De quoi concocter un mini best of. Au départ, le tracklist était bien plus conséquent. Mais dans la fournaise et par mesure de sécurité le set sera écourté. Les grands bénéficiaires de cette opération sont bien sûr les (quelques) fans qui ont réussi à y accéder ; mais de manière plus indirecte Korn. Replacé dans une salle et non pas dans des stades, le groupe rappelle sa dimension humaine et s’inscrit dans la lignée des grands groupes de scène. Et Jonathan Davis chante vraiment. Les musiciens jouent vraiment. Exit l’image d’une machine en pilotage automatique. Pour les petits veinards qui ont chopé le concert diffusé sur une chaîne musicale il y a quelques semaines, pas besoin de ce best of. Pour les autres et pour épingler le commentaire d’un témoin de l’événement : ‘Je n’ai rien vu, mais je sais que c’était génial’. Soyez de ceux qui ont vu !