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Chroniques

FACS

Still life in decay

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A l’issue de l’enregistrement de ce « Still life in decay », la bassiste, Alianna Kalaba, a cordialement pris congé du groupe. Elle laisse la place à Jonathan van Herik, membre fondateur, de retour au sein du line up. En espérant que cette ligne de basse fuzzée très caractéristique soit préservée. Car tout au long de « Still life in decay », le cinquième elpee de Facs, c’est elle qui donne la coloration à l’expression sonore.

Découpé en 7 pistes, cet opus s’ouvre par « Constellation ». Fantomatiques, les sonorités de guitare apparaissent puis disparaissent au sein d’un climat angoissant. Ces sonorités oscillent entre le cosmique et la noisy venimeuse sur « When you say ». Et sont dispensées en boucle tout au long de « Slogan », alors que le vocal de Brian Case devient incantatoire.

Légèrement indus et menaçant, s’achevant dans une forme d’ambient, « Class spectre » est imprimé sur un tempo implacable, martial. Une structure que l’on retrouve sur le morceau final « New flag », une plage de 10’ déchirée épisodiquement de stridulations émises par la six cordes. Plus lent et méthodique, le titre maître s’achève également dans l’ambient…

Côté lyrics, Case aborde les thèmes de la démission, du cynisme, de la lutte des classes (NDR : dont le marxisme), la recherche d’identité et la perception d’une société devenue décadente…

En Attendant Ana

Principia

Écrit par

Troisième long playing pour cette formation parisienne au sein de laquelle l’ancien ingénieur du son, Vincent Hivert, est passé à la basse, depuis 2020, remplaçant ainsi Antoine Vaugelade. Et il faut avouer que ses interventions se révèlent particulièrement judicieuses, quelquefois caoutchouteuses, apportant très souvent un contrepoint aux mélodies des compos. 

Tout au long des 11 plages de cet opus, les arrangements sont soignés, parfois subtilement cuivrés. Hormis sur « Same old story » au cours de laquelle ils virent carrément mais élégamment au free jazz. Une piste aux harmonies vocales féminines qui s’entrecroisent en français et en anglais. Un régal ! Alors que « To the crush » adopte le profil d’une valse, « Wonder » est imprimé sur un tempo krautrock enlevé.

On en oublierait presque la voix de Margaux Bouchaudon (NDR : c’est aussi la compositrice) toujours aussi pure, sorte d’hybride entre celle de Laetitia Sadier (Stereolab) et de Verity Susman (Electralane), dont les groupes constituent des références majeures pour En Attendant Ana. Et si les sonorités des guitares sont toujours aussi cristallines, elle se fondent davantage dans un ensemble bien moins shoegaze que sur les albums précédents…

An Eagle In Your Mind

Intersection

Écrit par

« Intersection » constitue le troisième elpee d’An Eagle In Your Mind, un duo lyonnais réunissant Sophia Acchibat et Raoul Canivet. Elle se consacre au chant et à l’harmonium indien. Il se réserve le synthé, les guitares (dont une de marque dreadnought), le banjo, le guembri (instrument de musique à cordes pincées des Gnaouas) ainsi que les percus (berbères, brésiliennes, analogiques et la boîte à rythmes). Les instrus insolites ont été ramenés lors de leurs voyages, effectués notamment en Europe de l’Est et en Afrique du Nord.  

Hypnotique, introspective, presque mystique, la musique d’An Eagle In Your Mind navigue à l’« Intersection » de l’Orient et de l’Occident, soit quelque part entre celles de Dead Can Dance, Natacha Atlas et de Lola Colt, la voix spectrale, éthérée de Sophia accentuant cette impression…

Marquis (de Sade)

Konstanz

Écrit par

Au cours de sa brève existence, (1977-1981) Marquis de Sade a vécu de nombreuses tensions internes, différents qui ont conduit à la séparation, quatre ans et deux elpees plus tard. Il se reforme en 2017, puis décide de sortir un troisième opus. Mais alors que le projet est bien avancé, Philippe Pascal, le chanteur charismatique, se donne la mort le 12 septembre 2019. Le temps d’encaisser le coup et puis de décider si l’aventure va reprendre ou pas, le groupe recrute le Belge Simon Mahieu pour le suppléer, après avoir fait le tour de quelques invités comme Etienne Daho, feu Dominic Sonic et Christian Dargelos. Finalement, l’album sort en mars 2021. Pour la circonstance, Frank Darcel, le compositeur/guitariste avait accordé une interview à Musiczine (à lire ou à relire ici)

Alors que le nouveau line up semble stable, le bassiste historique du band, Thierry Alexandre commence à souffrir d’une maladie des mains et perd sa dextérité sur les cordes. Or, l’enregistrement du nouvel LP est en cours. Le reptilien et menaçant « Brighter » vient alors d’être mis en boîte. Pour pallier cette nouvelle défection, le combo est obligé de faire appel à plusieurs substituts. Cinq en tout ! Dont l’ex-Marc Seberg, ex-Kas Product, Pierre Corneau, et Jared Mickael Nickerson (The The). Mais la liste des invités ne s’est pas arrêtée en si bon chemin, puisque Vernon Reid (Living Colour) est venu donner un bon coup de six cordes sur « Er Maez », et l’ex-Voidoids Ivan Julian, sur « Listen to the big bang », auquel participe Denis Bortek (Jad Wio) au chant et James Stewart (Sun Ra Arkestra) au saxophone. Et parmi les autres guests préposés à ces instruments à vent, figurent Pierrick Pédron et Daniel Pabœuf. Sans oublier le claviériste Adriano Cominotto et le trompettiste Mac Gollehon. On en oublierait presque la chanteuse Eli Madeiros qui partage un duo avec Simon tout au long de « In the mood for love », un morceau traversé de sonorités de guitare tintinnabulantes. Bref, une vingtaine de musicos ont participé aux sessions d’enregistrement.

De ce long playing, on épinglera encore « Immensité de la jeunesse », piste au refrain contagieux, dont les lyrics évoquent la révolte des femmes en Iran. Et encore « Aux premiers feux », une ballade brumeuse qui réveille les spectres d’un passé qu’on regrette sans doute encore un peu…

Bref, un album qui tient la route, dont le titre se réfère à Constance, une ville allemande sise entre la frontière de l’Autriche et de la Suisse où Balzac, Thomas Mann, Herman Hesse, Peter Handle et quelques autres sont allés chercher l’inspiration pour écrire.

Petit bémol, la voix de Simon (qui chante pourtant aussi bien en anglais, en français, en breton qu’en allemand) ne parvient pas à transcender les morceaux et n’atteint sa plénitude que lors des duos.

Josy & The Pony

Hyponyme deluxe

Écrit par

C’est Fan(n)y Gillard, présentatrice sur Radio 21, qui va donc remplacer Josette aux vocaux, au sein de Josy & The Pony. Encore que sur l’enlevé « Secte équestre », elles chantent en duo. La moitié des compos qui figurent sur cet « Hyponyme deluxe » sont de nouvelles versions d’anciens titres. Mais il recèle également 4 inédits. Sans quoi, l’esprit n’a pas changé. On y retrouve ces références hippiques, sous forme de jeux de mots, ces sous-entendu lubriques (sur le morceau final, « Barbara Âne – Trot slow II », on entend, en fin de morceau, un mec crier ‘A poil’ ; mais en fait ce serait lié à l’interdiction de balancer cette impertinence lors des concerts, en mettant un terme à l’histoire de « Jean-Roger », le skette-braguette de l’hiver dernier), cette autodérision et cet humour décalé ; et puis ce climat sixties entretenu par la guitare surf et le clavier rogné, réminiscent d’Inspiral Carpets. Sans oublier les références aux femmes qui ont chanté pour Gainsbourg (Bardot, France Gall, etc.) et quelques sonorités électroniques pour rester dans l’air du temps… Une valse quand même (« Jean-Roger – Trot slow ») et puis « Canassonic = Panic » qui nous rappelle les B52’s ; même que la voix masculine emprunte les intonations de Fred Schneider…

Big Brave

Nature morte

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Quand on parle de « Nature morte », on pense immédiatement à des peintures sur huile représentant des éléments inanimés (aliments, gibiers, fruits, fleurs, objets divers...) disposés très souvent dans une intention symbolique. A traves « Nature Morte », le trio montréalais a voulu nous sensibiliser à l’effondrement écologique, aux objets inanimés et à la mort.

La disparition de l’espoir, les conséquences sans fin des traumatismes vécus par les humains ainsi que l’oppression du genre féminin sous toutes ses formes sont évoquées par Robin Wattie tout au long de cet LP.

Les six plages de cet opus ne sont pas faciles à assimiler. D’abord, à cause de la voix de Robin : tour à tour criarde, écorchée, hantée ou comparable à un feulement. Parfois fragile ou délicate, quand même. Et puis l’ambiance y est constamment claustrophobe.

Produit par Seth Manchester (Battles, The Body), le climat anxiogène de « Nature morte » se nourrit de sonorités de guitares volcaniques, dissonantes, grondantes, chargées de larsens ou de drones distordus, du drumming minimaliste, mais aussi parfois de langueurs ténébreuses voire contemplatives. Pas de basse, cependant ! Et le tout est lacéré par les interventions vocales de Robin, dont les inflexions sont quelquefois susceptibles de rappeler celles de Björk. En bref, on ne peut pas dire que l’ambiance est à la joie !

Seul instrumental, « My hope renders me a fool » frôle l’univers de Godspeed You ! Black Emperor, autre band montréalais. Et la première partie de « The fable of subjugation » évoque une prière bouddhiste, avant de virer à la noisy âpre et dramatique…

Outed

Ondes De Gravité

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Originaire de Strasbourg, Outed est un couple sur scène comme à la ville. Il réunit Noémie Chevaux et Fred Tavernier. Ils puisent leur inspiration dans la musique qu’écoutaient leurs parents ; en l’occurrence celles des Shadows, des Rolling Stones, d’Eddy Cochran, d’Elvis Presley, de Barbara, d’Higelin, des opérettes, du classique et des Yéyés.

Découpé en 11 plages, l’opus s’ouvre par « A l’Envers », un morceau de pop sautillante éclairée par des paroles lumineuses : ‘Nos corps nus attirés par la lumière. Bercés par un chant familier. Pour un premier voyage en solitaire. Avec champagne à l’arrivée’. Des kalimbas africains (un genre de piano à pouces) enrichissent la piste dont les textes évoquent un retour aux sources et aux origines de l’humanité sur les terres africaines.

Entre ballades pop, morceaux plus électro ou pop-rock énergiques imaginés pour la scène, l’elpee révèle une approche riche et variée du duo. Enfin, pas tout à fait, car lors des sessions, il a reçu le concours de Franck Bedez à la basse, Cédric Macchi à la batterie, David Linderer aux claviers ainsi que Sébastien Hoog aux guitares et à la réalisation.

Ecrits à 4 mains, les textes conservent le style initié dans le premier album « La Matrice Du Chaos ». Et ils alimentent des chansons à leur image : sincères, libres, en clair-obscur qui reflètent les moments de joie, de névroses, d’amour, de délires de peurs, de colères et d’engagements. Mais qui peuvent soulever des questions existentielles avec légèreté et humour ou se transformer en véritable pamphlets caustiques. Plus sombres, ils enfoncent le clou sur un monde chaotique. Il y a même des poèmes mis en musique. Selon Fred et Noémie, cet LP est également une cellule d’observation en milieu psychiatrique.

Sautillant, caractérisé par sa pop électronique légèrement vintage, « Ephémère » est taillé pour le dancefloor.

« Vie tranquille », c’est le nouveau single qui a précédé la sortie du second long playing.

L’amour est éternel sur « Refaites-Moi » : ‘Faites de moi. Le plus bel Apollon, la nouvelle Aphrodite. Un modèle du genre qui vous excite. Je veux être l’objet de tous vos désirs.’

Et parfois les spectres de Daho, des Innocents, de Gainsbourg voire de Gainsbarre se mettent à rôder…

The New Death Cult

Supernatural

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The New Death Cult n’est pas un nouveau dérivé du patronyme du groupe britannique The Southern Death Cult, ni de (Death) Cult, mais une formation norvégienne responsable de deux albums à ce jour. Et « Supernatural » constitue son second. Ses sources d’inspiration ? A Perfect Circle, Biffy Clyro, Feeder, Queens of The Stone Age et Muse. Bref, essentiellement des formations nées au cours des nineties.

Il y a du groove, de l’énergie, un peu d’emphase, des changements de tempo et surtout des riffs de guitare granuleux, explosifs ou par giclées, parfois à la limite du métal voire du grunge. La voix tout comme les harmonies vocales sont à la fois raffinées et limpides et le sens mélodique soigné. Dommage que plusieurs compos semblent sorties d’un même moule, notamment en seconde partie de l’elpee.

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