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Stereolab
Suede 12-03-26
Stéphane Reignier

Stéphane Reignier

mercredi, 18 juillet 2018 01:22

Un peu de rosé dans tout ça !

Onze chansons et onzième album pour Elysian Fields, le duo culte de New-York, mené par Jennifer Charles et Oren Bloedow.

Enregistré dans les montagnes, aux abords de Woodstock, Pink Air a été finalisé dans le studio de Thomas Bartlett (The National, Sufjan Stevens) à Manhattan. Une même onde rock unit les morceaux de sa réverbération caverneuse, comme enveloppée dans l’obscurité d’un night club ou épinglée à l’ombre d’un cauchemar moderne.

Pink Air est une escapade rock’n roll post-apocalyptique. L’album aborde des thèmes aussi variés que la menace écologique, le régime d’un narcissique dictateur en puissance, la suprématie blanche, la censure, l’effacement de l’histoire, le drame social des familles... aussi bien que des méditations sur le temps, l’amitié, la perte, la mort. En dépit d’un ton mordant, le propos ne sonne jamais trop pesant, allégé par de nombreuses touches d’humour.

Le chant de Jennifer Charles est à son plus haut, insufflant à chaque morceau son légendaire charisme languissant, dans un souffle lyrique dont le pouvoir d’envoûtement est resté intact. En dépeignant le paysage du temps présent avec ses paroles précises, souvent caustiques, Jennifer pose son voile si particulier sur l’intime, le spirituel, brossant ses personnages, amis et amants, dans un pur style de romancière. Le tout sur un arrière fond de peur de notre époque, de ses dérives sociales et politiques.

Avec Elysian Fields, l’angélique chanteuse et ses acolytes ont toujours été portés par les courants les plus élevés du ciel. Pour Pink Air, ils rangent leurs ailes, se posent au sol et sillonnent les terres brûlées de l’Amérique, animés par l’esprit rock’n roll de l’animal, dont les plumes se sont transformées en poils hérissés.

https://microcultures.bandcamp.com/album/pink-air

mercredi, 18 juillet 2018 01:13

Chris, tout simplement !

Quatre années après « Chaleur Humaine » et ses plus de 1,3 millions de copies vendues à travers le monde, Christine and The Queens annonce la sortie de son prochain album « Chris » pour le 21 septembre prochain suivi dans la foulée d’une tournée qui passera par l’Europe, le Canada et les Etats-Unis.

Christine révèle ainsi une nouvelle facette, plus complexe, d’une artiste en mutation perpétuelle.

Un album entièrement composé, produit et enregistré par Christine porté par un nouveau morceau « Doesn’t Matter (Voleur de Soleil) », au groove entêtant, ses chœurs en transe et son clip en forme de danse érotique dirigé par Colin Solal Cardo (connu pour ses collaborations avec Jack White, Alicia Keys ou Phoenix).

Plus brut, funky et dansant, abordant des histoires d’amour et de désir sous le prisme de la confusion des genres chère à Chris, porté par des influences qui vont de Michael Jackson à West Side Story, « Chris » dévoile une nouvelle facette d’une artiste qui n’a pas fini de nous surprendre et de prendre des risques. 

Cliquez ici pour voir « Doesn’t matter », second morceau dévoilé par Chris.

 

 

dimanche, 08 juillet 2018 03:00

LaSemo 2018 : dimanche 8 juillet

Nous sommes déjà à l’aube de cette fin de onzième édition du LaSemo.

Organisé au cœur d’Enghien, ville francophone à facilités, ce festival est parvenu au fil des années à se frayer un chemin parmi les grands et à se créer une vraie singularité.

La population est clairement différente d’autres événements de ce type. Ici, pas de crêtes colorées, le people ne scande pas ‘Lasseeemmmmoooooooo’ à tue-tête et les gobelets ne sont pas jetés au sol, mais dans les nombreuses poubelles qui font partie intégrante du décor.

Signe des temps, les fouilles corporelles ont cédé le relais à un contrôle plus léger. Le caractère anxiogène des attentats, s’il n’a pas disparu, a laissé place à plus de quiétude.

Il fait chaud. Même très chaud. Presque caniculaire. La sueur perle sur les fronts. Les casquettes et lunettes de soleil sont vivement conseillées.

L’affiche est intéressante. Plus relevée que la veille, grâce notamment à la présence d’Ozark Henry.

Lorsque votre serviteur débarque sur le site, le Gustave Band Brass pousse la chansonnette. Malheureusement, c’est presque la fin de son concert.

Ces gaillards sont tous pratiquement issus de la Faculté d’Agro de Gembloux.

Ils sont bien une dizaine de dingos sur la ‘Scène de la Tour’. Tantôt cuivré, tantôt cordé, leur bazar percute à l'unisson entre reprises endiablées et compos déjantées.

Ils auraient aimé jouer trois heures durant (nous aussi !), mais les contingences liées au temps rendent ce souhait impossible.

Direction maintenant la ‘Guiguette’. MortalCombat s’y produit. Oui, vous avez bien lu ! L’orthographe est quelque peu différente de celle du célèbre jeu né au cours des années 90.

Il est quinze heures. L’endroit est propice à un bel ombrage et une brise légère vient adoucir les fronts luisants.

Le claviériste sortant de BRNS ainsi que sa comparse et compagne à la ville, Sarah, accusent une bonne dizaine de minutes de retard. La faute à un câble USB défectueux. Victor a dû mener tambour battant une quête chez une voisine (ça ne s’invente pas !) pour se procurer le précieux graal…

Posée sur une toile légère et fibreuse, la musicalité du binôme sexué navigue entre douceur, nonchalance, vague à l’âme et pop sulfureuse, finement épicée.

Mortalcombat revisite la pop française en y ajoutant de la modernité à l’aide d’envolées synthétiques. Si cet idiome permet d’insuffler davantage de subtilité dans le texte et le chant, il est plus difficilement exportable que l’anglais.

Les comparses n’ont que faire de cet aspect purement marketing.

Lorsqu’on choisit de chanter dans la langue de Molière, il est souvent aussi difficile de trouver un compromis entre les sons, les harmonies et les textes. Or, à l’écoute des chansons l’équilibre est atteint, grâce ces loops qui viennent enrichir l’expression sonore…

Le grain de voix éthéré et l’attitude scénique mollassonne de la vocaliste provoque la somnolence d’un auditoire plus enclin à siester qu’à remuer le popotin.

Pourtant, quatre garçonnets âgés d’à peine dix ans se prennent au jeu et livrent une chorégraphie digne de Kamel Ouali sur un titre up tempo baptisé « Tu prends l’air ».

C’est vraiment dommage parce qu’il ne s’agit pas que de simples mots posés ci et là maladroitement au gré d’un imaginaire narratif, mais d’une comptine aux accents surréalistes dotée d’un pouvoir surnaturel qui emmène son auditoire vers une forme d’onirisme auquel il est difficile de résister.

Le résultat procure une musicalité dont la vague émotionnelle sans précédent est susceptible de suspendre le temps. A l’instar de « Beau et décadent », premier clip (voir ici) tourné par le band dans le quartier bruxellois de Saint-Gilles, où ils vivent, et qui met en scène la donzelle à la recherche de l’homme idéal.

Malgré les efforts surhumains du couple, le public reste assez frileux et semble ne pas se presser au portillon.

Peut-être qu’une prestation de ce genre aurait eu davantage d’impact au sein d’un endroit un peu plus intimiste afin de cerner toutes les nuances d’un exercice de style aux couleurs chatoyantes.

Avant de terminer une prestation suffisamment longue que pour cerner toute l’étendue de cet univers électro/pop, Cesar se plante devant le micro et prend les rennes le temps d’une chanson, plutôt réussie…

A moins de quarante-huit heures d’une demi-finale de foot qui risque de faire du bruit (Belgique-France), ils proposent cependant de partir en « Vacances en France »…

Quelques instants plus tard, un autre artiste lui emboîte le pas. Il s’agit de Lou B, rendu populaire par « We are the world – Belgian red devils » concocté pour les diables à la suite… d’un poisson d’avril du padré.

Il est également apparu lors des émissions télévisées ‘Cap48’ et ‘La France a un incroyable talent’.

C’est un jeune homme. Frêle et timide qui se présente. A peine vingt balais. Il est porteur du syndrome de Morsier qui lui confère une malformation congénitale du cerveau.

Né aveugle, sans odorat et atteint d’une légère déficience mentale, il chante et joue du piano en autodidacte depuis l’âge de 6 ans.

Son talent est dans ses oreilles. Et il est absolu. Il est capable de jouer une musique dès les premières notes d’écoute.

Son père est à ses côtés, caché dans l’encoignure de la scène. Le gamin doit se sentir rassuré.

L’estrade est inondée de soleil. Il tape sur la tête du gaillard qui semble perturbé. Une femme du public s’affranchit et lui porte secours en lui refilant sa casquette. Elle ne semble pas y tenir. Votre serviteur apprendra qu’elle appartient à son ex-mari.

Il porte un T-shirt d’‘Amnesty International’ ; tout le monde est égal balance t-il.

Ses doigts frappent les ivoires de son clavier avec une telle dextérité et conviction, tout en balançant mécaniquement son corps d’avant en arrière, qu’il ferait retourner Amadeus Mozart dans sa tombe. Incroyable !

Sa sphère est large puisqu’elle oscille de compos touchantes down tempo, lorsqu’il se dévoile aux yeux des autres, à des complaintes slamées ou rappées (« J’vous kiffe ») ou encore jazzy (« Comme ça »).

Sa voix n’est pas toujours juste, mais cette carence n’impacte, au final, pas beaucoup la qualité du show.

La foule s’est déplacée en masse. L’hémicycle n’a peut-être jamais eu autant de succès durant le festival.

Son humour est flinguant (« Mes gros mots »). Promis, dire à quelqu’un ‘mon petit connard’, n’est pas une insulte !

Grosse surprise donc pour un jeune homme qui a, là, toute sa légitimité en tant qu’artiste…

Direction le château pour le set de Mes souliers sont rouges. Une petite demi-heure seulement ! Un showcase intimiste auquel quelques convives ont le privilège d’assister.

Cette formation est née en 1991 et a vécu quelques parenthèses. A l’origine branchée sur la musique traditionnelle française et plus particulièrement normande, elle s’est ensuite orientée vers la variété hexagonale.

Le line up actuel réunit l’imposant François Boros (mandoline, guitare, podorythmie et percussions), Deny Lefrançois (contrebasse, guitare, percussions), Simon Leterrier (accordéon, banjo, guitare, podorythmie), Jacky Beaucé (Uilleann pipes, flûte irlandaise, whistles, violon) et Efflam Labeyrie (guitare DADGAD, banjolélé). Ils se partagent tous le chant, mais à des degrés divers.

Leurs baluchons contiennent des biscuits fabriqués artisanalement. Les aficionados les dévorent. Autant dire qu’ils ne n’ont pas fait long feu !

Evidemment, les godasses sont… d’un rouge pétant. A l’exception d’un des musicos qui a préféré conserver ses sandales gallo-romaines. Pour être reconnaissable parmi ses semblables, il a quand même enfilé une vareuse couleur sang. Sympa la solidarité !

L’un d’entre eux prend place sur un tabouret placé sur une grande planche de bois bien épaisse. Il l’utilisera pour tapoter du pied se muant en un claquement de cil, en percussionniste chevronné.

Après une longue introduction, le tour de chant débute par « Sur l'eau sur la rivière » où on apprend que Colin possède une poule qui pond des œufs tous les matins. On est content pour lui…

Le tout ne sera qu’une parabole de chansons à la fois drôles et intransigeantes. Les rires foisonnent…

Le second degré est de mise à l’instar de cette compo pour le moins originale où les messieurs regardent leur conjointe coquinement du coin de l’œil en clamant haut et fort qu’il est plaisant d’avoir ‘une turlutte avant de passer au lit histoire de passer une bonne nuit’. Après tout, y a pas de mal à se faire du bien !

Ou encore que « Derrière chez nous, y a un étang », où ‘trois beaux canards s'y vont baignant’.

Polyvalents, les musiciens font la part belle à quelques instruments anciens, comme cet ersatz de cornemuse normande qui procure davantage de rondeur à une prestation riche en émotion.

La musicalité sent les côtes maritimes et affiche des aspects très divers. Les voix masculines et graves se marient à merveille.

Avant de prendre congé de l’auditoire, ils exécutent une polyphonie vocale grave et solennelle. Trois minutes trente de bonheur !

Ozark Henry se produit sur la scène du château maintenant. Auteur-compositeur-interprète belge, Piet Hendrik Florent Goddaer, à l’état-civil, apparaît vêtu de noir. Son visage est rasé de près ! 

Son corps filiforme fait pas mal d’envieux. Pour l’occasion, il a retiré ses godasses (NDLR : ses Goddaer ?) Ses comparses arborent tous des chemises de couleur jais. Rien à voir avec les adhérents à la milice du régime fasciste de Benito Mussolini. Enfin, on l’espère…

Le batteur ressemble étrangement à Thierry Becaro, l’animateur de Motus sur France2.

Le tracklist fait la part belle, bien évidemment, aux titres les plus récents comme « A dream never stop », « I’m your sacrifice » mais surtout à une flopée de refrains populaires ancrés dans la mémoire collective tels que « Godspeed » précédé d’une longue intro au clavier ou encore « Out of this world » et « Word up »…

Sa voix est cristalline et prend toute sa dimension tout au long de la cover de « We can be heroes », interprété en hommage à un artiste trop tôt disparu, David Bowie.

Le drummer et le guitariste s’échangent énormément de regards complices tout au long du set.

Les six cordes électriques sont fougueuses, hargneuses sur les titres plus péchus. Le drumming est à la fois efficace et métronomique. Les musiciens semblent prendre beaucoup de plaisir à vivre ce concert…

Piet parle peu durant le show. Il laisse la musique transmettre le message. Ce qui n’est pas plus mal en fin de compte…

Rien à redire ! Ozark Henry a, comme d'habitude, mis le public dans sa poche…

Avant de rebrousser chemin, il serait judicieux d’opérer un petit détour par le Cabaret Coquin qui réserve un voyage initiatique dans l’univers du burlesque et de la sensualité. Après tout, Popol est le seul à ne pas avoir pris de plaisir aujourd’hui…

Peggy Lee Cooper, travesti poilu à la galoche, accompagné(e) au piano par Ben Bruyninx, dévoile sa plus belle écurie durant une heure de spectacle.

Au menu, de belles femmes s’entrelaçant et des poitrines généreuses nues sous un chapiteau complètement sold out.

Mais, chutttt… s’agissant d’une animation pour adultes, le lecteur de Musiczine devra laisser libre cours à son imagination débordante pour en connaître l’épilogue…

Après tout, suffisait d’y aller !

(Organisation : LaSemo)

Voir aussi notre section photos ici

samedi, 14 juillet 2018 15:51

Déjà 4000 années ...

ZENZILE est de retour et annonce la sortie d'un nouvel album 5+1 "Zenzile Meets Jay Ree" disponible le 05/10/18.
 

En attendant ce onzième album, les Angevins dévoilent aujourd'hui un premier extrait "4000 Years" disponible sur Youtube et plateformes de stream, ainsi que les prochaines dates de la tournée Dub Unlimited Tour avec une date à Paris le 16 mars 2019 à l'Élysée Montmartre.

Bird en extrait ici.

samedi, 14 juillet 2018 15:38

Mustii, un garçon du 21ème siècle !

Le clip de "21st Century Boy" est la deuxième partie d'une duologie du même nom. La première partie sortira à l’automne et illustrera le prochain single extrait du nouvel album de Mustii.

Cette duologie se déroule le temps d’une nuit et met en scène 4 personnages différents, 4 "21st century boys", 4 âmes solitaires ayant tous vécu un évènement traumatique.

On est au coeur de la thématique de l'album.

Ces personnages devront faire preuve de résilience, trouver une sortie de secours ou pleinement affronter leurs démons. Nous sommes ici en fin de nuit, moment au cours duquel chacune de ces individualités compte ses blessures, tente de lâcher prise.

Parmi ces quatre personnages, il y a Suzy, un jeune travesti pour qui le réveil est compliqué. Il y a aussi Tom, le bad boy à la cicatrice, Mustii coincé dans sa voiture accidentée et ce jeune homme qui scrute le monde devant son écran mais qui semble impuissant et effrayé par ce qu'il voit…

Leur point commun est la blessure physique, le choc mais aussi le désir de s'affranchir de leurs conditions. Nous ne savons pas exactement ce qui s'est passé. Nous sommes simplement les témoins de leurs réactions, de leur manière de faire face à un événement traumatique dont nous savons peu de choses.

Une seule chose est sûre, durant cette nuit difficile, nos quatre personnages ne se croiseront jamais. Durant cette nuit, d'une manière ou d'une autre, le cours de leur vie changera.… Suite au prochain épisode…

Le clip disponible ici .

 En tournée cet automne // 21st Century Boy Tour 2018

Ve 19 octobre - AB Box (Bruxelles)
Sa 20 octobre - Entrepôt (Arlon)
Ve 26 octobre - Eden (Charleroi)
Ve 09 novembre - Palace (La Louvière)
Sa 10 novembre - Maison de la Culture Famenne-Ardenne (Marche)
Sa 17 novembre - Reflektor (Liège)
Ve 07 décembre - Ferme du Biéreau (Louvain-la-Neuve)

 

 

 

 

samedi, 14 juillet 2018 15:17

Une nouvelle video pour Maître GIMS !

L'album "Ceinture Noire" de Maître Gims et son single "La Même" ft. Vianney se trouvent toujours dans le haut des charts belges. La vidéo de "La Même" compte déjà presque 70 millions de vues sur YouTube en moins de 3 mois!

Malgré cela, Maître Gims sort une nouvelle vidéo pour le titre "Corazón" (à écouter ici). Et pas avec n'importe qui, puisque vous pourrez y retrouver les artistes américains Lil Wayne et French Montana!

Sortie il y a deux semaines seulement, la vidéo a été vue plus de 12 millions de fois! Sur Spotify, la chanson compte environ 5,5 millions de streams...

Maître Gims se produira en concert le 10 août au Summer Music Festival, le 24 novembre à la Rockhal (Luxembourg) et le 27 mars 2019 au Palais 12 de Bruxelles

Lilasol veut profiter de la vie. On n’a qu’une seule vie mais plusieurs vies à vivre. Après un temps dans les médias, elle décide de tout plaquer pour devenir chanteuse.

On aurait pu laisser de côté son EP « Imaginez un lieu quelque part » mais cela aurait dommage. Il comprend des bonnes chansons comme « Détroit » et « Prince Charlatan ».

Ce disque met en scène le désarroi du monde moderne pour le tourner en dérision. Il salue les initiatives émergentes et innovantes, se rit des aberrations de ce monde pour y poser un zeste de douceur. Il évoque la postmodernité dans les rapports masculin-féminin (Prince Charlatan, Bas résilles), la communication compliquée dans un monde moderne pourtant ultra connecté (Cherchez pas j’ai raison, Prince Charlatan) et propose des solutions tantôt fantaisistes tantôt réalistes (Je joue, Détroit) pour survivre dans un monde ultra technologique.

« Imaginez un lieu quelque part » aidera à comprendre l’environnement de cette demoiselle, le prochain EP s’annonce comme différent et « mieux entouré »

Plus d’informations : www.lilasol.com ou https://www.facebook.com/lilasolmusic

 

 

 

 

 

JB de AIR revient en homme augmenté au cours d'une odyssée bienveillante et futuriste: l’album H+ (Jive Epic / Sony Music).

Après Darkel (2006), et peu après ses projets parallèles Tomorrow’s World avec Lou Hayter (2013) et Starwalker avec Barði Jóhannsson (2015), Jean-Benoît Dunckel a souhaité réajuster son cap et retrouver son entièreté.

“Ayant poursuivi mes expériences sonores en studio, cet album est la continuation en solo de mon univers aérien qui aurait subi quelques mutations et qui cultive le passé pour fleurir le futur”, éclaire-t-il.

samedi, 07 juillet 2018 03:00

LaSemo 2018 : samedi 7 juillet

Fantastique ! Grandiose ! Etonnant ! Autant de qualificatifs qui collent bien au

LaSemo.

Déjà 11 années que le superbe parc du château d’Enghien accueille cet événement devenu incontournable.

Ici, mal venu celui ou celle qui vient uniquement se rincer les portugaises. Ce serait même réducteur et faire affront au génie des concepteurs de ce grand spectacle. Le prisme est beaucoup plus étendu, mêlant différents genres, arts et cultures…

L’écologie n’est pas en reste puisque tout est basé sur le développement durable. Pas de gaspi ! On récupère tous les brols qui traînent chez mamy, on les customise et hop, ils retrouvent ici une seconde vie.

Auriez-vous imaginé un jour créer un décor à l’aide de parapluies ? Eriger une clôture avec des raquettes de tennis ? Constituer un podium complet en se servant de vieilles caisses à vin ? Eux, oui. Ils ont fait d’un rêve, une réalité. Admirablement et subtilement en y ajoutant une bonne dose d’humour voire de dérision…

Attention, le tri des déchets s’inscrit également dans l’esprit du festival. On récupère le fruit des entrailles déposé délicatement dans les toilettes sèches (NDR : pas besoin de faire un dessin) pour nourrir les légumes du jardin de bobonne et on récolte les mégots de cigarettes pour leur réserver une seconde vie (NDR : que l’on espère moins nocive !) …

En outre, tout est pensé pour la famille. De (trop) nombreuses activités sont programmées aux quatre coins du site…

On y croise ci et là des têtes blondes, accompagnant leurs parents attablés à un touret, jouant au monopoly au sein de l’espace dédié ‘Amusoir’. Ou encore de jeunes couples amoureux s’entrelaçant tendrement et même des grabataires qui déambulent dans l’enceinte du parc, canne à la main… Les PMR ne sont pas en reste parce que là aussi les organisateurs ont bien œuvré afin qu’ils puissent en toute quiétude profiter des bienfaits de cette belle manifestation.

Sans oublier les stands de grimage, des funambules, des clowns, des spectacles ouverts, des cabarets coquins (NDR : oui, oui, vous avez bien lu !), et cerise sur le gâteau une garderie pour celles et ceux qui veulent profiter sereinement du festival, sans avoir la marmaille dans les guiboles…

Tout comme l’an dernier, une puce électronique est intégrée au bracelet ; elle permet de se remplir la bedaine ou de charger son sang de malt sans plus devoir sortir la menue monnaie…

Et pour les fauchés, l’eau gratuite est disponible dans les différents bars. La seule condition : accorder un large sourire aux serveurs qui méritent bien ce petit clin d’œil.

Le LaSemo quitte doucement l’enfance pour entrer dans sa phase de consolidation. Il a fait ses gourmes ! Et les couacs qui ont fait craindre le pire, lors des éditions précédentes, ne sont plus que de l’histoire ancienne.

On regrettera toutefois amèrement l’absence de Jean-Jean, l’habituel géant givré de service chargé d’introduire avec humour et légèreté les artistes.

Rose, son antithèse, lui emboîte le pas. On espère pour une courte durée. Parce que Rose, on l’aime bien, mais faut pas exagérer quand même…

Ni son sac à main acheté aux fripes, ni son accent de ‘buksel’, ni sa taille (NDR : un mètre vingt, malgré les bras levés et les talons aiguilles) ne parviendront à concurrencer le charisme de son prédécesseur.

Enfin, soit ! Dame nature est généreuse depuis le début de l’été et le soleil frappe très fort.

Pas de temps à perdre ! On entend au loin une voix qui semble familière. Celle de Cédric Gervy.

Un habitué des lieux. Une mascotte même. C’est sa dixième fois en onze éditions ! Il a quitté sa casquette de prof de néerlandais pour revêtir celui de troubadour/chansonnier…

Un LaSemo sans Gervy, c’est comme si vous mangiez des frites sans sel. Impensable !

Durant quelques années, il a milité au sein d’un projet collectif : Cedric (et les) Gervy, impliquant Mr Chapeau, le gratteur RenRadio et le drummer Tyler Von Durden. Courant 2009, ce dernier a été remplacé par The Robot.

Balayant d’un revers de la main cette quasi-étape obligée de starification, il a préféré mettre un terme à cette collaboration afin de poursuivre en solitaire la propagation de sa bonne humeur. Le titre « Putain, j’ai failli être connu » est éloquent à ce sujet.

Son fil conducteur, c’est le calembour. Mais pas que ! Parce que sa ligne de conduite va bien au-delà.

Chacune de ses chansons véhicule des messages forts et pertinents. Les thématiques sont souvent dénuées de tout stéréotype et bien éloignées de ce fameux ‘compromis à la Belge’.

Gervy, chanteur sérieux, mais sans prise de tête…

Il dépeint les problèmes sociétaux à travaux des thématiques choisies en fonction du moment (la crise, l’addiction aux jeux, …) Mais, ne dites surtout pas que c’est un chanteur engagé.

Détail intéressant, l’auditoire est composé d’une pyramide des âges très large. Des parents ont amené leur progéniture pour assister à ce show. C’est dire la popularité de ce mec. Tout a fait justifiée d’ailleurs…

Lui, ce n’est pas du sang qui coule dans ses veines, mais un savant mélange de bonne humeur et de joie de vivre.

Autant dire que ses concerts sont synonymes de franche rigolade. C’est une thérapie contre la morosité ambiante à lui tout seul. Faudrait même que la sécurité sociale rembourse chacune de ses prestations tant il fait du bien à l’âme. On en ressort complètement soulagé. La larme à l’œil même… mais pas de tristesse, car les fous rires sont légion…

Bon allez Cédric, ‘Bonne année quand même et à l’année prochaine !’

Direction le Château pour un showcase destiné à une poignée de privilégiés. La fraîcheur des locaux contraste avec la moiteur suffocante extérieure.

L’accueil est impeccable. Le mousseux coule à flots et des légumes coupés finement sont proposés aux quidams histoire de les faire patienter.

Et de la patience, il en faudra puisque le régional de l’étape, Antoine Armedam, accuse une heure de retard !

Faut dire qu’il vient de terminer une prestation riche sur la Guinguette, là même où votre serviteur l’avait découvert en 2014. De là à lui pardonner, il n’y a qu’un pas…

Flanqué de deux autres musiciens, l’un à la basse et l’autre à la batterie minimaliste (snare, grosse caisse, charley et une ride), il entame un tour de chant dans une acoustique bruitiste.

Un spectateur vient même lui susurrer dans l’oreille d’articuler un peu mieux pour percevoir toute la subtilité de la prose.

Tout à tour mélancolique, jouissive ou ensoleillée, son pop/folk se pose délicatement au creux de nos conduits auditifs, et on aimerait qu’il coule à l’infini, à l’instar de la ballade douce-amère, « La fille qui dort là-haut »…

Mais il peut adopter d’autres styles, comme lorsqu’il se réfère à Paris sur fond de reggae, tout au long de « A la sauvette », un morceau au cours duquel le ‘people’ est pris à parti, quand il clame le refrain…

Le public y est sensible et participe à l’essor de la réussite du set en accompagnant les balais du drummer par un claquement des mains. Parfois à contretemps, mais nul n’est parfait…

Il est temps maintenant de filer tout droit voir Charlotte, fruit de l’union consommée entre Alec Mansion (alias Léopold Nord notamment) et Muriel Dacq, dont le tube « Tropique » a fait trémousser le popotin chez la plupart des quadras.

La belle jeune femme de 26 ans arbore pour l’occasion une longue robe laissant entrevoir une cuissarde pour le moins appétissante. Le rouge pétant du tissu contraste avec le bleu azur perçant de ses yeux.

Epaulée par Louis au pad électronique et Loan à la guitare, elle entame son tour de chant par le devenu très populaire « Pars », dont Pure FM a fait son coup de cœur le programmant six fois par jour. La caisse de résonance a bien fonctionné puisque plus de 80 000 écoutes sur Spotify ont été comptabilisées.

Elle découvre un endroit empreint de magie et de féerie et semble ravie de se fondre dans cet environnement de verdure...

Proche de Lana Del Rey, tant dans l'esthétique, les vidéos, ainsi que dans les styles vestimentaires et musicaux, on la sent très perfectionniste dans l’âme alors que dans ce métier, certains artistes abordent leur rôle bien plus futilement, sans que cette perspective ne pose problème. Gageons pour elle qu’elle ne s’emprisonne pas dans cette théâtralisation à outrance en s’autorisant un peu plus de latitude.

Bénéficiant du concours d’Alex Germys à la compo, dont le talent indéniable, ses chansons sont attachantes, sensibles, presque enivrantes par moment. En y ajoutant un physique attrayant et un cerveau bien rempli, elle a finalement tout pour plaire.

La fougue de ses débuts opérés, il y a deux ans, dans sa chambre de post-adolescente, et concrétisés par « Nous sommes », avait révélé un organe vocal à mi-chemin entre Dolores O’Riordan et Mylène Farmer.

Elle propose, pour la première fois, un nouveau titre, « La loi du feu ». Test réussi au vu de la réaction des aficionados. 

Charlotte aime rappeler que lorsqu’elle exerçait encore le métier de croupière dans une vie pas si lointaine au sein d’un casino cossu, elle avait imaginé « Ame solitaire », pour celles et ceux qui sombrent dans l’addiction !

Point d’orgue d’une prestation qui restera dans les annales « Ta peau », vrai/faux rappel sera à nouveau jeté en pâture ‘puisque nous n’avons pas d’autres morceaux’. Et de renchérir ‘mais à la condition que le public danse’.

La messe est dite !

Enfin, dernière artiste à se produire aujourd’hui, Béatrice Martin, alias Cœur de Pirate.

Tiens, étrangement pour une pirate, elle ne porte ni barbe rousse, cache œil et jambe de bois. En espérant qu’elle ait du cœur…

Vu le matraquage opéré sur les ondes radiophoniques généralistes, difficile d'ignorer la jeune femme originaire de la partie Est du Canada.

Sa voix de chanteuse singulière et ses multiples tatouages sont quelques-uns de ses traits caractéristiques qui sont les plus associés à sa personnalité artistique.

De petite taille et toute menue, la Canadienne s’avance affranchie d’une longue carrière derrière elle.

Sans dire mot, elle contemple d’un air que l’on devine désabusé le parterre venu l’entendre. Gageons que cette attitude soit davantage un manque de maturité que de mépris !

Sur la droite, un chronomètre digital géant symbolise la fugacité du temps qui passe. Il indique 60 minutes. C’est peu ! La frustration est grande pour une découverte de cette trempe…

Votre serviteur s’étonne de ce conservatisme absolu et refuse ardemment d'envisager qu'un mécanisme puisse le surpasser dans la mesure temporelle.

Il paraît que l’équipe doit reprendre un avion le lendemain à 6h du mat’. Ceci explique peut-être cela…

Dans un style qui met principalement en valeur des textes décrivant les relations charnelles et ses dérives sous toute ses formes, à l’instar de « Prémonition », elle alterne tour à tour des titres issus de son nouvel opus et d’autres bien ancrés dans l’esprit collectif, dont « Tu m’aimes encore » ou « Oublie-moi »…

Malheureusement, ses compositions un peu répétitives reflètent trop souvent le stéréotype de l'adolescente en mal d’amour…

C’est surtout derrière son piano que Béa –comme l’appellent ses admiratrices d’un soir– excelle véritablement. Elle y étale tout son talent et son raffinement. Difficile de résister au charme qui opère.

En un battement de cil, la transformation de la rebelle vers la belle se réalise et relègue aux oubliettes la dualité qui existe entre le bien et le mal chez ce bout de femme et son désir manifeste de dissocier ces tendances.

Dommage que l’instrument à cordes dressé au milieu de l’espace scénique oblige toute une franche du public à mater le dos de la donzelle. C’est sympa, mais quand même !

Le festivalier juvénile et familial aura apprécié. Elle a effectivement assuré le show. Quant aux exigeants, ils estimeront sans doute que la prestation était bien trop millimétrée, conventionnelle voire sans âme… Que les surprises étaient trop rares. Qu’elle s’est contentée du minimum syndical.

Elle vide les lieux deux minutes avant la fin du décompte. Sans remercier ni ses musiciens, ni la foule. Et sans accorder le moindre rappel…

Au cours de ce concert, elle a régulièrement rappelé qu’elle se produira prochainement dans le cadre des Francofolies et à l’Ancienne Belgique. Ce sera sans nous… Triste Béatrice que tu es !

(Organisation LaSemo)

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lundi, 02 juillet 2018 03:00

Au Carré 2018 : lundi 2 juillet 2018

Cette année encore, le festival ‘Au Carré’ intègre la jolie cour de l’ancienne caserne montoise, Major Sabbe. On ne peut rêver mieux pour ce premier rendez-vous de l’été…

Incontournable, cet évènement culturel propose une déferlante d’artistes hors du commun. Entre théâtre, cirque, musique, danse, fêtes et soirées thématiques, les spectateurs ont l'embarras du choix.

En pénétrant au sein de cet espace, votre serviteur jette un regard contemplatif sur les immenses bâches blanches qui surplombent l’ensemble. Majestueuses, elles semblent établir le trait d’union entre différents bâtiments qui abritent désormais l’école supérieure des Arts plastiques.

Le soleil frappe fort en ce début juillet ! Ces toiles gigantesques jouent leur rôle à merveille en procurant un ombrage adapté à l’ensemble et une fraîcheur ostentatoire.

Inutile de préciser que les terrasses qui fleurissent le parterre sont bondées. Des couples de quinquas constituent la majorité du parterre.

Peu enclins à s’endimancher, les hommes ont revêtu leur bermuda, laissant apparaître une masculinité affirmée, tandis que le public féminin a adopté une tenue toute aussi légère, dévoilant le plus souvent une plastique empreinte de grâce…

Mondial de football oblige, une poignée d’olibrius a décidé soutenir les ‘Diables Rouges’, en arborant fièrement des t-shirt tricolores.

La Belgique est également à l’honneur aujourd’hui. Et pour cause, les organisateurs ont convié trois artistes noir-jaune-rouge à se produire sur l’estrade montoise : Isadora, Greg Houben et Témé Tan.

Isadora, jeune femme d’à peine une vingtaine d’années, porte une robe légère que la brise du vent vient effleurer de temps à autre. Très naturelle, son sourire rayonne de bonheur. D’emblée, son jeune âge traduit mal une très grande aisance scénique. Elle avance d’un pas décidé.

Artiste originaire de Liège, elle a étudié au Conservatoire de Bruxelles. Elle est devenue populaire, suite à un passage remarqué dans le télécrochet ‘The voice’, version française, au cours duquel sa reprise du « Killing me softly with this song » des Fugees a marqué les esprits.

Elle campe devant un clavier. Le gaillard qui l’accompagne alterne tour à tour saxophone et cajon (instrument de musique inventé au Pérou au XVIIIème siècle) sur lequel il restera d’ailleurs assis, histoire de ne pas se fatiguer les guiboles.

Isadora possède une tessiture vocale qui lui permet de monter dans les aigus avec une facilité déconcertante. Son univers pop/soul, mâtiné de couleurs jazzyfiantes, est proche de celui d’Alicia Keys dont elle s’empare d’ailleurs brillamment d’un titre.

Le set d’environ une demi-heure laisse un goût de trop peu. Malgré tout, la donzelle a montré l’étendue d’une belle palette artistique et est parvenue à conquérir un public manifestement enjoué.

Greg Houben lui emboîte le pas ! Sombrement vêtu et chapeau de paille sur la caboche, sa silhouette et sa dégaine évoquent étrangement… Bourvil…

Il s’avance presque timidement, flanqué de deux musicos. L’un se place devant les claviers et l’autre, Lorenzo Di Maio, figure de proue, se charge –entre autres– de la six cordes.

D’emblée, il souligne son attachement pour le pays qui l’a adopté lors d’un voyage initiatique alors qu’il n’avait que 17 ans. Belo Horizonte, Sao-Paolo et Rio ont semble t-il transformé le Liégeois d’origine.

Trompettiste de formation et comédien de théâtre, il est venu défendre un premier opus de chanson française intitulé « Un Belge à Rio », un disque enregistré en partie à Copacabana au sein du studio mythique, ‘Cia dos técnicos’.

Comme pour assurer la véracité de sa légitimité, il tient son bébé fraîchement enregistré entre les mains, fruit d’un travail acharné de deux ans, précise-t-il, d’un ton quelque peu ironique.

Armé d’un cuivre, il entame un tour de chant qui sent forcément le sable chaud, les cocktails largement garnis de glaces pilées, de citrons verts écrasés et de sucre de canne.

Le public écoute presque religieusement cette fresque haute en couleurs, mais aux subtilités insoupçonnées. On rêve, on s’extase, on ferme les yeux et on entend la mer au loin. On se laisse bercer par les rayons généreux du soleil et ce vent léger qui nous rafraîchit quelquefois la peau. L’écoute est jouissive et maculée de bonheur.

Cette culture musicale forte et profonde est parfois difficile d’accès pour les non-initiés. On est en effet très loin du tout grand ramdam commercial. Pourtant, qu’on ne s’y trompe guère, les aficionados vivent le show, sans crier gare, confortablement assis dans leurs sièges les yeux rivés sur le podium. Le temps s’écoule lentement, paisiblement…

En pleine extase, Gregory tend même les bras vers le ciel tel le Christ Rédempteur du haut du mont du Corcovado, comme pour remercier le créateur de lui avoir permis d’assouvir cette jolie passion jusqu’au bout.

A cet instant, un tourbillon de folie souffle sur quelques énergumènes éparpillés ci et là. Les cris et les applaudissements fusent. La Belgique vient de gagner sa place vers les quarts de finale. Les autres semblent s’en foutre royalement et ne se laissent pas perturber par la quiétude du spectacle.

Houben va nous réserver bien des surprises. A l’instar de cette reprise pour le moins inattendue du « Pourvu qu'elles soient douces » de Mylène Farmer, dont le clip fait revivre François l'Embrouille en guichetier de la SNCB. Ou encore, cette version d’un titre de France Gall, interprétée en compagnie d’Isadora, venue soutenir vocalement son troubadour.

Il y a l’artiste, mais aussi l’homme. D’une sensibilité à toute épreuve, à l’écoute des autres. Sans tralala, il se dévoile insidieusement au travers l’une ou autre ritournelle ‘On dit que je suis souvent assis dans mes spectacles’ ; il se lève alors, fait deux mètres et… se rassied aussitôt sous les applaudissements hilares…

Enfin, c’est par "Animal", une chanson qui aborde humoristiquement le thème de la soumission sur un tempo des plus accrocheurs, qu’il termine une prestation qui restera à jamais ancrée dans la mémoire collective.

Une belle découverte !

Après une pause d’environ une quinzaine de minutes, histoire d’ingurgiter quelques pintes, le troisième larron prend place. Témé Tan ? Quel drôle de pseudonyme !

Derrière l'avatar aux deux T se cache Tanguy Haesevoets. Filiforme, cheveux hirsutes, dégaine d’ado attardé vs Kev Adam et gueule d’ange, on lui donnerait le bon Dieu sans confession.

Il s’affranchit rapidement au milieu des machines à loops et séquenceurs. D’origine congolaise, TT a grandi entre Kinshasa et Bruxelles.

‘Je suis né à Kinshasa, en République Démocratique du Congo’ clame-t-il tout haut en confessant à la foule les souvenirs liés à son enfance, les balades dans la brousse avec sa famille, et la difficulté de vivre dans un environnement austère.

Des hautes herbes africaines à l’urbanisation massive de nos villes, le chemin parcouru est long. Cette conjonction authentique l’a sans aucun doute transformé en une personne singulière…

Seul sur les planches, il est entouré de machines bizarroïdes, comme si elles émanaient d’un autre monde. Sa voix est angélique. Sa musique foisonne d’influences accumulées au gré de ses nombreux voyages. Multiples et cosmopolites, elles oscillent du hip hop à la dance, en passant par la world brésilienne et congolaise. Et elles mettent en exergue autant ses racines ensoleillées que sa recherche de modernité, en y ajoutant ce soupçon de névrose qui rend son approche si attachante. Enfin, ses compos se savourent comme la bande-son d’une vie arc-en-ciel.

Chargées de contrastes, mais paradoxalement minimalistes, les chansons, certes assez inégales, sont riches en harmonies suaves tout en libérant un groove entêtant…

Dans sa set list, il n’oublie pas d’intégrer « Améthys », la plage d’ouverture de sa digne création, référence au cristal de quartz de teinte violette (NDR : que sa mère lui a offerte dès son plus jeune âge) et qui possède, paraît-il des vertus de concentration et de méditation. A démontrer…

Ou encore son hypnotique « Matiti », sobriquet africain pour désigner des hautes herbes du Congo où enfant il s’amusait à jouer à cache-cache avec ses frères aînés. Signification à double lecture puisque cette ode a été écrite à la gloire d’une grand-mère maintenant partie rejoindre ses ancêtres.

‘Ce sera ma dernière chanson calme’, signale-t-il avant d’embrayer par des rythmes plus relevés provoquant un raz-de-marée de gonzesses venue expressément se tortiller le popotin sur une piste improvisée, face à la stage.

Témé Tan creuse son sillon là où beaucoup se seraient déjà cassés les dents. La fougue de sa jeunesse, sa capacité à se remettre en question et la recherche absolue de la perfection, en font le candidat idéal promis à un bel avenir…

Un parfait antidote à la morosité…

Isadora + Greg Houben + Témé Tan

(Organisation : Mars)