La manille pour bébé de Panic Shack

Fondé en 2018, Panic Shack eéunit Sarah Harvey, Meg Fretwell, Romi Lawrence, Em Smith et Nick Williams. La formation a décidé de défier l'atmosphère exclusive des scènes indie et punk dominée par les hommes. Sa musique est décrite comme explosive et…

logo_musiczine

Trouver des articles

Suivez-nous !

Facebook Instagram Myspace Myspace

Fil de navigation

concours_200

Se connecter

Nos partenaires

Nos partenaires

Dernier concert - festival

DEADLETTER
dEUS - 19/03/2026
Didier Deroissart

Didier Deroissart

mercredi, 23 septembre 2015 01:00

En route vers la voie lactée…

Surprise en pénétrant au sein de Forest National, la salle a été rénovée. Les vieux fauteuils de couleur orange ont été remplacés par des flambants neufs. C'est la sixième fois que j’assiste à un spectacle de Mika ; et chaque fois, il est différent. Ce phénomène nous communique de bonnes vibrations dans les oreilles et nous laisse des étoiles plein les yeux. Pas de paillettes ni de confettis, cependant ce soir. Si tu souffres de rhumatismes, le kiné Mika te remettra sur pied. Si tu es cardiaque, il soignera ton cœur. Bref, un show de Mika vous permet d’oublier les tracas de l’existence, pendant 120 minutes. Rien que de l’émotion, du rire et surtout du bonheur…

Sur la gauche du podium on remarque la présence d’une caravane vintage. C'est une invitation au voyage dans l’univers de Mika. Mais tout d’abord, place au supporting act, Citizens. Un quintet londonien réunissant Tom Burke, Lawrence Diamond, Mike Evans, Martyn Richmond et Thom Rhoades. Fondé en 2012, le groupe a été repéré par Alex Kapranos, le leader charismatique de Franz Ferdinand. Il tombe sous le charme de leur musique et décide de produire leur album, « Here We Are », qui paraît en mai de la même année.

Tom, le chanteur, s’exprime parfaitement dans la langue de Molière. Derrière lui, deux toms basse sont posés aux pieds d'un guitariste et d’un bassiste. Le drummer s’est planté à l'extrême droite, de biais. A gauche un claviériste/guitariste est coincé près du timon de la caravane.

La formation est venue défendre son dernier elpee, « European Soul », paru en avril 2015 (NDR : lors des sessions d’enregistrement, Laurent D'Herbecourt, responsable de la mise en forme du dernier opus de Phoenix, était derrière les manettes).

Citizens assure donc la première partie de la tournée européenne de Mika, baptisée ‘European Heaven Tour 2015’.

Le set s’ouvre par un morceau dynamisé par un flot de percus. Les accords de grattes sont léchés. Les arrangements ‘beatlenesques’. Et le tout est épicé d’un zeste d’électro. La voix de Tom est perçante, mais harmonieuse elle colle parfaitement aux mélodies soignées et accrocheuses. Burke est également très proche du public. Un futur grand entertainer ! Quant à la musique, outre les références aux Fab Four susvisées, elle se veut dansante, à l’instar de Franz Ferdinand voire des Arctic Monkeys. Un groupe à suivre de très près…

(Set list : It was Idiots, Lighten Up Reptile, Brick Wall, Are You Ready, Caroline, True Romance) 

 

Forest National est sold out pour accueillir Mika. C’est la seconde fois qu’il s’y produit. Mais il s’agit de sa première grande salle en Europe pour ce nouveau périple. Le public est impatient de participer à la fête. Et ce dernier va rappeler cette invitation, à plusieurs reprises. 

Dès l’entame, il marque des points : 'Plus Loin que la lune. Plus loin que le ciel. Plus loin que l'arc-en-ciel', les paroles de la petite intro sont percutantes. Et elle se poursuit par un melting pot constitué d’extraits du répertoire de Judy Garland (« Somewhere over the rainbow » a été popularisé par cette chanteuse, un titre signé Harold Arlen/E.Y. Harbug, dans les années 30), de Prince (« Purple rain »), de Luis Mariano, d’Aznavour et de Juliette Gréco. Une ouverture qui frappe déjà les esprits. Les lumières des Smartphones brillent de mille éclats. La salle ressemble à la voie lactée. Magique ! Et la setlist (NDR : 21 titres quand même) d’embrayer par le morceau maître du dernier LP, « Heaven », moment au cours duquel des leds de teinte rouge/orange descendent du plafond.

Mika est coiffé d’un chapeau et vêtu d’un imperméable de couleur noire. Il s’installe devant la caravane, sur laquelle se sont focalisées des lumières blanches. Il attaque seul au chant, « No Place In Heaven », en s’accompagnent uniquement de quelques accords de piano. L’auditoire acclame cet exercice de style presque a cappella. Mika le salue, ôte son couvre-chef et jette son ciré. Il est alors tout de blanc vêtu. L'avant de la caravane se déploie et laisse apparaître un harmonium. Au dessus de celle-ci s’illumine (NDR : encore des leds !) le mot 'Paradise'. Mika s'accroupit et mime devant l'instrument. Il se retourne plusieurs fois vers la foule et grimace. Fou rire général. L'harmonium s'emballe. L’artiste fait à nouveau face à l’audience pour saluer le public en 5 langues et présenter « Big Girl (You Are Beautiful) ». Le tracklisting fait la part belle au premier long playing, « Life In Cartoon Motion », une machine à hits qui lui a permis d’acquérir une notoriété certaine, en Belgique. D’une  durée de 6 minutes, cette compo est à la fois festive tout en exerçant son charme. Parfois, cependant, elle suscite une forme de délire, dans la fosse. Mika s'arrête 120 secondes, interpelle les spectateurs, leur demande de devenir féroce, de fermer les yeux et de penser aux gladiateurs. Le refrain est alors repris en chœur par l’ensemble de l’auditoire qui ne fait plus qu’un avec lui.

A partir de « Good Wife », il est soutenu par le quintet. Le même que dans le cadre des Lokerse Feesten, fin juillet dernier. En retrait, on remarque –à nouveau– la présence d’une charmante percussionniste. Sans quoi le line up implique trois claviéristes, dont deux doublent aux guitares et un à la basse. Sans oublier le gratteur soliste (également préposé aux cuivres). Le déhanchement de Mika est ravageur. Les bras se lèvent. La fosse est brûlante. Y a-t-il des pompiers dans la salle ? Les spectateurs dans les gradins semblent apathiques. C’est là que votre serviteur est installé. Il aurait préféré l'ambiance de la fosse, plus chaleureuse et instinctive.

Le début de « Grace Kelly » est exécuté au ralenti. Mika signale qu'il a un peu grandi et va tout décélérer. Mika éclate de rire et joint le geste à la parole. Il ajoute que la durée du concert sera de 4 heures. On baigne encore et toujours dans le délire…

Il avoue ses 32 balais. Qu’il a vieilli, mais bonifie comme un Pétrus. Il sent qu’il prend de l’âge et proclame : 'Pour annuler les années. Une seule solution : la danse’. Les plages du premier elpee défilent (« Billy Brown » « Lollipop » « Love Today », sans oublier « Relax, Take It Easy », « Grace Kelly » et « Happy Ending »). De quoi maintenir l’auditoire au sein d’un climat de folie et d'effervescence. Des percussions ibériques agitent « Boum, Boum, Boum ». Mika est dos au public et se déhanche. Il interprète cette belle chanson d’amour dans la langue de Voltaire. Moment choisi pour faire vibrer les cœurs. Au cours de ses 120 minutes de prestation, il va d’ailleurs en chanter d’autre en français ; « L'Amour Fait Ce Qu'Il Veut », « Staring At The Sun (Tant Que J'ai Le Soleil) », « Elle Me Dit » et « J'ai Pas Envie ».

Sur l’estrade, le décor est magnifique. Lors du premier volet, la caravane avait déployé ses ailes pour dévoiler un cadre de rêve. Lors du second, il est illuminé par une boule à facettes ; mais surtout révèle une toile dessinée par Mika et l'Anversois Job Smeets. Un travail qui leur a pris 5 semaines. En fin de parcours, Job est d’ailleurs invité à monter sur les planches pour participer à l’interprétation de « Love Today ». Humble, cet artiste pose une fesse sur un siège minuscule, à côté de Mika. Ce dernier se consacre alors aux claviers et lui au tambourin basque à cymbalettes. Avant que le morceau ne s’emballe.

Tout au long du spectacle on sent qu’une grande complicité existe entre Mika et ses musicos.  Mika mouille sa chaise, tout en préservant une élégance bien insulaire. Il manifeste énormément de respect pour son auditoire. En visionnant la vidéo du concert de Mika au Zénith de Lille, accordé deux jours plus tôt, il appert que celui de Forest était tout spécialement taillé pour le public belge.

« Love Today » termine le show. Mais ce n'est pas fini. En rappel on aura encore droit à « Last Party ». La troupe s’est livrée à fond pendant deux heures. Et la foule lui a bien rendu. Mika remercie ardemment le public belge. Il précise même que la Belgique est une terre d'accueil pour lui. Et j’ai envie de lui répondre : ‘Et toi, l'artiste, du pain béni pour le rêve’.

(Organisation : Live Nation)

Voir aussi notre sectiion photos ici

dimanche, 20 septembre 2015 19:06

Isola de plus en plus radical…

Son premier album « Gravity » était paru en août 2009. Il avait donné naissance à toute une série de singles, dont « This Dream Is Gone »,« Never Let Me », « Covet Me», « What Can We Do », avant la sortie d’un opus éponyme brillant, l’année suivante.

« Radical », c’est le titre du nouveau single. Et il est en écoute ici

http://isola.adsy.me/#7

 

samedi, 19 septembre 2015 13:41

Le vertige et la fuite d'Armand Méliès

Le label AT(h)OME héberge quelques poulains prometteurs. Responsable d’un folk astral, Arman Méliès nous propose son sixième elpee, «Vertigone ». Jean Louis Fiévé aka Arman Méliès est né en 1972. Il débute sa carrière en solo en 2003 décidé à créer une musique singulière, épique et impétueuse. Il a choisi son pseudo en référence à l'artiste peintre Arman et au cinéaste Georges Méliès. A partir de cet instant, il faudra désormais compter avec lui sur le terrain de l'indie rock. « Vertigone » est un album sanguin, lyrique et ombrageux. Produit par Pete Prokoviw et Antoine Gaillet il recèle 8 plages. Sa date de sortie ? Le 23 octobre 2015.

Tracklisting :

1. Constamment Je Brûle
2. Fort Everest
3. A Deux Pas Du Barrage
4. Tessa
5. Les Chevaux Du Vent Fou
6. Olympe (A La Mort)
7. Mercure
8. Vertigone
9. Le Volcan Même

Arman se produira en concert au sein de l'Hexagone :

-Le 16 octobre au Palais des Sports de Paris, en première partie de Hubert Félix Thiéfaine.

-le 23 octobre 2015 au Festival MaMA au Théâtre Atalante, situé entre Pigalle et Montmarte à Paris.

-le 10 novembre 2015 au Festival les RDV Soniques  à  St Lô.

- le 12 novembre à Le Summum de Grenoble en première partie de Hubert Félix Thiéfaine.

-le 13 novembre 2015 à L’Amphithéâtre de Lyon, en première partie de Hubert Félix Thiéfaine.

-le 21 novembre 2015 au Zénith de Dijon, en première partie de Hubert Félix Thiéfaine.

- le 27 novembre 2015 au Zénith de Cournon d’Auvergne, en première partie de Hubert Félix Thiéfaine.

- le 16 février 2016 au Café de la Danse à Paris.

Pas encore de dates en Belgique, pour l'instant.

http://armanmelies.com/

https://www.facebook.com/arman.melies.9?ref=ts&fref=ts

Pour commander l’album c’est ici   

et

Et pour le teaser de l’opus, c’est encore ici

 

 

 

 

dimanche, 13 septembre 2015 01:00

Plus très neuf, mais toujours aussi flamboyant !

Ce soir, l’AB est en mode Box. L’auditoire est essentiellement constitué de jeunes pubères dont l'âge moyen doit osciller entre 15 et 18 ans. On remarque quand même la présence de quelques papys, pour la plupart photographes ou scribouillards. Mais aussi de parents venus surveiller leur progéniture. Il n’y a pas plus de 400 personnes dans la salle. Pas trop difficile, dès lors, de s’installer contre les barrières devant la scène.

Basement est un quintet insulaire, établi à Ipswich. Il pratique un post-hardcore mélodique aux influences grunge. Formé en 2009, il a publié deux albums : « I Wish I Could Stay Here »  en 2011 et « Colourmeinkindness » en 2012. Fin de cette même année, il décide de splitter, laissant à ses fans, des hymnes tels que « Crickets Throw Their Voice », « Faded », « Covet » et « Whole ». Début de l’an dernier, il annonce sa reformation sur son Facebook. Et dès la fin janvier, il repart déjà en tournée. Il publie ensuite un Ep 3 titres, baptisé « Further Sky », prélude à un troisième long playing.

Le combo réunit le chanteur Andrew Fisher, le chanteur/guitariste Alex Henery, le bassiste Duncan Stewart, le drummer James Fisher et le second gratteur Ronan Crix. Dès le début du set, les guitares vrombissent, mais on n’entend guère les vocalistes. Le son est pénible. Trop puissant et brouillon aussi. En outre, les infrabasses sont insupportables. On se demande à quoi sert le gars derrière les manettes. Il est au service de la formation ? Ah, bon ; pas un cadeau alors…

Setlist : « Whole  »/« Fading »/« Canada Square »/« Spoiled »/« Summer's Colour »/« Earl Grey »/« Crickets Throw Their Voice »/« Covet »

Trente minutes sont nécessaires pour changer de matos. Deux batteries sont érigées sur une petite estrade. Les trois micros, placés sur le podium, sont fleuris, un peu comme lors du concert de B.J. Scott, lorsqu’elle a voulu rendre un hommage à Janis Joplin.

Issu de Long Island, le line up de Brand New implique les chanteurs/guitaristes Jesse Lacey et Vincent Accardi, le drummer Brian Lane et le bassiste Garrett Tierney. Brand New signifie 'Flambant Neuf’, dans la langue de Voltaire. Le groupe n’est cependant plus de première jeunesse, puisqu’il est né en l’an 2000. A son actif, 4 elpees : « Your favorite Weapon » en 2001, « Déjà Entendu » en 2003, « The Devil And God Are Raging Inside Me » en 2006 et « Daisy » en 2009. Paru en 2015, le nouveau single, « Mene », constitue la première sortie officielle du band depuis le dernier opus. Il n’est disponible qu’en téléchargement.

Le concert s’ouvre par « Sink » et embraie par « Gasoline », deux extraits de « Daisy ». Les deux batteurs s’emballent derrière leurs fûts. La ligne de basse bourdonne. Manifestement, la section rythmique est très efficace. Les grattes tournent à plein régime. Chevelu, le sixcordiste de droite semble vivre dans son trip. Il malmène son instrument, mais en extirpe des tonalités percutantes. Les balances sont impeccables. Les musicos déménagent sur les planches. Et dans la fosse, la foule remue allègrement. Un bémol : le light show, il ne met pas suffisamment en évidence les musicos. Fruit d’un cocktail de rock, de punk et de grunge, le set monte graduellement en puissance. Parfois on pense au chaînon manquant entre Blink 182 et Pearl Jam.

Jesse Lacey a recours au vocodeur pour attaquer « Limousine (MS Rebridge) ». Un gratteur barbu et un préposé aux machines rejoignent le team sur scène. Ce qui va permettre au band de rocker plus dur encore. Les deux brûlots, « Jesus » et « Luca », en sont certainement les deux plus belles illustrations. Mon voisin de droite reprend en chœur les paroles. Manifestement, il les connaît par cœur. Et la prestation de s’achever par « Sowing Season ». Et si la musique n’est plus très neuve, elle est toujours aussi flamboyante. Un seul rappel de trois titres pour ce set qui a finalement sauvé ma soirée. Elle avait été suffisamment gâchée par le supporting act… 

(Organisation : Ancienne Belgique)

mercredi, 09 septembre 2015 01:00

Sympa, mais à revoir en mode électrique…

Concert de rentrée pour votre serviteur. Pas de supporting act lors de ce set qui se déroule à la Rotonde. Un show intimiste et acoustique qui s’apparente à un showcase. Peu de peuple dans l’hémicycle. Plus au moins 70 personnes. Ce qui va renforcer la proximité entre le public et l’auditoire. Un contexte que j’apprécie tout particulièrement.

Etabli dans le Queens à New York, Juan Wauters n’est autre que l’ex-leader et vocaliste de The Beets. D’origine uruguayenne, il pratique une sorte de garage/folk urbain aux connotations hispaniques. Il est venu défendre son deuxième elpee, « Who Me ? », un disque plus pop, paru en mai 2015, au cours duquel les thèmes de ses compos abordent, tour à tour dans la langue de Cervantès ou de Shakespeare, les choses de la vie. Intitulé « N.A.P. (North-Américan Poetry) », son premier opus baignait au sein d’un univers plus dépouillé, proche de Daniel Johnston voire de Syd Barrett.

Juan entame le concert, seul à la gratte, par « Voy A Crear Un Universo ». Une compo interprétée chaleureusement, dans sa langue natale. Le rejoignent ensuite un Matthew à la sèche et à l’harmo, ainsi qu’un percussionniste/claviériste. Qui ne parvient pas sortir le moindre son, au moment d’attaquer le deuxième titre. Fou rire général, il avait oublié de brancher la prise de courant. Attentionné, Wauters se charge de réparer cette distraction.

Tout au long de « This Is I », Juan excelle à la six cordes. Il se sert la plupart du temps d’une semi-acoustique, mais il en libère des sonorités particulièrement métalliques. A de nombreuses reprises, il s’accroupit pour la triturer en se servant de pédales, afin d’en extraire une palette de tonalités différentes.

Les percus pourtant sobres et le zeste d’harmonica (pour une seule chanson) parviennent à rendre ses chansons plus allègres. Si sa voix évoque Mac DeMarco, il emprunte également parfois les intonations à Ty Segall. Et si son timbre souffre de quelques imperfections, le sens mélodique n’en est pas pour autant altéré. Entre l’auditoire et l’artiste, s’est établi une belle connectivité. Ce qui va lui permettre de revenir deux fois sur les planches ; et à la demande du public il va notamment nous réserver « Nena ». Juan Wauters le souligne alors, il a concocté un set de 50 minutes afin que le public ne sombre pas dans l’ennui. D’ailleurs, je souhaiterai le revoir en concert, mais en mode électrique…

(Organisation : Botanique)

 

dimanche, 30 août 2015 01:00

Scène sur Sambre 2015 : dimanche 30 août

La troisième et dernière journée du festival des Barges va se dérouler sous un soleil de plomb. Parmi celles et ceux qui risquent de faire la différence, on épinglera Nicola Testa, nouvelle sensation électro/pop de l’année 2015. Et puis deux belles découvertes ; en l’occurrence Mochelan et Atomic Spliff qui ont, par ailleurs, accordé une interview à Musiczine. Des Liégeois, qui marchent sur les traces des R'tardataires…

De son véritable nom Simon Délecosse, Mochélan est un peu le régional de l'étape. Un rappeur carolo qui s’est intéressé au hip hop au beau milieu des nineties. Il en a essayé toutes les disciplines ; mais peu doué pour la danse, il a opté pour le théâtre et surtout l’écriture. Et bien sûr le slam. Et dans ce domaine, il est particulièrement doué. Le tremplin 'L'Envol Des Cités' lui décerne une récompense en 2010. On lui confie la réalisation du documentaire ‘Passeur de Culture', en 2013. Il décroche un rôle dans la pièce ‘Né Poumons Noir’, jouée au Théâtre de L'Ancre, la même année. Il devient animateur ‘Jeune Public’ dans le cadre de la tournée des Jeunesses Musicales, en 2014. Côté discographique, il a publié un Ep 4 titres, intitulé « Versus », en 2013 et un elpee baptisé « Image A La Pluie », l’an dernier.

Sur les planches, il est accompagné du drummer Alix Pilot, du bassiste Gabriel Govea Ramos et du claviériste Rémon Jr. Dans le style, il me fait parfois penser au talentueux MAKYzard ; encore un artiste issu du pays noir. A l’aide de 4 ou 5 mots sollicités auprès du public, il est capable de torcher une chanson. Il arpente l’estrade de long en large, tout en débitant sa prose. Nonobstant le peu de spectateurs, il parvient à les impliquer dans son show. A travers sa poésie, il nous confesse son amour pour sa ville, souvent décriée, mais qu'il aime par-dessus tout. Mais il nous parle également de la vie quotidienne. Et son discours fait véritablement mouche…

Place ensuite à Atomic Spliff, composé de Stoneman & Daddy Cookiz, deux MC’s plutôt sympathiques. Votre serviteur avait assisté à un spectacle des R’tardataires, au Bota, au cours duquel Daddy Cookiz avait apporté son concours. Fallait s’en douter, le band nous vient de la cité ardente. Ce qui ne l’empêche pas de s’exporter outre-Quiévrain. Stoneman est coiffé de dreadlocks impressionnantes. Elles lui tombent aux chevilles. Un artiste multiculturel, puisqu’il est également sculpteur et dessinateur. La paire est soutenue par un quatuor : le bassiste Boris Valley Colledos, le drummer Renaud Baivier, le claviériste Brieu Di Maria et le guitariste Kevin Maclot.

En 2014, le duo était parvenu à se hisser en finale du fameux ‘Rototom Contest’, à Londres. Ce qui va lui permettre de se produire dans le cadre du festival de Dour, mais également d’assurer les supporting act pour DJ Vadim, Mad Professor, Macka B, Solo Banton, Warrior King ou Joseph Cotton (UK) et assurer des featurings ; tout particulièrement pour Les R'tardataires. En outre, le tandem a gagné le concours 'L'Envol des Cités' ; ce qui lui a permis d'enregistrer un premier album. Intitulé « Ras Attack », il a bien été reçu par la critique. Et il va nous en proposer de larges extraits. Le reggae d’Atomic Spliff est baigné par le soleil de Kingston. D’ailleurs, pour concocter cet opus, il a bénéficié de la participation d’artistes jamaïcains ; en l’occurrence Joseph Cotton et P.Nyne. Quant à la musique, elle oscille du reggae très roots au raggamuffin, en passant par le dancehall et le rub-a-dub.

Les musicos ne sont peut-être pas encore aguerris, mais ils ont la banane et s’éclatent sur les planches. Les paroles défilent à un rythme effréné. Ils débarqueraient de la planète Ras pour y communiquer leurs bonnes vibrations. Les deux MC’s entament un duel de mots et de phrases truffées de calembours. Un peu comme chez les R'tardataires. Probablement des demi-frères. Bref, le set est excitant, et difficile de ne pas remuer les guiboles, les hanches, les bras et la tête, à l’écoute de leur musique…

Pas de Nicola Testa, de Saint André et de Keen'V ; des interviews attendent votre serviteur.

Marseillais d’adoption, Soprano, aka Saïd M'Roumbaba, est d’origine comorienne. Et il est fier de ses origines. Mais aussi de ce qu’il incarne aujourd’hui. Un type qui dégage de la sympathie. De petite taille, affable, respectueux, il a toujours le sourire aux lèvres. Un artiste qui cherche à communiquer sa passion aux fans. Bref, un personnage à taille humaine qui devient, ‘live’, une véritable bête de scène. C’est sans doute pourquoi, il est devenu une grosse pointure. Soucieux de la condition humaine, il aide –comme il peut– ses frères africains, en finançant la construction d'écoles ou la rénovation d’hôpitaux. Vu son amour du prochain, il mériterait le titre de Messie des temps modernes….

Après avoir rencontré un succès certain au sein de son groupe Psy 4 De La Rime, Soprano décide, quelques années plus tard, de se lancer dans une carrière solo. Mais il n’a pas pour autant abandonné le band, car son projet individuel il le mène en parallèle. D’ailleurs la formation devrait bientôt publier un nouvel opus. Il a, en outre, fondé son propre label, Street Skillz, afin de permettre à d’autres artistes de s’exprimer. A ce jour, il a gravé quatre LPs : « Puisqu'Il Faut Vivre» en 2007, « La Colombe » en 2010, « Le Corbeau » en 2011 et « Cosmopolitanie » en 2014. Des disques qui lui ont valu plusieurs disques d'or ou de platine.

Soprano aime le monde du cirque. On s’en rend compte en observant le décor qui meuble le podium. Chaque musico a le visage grimé de blanc, un trait noir lui soulignant les yeux. Une balle rouge enfoncée sur le nez, Soprano débarque le dernier sur l’estrade, sous un tonnerre d'applaudissements. Il entame son show par le hit « Clown », un extrait du dernier long playing, « Cosmopolitanie ». Haut perchée, sa voix est à la fois délicate et mélodieuse. Vu le monde sur le site, votre serviteur est planté assez loin de la scène. « Millionnaire » est un morceau aux lyrics qui interpellent : ‘Riche de ton sourire, riche de la victoire sur ton cancer, l'amour rend millionnaire’. Si le ton est parfois agressif, voire vengeur et son art à manier la phrase et le verbe déconcertant, sa musique demeure accessible. A l’instar de Christine and The Queens, Soprano a dû, au cours de sa prime jeunesse, manifester une certaine admiration pour Michael Jackson. Et sa chorégraphie en est certainement une belle démonstration. Un concert remarquable !

Il est temps de reprendre la route pour retrouver mes pénates. Demain, debout à 6 heures !

Henri PFR + Soprano + Keen'V + Saint André + Nicola Testa + Atomic Spliff + Mochelan

(Organisation : Scène sur Sambre)

samedi, 29 août 2015 01:00

Scène sur Sambre 2015 : samedi 29 août

Deuxième jour du festival des Barges à Scène sur Sambre. Un événement qui se déroule près de l'Abbaye d'Aulne et dont l’affiche particulièrement intéressante est aussi très dansante. C’est presque sold out aujourd’hui. Il ne manque que quelques centaines de spectateurs…

CasaNoé, un combo carolo ouvre le bal. Les festivaliers commencent à arriver, mais le fan club est bien au rendez-vous. Ce quatuor réunit Olivier Furnémont (guitare, chant), Xavier Dawant (basse), Matthieu Bruyndonckx (claviers, chant) et Yann Dumont (drums). Un line up renforcé, pour la circonstance, par une section de cuivres constituée de Nathalie Yernaux (trompette), Clément Monaux (euphonium) et J-Marco Lurquinafaso (sax ténor).

Pas toujours facile d’ouvrir un festival, mais le band va s’en sortir à merveille. Interprétés dans la langue de Voltaire, les lyrics –très second degré– traitent de la vie de tous les jours, des guerres, de l'écologie, de la mondialisation, de rêves utopiques ou encore des êtres humains. Des thèmes réalistes, qu’il truffe de calembours. Pop/rock, sa musique est teintée de folk et surtout de reggae blanc. Les cuivres apportent, bien évidemment, une autre dimension aux compos. Des instruments qui bottent votre serviteur, quand ils sont bien intégrés dans un ensemble. Et c’est le cas cet après-midi. L’expression sonore est cependant empreinte d’une grande quiétude et s’écoute presque religieusement…

Place ensuite à Sarah Carlier. Cet été, elle a écumé de nombreux festival, au cours desquels elle a récolté un franc succès. Elle a d’ailleurs tout pour elle : la jeunesse, la beauté, le sourire et surtout le talent.

Christophe Delire # Cap'tain Hublot la présente en signalant qu’il l’adore, mais que sa musique doit s’apprécier en mode sitting. L’auditoire acquiesce. Mais il ne semble pas tellement réceptif à sa musique, sans doute pas encore réveillé des prolongations vécues la veille…  

Le set démarre avec un peu de retard sur l’horaire. Le son est parfait. Le fidèle bassiste, Thierry Rombaux (militant au sein du backing group de BJ Scott), s’installe à droite du podium, entre Sarah et le batteur, David Donnat (Suarez). Kofi Sadjo, le claviériste, se plante derrière le paternel de Sarah, préposé à la six cordes. Il est armé d’une nouvelle gratte de couleur blanche. Mrs Carlier se réserve, bien sûr, le chant et la guitare semi-acoustique.

Suivant un même rituel, après avoir adressé un regard complice à son père, placé à sa gauche, elle entame les hostilités par « Dreams » et « My Counsellor ». Vu l’apathie de l’auditoire, Sarah semble éprouver d’énormes difficultés à établir une interactivité. Quoique mollasson, l’audience applaudit généreusement. Pas de cover du « All Along The Watchtower » de Dylan. Etonnant et pas très judicieux…  

Les sonorités dispensées par la gratte de Sylvain son funkysantes. Trempées dans la soul, les compos ne manquent pas de groove. Habituellement, pendant « My Dear », Kofi, l'imposant claviériste, se lance dans une danse africaine. Vu le peu de réactivité de la foule, il n'insiste pas. Bien que funky/soul, « Tenderness » baigne au sein d’une forme de sérénité. Et pourtant, sur les planches, ce titre déménage. Et le concert de s’achever par « Save My Soul », une chanson co-écrite par Sarah et sa maman. Elle se produira en set acoustique le vendredi 25 septembre à Horrues, au Café 'Le Terroir'. Qu’on se le dise !  

Sur l’estrade, le Collectif Métissé implique une ribambelle de musicos. Dans la fosse, la foule remue et danse. Une très bonne interactivité s’est établie entre elle et eux. Perso, leur show ne me botte pas du tout. Franchement, leur répertoire aurait mieux sa place lors d’une foire ou d’une ducasse boudin/frites/compote. Voire lors du bal gratuit du 14 juillet, outre-Quiévrain. Maintenant si vous aimez les reprises en mode karaoké, c’est votre droit… Mais honnêtement, le collectif n’a pas sa place à Scène sur Sambre.

Retour aux choses sérieuses en compagnie des Wampas. Didier Chappedelaine en est le leader. Cet ex-électricien à la RATP se consacre au chant et à la guitare. Des grattes que se réservent également Tony Truant et Eric Starczan. Le line up est complété par le bassiste Jean-Michel Lejoux et le drummer Nicolas Schauer. Intitulé « Les Wampas Font La Gueule », leur dernier elpee est paru en 2014.

Tiens, le combo semble bien plus en forme que 2 mois plus tôt, dans le cadre du La Semo, à Enghien. Le concert débute par « Comme Un Punk En Hiver ». Le son est correct, sans plus. Ce qui n’est déjà pas mal pour cet ensemble hexagonal. Mais leur prestation ‘live’ libère une énergie phénoménale. Didier est une véritable bête de scène. Pas besoin de piles ‘Duracell’, il est partout : à gauche, à droite, près des barrières, sur les baffles et surtout dans la foule. Manifestement, il va à la rencontre de son auditoire. S’il disposait d’un micro sans fil, sûr qu’il irait rejoindre les spectateurs au bout du site. Quand il chante « C'est l'amour », il s'époumone pour mettre l’ambiance ; mais le public est toujours aussi mollasson. Hormis les premiers rangs, quand même. Normal, puisqu’il s’agit des aficionados. Caractérisé par son rythme endiablé, « Manu Chao » est aussi excitant. Et miracle, les spectateurs commencent à réagir. Heureusement, il était temps. Il aborde une chanson consacrée à la ville de Charleroi. Le show est loufoque, décalé et même imprévisible. La musique campe un cocktail de punk et de rock'n'roll. Et les lyrics sont interprétés dans sa langue natale. Pari gagné pour les Wampas ; mais que l’accouchement au sein de l’auditoire a été douloureux…

Il y a de plus en plus de peuple sur la plaine. Normal, Bastian Baker va monter sur l’estrade. Cet Helvète est un véritable extra-terrestre, dans le monde musical. Ce soir, il est flanqué d’un backing group réunissant deux gratteurs, un bassiste, une claviériste (NDR : également préposée aux chœurs) et un drummer. Il y a une communication chaleureuse entre le Lausannois et la foule. Et finalement, elle lui rend 1 000 fois plus. Une future mariée brandit un écriteau pour lui demander un bisou. Il décline poliment l'invitation, car son coeur est déjà pris. Bastian aligne ses standards: « Lucky », « I'D Sing For You », « Tomorrow May Not Be Better » et surtout l’épatante cover du « Hallelujah » de Léonard Cohen. Fruit d’un mélange de pop, de rock et de folk, sa musique concède des relents country et americana. Le public connaît les refrains et les fredonne en compagnie de l’artiste. Bastian se décide à prendre un bain de foule. Il grimpe sur les montants métalliques protégeant les tables de sonorisation, à la manière du chanteur de Kaiser Chiefs, Ricky Wilson...

Le concert terminé, Cap'tain Hublot nous accorde un petit aparté au cours duquel il nous présente l'équipe de football carolorégienne. Sur le podium, les 'Zébres' balancent des ballons dans la fosse, avant d’y descendre pour aller les dédicacer.

La plaine est  noire de monde. La tête d’affiche du jour est attendue à 22h30. En l’occurrence Sean Paul Ryan Francis Enriques, aka Sean Paul.

Réservée au dancehall, sa musique s’inspire naturellement du reggae. Au cours de sa carrière, il a publié six albums: « Stage One » (2000), « Dutty Rock » (2002), « The Trinity » (2005), « Imperial Blaze » (2009), « Tomahawk Technique » (2011) et « Full Frequency » (2014). À ce jour, il a vendu plus de 10 millions de disques à travers le monde.

Flanqué de son backing group et de deux fantastiques danseuses, il va réussir à mettre le feu dans l’auditoire, grâce à ses brûlots dansants découpés dans le ragga…

Un second MC précède le débarquement de la star jamaïquaine. Il va l’épauler au chant tout au long du set. Par leurs déhanchements hyper sensuels, les danseuses vont parvenir à faire grimper la température sur l’estrade et dans la plaine, de quelques degrés. « So Fine », « Get Busy », « Give It Up To Me » et « Got 2 Luv U », issu de l’elpee « Tomahawk Technique », sont prévus dans la set list. Votre serviteur est comblé, ce sont les titres qu'il préfère. L'artiste a parfaitement intégré l'art de la com’. Entre lui et les spectateurs, elle est permanente. Certains sont à la fois conquis et ravis de cette situation. D’autres le découvrent et apprécient. Les artifices pyrotechniques, les confettis et les jeux de lumières collent parfaitement au show et bien sûr, à la musique. Quinze ans déjà que Sean Paul assure sur les planches.

« Turn It Up » clôt brillamment le set. Entièrement satisfait par ce concert, je préfère ne pas jouer les prolongations et rentre au bercail. Suivant les échos récoltés le lendemain, le set de Djaikovski feat. TK Wonder and MC Wasp était particulièrement festif et réussi. Mais qui veut aller loin ménage sa monture…

Djaikovski Feat TK Wonder And MC Wasp + Sean Paul + Bastian Baker +  Les Wampas + Collectif Métissé + Sarah Carlier + CasaNoé

(Organisation Scène sur Sambre)

vendredi, 28 août 2015 01:00

Scène sur Sambre 2015 : vendredi 28 août

C'est la cinquième édition du Festival des Barges. Il se déroule sur la Sambre, à Scène sur Sambre très exactement, près du site classé de l'Abbaye d'Aulnes. Cette nouvelle édition sera épargnée par la pluie et la boue. A contrario, le soleil est au rendez-vous. Le podium principal est monté sur 20 barges, mais il est assez bas, cette année. Le public assiste aux spectacles depuis les rives. Ce qui fait sa spécificité. Parmi les festivals estivaux, il est devenu progressivement une référence. Plus de 25 000 spectateurs vont le fréquenter pendant les 3 jours. Et le premier est sold out. Un immense succès pour cette cinquième mouture.

Le premier groupe à grimper sur l’estrade est bruxellois. Son patronyme ? Paon. Un quatuor réunissant Ben Billieux-Beynon (Tellers) à la gratte, Aurélio Mattern (Lucy Lucy, The Vagabonds, Sonnfjord) aux synthétiseurs ainsi qu’aux percussions, Jérémy Mulders à la basse et Léo Grosheitsch aux drums.

Paon a publié son premier Ep, « Shine Over Me », en 2013. Et il avait bien été accueilli par la critique. Ben et Aurélio sont les têtes pensantes du combo. Ce qui laisse supposer qu’il ne devrait être qu’un tremplin pour ce duo.

A l’instar de BRNS, la formation est en progression constante. Elle a assuré le supporting act pour des têtes d’affiches prestigieuses ; et en particulier pour Alt-J, Editors, Girls in Hawaii, Hanni El Khatib, Best Coast, Brigitte, Troy Von Balthazar, Jacco Gardner et Villagers. Elle est venue présenter son premier elpee. Il est éponyme.

S’il n’y avait le chapeau de cow-boy, Ben pourrait postuler pour un personnage dans un film consacré à la vie de Jésus Christ. Il en aurait d’ailleurs le rôle principal. Le set s’ouvre par « Shine Over Me », le titre qui leur a permis de se faire connaître. Un morceau mélodieux, sculpté dans un psychédélisme aux accents 60’s. Ben et Aurélio se partagent les vocaux tout au long du lumineux « Wake Them Up ». « Teevee » nous replonge dans les sixties. On pense aux Beatles, même si les voix lorgnent davantage vers MGMT. Très pop, « Cool Spot » et « Plastic Flower » sont deux nouvelles compos ; et elles sont excellentes. Dans la foule, je remarque la présence de quelques jeunes mammys. Le volatile a parfaitement joué son rôle ‘liminaire’… 

Le changement de matos nécessite 15 minutes d’attente. Alors direction scène ‘Pirate’ pour assister aux prestations de jeunes talents derrière les platines. Recorders y est donc attendu. Bien que fondé en 2006, son premier opus est paru ce 11 septembre 2014. Il s’agit de la première sortie belge pour Caroline Records, un label hollandais sur lequel militent, notamment, Beck, Tame Impala et Blondie. L'album, a été mixé par Tony Hoffer (M83, Phoenix, Air, Beck, The Fratellis) à Los Angeles.

Leur style ? Un cocktail indie de post-pop, de rock et d’électro qui alimente des compositions atmosphériques, dansantes et éclectiques. Stimulées par des beats électroniques, aussi. Et ont un parfum yankee...

Pas de grimages aujourd’hui sur les visages des musicos. Le concert débute par « Someone Else’s Memory ». Un nouveau titre diffusé régulièrement sur les stations radiophoniques. Les voix sont éthérées. La mélodie est superbe. Le début de « Wolf Drums » est dynamisé par les percus. Mais progressivement les six cordes prennent l’ascendant. Un abordage (NDR : nous sommes sur les flots…) incisif, mais trempé dans la cold wave. Bien ciselée, cette plage est la plus longue de l’LP.

Davantage dansant, « Kelly » évoque Stereo Grand. Quelques titres du prochain long playing : « Geometric Peaks », « Raging Sea », « Arctic Skies and Moonless » et « Stentoria ». Sortie prévue ? Février/mars 2016. « Stay Tuned! » est encore un inédit. « Purple and Gold » est une autre compo dansante et excitante. Après la plus paisible « Under The Waves » (NDR : une petite perle !), « Beach » clôt le set. Egalement dansante elle adresse un clin d’œil au band liégeois, Two Kids On Holliday. Un set ‘live’ bien énergique pour de véritables perfectionnistes du son…

Place ensuite à Mud Flow. Vincent Liben, le leader, est issu de Bruxelles. Il s’agit aujourd’hui d’un groupe à géométrie variable. Fondé en 1994, quand même. Séparé en 2010, il se reforme circonstanciellement. Vincent mène, en parallèle, une carrière en solitaire, dans la chanson française, depuis 2004. Au sein du collectif, on retrouve, un autre Bruxellois, Laurent Stelleman.

Mud Flow va nous proposer un set nerveux et très électrique en dispensant les standards de sa discographie. Et la prestation de s’ouvrir par « The Sense Of Me / Chemicals » (« A Life On Standby », 2004). Des images de ‘Tetra Pack’ sont projetées en arrière-plan. Très jolie, la mélodie de « Chemicals » constitue un compromis entre Coldplay et Radiohead. Vincent y libère toute sa sensibilité. « Oh Yeah  » est la plage d'ouverture du second LP, « Re Act ». Une compo qui aurait pu naître d’une rencontre hypothétique entre dEUS et Iggy Pop. Sur « 10 Pm In A Bar », Liben chante un peu à la manière d’un Morrissey, mais ses intonations sont bien plus musclées. « My Fair Lady Audrey » (« Ryunosuke ») campe un compromis entre la bande à Tom Barman et un Ghinzu au sommet de son art. « Today », « Unfinished Relief » et « Panic » ravissent les fans de la première heure. « In Time » permet à Laurent de tirer son épingle du jeu. Et c’est « New Eve » (« A Life On Standby ») qui achève le show. Si votre serviteur estime que « A Life On Standby » et « Ryunosuke » constituent les sommets de la carrière de Vincent, il espère que Mud Flow aura bientôt la bonne idée de nous réserver un nouveau long playing.

Je profite du set de Sharko pour aller me restaurer...

Aujourd’hui, la tête d’affiche est incontestablement Triggerfinger. Un trio réunissant le drummer Mario Goosens, le bassiste Mr Paul, aka Paul Van Bruystegen, et le guitariste/chanteur charismatique Ruben Block.

Véritable institution en Flandre, Triggerfinger jouit aujourd’hui d’une notoriété internationale, qu’il a acquise au fil du temps. Surtout comme groupe ‘live’. A tel point, qu’au cours des dernières années, le combo a été programmé au sein des plus grands festivals européens: Werchter, Vieilles Charrues, Rock Am Ring, Dour, Pukkelpop, Pinkpop, Sziget, Lowlands, Main Square. Il a même assuré le supporting act des Stones à Hyde Park, en 2013. Eponyme, son premier opus est paru en 2004. Suivi par l’album ‘live’ « Fathers Up » en 2007, « What Grabs Ya » en 2008, « All this Dancin' Around » en 2010 (NDR: il a récolté un succès phénoménal qui s’est traduit notamment par un disque de platine en Belgique) et le dernier, « By Absence Of The Sun », cette année. Un enregistrement qui a été postposé, suite au succès imprévisible de leur cover du « I Follow Rivers » de Lykke Li, immortalisé lors d’une session radio pour la chaîne hollandaise 3FM. Un tube aussi énorme qu’inattendu qui les a renvoyés sur les routes, pour un nouveau périple de 6 mois, aux quatre coins du Vieux Continent. Une reprise qui figure sur le nouvel LP ‘live’, « Faders Up 2 »…  

Huit mille personnes ont envahi la plaine pour accueillir la formation anversoise. Les artistes sont –encore et toujours– tirés à 4 épingles. Surtout Ruben. Il doit aimer les belles fringues. Un peu comme Charlie Winston. Les couleurs de son costard sont chatoyantes (NDR : on dirait un treillis de haute couture). Mario, a choisi un costume bleu foncé, mais dont la veste comporte des rayures verticales bleu ciel et jaune. Mr Paul a troqué son complet 3 pièces blanc contre un bleu classieux.

C’est un rite  depuis la sortie du dernier elpee, le concert s’ouvre par « Black Panic ». Tout au long de « And There She Was Lying in Wait » Mario imprime un tempo métronomique. Ce qui ne l’empêche pas de défoncer ses fûts. « By Absence Of The Sun » déclenche une immense ovation au sein de l’auditoire. Un nouveau titre : « Big Hole ». Du Triggerfinger pur jus. Ruben martyrise sa guitare. Il la fait glisser dans son dos. Lui extirpe des sonorités lourdes mais en même temps d’une grande pureté. Il la malmène aussi sur le plancher. Heureusement, elle ne rend pas l’âme. La set list nous réserve cependant, quelques ballades, dont la fin s’achève chaque fois en puissance. Mais bien maîtrisée. En ‘live’, Triggerfinger mouille sa chemise. Plus discret, Mr Paul privilégie l’efficacité. Car le show est assuré par le charismatique Mario. D’ailleurs, les dernières 20 minutes de concert lui sont totalement réservées. Une vraie bête de scène. Il donne littéralement tout ce qu’il a dans le ventre, harangue constamment le public. Il monte sur son siège, sa grosse caisse, prend même les cymbales entre les dents. On comprend mieux pourquoi il été nominé au Nord du Pays, comme le meilleur drummer du royaume.

Pas de Lost Frequencies ni de Robin Schulz, pour votre serviteur. Pas trop ma tasse de thé. Et pourtant, d’après les échos recueillis le lendemain leurs prestation on véritablement dynamité la fin de soirée. Il y a encore deux jours de festival. Alors, il est préférable d’aller prendre un peu de repos, bien mérité…

Lost Frequencies + Robin Schulz +  Triggerfinger + Sharko +  Mud Flow +  Recorders +  Paon

(Organisation : Scène sur Sambre)

 

 

 

 

Ce soir, c'est ma dernière journée au BSF et je souhaite privilégier la salle de La Madeleine où se déroulera la soirée 'Jaune/Orange'. Une soirée pour laquelle, les Liégeois sont descendus sur la Capitale. Gaëtan Streel va y défendre les compos de son nouvel elpee, MLCD nous proposer –notamment– celles gravées l’année dernière, sur son dernier opus, et The Experimental Tropic Blues Band, son concept album 'The Belgians'.

Gaëtan Streel a plusieurs cordes à son arc. C’est  d'abord un excellent ingénieur du son. A l’instar de Charles De Schutter et Alexandre Leroy, il figure même parmi les meilleurs. Quand ils sont derrière les manettes, vous pouvez d’avance conclure que vos tympans ne seront pas agressés tout en bénéficiant d’un confort sonore optimal. Gaëtan est également bassiste chez Piano Club et développe deux autres projets personnels, Me and My Machine et Mister Poulpy. Il appartient également au collectif liégeois Jaune/Orange, un label au sein duquel figurent notamment Dan San, The Feather, Pale Grey, Piano Club, Fastlane Candies et bien d'autres.

Son premier LP, « One Day At A Time », est sorti en 2011. Il avait séduit tant les mélomanes que la critique musicale ; surtout à cause de ses qualités techniques et ses jolies mélodies. Gaëtan est venu nous présenter 11 nouveaux morceaux de ce futur essai, qui devrait paraître en 2016. Depuis quelque temps, il s’était fait discret. Normal, il bossait sur son nouveau cd. Il nous signale que nous sommes des privilégiés. Certains titres ont été écrits dans la langue de Voltaire, d’autres dans celles de Shakespeare. Quand il monte sur l’estrade, il est souriant et semble excité. Il est soutenu par David D'Ascenzo à la guitare électrique, Sara Lejeune à la contrebasse et Jérôme Magnée (Dan San, Yew) à la sèche. Ces trois musicos participent aux chœurs et se plantent, à l'extrême droite du podium. Le fidèle drummer Salvio La Delfa (Piano Club) est au poste, mais c’est le claviériste Janjannes Montens (Pale Grey) qui remplace, Emma Meurice, pour la circonstance…

Le folk de Gaëtan vous transporte au sein d’une autre dimension, tout en douceur. L’artiste a vraiment une très belle voix. « Sort Of Happy » ouvre le set suivi par « Whatever I Shall Say », un extrait du premier elpee. Les morceaux s’enchaînent. « Chacun Pour Soi » et « D'un Néant A l'Autre » baignent au sein d’un climat paisible. Gaëtan empoigne un ukulélé pour attaquer « The Meaning ». Il signale que l’utilisation de cet instrument est obligatoire en 2015. Teintée de sonorités slaves, la compo est très proche de l’univers de Zach Condon ou de Beirut, si vous préférez. « Nostalgie » est paradoxalement un titre plus nerveux. Et le set de s’achever par « Stoner » et « Déjà Vu »…

Place ensuite à The Experimental Tropic Blues Band. C’est la septième fois que votre serviteur assiste au show consacré à leur concept album, « The Belgians ». Il faut admettre que novatrice, la formation a toujours eu une longueur d’avance sur ses compatriotes. 

Jérémy qualifie l’œuvre de spécifiquement belge, et donc d’invendable hors de ses frontières. Ce soir, il n’a pas consommé de gingembre. Il ne dérapera pas dans le délire et ne nous dévoilera pas sa bijouterie personnelle. Pascal Braconnier est aux commandes du volet images et vidéos. C'est lui le petit génie qui a réalisé le montage. On peut lui tirer notre chapeau pour cette création (sur)réaliste. Une œuvre qui fait la part belle à l'histoire de la Belgique, revisitée bien sûr à la sauce Tropic. Donc complètement décalée. La pieuvre reproduite sur l'affiche de présentation de la tournée en est un symbole.

Un poulpe qui va vous retourner les tripes pendant une bonne heure. Derrière le sympathique drummer, des photos et des vidéos défilent sur l'écran : celles des différents rois de Belgique (Philippe, Baudouin, Albert II, etc.), mais aussi d’Eddy Merckx, d’Annie Cordy, de Plastic Bertrand, des diables rouges au Mexique et en Corée du Sud. Egalement de baraques à frites, des grèves de 60, de l'affaire Dutroux, du drame de la tuerie de La Place Saint Lambert et j'en passe. Le fidèle fan club est présent, mais la salle n'est remplie qu'à moitié. Pas mal de monde a préféré se rendre sur Place Des Palais pour applaudir Girls In Hawaii, qui se contente pourtant aujourd’hui de reproduire, quasi-systématiquement, le même spectacle. Pour y avoir assisté, à plusieurs reprises, il faut admettre qu’après 10 bonnes minutes, un certain ennui commence à vous envahir avant que vous ne commenciez à bâiller…

Si sa set list est rigoureusement observée, TETBB a toujours une pêche d'enfer. Et puis tant Boogie Snake que Dirt Coq n’hésitent pas à improviser en dispensant leur rock/garage déjanté, empreint de stoner, de punk et de blues.

My Little Cheap Dictaphone est une valeur sûre du Collectif Jaune/Orange. Elle remplit régulièrement les salles. Rien de nouveau cependant à l’horizon ; ce qui m’incite à mettre le cap sur le Monts Des Art pour le concert d’Amadou et Mariam.

Ils ont longtemps été surnommés ‘Le couple aveugle du Mali’. Un couple, tant à la ville que sur scène. Amadou se consacre à la guitare et Mariam au chant. Ils se sont connus à l'Institut des Jeunes Aveugles de Bamako. Par la suite, Amadou Bagayoko et Mariam Doumbia s’affranchissent et se forgent une belle popularité dans tout le Mali. Mais c'est en Côte d'Ivoire qu'ils enregistrent leur première cassette. C’était au cours du mois de mars 1989. Ils concoctent leur premier album, « Sou NI Tilé », en 1997, à Paris. Un disque sur lequel figure notamment « Mon amour ma chérie ». En 2002 ils gravent un nouvel elpee, « Wati » pour lequel ils bénéficient du concours de Cheick Tidiane Seck, Jean-Philippe Rykiel et Sergent Garcia. Mais c’est la rencontre décisive avec Manu Chao qui va leur permettre de prendre leur envol. Il les prend sous son aile et produit leur LP « Dimanche à Bamako », réalisé en grande partie au Mali. Il est publié en octobre 2004 ; ce qui leur permet de conquérir un nouveau public. Et en février, c'est la consécration pour Amadou et Mariam qui décrochent une Victoire de la Musique pour l'album reggae/ragga/world de l'année. Enfin, leur dernier opus, « Folila », remonte déjà à 2012.

On vient installer les deux artistes, au centre du podium. Mariam à gauche, Amadou, armé de sa gratte électrique, à droite. Le sourire constamment aux lèvres, le duo est soutenu par un bassiste, un claviériste et un drummer. La plaine est bien remplie et le monde va encore affluer au fil du set. Leurs lyrics traitent, en français ou en bambara, de la vie quotidienne des Africains et des difficultés qu’ils rencontrent ou encore des extrémismes (Daesh et autres). Très colorée et ensoleillée, leur musique est le fruit d’un subtil cocktail de world, blues, pop et rock. Mariam invite la foule à danser et sauter. Amadou demande à plusieurs reprises, si tout va bien. 60 minutes de set sont prévues, mais votre serviteur est crevé, et en milieu de parcours, il décide de tirer sa révérence…

Gaëtan Streel + The Experimental Tropic Blues Band + Amadou et Mariam

(Organisation : Brussels Summer Festival)

Voir aussi notre section photos ici 

Le quatrième jour du BSF, votre serviteur a décidé de le vivre dans la salle de la Madeleine. Et on a tout intérêt à arriver tôt, si on souhaite se réserver une place de choix. Une bonne raison pour débarquer dès l'ouverture des portes. C’est la troisième fois que j’y mets les pieds. Pour une question de sécurité, la capacité de la salle a été limitée à 800 personnes. Le concert est sold out. La présence de Benjamin Clémentine y est certainement pour quelque chose. L’acoustique est excellente, je l’avais déjà signalé. Mais le podium n’est pas suffisamment surélevé. A dix mètres de l’estrade, vous n’y voyez que dalle. Surtout les personnes de petite taille. Faudrait peut-être autoriser les échasses. Car même au fond de la salle, derrière la table de mixage, un endroit que je privilégie régulièrement, c’est pareil. Et pourtant je mesure 1m80 ! Aucun espace spécifique n’est réservé aux photographes. Bien le bonjour pour prendre des clichés intéressants. La ventilation est inexistante. Conclusion, la chaleur ambiante est étouffante. A l’entrée, les détenteurs d’un 'pass' 10 jours doivent patienter plus de 90 minutes, car les tickets 'singles' sont prioritaires. Bref, le mécontentement est général. Il n’est pas possible d’acheter des vouchers dans la salle. S’il vous en manque un, vous êtes invités à aller vous le procurer à ‘Outsiplou les bains de pieds’. Pas la peine d’insister, le règlement, c’est le règlement. Et tant pis pour le festivalier lambda, il n’avait qu’à prévoir… Si vous ne souhaitez pas perdre votre emplacement, vous avez intérêt à y rester. Quitte à crever de soif. Ou alors, abandonnant votre position privilégiée, vous décidez de ne plus rien consommer sur place et de vous ravitailler auprès des commerces de proximité. Bénéfice net tant pour vous que pour le détaillant. Manifestement, un problème d'organisation à résoudre pour le BSF.

Quand je débarque, il y a déjà du monde pour accueillir Celena-Sophia, un duo féminin belge. Mwouais, leur expression sonore ne va pas au-delà de la variété. Leur atout ? La jeunesse ! Mais il faut reconnaître qu’elles ont encore du pain sur la planche, avant d’atteindre le niveau d’Alice On The Roof. Après quelques titres, je préfère m’éclipser. Pour aller me procurer une boisson rafraîchissante. Notamment !

Changement radical de style et de style en compagnie de Kris Dane. Il a déjà pas mal roulé sa bosse. En 1990, il intègre dEUS, comme batteur et pianiste. Il n’a alors que 17 printemps. Et en 2004, il rejoint Ghinzu pour se consacrer à la guitare. Il s’était produit en supporting act de Melody Gardot au Cirque Royal, il y a quelques mois ; et seul, armé de sa gratte acoustique, j'avais été séduit par la prestation de ce cow-boy des temps modernes. Kris est un véritable songwriter dans la lignée des Johnny Cash, Bob Dylan, Neil Young, Léonard Cohen et Tom Waits. Il marche sur les traces de Tom Van Laer (Admiral Freebee), mais dans son propre style.

Aujourd’hui, il se produit en mode électrique. Il a cependant fallu jouer des coudes pour approcher le podium. Surprise, juste à ma gauche, GrandGeorge est venu prendre la température des lieux. Il y joue dans 2 jours. Très sympa ce gars.

Le dernier elpee de Kris, « Rose Of Jericho est paru en 2014. Il boucle ainsi une trilogie entamée par « Songs Of Crime And Passion » et poursuivie par « Rise And Down Of The Black Stallion ». Ce troisième opus a été enregistré à New York, sous la houlette de Chris Elliot, à qui l'on doit les arrangements de cordes pour le long playing « Back To Black », d'Amy Winehouse.

La voix de Kris est puissante, adaptée au blues. Grave, elle me fait penser tour à tour à Springsteen ou à Léonard Cohen. Le drummer s’est installé à l'extrême gauche. Et juste à côté de lui, le bassiste. Chris est planté à l’avant-plan. A sa droite, il y a une choriste et une section de cordes réunissant un violoniste et un violoncelliste. Deux barbus coiffés d’une casquette.  

Il y a du brouhaha dans la salle. Ce qui incommode et même agace Kris. Discrètement, il fait comprendre que ce bruit le déconcentre et qu’il aimerait le silence. Si tu es exclusivement venu applaudir Clémentine, tu fais l'impasse et laisses les mélomanes apprécier. Dane n’est pas venu mettre l’ambiance avant la prestation de la tête d’affiche. Sa musique est douce et intimiste. Elle nécessite le respect et le recueillement. Un peu dans l’esprit de Milow. Pas mal de cow-boys rêvent de grandes plaines qui s’étendraient au Nord de la Belgique… « Golden Rain » est une compo extraite du dernier LP. Elle sera interprétée à deux reprises. Personne n’en redemande, mais on apprécie. Et finalement, grâce au concours des instruments à cordes, le concert est remarquable. Manifestement, cet artiste est pétri de talent…

Benjamin Clémentine avait marqué les esprits au cours de l'émission diffusée sur la BBC, ‘Later With Jools Holland’. Il est un peu considéré comme un extra-terrestre sur la scène britannique. A cause de sa voix et de son physique. Et puis de l’univers sonore énigmatique qu’il parvient à créer, en puisant aussi bien dans le blues, le jazz, la soul que le folk. Il a publié un premier album. Intitulé « At Least For Now », je vous le conseille vivement.

Changement de matos. Votre serviteur est parvenu à se glisser à deux mètres du piano (NDR : un yamaha !), derrière lequel Benjamin va siéger. Anglais, cet artiste s’est produit dans la rue et le métro parisien avant qu’on ne lui tende une perche. Aujourd’hui, il déchaîne les passions. Sensible au moindre bruit susceptible de le perturber, il est littéralement hanté par sa musique qu’il vit intensément. Son piano a queue est peu éclairé ; de quoi ajouter au mystère. Il s’est installé de profil. On pourrait presque lui toucher le dos. Il joue pieds nus.

Il entame son set en solo, par « This Hand » et  « Cornerstone  ». Son long pardessus bleu allonge sa silhouette, la fumée qui l'enveloppe le rend un peu surnaturel ; mais déjà, sa voix est envoûtante. Tour à tour tendre ou sauvage, elle vous flanque des frissons partout. Sa capacité à franchir les octaves est impressionnante. Ses doigts parcourent instinctivement les ivoires. Après ces deux morceaux, vous êtes déjà sur les genoux alors que vous suffoquez dans votre boîte à sardines, sans huile ! Trois musicos sont venus le rejoindre : un drummer, un claviériste et une violoncelliste. Et ils sont talentueux.

Vu la chaleur ambiante, je commence à souffrir de crampes. Désolé, mais je dois prendre l’air. Et après avoir prix une bonne bouffée d’oxygène, je reviens dans la fournaise. Moment au cours duquel il a entamé son « Condolence  ». Les ivoires et sa voix vous transportent dans  une autre dimension. Les titres défilent et vous laissent pantois. Avant que ce concert d’anthologie ne s’achève par « The Times »…

Il revient à l'Ancienne Belgique ce 9 décembre. A bon entendeur…

Benjamin Clémentine + Kris Dane + Celena-Sophia

(Organisation : Brussels Summer Festival)

Voir aussi notre section photos ici