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Le fossé à franchir par Snake Mountain Revival

« The Divide », le nouvel album du trio psychédélique indépendant américain Snake Mountain Revival, sortira le 23 octobre prochain. Formé sur la côte de Virginie à l’été 2017, Snake Mountain Revival est né de la rencontre entre des univers musicaux très…

Enregistré sous Ex:Re

Elena Tonra rompt le silence de son projet solo Ex:Re. La voix du combo indie-folk…

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Gary Numan
L7
Chroniques

Flying Moon in Space

ZWEI

Écrit par

Sur son premier elpee (un éponyme), Flying Moon In Space proposait un cocktail sonore issu d’un mélange entre psych-pop, krautrock, techno et math rock, basée sur l’impro. Le second opus est né d’un échange de fichiers entre les 6 membres du band, pendant la pandémie. Puis la formation allemande (Leipzig) s’est réunie dans une vieille église sise au fin fond d’une forêt de la République tchèque pour parachever le travail.

Découpé en 8 pistes, ce long playing accorde une plus grande place à l’électronique, un peu dans l’esprit d’Unknown Mortal Orchestra voire de MGMT, mais en plus techno. Les ingrédients de base sont toujours présents tout comme l’instrumentation organique –guitares (parfois trois, comme sur la plage qui ouvre l’album, « Traum Für Alles »), basse et drums– mais les synthés, les boucles et la boîte à rythmes finissent toujours par s’imposer, virant même parfois carrément à l’expérimentation. Baignant au sein d’une atmosphère mélancolique, « Dissoziation » se frotte même au psychédélisme indus alors que « Prophet » nous plonge carrément dans l’ambient. Et puis si le sensuel « This exists » semble taillé pour les clubs, « The day the sun was made » est imprimé sur un tempo drum&bass.    

Fernandhell

And the gatten army

Écrit par

Fernandhell c’est le projet de Livio Montarese, un multi-instrumentiste (guitare, basse, drums) et chanteur italien, auquel s’est associé un sixcordiste soliste répondant au prénom de Paul. Avant de fonder ce duo, Livio a milité chez The Peawees, en compagnie de l’ex-The Manges, Hervé Peroncini. Fin 2017, Montarese avait réintégré son ancien groupe afin de sortir un 7 inches en compagnie d’un de ses héros, le chanteur de Mudhoney, Mark Arm.

« And the gatten army » constitue le premier Ep de Fernandhell, dont le nom est bien évidemment inspiré du célèbre acteur, humoriste, chanteur et réalisateur français, mais d’origine piémontaise (NDR : ce qui peut expliquer le choix du patronyme).

A l’écoute de cet Ep, on ne peut s’empêcher de penser aux formations de guitare(s) nées au cours des eighties, comme Green Day, Lemonheads, Hüsker Dü et du début des nineties, et tout particulièrement Blink-182. Même que la voix de Livio est aussi versatile que celle de Robert Pollard, tout au long de « Mardi gras », un morceau imprimé sur un tempo tribal, auquel participe un autre gratteur invité, P. Billygoat…

A Slice of Life

Tabula Rasa

Écrit par

A Slice of Life est une formation issue du Nord de la Belgique née de la rencontre entre le chanteur/lyriciste Dirk Vreys (obsCURE, Silent Flag) et le guitariste/claviériste Guy Wilssens (Perverted by Language). Pour compléter le band, ils ont recruté un autre sixcordiste (également ex-obsCURE), un bassiste et un drummer.

Manifestement sombre et mélancolique, la musique du combo est influencée par le post punk et la dark wave. Lorsque la voix de Dirk s’étrangle d’émotion (sans quoi, en général, elle se révèle glaciale et torturée), on ne peut s’empêcher de penser à Robert Smith (« Seven days », une plage que Dirk a écrite après le décès de ses parents), alors que la ligne de basse semble parfois calquée sur celle de Simon Gallup (« Cavern »).

Si les deux dernières pistes de l’opus émargent à l’électrodance, les onze autres oscillent entre titres lancinants, ténébreux (la valse « Fortress of solitude »), pistes bien post punk et compos davantage atmosphériques, romantiques mais aussi fiévreuses, colorées par les accords tintinnabulants, bringuebalants, d’une des guitares, dont les cordes réverbèrent des échos empruntés à Sad Lovers & Giants (Two-faced », « Sweet darkness »). Enfin, le spectre de Sisters of Mercy plane même tout au long de « Run for cover ».  

Thinking With Sand

Dreams & half truths.

Écrit par

Thinking With Sand nous vient de Bristol, en Angleterre. A l’origine, soit entre 2005 et 2009, le line up était réduit à un duo et proposait une forme de shoegaze électronique. Relancée en 2020, la formation a intégré un drummer, et c’est en trio qu’elle nous réserve cet elpee.

Après une intro atmosphérique (probablement des bandes passées à l’envers, on est entraîné au sein d’un univers sonore déchiré entre shoegaze et noisy/rock. Inévitablement on pense à My Bloody Valentine pour l’électricité sinusoïdale et les harmonies vocales vaporeuses. Mais hormis « Between », imprimé sur un tempo new wave, bien qu’offensives dans l’esprit d’un Hüsker Dü, les compos semblent toutes coulées dans un même moule et finissent par lasser…

Barrie

Barbara

Écrit par

Depuis 2019, date à laquelle est paru son premier opus, « Happy to be here », de nombreux évènements ont marqué la vie de Barrie Lindsay. La New-Yorkaise d’adoption a ainsi été touchée par la maladie d’un de ses proches mais également, et plus heureusement, par l’amour, suite à sa rencontre avec Gabby Smith. Ecrit durant le confinement, « Barbara » est marqué par ces émotions contradictoires.

Mixé par Joseph Lorge (Phoebe Bridgers, Perfume Genius) et masterisé par Patricia Sullivan (Mac Miller, Blake Mills), ce deuxième elpee, construit de A à Z par Barrie Lindsay, nous plonge au sein d’un univers musical coloré et richement instrumenté (une mandoline, une clarinette, une flûte, un violoncelle, une trompette, et la harpe). Résolument pop et accessible, « Barbara » propose des morceaux tantôt guidés par des synthés, comme sur « Frankie » ou « Concrete », tandis que d’autres se révèlent plus folk, à l’instar de « Jenny », dédié à sa nouvelle compagne ou de « Dig », porté par de superbes chœurs. Les onze morceaux de ce nouvel LP baignent au sein d’un climat atmosphérique, caractéristique de la dream-pop qui s’inscrit merveilleusement bien en cette période d’été indien. En publiant « Barbara », Barrie relève haut la main le défi du deuxième album.

 

Redcar

La chanson du chevalier (single)

Écrit par

Il devient de plus en plus évident que Redcar est devenu un artiste-phare de cette décennie. A l’instar d’une Björk ou d’un David Bowie. N’ayons pas peur des mots !

C’est un artiste qui bouscule les codes et va loin dans la recherche authentique artistique et de lui-même.

Être bousculé ne laisse personne indifférent. On l’encense ou on le déteste.

Il faut toujours un temps d’adaptation à certains pour qu’une révolution artistique, sociale, soit plus ou moins comprise, digérée, acceptée ou du moins tolérée. C’est ainsi que l’on reconnaît ceux qui changent la face d’un monde.

C’est un des rares artistes francophones à révolutionner au-delà des frontières, recueillant un écho important, outre-Atlantique.

Un artiste qui chante de manière forte, juste et subtile, même en live. Ce qui n’est pas à la portée de tous.

Ce que certains spectateurs considèrent comme un excès constitue une affirmation par le mouvement. Son corps est musique, tendu vers son objectif. Un combattant de lumière.

Il a déclaré sur TikTok : ‘Redcar, comme toute ma poésie et ma philosophie, est une poésie et une philosophie qui m'aident à réussir.’

Fascinant Redcar !

« Redcar les adorables étoiles, le début des anges », sortira le 11 novembre et peut déjà être précommandé là

‘Ma victoire existentielle passe par l'esthétique. La couleur et l'agencement des formes, les fleurs disposées avec mesure, le trajet de la lumière sur les muscles bandés, le travail de la matière…’

« La chanson du chevalier », single issu du futur opus, se déroule dans un port, la nuit. Invité d’honneur de la vente Modernités, qui s’est déroulée le 25 octobre 2022, accueilli par Sotheby’s, Redcar partage son émotion avec la sculpture grandeur nature d’Auguste Rodin, ‘L'Age d’airain’, dans un clip onirique, à découvrir ici

‘Je me considère comme camarade du jeune homme

Pas plus vivant que lui ni plus savant que lui, non, et toujours élève du mouvement, comme lui, je me considère comme camarade ivre, ravi de ne plus être si seul.

Dans son corps sculpté du néant, immobile quand blessé, stupide d’être si amoureux

‘Le point de départ est la vie de ce corps, que je reçois, en tant que performer, moi-même marteau pour l’airain puis résonance, jusqu’aux confins de la pièce’ - Redcar

‘Il ne s’avance pas avec moi quand je bouge

Je suis obligé de le laisser résonner derrière moi

Cloche d’airain des premières églises, premiers suppliciés des églises

Vengeur de tous les petits brûlés du Pont-Aven, fils de la mer mangé par lui en son temps, offert à l’éternité de l’eau et premier fils des éternités’ - Redcar

Côté musical, ce titre est sans doute moins accessible que ses deux précédents singles, « Rien dire » et « Je te vois enfin », mais manifeste une certaine emprise hypnotique.

Son univers est tellement riche. Ses images, sa musique, ses visions, ses vêtements, sa poésie, ses mouvements…

Merci Redcar de nous emmener dans ta belle voiture, au-delà de la perception.

Méthode chanson

 

Stéfi Celma

En oblique (Ep)

Écrit par

Stéfi nous livre Ep, « En oblique », une œuvre pleine de douceur, de chaleur, de délicatesse, à l’influence bossa nova.

Suave, sa voix se marie parfaitement à la musique, en grande partie acoustique.

Stéfi Celma, née le 9 octobre 1986 à Paris, est une actrice et chanteuse française. Mais c’est dans la musique qu’elle se sent complète, authentique, et qu’elle souhaite s’épanouir.

‘La musique est aujourd'hui pour moi le terrain de ma plus sincère expression. Mon métier de comédienne me faisant jouer des rôles à tour de rôle, ce projet portera mon nom, mon identité.’

À 5 ans, elle participe à L'École des fans de Jacques Martin, qu’elle mentionne dans le premier titre de son Ep, « Du love et de l’eau ».

Empreint de nostalgie et de mélancolie, il nous parle de la difficulté de dépasser ses doutes, de faire la paix. Heureusement elle a toujours eu de l’amour et de l’eau.

Coiffeuse ? ‘Non je ne suis pas coiffeuse. Pourtant à 6 ans, quand Jacques Martin me demandait si je voulais être chanteuse ou comédienne, je n'ai tout simplement pas osé lui dire oui. Je lui ai dit, fragile, que grande, je voudrais être coiffeuse. Personne de mon milieu social n'était chanteur ou comédien, personne ne gagnait sa vie en exerçant ce genre de métier...

Alors ce jour-là j'ai eu envie de rêver. J'avais le droit de rêver en fait. Je ne manquais de rien, j'avais le plus important ; j'avais « Du love et de l'eau »’…

« Maison de terre » laisse une impression cap-verdienne. La voix est posée, le rythme balancé.

Poétiques, les paroles de cette chanson sont écrites par Camille Yemblé.

À travers le texte de cette plage, Stéfi avoue qu'elle se remémore son séjour au Congo, un voyage qui l'a marquée.

En effet, la terre africaine a beaucoup de similitudes avec sa terre natale, la Martinique. Elle a rencontré des gens qui l'ont imprégné de bonheur et de joie.

La musique a été co-composée par Imani Assumani.

Le clip (à découvrir là)

de la chanson réalisée par Ruben Alves, a été tourné au Portugal, à Lisbonne. C'est dans un décor très lumineux, simple et esthétique à la fois que l’artiste danse et chante en toute sensualité.

« Tabou », morceau fragile et touchant, a été écrit par Imani Assumani, Jean-Pierre Ntwali Mucumbitsi ainsi que Stéfi et composé par cette dernière et Imani Assumani.

Le titre dénonce les non-dits. Cette vidéo est disponible ici 

« Qui », interprété à la sèche, nous parle de la peur de partir avant l’être aimé et de celle d’être remplacé dans son cœur.

Oser présenter une chanson en se servant d’un seul instrument acoustique aujourd’hui est assez rare et ça fait du bien.

Caractérisé par ses paroles envoûtantes, qui roulent, et sa musique wah-wah chaleureuse, « Sur la bouche » nous donne envie de chalouper. La plage nous parle d’un amour à sens unique.

« En oblique », qui donne son nom à ce disque, nous gratifie, à nouveau, d’un plaisir uniquement acoustique à la guitare. Un peu de chœurs et un sifflement nous invite à vivre pleinement, sans peur du risque.

Profitons de cette belle sortie musicale et souhaitons longue et belle vie à Stéfi !

Méthode chanson

 

Shannon Lay

Geist

Écrit par

L’ex-guitariste de FEELS poursuit une carrière solo qui monte en puissance. Et elle le démontre sur son cinquième opus (NDR : le quatrième pour Sub Pop !).  « Geist » (NDR : qui signifie ‘esprit’, en allemand) constitue un long playing introspectif et éthéré rappelant l’œuvre de Nick Drake. Pour enrober son folk, elle a pu bénéficier du studio de Jarvis Taverniere (guitariste de Woods) ainsi que de la collaboration du multi-instrumentistes Ben Boye (Bonnie Prince Billy, Ty Segall), de Devin Hoff (Sharon Van Etten, Xiu Xiu, Julia Holter) ainsi que de Ty Segall qui prodigue quelques soli de guitare sur « Sur » et « Shores ».

Si à première écoute, cet LP peut paraître minimaliste, en l’écoutant attentivement, on décèle une instrumentalisation riche et parfaitement dosée qui met en exergue la sèche et les susurrements de Shannon Lay. Sa voix douce et aérienne est susceptible d’anesthésier. Une apesanteur que l’on perçoit tout au long de « Geist ». Parmi les dix morceaux, on épinglera le chant a capella adopté sur « Awaken and Allow » qui rappelle les origines irlandaises de la Californienne en nous entraînant au cœur des pubs celtiques. Notons également la délicate reprise du « Late Night » de Syd Barrett. En rendant hommage aux esprits, Shannon Lay nous propose l’un de ces albums les plus aboutis à ce jour.

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