Si mes calculs sont exacts, Dominique A en serait à son neuvième album solo. En tenant compte de son elpee « Le disque sourd », paru confidentiellement en 1991 ; et bien sûr, sans ses compiles et son ‘live’. Bref, première constatation, le Nantais a voulu en revenir à une forme plus épurée. Celle de ses débuts. Pas pour rien que cet opus a été enregistré chez lui. Au menu : boîtes à rythmes, machines, synthés, piano et un zeste de guitare. Sans oublier les arrangements simples, mais percutants. Et puis cette très belle voix, dont le timbre me fait souvent penser à Léo Ferré. Quant aux mélodies, elles sont superbes, souvent bouleversantes, mises en valeur par des textes incisifs. Le décor est planté.
Venons-en au contenu. Partagé en 12 plages, « La musique » regorge de chansons magnifiques, empreintes d’esthétisme, au cours desquelles Dominique joue sur les contrastes. Depuis le langoureux « Le sens » qu’il chuchote à la première personne du singulier au tango « La fin d’un monde », en passant par le déchirant « Immortels », un morceau qui à l’origine était destiné à l’elpee « Bleu pétrole » de Bashung, « Nanortalik » et ses synthés accrocheurs, dispensés à la manière d’O.M.D., le ténébreux « Qui es tu ? », caractérisé par son refrain glacial, le superbe « Hasta (Que el cuerpo aguante) », qui aurait pu figurer au répertoire de Noir Désir (NDR : pensez à « Le vent l’emportera »), le titre maître dont la sophistication orientale et sinueuse évoque David Sylvian, malgré les accès de claviers ‘vintage’, le menaçant « Je suis parti avec toi », traversé de martèlements rythmiques, l’imparable « Le bruit blanc de l’été », souligné par un Bontempi à la Grandaddy, le visionnaire et contemplatif « Des étendues » (NDR : un clin d’œil à Gainsbourg ?), le synthétiquement latino « Les garçons perdus », éclaboussé de parcimonieuses traces d’électricité ‘crépitantes’ et enfin l’énigmatique et lyrique « Hôtel congress », sorte de synthèse de l’univers sonore de l’Artiste, avec un grand A.

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