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Wholes passe son chemin…

Wholes (ex-The Van Jets, Hypochristmutreefuzz, Pink Room, Elefant, etc.) a partagé une première chanson torride. Brute, non filtrée et chargée d’émotion. "Till We Don't Meet Again" est une collision de guitares tordues, de rythmes implacables et de voix qui…

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Bernard Dagnies

Bernard Dagnies

vendredi, 31 décembre 2004 01:00

Split the difference

Après avoir commis deux excellents albums (“ Bring it on” en 98 et « Liquid Skin » en 99), Gomez surprenait tout son monde en gravant « In our gun ». En 2000. Une œuvre tout au long de laquelle la formation injectait une dose massive de technologie moderne. Avec plus ou moins de réussite. Des exercices de style qui finalement masquaient un déficit de créativité. Et leur nouvel opus, « Split the difference » confirme cette carence. Il y a bien le sinusoïdal « Silence », réminiscent de Syd Barrett, la pseuso ballade « Sweet Virginia », déchirée entre envolées orchestrales et paysages jazzyfiants, un « Extra special guy » plus Ray Davies que nature, le britpop countryfié « There it was, le sympathique « Me, you and everybody », découpé dans le blues semi acoustique, et puis surtout la remarquable reprise de David ‘Junior’ Kimbrough, « Meet me in the city ». Mais la moitié de l’opus est totalement gangrené par le grunge. De Pearl Jam. Et surtout de Nirvana. On a même droit sur « Nothing is wrong » à du Oasis déshydraté. Bref, pour une formation de la trempe de Gomez, le résultat est à moitié vide plutôt qu’à moitié plein…
vendredi, 31 décembre 2004 01:00

Welcome to the Hiawatha Inn

“Welcome to the Hiawatha Inn” constitue déjà le quatrième opus de ce quatuor issu de Champaign, dans l’Illinois. Une formation fondée sur les cendres du groupe The Suede Chain. Ce qui ne doit pas beaucoup vous aider. Et moi non plus. Brian Krumm en est le chanteur et le lyriciste. Son timbre vocal éraillé, rocailleux, unique en son genre, a été qualifié par le magazine Rolling Stone d’enfant naturel de Tom Waits et d’Axl Rose. Et de cette voix graveleuse, il conte des histoires spirituelles (NDR : qui a dit spiritueuses ?) et dérangeantes qui parlent de cimetières, d’amour, de trahison et de bière (NDR : fameux cocktail !). Pour vous donner une petite idée du style pratiqué par The Great Crusades, imaginez une rencontre entre Disneyland After Dark et Bruce Springsteen, renforcée ponctuellement par la présence de Neil Young, Gallon Drunk, Jayhawks, Leon Redbone, Morphine, Richard Thompson, Tea Party, Nick Cave ou Replacements. Autrement dit du folk/punk/country/blues/rock qui n’exclut aucune influence extérieure. Une instrumentation basique enrichie épisodiquement par un banjo, un violon, un harmonica, un orgue ou un violoncelle. Il en émane une énergie âpre, perturbante entretenue par des guitares torturées, distordues, parfois aux sonorités inhabituelles. Pour enregistrer cet elpee, le combo a notamment reçu le concours de Blaise Barton et de Brian Leach. Respectivement à la console et au mixing. Pas n’importe qui, puisque si le premier s’est forgé une carte de visite en travaillant pour Bob Dylan et Liz Phair, le second possède une solide réputation comme écrivain. Pour la circonstance, cet ami de longue date n’a pas prêté sa plume, mais outre la mise en forme, joué un peu de six cordes, de claviers et de backing vocaux. Un seul raté sur l’opus, « Elizabeth », un slow ringard à la sauce Scorpions. Une exception qui confirme la règle, si vous préférez. Bref, un chouette album qui mériterait un prolongement sur les planches. D’autant que d’après les infos recueillies, leurs prestations scéniques seraient dévastatrices…
vendredi, 31 décembre 2004 01:00

Great lake swimmers

Great Lake Swimmers est avant tout le projet d’un seul homme: Tony Dekker. Un chanteur/compositeur/multi-instrumentiste canadien (NDR : de Toronto, très exactement), dont le premier elpee, éponyme, a été enregistré dans un silo abandonné, près de Port Colborne. Un disque pour lequel il a quand même reçu le concours de l’ingénieur du son Victor Szabo. A l’écoute des chansons de cet opus, on a souvent l’impression d’être couché à la belle étoile, dans un sac de couchage, à contempler les astres. Parce que légèrement teintée par quelques accents de piano, d’accordéon, de lap steel, et même fréquentée par des grillons, la musique de G.L.S. opère une symbiose parfaite entre la voix veloutée, délicate, gémissante, légèrement reverb de Tony, et sa six cordes acoustique, tellement fragile et vulnérable. Quelque part entre folk dépouillé et country alternative, ses chansons exhalent une beauté pure. Une beauté poétique, esthétique, lo fi, hantée par les spectres de Wil Oldham, Gordon Lightfoot, Cowboy Junkies (NDR : les deux premiers albums), un Neil Young ‘unplugged’ ou encore feu Nick Drake...
vendredi, 31 décembre 2004 01:00

The Gris Gris

The Gris Gris est un trio drivé par le jeune Greg Ashley. Chanteur, guitariste et compositeur, ce Texan vit à Oakland, en Californie. Ce qui explique sans doute pourquoi sa section rythmique est issue de la baie de San Francisco. Une chose est sûre, la musique des Gris Gris est influencée par le psychédélisme. Et en particulier par le 16th Floor Elevators de Rocky Erickson. A cause de ce climat spectral, presque vaudou, qui règne tout au long de cet opus. Et « Best regards » qui tressaille et siffle tel un exorcisme en est la plus belle démonstration. Un climat qu’il parvient à entretenir sur les compositions acoustiques ou semi acoustiques. Un peu à la manière d’un Syd Barrett. A l’instar de « Mary #38 » ou de « Medication #3, plages au cours desquelles on a l’impression qu’il vient d’exhumer la guitare de Woodie Guthrie. Du final « Winter weather » également. Un blues countryfié, soutenu de backing vocals falsetto, réminiscent du « Let it bleed » des Stones. Ou encore de la ballade « Me queda um bejou », nonobstant son début plus expérimental. Une face expérimentale qu’il développe sur l’instrumental « Plain Vanilla », un peu dans l’esprit de « More » du Floyd. Ou encore de « Raygun », synthèse de toutes ses références, qu’il sature de feedback. L’opus éponyme laisse bien évidemment une place au garage. « Necessary separation » aurait ainsi pu figurer sur des compiles « Nuggets » aux côtés des Standells. Tout comme « Everytime », un fragment rogné de claviers poussiéreux, caverneux et imprimé sur un tempo tribal. Encore que cette exploration ténébreuse s’achève dans un délire électrique que n’aurait pas renié un certain Erik Braunn, lorsqu’il sévissait chez Iron Butterfly.
vendredi, 31 décembre 2004 01:00

Salt for zombies

Oui cet album est sorti l’an dernier. Et il n’a jamais bénéficié d’une distribution officielle chez nous. Alors pourquoi en parler ? Parce qu’il le mérite tout simplement. « Salt for zombies » est le premier opus studio du mythique groupe garage depuis 13 ans. Il y a bien eu un album ‘live’ (« Lysergic ejaculations ») paru en 1994. Et une compile ainsi que quelques projets parallèles menés par Rudi Protrudi. Mais rien de bien consistant à se mettre sous la dent. C’est donc chose faite avec « Salt for zombies ». Un disque pour lequel il a reçu le concours de James Lowe des Electric Prunes et Sky Saxon des Seeds. En fait, Rudi les a surtout persuadé de revenir à la musique. Dans la foulée, les Seeds se sont d’ailleurs remis à tourner. Et pour rendre hommage à feu son ami Screamin’ Jay Hawkins, entre la plupart des compos, on entend la voix du vieux bluesman, un peu comme s’il se manifestait d’outre-tombe. Sans quoi, partagé entre reprises d’obscurs groupes psyché/garage (We the People, The Plague, Boss Tweads, Shy Guys, etc.) et originaux, le combo nous entraîne dans un tourbillon sonore qui fleure bon les sixties. Guitares bourdonnantes, vibrantes, hammond aux sonorités pourries, groove, section rythmique implacable, drums tribaux, bongos, sitar et j’en passe : tout y est ! Le tout épicé par le baryton profond, sensuel de Rudi. Et si vous souhaitez en savoir davantage, je vous invite à lire la longue interview que Protrudi nous a accordée, il y a quelques mois…
 
vendredi, 31 décembre 2004 01:00

Before the poison

Pour enregistrer “Kissin Time”, son précédent opus, Sister Morphine avait reçu le concours de Beck et de Billy Corgan. Deux ans plus tard, elle nous revient avec « Before the poison ». Son 21ème elpee studio. Mais pour la circonstance, elle a notamment bénéficié de la contribution de Damon Albarn (NDR : le chanteur de Blur !), du compositeur de musiques de film Jon Brion, de PJ Harvey ainsi que de Nick Cave et de ses Bad Seeds. Et le résultat va au-delà de toutes les espérances. Parce que les dix fragments de cet album collent parfaitement à son style vocal empreint de sensibilité, de fièvre, de grâce et de douleur ; une voix nicotinée, monochrome que certains n’ont pas hésité à situer à mi-chemin entre celle de Nico et de Janis Joplin. Une voix hantée, hantant ces textes à la beauté sombre. Une voix qui vous fige, vous glace et vous transperce l’âme. Polly Jean Harvey s’est investie pour cinq plages. Les plus arides, punkysantes, obliques, gothiques et dépouillées. Cave pour trois morceaux. Les plus mélancoliques, ténébreux. Encore que le tempétueux « Desperanto » trempe dans un funk sauvage (Beck ?), pendant que Marianne s’exprime sur un mode presque rap, souligné par des chœurs angéliques (Chumbawamba ?). Et si en finale, l’étonnante berceuse « City of Quartz » évolue au gré des instruments insolites, la meilleure chanson de l’opus demeure « Last song », la composition signée Albarn. Une compo élégiaque, enrichie d’orchestrations somptueuses, au cours de laquelle on entend les doigts glisser sur les cordes de la guitare. A vous flanquer des frissons partout. Un bien bel album !
lundi, 31 décembre 2001 01:00

Minor setbacks

Premier album pour ce trio batave, de Beverwijk très exactement, dont le slowcore marche sur les traces de Idaho, Codeine, Low, Spain ou Slint. Encore que des groupes aussi différents et majeurs que le Floyd circa " More ", le Red House Painters ou encore Yo la Tengo doivent avoir (eu) une influence certaine sur Gardin. De nature atmosphérique, sombre et mélancolique, la musique de ce combo s'épanche sur un tempo lent, très lent parfois même ; ne s'embrasant qu'en de très rares occasions. Mais lorsqu'elle s'embrase, elle libère une intensité électrique véritablement impressionnante. Découpé en 9 fragments, " Minor setbacks " propage une mélancolie douce, moelleuse ; une mélancolie insufflée par des cordes de guitares plaquées ou bringuebalantes, des drums feutrés, des accords de piano (NDR : à queue !) profonds, frémissants, que caresse le timbre vocal chuchoté d'Allan, parfois rejoint dans la confidence par Jessica…

 

mardi, 24 mars 2009 23:04

Cleaning out the ashtrays (sampler)

C’est bien de vider les cendriers, mais il n’y avait que 10 clopes dans le paquet, sur les 59 promises. Bref, si Lloyd Cole vient de sortir un box de 4 cds réunissant démos, flip sides, raretés, inédits et covers (NDR : entre autres de Leonard Cohen, Lou Reed, Kris Kristofferson, Burt Bacharach et Marc Bolan), le sampler se limite à dix titres. Sympa à écouter dans sa voiture, mais insuffisant pour pouvoir se faire une idée exacte du contenu.

mardi, 24 mars 2009 23:03

Battlefield

EZ3kiel est une formation qui nous vient d’outre-Quiévrain. De Tours, très exactement. Et « Battlefield » constitue son second opus. A l’origine, le line up réunissait 5 musiciens. Réduit à un trio, en 1998, le line up est passé à un quatuor depuis l’enregistrement de cet elpee. Si la plupart des médias leur reconnaissent des vertus trip hop épicées de dub et de jungle, ce dernier essai affiche davantage de références indus. Peu de vocaux sur les 11 compos de cette œuvre. Sur « Firedamp », quand même, titre de grindcore chaotique, ils sont déchirés par des cris stridents, sauvages et implacables. Des invités comblent épisodiquement cette lacune. A l’instar de « Spit on the ashes », plage au cours de laquelle, deux musiciens de Narrow Terence apportent leur concours. Et le contraste entre le timbre féminin limpide et masculin éraillé, lugubre, est assez saisissant. Sur « Alignment », également, un morceau de rap ambient, relevé par la présence du Mc de Blue Rum.

Dub, post rock, indus et ambient se partagent l’essentiel du reste de l’album. Deux exceptions qui confirment la règle, la finale tempétueuse « Wagma », qui lorgne même vers le hard rock ; et le cinématique, ‘enniomorriconesque’, « The Wedding », malgré ses cuivres majestueux. Des cuivres qu’on retrouve parsemés ça et là et notamment, sur l’adaptation insolite d’un extrait du Roméo et Juliette de Sergei Prokofiev, « La Danse des Chevaliers ». Intitulée « The Montagues and The Capulets », cette adaptation a bénéficié de la collaboration des musiciens de DAUU. Enfin, meilleur titre de l’elpee, « Break or die » épouse un profil parfaitement indus. Il est même agité de percus tribales, dans l’esprit de Nine Inch Nails. S’il faut avouer que je ne suis pas un grand consommateur de ce style musical, l’ensemble tient la route. On épinglera encore l’identité graphique du combo français, un artwork réalisé par Yann Nguema, leur bassiste…

mardi, 24 mars 2009 10:17

Esprit, es-tu là?

Une interview qui débute face à trois interlocuteurs, et se termine en compagnie du line up au complet, ce n’est pas courant. Et pourtant, il n’a pas fallu plus de 10 minutes pour que l’ensemble du quintet newyorkais décide de participer activement à l’entretien. Des gars extrêmement sympathiques qui, quelques minutes auparavant, avaient terminé un mini-set destiné aux enfants, accordé en fin d’après-midi. Seul souci, en décryptant la bande d’enregistrement, pas toujours facile de reconnaître qui avait pris la parole. Il a donc fallu, parfois, extrapoler. Ah oui, et pour que vous vous y retrouviez, Greg Jamie est le chanteur/guitariste, Gabe Darling le préposé au banjo, Bob Pycior, le violoniste, David Roger-Berry le drummer et Newman, le bassiste…

Question bateau pour commencer, pourquoi avoir choisi un patronyme aussi funèbre ? Rien de bien extraordinaire, puisqu’il s’agit d’une chanson traditionnelle américaine qu’ils interprétaient en studio à leurs débuts. Elle figure d’ailleurs sur leur premier opus, ‘Carl Nemelka Family Photographs’, paru en 2004. Par contre, la mort, on peut dire que le combo a été confronté à cette épreuve, puisque David Rogers-Berry, le drummer a perdu sa fiancée, il y a plus ou moins deux ans, victime d’une rupture d’anévrisme. Le dernier album recèle d’ailleurs une chanson qui lui est consacrée, ‘A light that does not dim’. Qu’ils interprètent même en ‘live’. Mais que ressentent-ils, et en particulier David, lorsqu’ils la jouent en public. Le principal intéressé semble surpris de la question mais n’élude pas le chapitre. « Cela a un effet catharsis. De temps à autre, c’est un bon feeling. A d’autres moments, c’est plus difficile, et j’y pense très fort. Mais quand vous jouez cette chanson tous les soirs, son sens profond finit par vous échapper… » La mort et le sexe sont deux sujets qu’on retrouve régulièrement dans leurs lyrics. Dans son essai poétique, ‘The Lords’, Jim Morrison liait déjà intimement ces deux pôles. Newman admet : « Le sexe et la mort sont probablement les deux pierres angulaires de la vie. L’histoire l’a démontré… » Des lyrics souvent proposés sous la forme de contes, qui parlent de magie de sorcellerie et de spiritisme. Il était donc bon de savoir s’ils étaient inspirés par des légendes pour écrire de telles fables. Ou si elles étaient le fruit de leur imagination. Pourquoi, ils écrivaient de tels récits ? Et enfin, s’ils croyaient à ce qu’ils racontaient. Aux esprits, à la vie après la mort, à un dieu ? Vaste débat ! Ils se regardent tous en se demandant qui va répondre ; mais c’est Gabe qui se jette le premier à l’eau : « Nous sommes les auteurs de ces paraboles. » Et Greg d’embrayer : « La plupart d’entre elles sont inventées de toutes pièces. Mais certaines d’autres possèdent une signification historique. Ce qui nous intéresse, c’est de proposer une autre approche de la mythologie, de créer notre propre imagerie. » Gabe argumente : « L’imagerie est quelque chose d’essentiel. Le langage imagé est plus important que l’image elle-même » Newman s’épanche : « Cependant, le fait de s’intéresser à la sorcellerie et au spiritisme ne veut pas nécessairement dire que nous croyons à la vie après la mort. Les deux thèmes ne sont pas nécessairement liés. Néanmoins, oui, je crois à la magie. D’autant plus que nous avons vécu des événements qu’on ne peut pas expliquer de manière rationnelle ». Bob insiste : « Tu crois que nos esprits se promènent ? » Gabe revient à des propos plus terre-à-terre : « Ce qui nous passionne, c’est ce qui se passe aujourd’hui ; et notamment les problèmes écologiques… » Car, entre les lignes, le groupe cherche à faire passer un message de retour à la nature. Ce qui évidemment me fait penser à la philosophie prônée par les hippies, à la fin des sixties. La question déclenche de grands éclats de rires. Gabe réagit : « Ce n’est pas une philosophie, mais plutôt une frustration par rapport à notre civilisation. Par exemple quand tu analyses le stress éprouvé par la population de New York City ou de L.A., il y a de quoi se poser des questions. La société contemporaine est devenue égoïste. Egocentrique, même. Beaucoup plus que celle des sixties. Et elle n’en a rien à cirer de l’environnement. Or, il est urgent de s’en soucier. D’essayer de le sauvegarder. » Greg insiste : « Nous sommes capables de dépasser nos petits problèmes du train-train quotidien de la vie en groupe. Nous nous intéressons à des valeurs bien plus fondamentales, primordiales même. Nous nous soucions des aspects de la vie qui ne nous sont pas familiers. Comme par exemple les problèmes relatifs à la nature. On est sensibles à ces sujets, auxquels, apparemment, le commun des mortels ( ?!?!) n’a pas le temps de se préoccuper… »

‘Broken hymns limbs and skin’, leur dernier album a été produit par Alex Newport, un personnage dont la carte de visite mentionne des mises en forme d’elpees de Mars Volta, Two Gallants, Rival Schools, Death Cab For Cutie, Me First and the Gimme Gimmes, At the Drive-In, The Melvins, Sepultura ou encore System Of A Down. Envisagent-ils de collaborer à nouveau avec lui, pour le prochain opus ? Newman réagit immédiatement : « Non. Parce qu’on ne peut plus se le permettre. C’est un cher client. Et pourquoi on l’avait quand même engagé ? C’est parce qu’il avait accepté de baisser ses prix. Même que c’était encore trop onéreux. Finalement, c’est notre label qui s’est chargé de régler la différence. Bien sûr il est un excellent ingénieur du son autant que très bon producteur, mais ce n’est pas sur notre dos qu’il se fera de l’argent. » Gabe a son avis personnel sur le sujet : « En fait, je pense qu’il est plus judicieux de bosser, pour chaque disque, en compagnie de producteurs différents, car ils apportent à chaque fois des perspectives d’enregistrement différentes. » Newman ajoute : « Heureusement, cet album a été réalisé en deux temps trois mouvements. En fait, les morceaux étaient rôdés depuis au moins deux ans. Et Newport a mis trois jours pour tout ficeler. » Gabe enchaîne : « Mais pour le prochain album, on va y consacrer plus de temps ». De nouvelles chansons ont-elles déjà été écrites ? Greg confie : « On vient d’en composer une nouvelle » Pour un nouveau 7 inches ? Probablement, puisqu’apparemment le groupe a l’intention de sortir davantage de disques sous ce format. Gabe nuance : « Il faudra voir. Nous avons déjà concocté des covers qui sont parues en single » Newman explique : « Effectivement, on a enregistré une chanson à Hambourg. Elle est destinée à un 7 inches. Nous étions en congé… » Bob lui coupe la parole : « Il faut être fou pour passer toute la journée dans un studio… » Mais quelle est la part d’improvisation dans le répertoire de O’Death ? Bob reprend le crachoir : « On n’improvise pas tout le temps. Maintenant, il arrive qu’une chanson naisse d’une session d’impro. » Greg confirme : « Quoiqu’il arrive, il y a toujours de l’impro. Mais il faut un élément déclencheur. Alors l’inspiration nous tombe du ciel. » Newman a sa propre idée sur le sujet : « Ce phénomène arrive surtout sur scène. Pas comme lors d’une session de jazz. Mais parce qu’on bondit, fait des cabrioles, se bouscule, balance des vannes… C’est aussi de l’impro. » Gabe poursuit : « Une même chanson est jouée des centaines et des centaines de fois, et donc inévitablement, lorsqu’on la maîtrise parfaitement, on est capable de l’interpréter différemment. » Bob intervient : « On peut y mettre davantage d’effets de violon, de reverb… » Greg donne un point de vue plus pointu : « Mon impro se focalise davantage sur les lyrics. Notamment, quand je formule des paroles différentes de celles du texte original. C’est un peu comme je le sens. » Impro ou pas, David est lui très intéressé par les percussions insolites, à l’instar de Meric Long et Logan Kroeber des Dodos. « J’ai toujours aimé collectionner ce type de matos. J’en fabrique également. Mais je vis dans une maison trop petite pour pouvoir entasser tout ces instruments. Au cours des huit dernières années, j’ai déménagé au moins une fois par an. Et chaque fois, mon domicile est encombré d’un tas de brol. Il me faudrait davantage d’espace pour pouvoir entreposer tout ce que j’acquiers. Un jour j’aurais un studio. Et je pourrais y mettre au moins douze pianos. »

La musique d’O’Death n’est pas vierge d’influences. Violent Femmes, Gogol Bordello et les Pogues, semblent, à mes oreilles, les plus évidentes. A voir maintenant si le groupe partage cet avis. Gabe reconnaît : « Il est sûr que nous sommes très enthousiastes quand on nous parle de ces trois groupes. Ils jouent du folk dans le meilleur sens du terme. D’une manière énergique. » Newman confirme : « Indéniablement, on est influencé par ce type de rock folk énergique, dynamique, rapide, souple, efficace. Et puis on ne nie pas avoir été marqués par des groupes de pré-heavy métal. Peut-être même plus proches du punk que du métal. En fait, ce qui nous botte, c’est l’énergie qu’ils libèrent. On aime ainsi autant Black Sabbath que les Ramones. » O’Death puise aussi ses sources dans la musique gothique et appalache. Un peu comme 16th Horsepower ou Wovenhand. Gabe commente : « J’ai rencontré David Eugene Edwards récemment. En fait, ce sont nos racines qui sont proches. Celles héritées de la tradition. Du gospel aussi. Quand tu es jeune, tu as une approche académique de la musique. Mais au fil du temps, tu construis ton propre style et tu dépasses tes propres influences. Tom Waits est également un personnage qui me fascine. A cause de sa manière d’intégrer différents styles et différentes époques dans sa muse ». Pour en rester aux références, le quintet new-yorkais apprécie tout autant Outkast que John Fahey. Explications confirmées par Newman. « Absolument, parce que l’ex-rappeur de Wu-Tang Klan est quelqu’un qui a marqué le hip hop. Mais c’était il y a cinq ans. Aujourd’hui, ce style musical est devenu insipide. Quant à Fahey, je ne sais pas où tu es allé chercher tes infos. Fallait gratter pour le savoir. Il s’agit d’une de nos influences les plus obscures. En fait, nous sommes intéressés par l’approche scientifique de sa musique… »

Merci à Vincent Devos