La première ébauche de Beguiling Junior

Le mystérieux duo Beguiling Junior, formé par Kaya Wilkins (Okay Kaya) et Oli Burslem (YAK), s'apprête à dévoiler son tout premier elpee intitulé « First Cut ». Attendu pour le 2 octobre 2026, ce disque marque la naissance officielle d'une collaboration aussi…

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Aucun remboursement de prévu pour les Lambrini Girls

Le duo punk Lambrini Girls sortira son deuxième album, « No Refunds », le 15 janvier 2027 chez City Slang. En attendant, il a partagé un tout nouveau single, « Bang Bang Bang », accompagné d’un clip vidéo. Successeur de leur premier elpee, « Who Let The Dogs…

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Chroniques

Buzzcocks

30

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Pour fêter le 30ème anniversaire de leur carrière, les Buzzcocks ont décidé de sortir un album réunissant la quintessence de leur œuvre. Sans les morceaux impliquant Howard Devoto. C'est-à-dire composés à leurs tout débuts. Sans quoi, la plupart des chansons y figurent ; et en particulier celles qui ont récolté le plus de succès (les singles) mais aussi les plus emblématiques (extraits d’Eps ou d’elpees). Dont les inévitables « What do I get », « I don’t mind », « No reply », « Even fallen in love (with someone you shouldn’t’ve) », « Love you more », « Hollow inside », « Orgasm addict », etc. Le tout complété par sept titres plus récents. Vingt-huit en tout ! Pourquoi pas 30 ?

Malheureusement, ces versions ont été enregistrés ‘live’. Au forum de Londres. Et la bande à Pete Shelley et Steve Diggle a beau faire tous les efforts possibles et imaginables pour communiquer son enthousiasme et son énergie, le son est pourri. Or quand on sait toute l’importance dévolue aux vocaux, chez les Buzzcocks, on a le droit d’être déçus. Passe encore s’il avait été immortalisé à la mi-sixties, à l’époque où ils étaient les seuls punk de Manchester avec The Fall. Mais, là, le concert s’est déroulé en 2007. Et 78 minutes de bouillie sonore sur une chaîne hi-fi, c’est dur à digérer…

Pop Levi

Never Never Love

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Manifestement, Pop Levi est un des artistes dont la faculté de reconversion est la plus étonnante. Après avoir effectué ses premier pas au sein de la formation psychédélique Supernumeri, il séjourne chez le combo électro Ladytron. Mais finalement, il opte pour une carrière en solitaire. Signé par Nija Tunes, il sort alors son premier opus, « The Return to Form Black Magic Party ». Il devient une priorité pour l’écurie ; et celle-ci décide même de lui réserver une subdivision : Counter. Une manière de laisser à l’Anglais, carte blanche.

Transformé en électronicien psyché, le personnage nous livre sa seconde galette. Intitulée « Never Never Love » cette œuvre est superbement orchestrée. Le Londonien revisite l’univers d’un T Rex qui aurait été contaminé par le dancefloor. A moins que ce ne soit celui d’un Sebastien Tellier. Mais adapté au profil insulaire. Surtout pour la barbe. Mais également la succession de sonorités kitchs. Un opus dynamique et explosif, au cours duquel l’artiste s’est complètement lâché. Possible également qu’il ait cherché à impressionner les cadres du label, afin de conserver son statut de chouchou chez Counter ! Et si c’était son objectif, il est atteint ! Vous adorez les bidouillages électroniques, un zeste de rock’n roll et la batterie qui claque. Pas de problème, vous allez remuer la tête ! Un reproche quand même, Pop Levi use (magistralement cependant), mais aussi parfois abuse du vocodeur. 

Titre décapant, « Wannamama » déboule sur une rythmique frénétique tout en libérant une bonne dose d’énergie. Une énergie omniprésente tout au long de l’elpee. « Never Never Love » démontre que le stage passé chez Ladytron n’a pas été inutile ! Si les treize pistes de l’opus font la part belle aux claviers et aux beats irrésistibles, le plus grand mérite de Pop Levi est d’être parvenu à concocter une solution sonore susceptible de nous surprendre à tout instant. Et vu son potentiel créatif, il faut s’attendre, dans le futur, à de nouvelles surprises. Enfin, c’est ce que laisse entrevoir l’album de cet artiste talentueux. Et il en est capable, j’en suis convaincu !

My Sleeping Karma

My Sleeping Karma

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Ils sont Allemands, mais cela ne s’entend pas. Ils sont quatre, mais on dirait qu’ils sont beaucoup plus. Dépourvu de toute voix humaine, le premier album de My Sleeping Karma nous transporte dans une dimension parallèle, là où les émotions psychédéliques peuvent s’exprimer librement et à l’abri de tout qu’en-dira-t-on. Tout au long d’une excursion en six étapes, l’ancestrale combinaison guitare-basse-batterie-claviers (c’est ce dernier qui nous fait croire qu’ils sont nombreux…) fait des merveilles et ravive en nous une sorte de flamme que l’on croyait éteinte. Les accords sont limpides, les rythmes évitent soigneusement de vouloir rendre hommage au psychédélisme d’antan (celui d’Hawkwind, par exemple) et les instruments s’accordent audacieusement afin de ne pas perturber notre… karma.

D’accord, parfois, les fans du genre s’irriteront lorsque les gaillards stoppent brusquement leur élan quand on voudrait que le climat dégénère. Et, d’accord, à un moment ou à un autre, on a l’impression que les sons se répètent trop souvent sur un même morceau. Mais ces héritiers de The Great Escape n’ont pas à rougir de ces légères faiblesses, tant on se pâme devant la qualité de compositions vaporeuses, soyeuses, parfois dures mais jamais brutales. Et puis, après tout, que demander à un groupe ainsi baptisé, si ce n’est de nous surprendre en jouant les marchands de sable lunatiques ? 

 


Robson Fernandes

Gumbo blues

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Ce jeune chanteur/harmoniciste/compositeur avait concocté un premier album en 2002 : "Sampa bluers". Un elpee sur lequel figurait notamment la reprise du "Blues in the dark" de George ‘Harmonica’ Smith. « Gumbo blues » constitue son second. Il a été produit par Chico Blues et recèle dix compositions personnelles ainsi que deux covers.

L'album démarre en puissance et dans un style jump par "Sweet young thing". L'introduction à l'harmo est aussi réaliste que brutale. Robson est ici soutenu par le Igor Prado Band. Igor est impérial sur les cordes. Il se montre à  la hauteur des grands maîtres californiens. Son frère Yuri siège à la batterie et Rodrigo Joffre se charge de la basse. Robson possède également une bonne voix. Profonde, puissante et caractérisée par un accent sudiste, elle colle parfaitement à son répertoire. Pourtant ce sont les plages instrumentales qui dominent cet opus. Interprété sous la forme du quartet, "L.W Boogie" maintient l’excellent niveau de départ. La section rythmique est solide et permet aux deux solistes de s’exprimer en toute quiétude. Les sonorités entretenues par Robson sont originales. Très explosives, elles sont souvent proche du regretté William Clarke. "I can't have the truth" maintient la pression. Le backing group est cependant différent. Marcos Ottaviano se réserve les six cordes. Sa tonalité est davantage blues rock, plus dure. Il manipule beaucoup les pédales. Mais la surprise procède plutôt de Bogato. Un tromboniste dont l’attaque est à la fois étonnante, vibrante et surtout très intéressante. Le choix de la première reprise a été fixé sur le fameux "Sugar Mama", un morceau popularisé par Howlin' Wolf. Le traitement est sans surprise. Robson emprunte un timbre plus grave de manière à vaguement rappeler celui du géant de Chicago. Tout au long de ce slow blues très Southside, l’harmonica est omniprésent et les cordes de Prado sont sur l’offensive. Les mêmes acteurs demeurent à Chicago pour adapter le "Have you ever been in love" de Sonny Boy Williamson II. Le son est distinct et très caractéristique de Sonny Boy. Il lui colle comme un gant. L'attaque en bouche de l'harmo est saisissante. "In your face" s’attaque au funk, mais dans l’esprit de Memphis Blues. Claviériste brésilien notoire, Flavio Naves se charge de l'orgue Hammond. Le trombone savant de Bocato opère son retour lors de cet instrumental très participatif et dansant. Merveilleux shuffle, "Man of devotion" se mue en rouleau compresseur. Tout passe en force, même la voix et la section rythmique du Prado Band. Robson continue à souffler. Il a les poumons au maximum de leur capacité. Le son est en permanence proche de la saturation. C'est incontestablement la touche personnelle de l'artiste brésilien. Igor ne reste pas longtemps en rade avant de s'évader. Et lui aussi force la voie.  "Mellow boogie" est un instrumental dévastateur. Les quatre musiciens sont passés à l'offensive. Imprimé sur un tempo vif, "Silver spoon" est un blues façon BB King ; cependant, le gratteur Ottaviano et ses comparses ne possèdent pas la légèreté et le sens du rythme de la bande à Prado. "Forgive me" convient davantage à cette équipe. Un slow blues à l'intensité dramatique. Le décor sonore est pourtant assez lourd ; mais l'orgue Hammond de Naves rencontre les aspirations profondes de Fernandes. "Don't wanna loose your mind" marque le retour au west coast swing. Igor Prado est au sommet de son art. Il soutient son ami Robson aux vocaux. De très bonne facture, cet elpee s’achève par "SP Groove", une plage caractérisée par un exercice de voltige sur l'harmo et un fort intéressant travail sur l'orgue B3 opéré par Flavio Naves (NDR : ce musicien est également responsable de "Bluesamba", un album concocté en compagnie du guitariste Lancaster)…  

Omar Kent Dykes and Jimmie Vaughan

On the Jimmy Reed Highway

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Quel plaisir de retrouver ces deux stars texanes (NDR : d’Austin, très exactement !) se produire en duo! Omar, le leader des Howlers, est depuis toujours un admirateur de feu Jimmy Reed. Epileptique et ravagé par l’alcool, il est disparu en 1976, après avoir rencontré un énorme succès commercial. L'idée de rendre hommage à cet artiste revient à Omar ; mais un autre fan du vieux bluesman, Jimmie Vaughan, a eu vent du projet et a proposé sa collaboration. Omar Dykes s'est réservé les parties vocales et ne joue que fort peu des cordes tandis que Jimmie prend les parties de guitare à son compte. Nos deux stars sont donc entrées en studio en compagnie de Derek O'Brien (NDR : il assure aussi la production) à la guitare rythmique, Ronnie James à la basse ainsi que Wes Starr aux drums. Des sessions d’enregistrements au cours desquelles quelques invités de taille ont pointé le bout du nez… Entre les plages d'ouverture et de clôture écrites par Omar, le répertoire de Reed est ainsi mis à l'honneur.

Histoire de prendre la route, Omar nous invite sur la "Jimmy Reed Highway". Des références claires au bluesman et à ses chansons les plus connues. Il chante de sa voix surpuissante et ravagée, bientôt rejointe par la sulfureuse Lou Ann Barton, une copine de longue date de la famille Vaughan. Jimmie échauffe déjà ses cordes en ce début de périple. La perspective ‘reedienne’ peut ainsi commencer à être privilégiée. Tout d’abord à travers un medley des célèbres "Baby what you want me to do" et "Bright lights big cities". Kim Wilson est à l'harmonica. La paire mythique des T-Birds, Jimmie et Kim, est réunie et bien en place. Omar et Jimmie chantent en duo. La rythmique implacable redessine les lignes de style immortalisées par Reed. Kim est toujours au poste pour "Big boss man" et le superbe "Good lover". Adaptée en shuffle texan, cette plage est introduite par la voix de Lou Ann. Elle cède ensuite le relais à celle, rocailleuse, d'Omar. Aux drums siège une autre ancien de la bande d'Austin : le métronomique George Rains. Sobre et respectueux, Jimmie ne dispense que les notes nécessaires. Le ténébreux James Cotton prend le relais à l'harmonica lors du langoureux "Caress me baby". L'ancien compagnon de Muddy Waters se sent bien dans ce contexte désespéré et souffle dans le registre des aigus. Omar et Jimmie chantent en duo un extraordinaire "Aw shucks, hush your mouth". La voix graveleuse de l'un et frêle de l'autre se conjuguent à merveille. Toujours très parcimonieuses, les cordes de Vaughan évoluent parfaitement dans l'esprit de ce blues des fifties. Kim Wilson revient une dernière fois pour attaquer "You upset my mind", un morceau chanté en couple par Omar et Lou Ann. Cette atmosphère ‘reedienne’ est excellente et permet à Vaughan mettre en exergue son talent. Omar chante passionnément et respectueusement "I'll chante my style", un blues imprimé sur le tempo des swamps ; et le sublime "Bad boy", une compo signée Eddie Taylor qui était le gratteur de Jimmy Reed. "Hush hush" est un autre grand moment de l’opus. Il est chanté alternativement par Delbert McClinton et Omar Dykes. Les deux voix semblent possédées. Un vif sentiment de vécu nous étreint. Delbert souffle dans son harmonica à la manière de Reed. En fin de parcours, deux plages ne bénéficient pas de la présence de Jimmie Vaughan. Omar chante et gratte tout au long de "Baby what's wrong" et de son "You made me lough". Barry Bihm tient la basse alors que les drums sont successivement dévolus à Jay Moeller (NDR : il milite actuellement chez T-Bird) et Jake Dykes (NDR : probablement le fils d’Omar!) Sur ces deux plages, figurent le regretté et talentueux Gary Primich. C’était l’harmoniciste préféré d’Omar Dykes. Son intervention nous remplit d’émotion. Son style personnel complète ici la fresque Reed. Il couronne cet excellent elpee souvenir, d’une dernière intervention de haute facture…

Baloji

Hotel Impala

Écrit par

Ancien membre de Starflam, Baloji a décidé de raconter son parcours personnel sur ce premier album solo. Un disque baptisé du nom de l’hôtel géré par son père à Lumumbashi, avant que l’établissement ne soit mis à sac lors des guerres ethniques au Katanga. C’est le point de départ de cette histoire qui nous est contée chronologiquement sur « Hotel Impala ». De « Ceci ne nous rendra pas le Congo » à l’arrivée en Belgique (« Ostende transit ») en passant par de multiples vicissitudes (difficultés d’adaptation, délinquance, menaces d’expulsion, musique), notre homme passe en revue une vie pas toujours facile, sur un ton toujours sincère et juste.

Les paroles sont importantes mais un soin particulier a été accordé à la musique. Baloji a réuni une sacrée équipe pour produire des morceaux de toute grande qualité. Un casting qui ressemble à un ‘who’s who’ de la musique belge : Peter Lesage, Manou Gallo, Marc Moulin, Gabriel Rios, Das Pop (Reinhard Vanbergen et Niek Meul), Noza (Festen, Autumn), Infinitskills, Charlotte Maison (Soldout), the Glimmers et Amp Fiddler (qui n’est pas belge). Une quantité de talents responsable d’authentiques tueries flirtant alternativement avec la soul, le funk psychédélique, le reggae et même l’électro lors du triptyque « Liège Bruxelles Gand ». En bref, un tout grand disque qu’on vous conseille chaudement.

Pour voir le clip de « Coup de gaz » : http://www.youtube.com/watch?v=P5LLiz65zNQ

The Sugar Plum Fairy pr.

The Sugar Plum Fairy

Écrit par

Pour leur premier tour de manège, The Sugar Plum Fairy pr. frappe fort. Un trio constitué de deux multi-instrumentistes : Aurelien Jouannet et Sylvain Joubert, ainsi que de Nathalie Villeaud préposée aux montages vidéo. Dès les premières notes de piano, la musique nous place sous hypnose et nous emmène dans un de ces voyages dont on ne souhaite pas revenir. Les sentiments s’entremêlent à l'écoute de "Picture", le morceau d’ouverture. L’angoisse, la sérénité, l’urgence et l’apaisement -entre autres- alimentent leurs compositions parfois un peu monotones mais toujours inspirées. La voix d’Aurélien Jouannet est émouvante, vibrante et majestueuse. Ajoutez-y des combinaisons de piano bien senties, une basse et un violoncelle susceptibles de vous communiquer des frissons, et vous pouvez nagez librement en eaux troubles, lagune traversée à des époques diverses par Radiohead, Nick Cave voire même Ghinzu. L’équation pop electro imaginée par The Sugar Plum Fairy pr est même réussie. De cette expérience, on en sort perturbé, encore marqué par les âmes mortes naviguant le long de plages comme « Hypnotized », « Blind » ou encore « Memory of an accident ». Un premier album à l’image de la jaquette, planant et déconcertant de finesse.

 

 



Alias

Collected Remixes

Écrit par

Le grand et prolifique Brendon Whitney, alias Alias (!), prêtre de l’Abstract Hip Hop made in Anticon, commet une petite entrave à son rythme de croisière, c’et à dire la moyenne d’un album par an. En 2007, l’homme ne propose en effet aucun album solo ou soumis à collaboration si ce n’est ce « Collected Remixes », recueil réunissant, comme son nom l’indique, une sélection de 11 morceaux triturés, bidouillés, transformés, malmenés par le bonhomme. On aurait donc aisément pu crier au scandale si le talentueux Whitney n’avait pas pris le soin de choisir méticuleusement quelques unes de ses meilleures commandes, ordonnées à l’origine par des artistes et des formations telles que Lali Puna (« Alienation »), 13&God (« Into The Trees »), John Vanderslice (« Exodus Damages »), Christ. (« Marsh of Epidemics ») ou encore les outsiders du post-rock Giardini Di Miro (« Given Ground »). Une jolie petite galette donc, mais pas assez consistante pour étancher notre soif d’innovation. Réservé aux inconditionnels.