Brandissons fièrement le drapeau de l’éclectisme ! Car, un pur métalleux doit se pouvoir se montrer particulièrement tolérant pour digérer la deuxième livraison de cette formation britannique. On se souvient d’un premier album complètement barré, patchwork de hard core, d’électro et de trance. Quatre ans plus tard, leur « Take to the Skies » est certifié disque d’or outre-Manche.
Les géniteurs de la ‘nintendocore’ ont donc décidé de remettre le couvert en partant du principe que ‘tout est permis’. Plus virulent que le précédent elpee, « Common Dreads » reprend les frénétiques éléments trance et y incorporant quelques touches punk, un soupçon d’electronica, quelques riffs de metal et même des sonorités dub et reggae. Notons que l’artwork de cette déroutante plaque s’assimile aisément à l’imagerie rastafari. Malgré le mixage opéré par Andy Gray, réputé pour son travail accompli chez Korn et U2, l’espace sonore ne laisse pas beaucoup de place à la guitare. Une pilule plutôt difficile à avaler pour celles et ceux qui considèrent le hard core metal et la dance comme deux expressions inconciliables. Les autres –on pense au public de Dour et des Ardentes notamment– se réjouiront de ce condensé de basses fréquences sur l’ensemble des titres, des percussions finement couchées sur « Hectic », de l’apport de cuivres et même d’une flûte aux accents jazzy sur un « The Jester » aux superbes arrangements. Les voix sont tantôt hurlées, tantôt chantées. On a même droit à du ‘spoken word’ ! Bourré de gimmicks synthétiques intersidéraux et de bidouillages en tout genre, « Common Dreads » excelle dans l’ultra crossover, mais est loin d’être facile d’accès. Il ne révèle en effet aucun titre direct sur les 15 plages que compte l’opus. On imagine que sur scène, le tracklisting de combo originaire de St Albans, pour le moins iconoclaste, devrait prendre une toute autre dimension. Pas vraiment pour les fans de Motörhead…

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