Réédition de l’album Elyria de Faith & The Muse

Référence majeure du rock gothique, Faith and the Muse réunit Monica Richards (Strange Boutique) et William Faith, musicien ayant œuvré pour Christian Death, Mephisto Waltz, Sex Gang Children ou encore Shadow Project. Paru en 1994, leur premier opus, Elyria,…

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Chroniques

Laurent Garnier

Timeless (Ep)

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Dans l’univers de l’électro et de la techno, Laurent Garnier, est une véritable ‘star’. Hyperactif et particulièrement prolifique, il nous propose son nouvel Ep intitulé « Timeless ». Rien de surprenant jusqu’alors…

Par contre le voir rejoindre la maison d’édition Ed Banger, fondée par Pedro Winter, pour enregistrer ce disque, l’est davantage. Et même beaucoup plus, quand on sait que l’entente entre ces deux personnages n’a pas toujours été au beau fixe (c’est le moins que l’on puisse dire), vu leurs visions très différentes de la musique.

Mais comme l’a déclaré ouvertement le label sur son site : ‘Il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis’. Par conséquent, au-delà du côté ‘buzz people’ de cette nouvelle et l’étonnante alliance, que vaut réellement cet essai. Et bien, pour répondre clairement et rapidement à cette question, aucune mauvaise surprise ici : ‘c'est de la bonne, mes amis’. Laurent Garnier accomplit son boulot de DJ, et il le fait bien ! Le Français nous y réserve 3 titres démontrant une nouvelle fois qu’il est décidément un maître dans la gestion du rythme et des arrangements électro.

« Jaques in the Box » ne manque pas de charme. La tension musicale est progressive avant d’atteindre un pic et d’exploser pour notre plus grand plaisir! Un petit bémol, les vocaux. Ils mériteraient d’être explorés pour rendre la plage encore plus efficace. Néanmoins, difficile de ne pas deviner le tube en puissance derrière la mélodie électronique inspirée du morceau.

Plus subtile, la seconde piste inclut du chant. Elle est moins dynamique et brutale que la première. Le contraste peut paraître saisissant, mais le Français parvient de nouveau à nous séduire par son sens inné de la mélodie. 

La dernière compo est imprimée sur un tempo encore plus doux. Ce qui n’empêche pas Garnier de parsemer la piste d’une multitude d’effets électro. On peut même dire qu’elle est dominée par les synthés. Cet instrument constitue même ici le point d'orgue (?!?!?), sur lequel viennent s’accrocher les autres éléments. Un nouveau hit en perspective...

Si dans l’univers de l’électro, Laurent Garnier n’est pas réellement un ‘créateur de tubes’, il est assurément un ‘créateur de matériel à tubes’. Il reste maintenant aux DJs inspirés – notamment les plus axés vocaux– à resculpter ces diamants bruts pour les métamorphoser en hits électro endiablés !

 

Father Murphy

Anyway your children will deny it

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Bienvenue dans l’univers occulte de Father Murphy. Le Reverend Freddie (voix et guitare) et ses deux compères italiens célèbrent leur liturgie à l’aide d’un post-folk expérimental qui rappelle un certain Xiu Xiu. Pas étonnant, puisque le trio a participé, comme supporting act, à une des dernières tournées de la bande à Jamie Stewart. C’est d’ailleurs lors de ces périples que le combo s’est forgé sa réputation, jouant également et notamment en première partie de Sic Alps ou encore Deerhoof. Tiens, curieusement, c’est Greg Saunier en personne qui s’est chargé du mixing de leur 5ème opus.

Intitulé « Anyway your children will deny it », il ne respire évidement pas la joie de vivre. D’abord le Reverend prêche comme si sa vie en dépendait. Les rythmes sont épileptiques et écrasants. Les grandes orgues nous glacent le sang. Les sonorités des guitares semblent sorties d’outre-tombe. Le climat est lugubre, spectral, angoissant. On entre difficilement au sein de cet univers ténébreux, mais lorsqu’on y a pénétré, on n’en ressort pas indemne…

 

BlockHead

Interludes After Midnight

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"Interludes After Midnight" constitue le 5ème LP de BlockHead, un groupe mené tambour battant par Anthony Simon, producteur américain spécialisé dans l'électro et le hip-hop. L'artiste surfe sur la vague de son succès, puisque celui de son précédent opus, "The Music Scene", lui a permis de parcourir le globe et de partager ses morceaux sur plusieurs continents, ce qu'il ne s'est évidemment pas privé de faire !

Par conséquent, c'est un Tony pétant de forme et de confiance qui a concocté ce nouvel essai. Les 12 titres d’"Interludes After Midnight" sont de bonne facture. Jamais lassants, ils sont agréables à écouter. Les arrangements sont soignés. Fort de son expérience, l’artiste a acquis une certaine maturité et se fait plaisir sans se prendre autrement la tête. Un plaisir qui devrait être partagé par de nombreux mélomanes.

On reprochera cependant un manque d’énergie à l’ensemble. L’expression sonore a beau être irréprochable, elle ne parvient pas à transporter. Il manque une voix puissante, un refrain fédérateur et entrainant... Bref un petit quelque chose en plus qui permettrait de qualifier de disque de ‘très bon’ au lieu de ‘bon’. Maintenant, nul doute que notre artiste doit largement se rattraper en live.

Enfin, votre serviteur fait peut-être la fine bouche, puisque des morceaux tels que "Smoke Signals" ou "Midnight Blue" déménagent quand même pas mal. Mais ce sont des exceptions qui confirment la règle. Sans quoi, "Interludes After Midnight" ne manque pas d’allure ; en outre, BlockHead est dans une spirale positive, et il a encore une belle marge de progression devant lui…

 

Wallis Bird

Wallis Bird

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Wallis Bord joue de la musique depuis sa tendre enfance. A 6 mois, on lui offre sa première guitare. Elle est victime d’un accident domestique : une tondeuse à gazon lui sectionne les 5 doigts de la main gauche. Quatre pourront lui être recousus. Ce qui lui permettra de rejouer de son instrument fétiche. Mais à l’aide d’une guitare de droitière à l’envers. Cette Irlandaise est aujourd’hui âgée de 29 ans et nous propose son troisième opus. Il est éponyme.

Wallis Bird déborde d’idées et d’énergie. Des qualités qu’elle met au service de son inspiration. Ce nouvel essai est particulièrement éclectique. Il s’ouvre par le grave « Dress My Skin And Become What I’m Supposed To », un morceau tout simplement magnifique. Allègres, les deux pistes suivantes sont modulées par les différents rebondissements du tempo. Perso, j’apprécie surtout l’artiste lors de ses chansons les plus lentes. Souvent, c’est le moment choisi par les superbes arrangements pour les enrichir. A l’instar du très lyrique « But I’m Still Here, I Still Here » sur lequel le piano s’invite pudiquement avant d’ouvrir la porte à ce qui semble être un xylophone. Un titre troublant au cours duquel elle évoque sa propre mort.

Introspectif, le nouvel elpee devrait plaire aux aficionados d’Ani DiFranco. Faut dire que certains de ses textes sont tout aussi engagés politiquement…

L’Irlandaise sera présente au festival Dranouter le 4 août.

 

B.B. & The Blues Shacks

Come along

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Le plus notoire des blues bands germaniques compte déjà 23 années d'existence. Au départ, les Blues Shacks ont publié plusieurs albums chez Stumble avant de passer sur le label brêmois Crosscut. "Come along" constitue leur douzième elpee, un disque qui s’inscrit dans la lignée du précédent, "London days", soit un cocktail de R&B, de soul ‘Stax’ et de blues basique. Le line up des Shacks est identique, puisqu’il réunit les frangins Michael et Andreas Arlt, ainsi que le claviériste Dennis Koeckstadt. Sans oublier la section rythmique constituée de Henning Hauerken et Bernhard Egger. Pour accentuer l’empreinte R&B, le combo a bénéficié de la participation d’une section de cuivres, en l’occurrence The No Blow No Show Horns mais aussi de chœurs, assurés par les Shackettes.

L’opus s’ouvre par une compo imprimée sur un solide tempo dicté par le piano de Dennis. Tout au long de ce "True love in vain", la voix de Michael est autoritaire pendant qu’Andreas se libère déjà aux cordes! "Love like cash" trempe dans du pur Memphis R&B à forte coloration funk. Les cuivres enrobent la voix. Les interventions de gratte sont dignes d'Albert King. Celles de l'orgue Hammond sont chaleureuses ; et surprise, même l'harmonica se réserve son espace au sein de cet ensemble parfaitement huilé. "Come along with me" baigne dans une forme de soul exotique. Rythmes et percus alimentent ce climat, alors qu’une trompette apporte un rayon de soleil à la fête. Les Blues Shacks se réservent un Chicago shuffle explosif pour notre plus grand bonheur. Hanté par l’esprit de Little Walker, Michael met toute la gomme dans son Mississippi saxophone tout au long de ce "Get my stuff together". J’adore quand le R&B coule naturellement dans leurs veines. Tout particulièrement lorsqu’il permet un dialogue entre orgue et guitare. Et "Will you be there" en est une parfaite illustration. Un rythme allègre mais cool soutient le blues dansant "Don't take your time". Et au sein de ce climat rafraîchissant, réminiscent de JJ Cale, l’orgue Hammond se révèle irrésistible. "Anything you do" et "Wait in line" sont deux blues classiques, imprimés sur un mid tempo, qui auraient pu relever du répertoire de BB King. Deux plages impeccablement exécutées, il faut le souligner. Des percus syncopées communiquent des accents de mambo à "Doesn't matter anymore", un morceau au cours duquel le honky saxophone de Tom Müller est relayé par l'harmonica. Et on n’est pas au bout des bonnes surprises, puisque c’est dans le West Coast jump que Michael se met à souffler à la manière des maîtres du style, Kim Wilson et Rick Estrin, sur "I don't get it". Miss Bonito Niessen vient donner la réplique vocale à Michael, sur le tendre "Whatever you do", alors qu’à la ‘six cordes’, Andreas se révèle plus BB King que nature. L’opus s’achève par "Raise your voice", un titre classieux et bourré de swing. Un excellent album !

 

Andreas Arlt

All-Time favorites

Écrit par

B.B and the Blues Shacks est incontestablement un des blues bands européens les plus notoires. Déjà 23 ans que cette formation allemande écume les scènes internationales. Aux commandes ? Les frères Arlt. Soit le guitariste Andreas et le chanteur/harmoniciste Michael. Agé de 45 balais, Andreas a enfin eu l'opportunité d'enregistrer sous son propre nom. Pas étonnant dès lors que cet opus se concentre sur ce qu’aime par-dessus tout le musicien teuton. En outre, le célèbre label allemand Crosscut est resté fidèle l’un de ses meilleurs poulains!

Pour concocter cet elpee, Mr Arlt n'a donc pas bénéficié de la collaboration de ses Blues Shacks, mais d'amis allemands triés sur le volet. Les notes de pochette sont signées Dave Specter, l'un des meilleurs gratteurs de la nouvelle génération du Chicago blues. Andreas ne chante pas. Il a cédé ce poste à son ami Frank ‘Pepe’ Peters, par ailleurs batteur de Southside Jam. Parmi les autres participants, on épinglera la présence du drummer Eric Müller et du bassiste Dani Gugolz, deux musicos qui ont sévi au sein du célèbre Mojo Blues Band autrichien ainsi que du backing group de Frank Muschalle Trio, dont le leader est un talentueux pianiste de boogie woogie. Et enfin, un autre spécialiste de ce style, Andreas Sobczyk.

Andreas Arlt revendique comme influence majeure le grand T Bone Walker. Il est donc tout naturel, qu’il ouvre le long playing par un titre du répertoire de ce dernier, le somptueux "Street walkin' woman". Pepe Peters chante autoritairement. Le swing est royal. Le sax baryton de Tom Müller explose. Quant aux interventions à la ‘six cordes’, elles sont dignes du maître. Le climat baigne toujours dans la Louisiane lors de la cover du "It hurts to love someone" de Guitar Slim, une compo au cours de laquelle il fait pleurer sa Gibson. Non seulement Andreas est capable de s’attaquer brillamment au répertoire des icônes du blues, mais il parvient à les réincarner. Il se met ainsi dans la peau de BB King sur "I wonder why" et de Freddie King sur "She’s the one", un titre signé Hank Ballard. Si toutes ces pistes sont excellentes, la suite est encore meilleure. "I was wrong ! Played with love" de Roscoe Shelton est un des sommets de l’elpee. Un blues lent tout en finesse et délicatesse au cours duquel les interventions à l’orgue Hammond de Sobzyc constituent un modèle de retenue et d’efficacité ; et quand Andreas prend le relais, c’est le pur bonheur. Arlt est hanté par le spectre de Johnny ‘Guitar’ Watson sur la cover d’"In the evening" de Leroy Carr, un autre slow blues. Celle tout en swing  d’"I want a woman" de George ‘Harmonica’ Smith est fort bien ficelée, même si Arlt s'excuse de ne pas avoir ajouté une partie d'harmonica! Il faut dire que sa sortie sur les cordes en west coast jump est impériale. Et il remet le couvert sur le "Shotgun wedding de Wynonie Harris. La finale est instrumentale. Tout au long de "Sno gone Part II" Arlt adopte le style du maître de la Telecaster, Albert Collins. Et il s’en tire à la perfection. Il n’y a absolument rien à jeter sur ce disque qui atteint un niveau de qualité rare.

 

Chris Robinson

Big Moon ritual

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Chris Robinson est surtout connu comme chanteur des Black Crowes, un groupe majeur de rock blues fondé en 1989 et drivé par Chris ainsi que son frère, le guitariste Rich. A ce jour, la formation a vendu plus de trente millions d’albums. En 2002, le band décide de prendre une pause, suite au départ de leur drummer. Chris se lance alors dans un projet parallèle, flanqué de The New Earth Mud, un ensemble folk rock qui se forge alors une solide réputation de jam band. Faut dire que Mr Robinson a toujours été un proche du Grateful Dead et tout particulièrement de son guitariste historique Jerry Garcia! En 2005, les Crowes reprennent du service, avant de se séparer, une nouvelle fois, en 2010.

Printemps 2011, Chris Robinson lance son Brotherhood, en compagnie du claviériste Adam MacDougall (aussi un Black Crowes), du drummer George Sluppick (ex-Sha Na Na), du bassiste Mark Dutton et de Neal Casal (de Hazy Malaze), préposé à la seconde gratte. La musique de Brotherhood nous replonge plusieurs décennies en arrière. Comme chez les jam bands de l’époque. L’expression sonore est aventureuse. Elle explore, se cultive, se développe. L’elpee ne recèle d’ailleurs que 7 plages ; et la plus courte dépasse les 7'. Une bonne dose de psychédélisme et une autre de rock acide nous ramènent au temps des hippies. Le style s’ouvre ainsi aux effets cosmiques, comme à l’époque au cours de laquelle Syd Barrett militait encore chez Pink Floyd, mais aussi au blues, à la country ainsi qu’au rock sudiste des Allman Brothers Band et autre Govt Mule.

Des sonorités galactiques introduisent "Tulsa yesterday". Ce long périple nous permet de revivre l’atmosphère qui régnait lors des concerts de Grateful Dead. La voix très spécifique de Robinson accentue cette impression. La plage évolue lentement mais perceptiblement, libérant enfin la guitare caustique de Casal. Les claviers sont bien intégrés. Progressivement le tempo accélère favorisant le déchaînement des cordes. Imprimées sur un tempo hypnotique, les 5 premières minutes de "Rosaleen" sont trempées dans le country rock ; puis le morceau vire au space rock avant d’éclater une nouvelle fois au cœur d’une tempête de cordes. Le sens mélodique n’est cependant pas négligé chez CRB. Il s’inspire de la country. A l’instar de "Star or stone", une très belle chanson empreinte de douceur et de mélancolie. La voix est volontiers gémissante et l’envol des cordes produit un véritable enchantement. Malgré les sonorités floydiennes, sidérales, alimentées par les claviers de MacDougall, "Tomorrow blues" adopte un profil plus blues. Tant le rythme que les interventions de gratte. Chris possède une superbe voix, naturellement puissante et très soul. Elle est bien mise en exergue sur "Reflections on a broken mirror", projetant même dans nos esprits une réincarnation de l’éternel Jerry Garcia au XXIème siècle. Elle est même très pure tout au long de "Beware oh take care", évoquant alors Michael Stipe de R.E.M. Le périple s’achève par le paisible "100 days of rain". Un album que votre serviteur a beaucoup apprécié. Et dont il attend impatiemment la suite, déjà prévue d’ici quelques semaines. Le titre de cet elpee ? "The Magic Door".

 

pg.lost

Key

Écrit par

Pas facile de chroniquer un album de post rock. Pas facile, non plus, pour un groupe du genre, de se démarquer de la concurrence. De se montrer suffisamment créatif pour ne pas être taxé de suiveur. Formation suédoise, pg.lost en est un bel exemple. Elle est talentueuse, mais souffre d’un manque d’originalité. On prend pas mal de plaisir en écoutant sa musique, mais dans quelques mois, on aura vite oublié le contenu de ses disques. Et pourtant, « Key », le deuxième opus des Scandinaves, mérite une attention toute particulière…

L’elpee de PG Lost a été mis en forme par leur compatriote Magnus Lindberg (Cult of Luna) ; et finalement la musique évolue dans un univers proche de leur producteur. Bien sûr, le quartet de Norrkoping puise également son inspiration chez Explosions in The Sky. Les arpèges de guitare sont ainsi aussi cristallins. Et puis chez Isis. Des références qui tiennent la route, d’autant plus qu’elles sont judicieusement explorées. Ce qui explique sans doute pourquoi, si le post rock de pg.lost manque de singularité, on le savoure. En fait, le combo parvient à tirer la quintessence de ses sources. C’est sans doute là que se trouve le suc de leur imagination…

 

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