Light Asylum lève le voile sur un nouvel album

Peu de groupes peuvent se targuer d'avoir le statut de 'groupe culte', mais c'est clairement le cas pour Light Asylum. Emmené par la voix énigmatique de Sharon Funchess, le projet basé à Portland, dans l'Oregon, a secoué le petit monde de la musique…

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Un clip d’animation pour le nouveau single d’Σtella

L'artiste grecque Σtella dévoile son nouveau single intitulé « Belinda ». Cette nouveauté s'accompagne d'un clip officiel au format visualizer, dont les illustrations sont nées sous la plume de la chanteuse elle-même, complétées par les animations de Yokanima…

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Chroniques

Emma Ruth Rundle & Thou

May Our Chambers Be Full

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La carrière d’Emma Ruth Rundle est en constante évolution. Outre ses aventures musicales vécues au sein de diverses formations telles que Marriages, Red Sparowes ou Nocturnes, elle mène une carrière en solitaire ; et ses précédents elpees solo constituent le fruit d’impressionnants travaux sur le son (le magnifique « On Dark Horses »). Elle s’est donc embarquée dans une nouvelle aventure en compagnie de Thou, un groupe de métal sludge issu de Baton Rouge. Et le résultat est toujours aussi étonnant. Entre métal et slowcore, les riffs très lourds du band louisianais se marient à merveille aux incantations de la Californienne, appuyées par les cris impressionnants de Bryan Funck. L’ambiance est bien entendu sombre, poisseuse et doom… mais le dialogue entre les artistes est passionnant et –tout en gardant leurs spécificités– ils livrent une œuvre singulière, en s’autorisant même une belle et étonnante reprise du « Hollywood » des Cranberries, pour couronner le tout.

Teke Teke

Shirushi

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De temps à autre, il est bon de se farcir un band complètement déjanté. Et c’est le cas de Teke Teke, un septuor montréalais dont le patronyme s’inspire soit d’une légende urbaine japonaise, soit du mythique guitariste Takeshi Terauchi. Pas étonnant, puisque hormis le tromboniste Etienne Lebel, les musicos sont originaires du pays au soleil levant. Et sur cet opus, les lyrics sont chantés dans cette langue, par Maya Kuroki, également artiste visuelle.  

« Shirushi » constitue le premier elpee de la formation. Une œuvre dont la musique intègre des tas de courants musicaux, depuis le punk au garage en passant par le psychédélisme, la musique de film (Ennio Morricone en tête), la trance fusion, le folklore nippon, le jazz, le post et le surf rock (celui initié par le Ventures et devenu l’eleki).

Outre l’instrumentation basique (guitare, basse, batterie, trombone), les musiciens se servent également d’instruments folkloriques comme la shinobue (flûte en bambou) et le taishögoto (harpe de Nagoya). Et le tout est enrichi d’orchestrations, parfois gracieuses et séduisantes, comme lors du final « Tekagami ». Mais surtout luxuriantes. A l’instar de l’hypnotique, baroque, épique et presque sinistre « Barbara », au cours duquel l’ombre de Mothers of Invention se met à planer. Bref, la fantaisie n’a pas l’air d’avoir de limite chez Teke Teke. Même que parfois, on frôle le délire. Et le plus bel exemple revient à « Sarabande », un morceau au cours duquel des notes cuivrées loufoques s’invitent au cœur d’orchestrations réminiscentes d’« Atom heart mother » du Floyd. Caractérisé par son intro bucolique qui vire rapidement au chaos bruitiste, « Kala kala » finit par épouser une forme psyché/folk/rock. Et dans le même esprit, « Meikyn » se conclut par une incursion dans le free jazz.

Déconcertant, mais dans le bon sens du terme !

Yard of Blondes

Feed the Moon

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Bien que fondé en 2010, Yard of Blondes vient seulement de graver son premier elpee. Et son premier essai, paru en 2013, avait été transformé par un Ep baptisé « Murderology ». Depuis, le groupe avait quand même publié quelques singles et autres Eps…

Pour enregistrer « Feed the moon », la formation franco-américaine (NDR : elle est établie à Los Angeles) a reçu le concours de Billy Graziadei (NDR : le fondateur de Biohazard) à la production, Mike Patterson (Nine Inch Nails, BRMC, Beck) au mixing et Maor Applebaum (Faith No More) à la masterisation.

Hormis le morceau final, « Because you’re the river », une ballade dont la douce mélodie rappelle le Barclay James Harvest originel (NDR : qui a dit ‘un slow crapuleux’ ?), les onze autres pistes libèrent un groove fondamentalement stoner. Le plus souvent dans l’esprit de Queens of The Stone Age. Même si parfois, le spectre de Muse (ces strates de grattes sur « Lowland » !) commence à rôder. Et « You and I & I », aurait pu naître d’une rencontre hypothétique entre ces deux groupes. Encore que « Do you need more » soit réceptif au Placebo. Mais ce qui singularise l’expression sonore de ce quatuor, c’est la présence d’une voix féminine qui enrichit les impeccables harmonies vocales. Car, si le lead singer possède une bonne voix, sur deux titres (« Hummingbird » et « Evil twins »), il manifeste sa colère en vociférant…

The Chills

Scatterbrain

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Tout au long de « Scatterbrain », le septième elpee des Chills, Martin Phillipps se remémore les bons et les mauvais moments qu’il a traversé dans son existence, s’interroge sur la réalisation et l’acceptation de soi ainsi que sur la mortalité. Il rend même un hommage à sa mère, décédée en 2019, sur « Caught in my eye ».

Martin est un remarquable mélodiste et il le démontre une nouvelle fois sur cet opus aux compos bien pop, tour à tour intimistes ou enrichies d’orchestrations luxuriantes (pensez à Van Dyke Parks). Le contraste peut paraître saisissant, mais la tracklist est parfaitement équilibrée. Certaines compos véhiculent paradoxalement des accents bien ‘british’. A l’instar de « Hourglass », une piste qui marche sur les traces d’Incredible String Band. Même les inflexions vocales sont sinusoïdales. Ou encore sur « Safe and sound ». Le long playing recèle deux valses (« Destiny » et le titre maître), mais les synthés (même quand ils sont vintage) se révèlent un peu trop présents. Vaporeux, le titre final rappelle même un certain New Musik.

Mais les interventions à la guitare guitare sont trop timorées. Ou alors, c’est la mise en forme qui les a diluées dans l’ensemble. Pourtant, elles se révèlent chatoyantes tout au long du désarmant « Little Alien » ; mais rien à faire, en se privant de ses accroches à la gratte, Phillipps a dénaturé l’identité des Chills. Dommage ! Il nous doit une revanche.

Not Moving (Ltd)

Live in the eighties (reissue)

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Not Moving est une formation considérée comme culte, dans l’univers de l’underground, en Italie. Elle a sévi de 1981 à 1984, de 2005 à 2006 et s’est reformée en 2019 en transformant son patronyme en Not Moving Ltd ; mais surtout, elle a conservé trois des membres fondateurs du band.

Ce « Live in the eighties » était déjà paru en 2005, sous la forme d’un coffret CD/DVD. Il recelait alors 24 titres. La nouvelle version n’en compte plus que 13, dont les covers de « Cocksucker blues » ses Stones, du « Break on through » des Doors, d’« I wanna make love to you » de Willie Dixon, ainsi que de « Kissin Cousins », une chanson signée Fred Wise et Randy Starr, traduite en hit par Elvis Presley, mais revisitée par The Saints. C’est d’ailleurs cette dernière mouture que le band transalpin a choisi d’adapter. Et cette réédition permet un téléchargement numérique du DVD paru en 2005.

Les morceaux sélectionnés ont été immortalisés en Italie et en Allemagne, ente 1985 et 1988, et trempent dans une forme de garage au sein duquel on retrouve inévitablement des accords de guitare fuzz et des interventions d’orgue vintage, rogné ou tourbillonnant.

Dommage que la qualité du son ne soit pas optimale…

Johnny Mafia

Sentimental

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Issu de Sens (NDR : une commune française sise à 100 km au sud-est de Paris, dans le département de l'Yonne, en région Bourgogne-Franche-Comté), Johnny Mafia nous propose son troisième elpee, un disque qui fait suite à « Michel Michel Michel » (NDR : titre choisi en référence à un sketch de François Damiens, alias François l’Embrouille) paru en 2016 et « Princes de l’amour », en 2018, un long playing qui avait bénéficié du concours de Jim Diamond (White Stripes) à la mise en forme.

Si les deux premiers opus trempaient dans le garage, « Sentimental » lorgne davantage vers le pop/rock des 90’s nourri aux guitares cinglantes. Et on pense ici d’abord aux Pixies. Pourtant accrocheuses, les mélodies rappellent tantôt la power pop d’Ash ou le skate punk de Green Day voire de Weezer. Même que parfois la voix du chanteur évoque celle de Rivers Cuomo et les harmonies vocales douces-amères celles des deux bands californiens. Hormis le final « On my knees », une plage imprimée sur un mid tempo, les autres morceaux sont enlevés et saignants et quelquefois aussi tumultueux (« Split tongue ») que sauvages. Si deux pistes évoquent les jeux vidéo de la culture ‘Geek’ (« Trevor Philippe » et « TV and Disney »), « I’m sentimental » et l’hymnique « Aria » constituent les points d’orgue d’un album qui tient parfaitement la route…

Lewis Evans

Le Rayon Vert

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Liverpuldien de naissance mais Normand d’adoption (ses parents ont en effet déménagé à Saint-Lo, au cours de son adolescence), Lewis Evans est mieux connu pour être le leader de The Lanskies. Il mène cependant aussi une discrète mais élégante carrière solo en parallèle…

Son nouvel Ep, « Le Rayon Vert » (un bar de Saint-Pair-sur-Mer), qui succède à ses 2 premiers albums, devrait –dans un monde idéal– lui ouvrir les portes de la consécration, tant son écriture fait mouche… mais on peut toujours rêver. Réalisés en compagnie de David-Ivar Herman Dune pendant le confinement, ces 4 titres composés depuis Grainville constituent autant de réussites autobiographiques (NDR : ils abordent pour thèmes ses amours et ses addictions). Sertis dans leur écrin folk, ils sont impeccablement interprétés…

Royal Blood

Typhoons

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Troisième album pour Royal Blood et première constatation, le duo de Brighton a injecté davantage d’électronique dans sa solution sonore. Les synthés sont bien plus présents, et puis parfois la voix est vocodée. Ce qui n’est pas vraiment une bonne idée. Heureusement, le traitement est ponctuel. Plus intéressant, la musique recèle des traces de glam. Pensez à T. Rex. Mais aussi de disco. Afin de la rendre plus groovy et dansante. Les chœurs accentuant parfois cette impression. Ce qui n’est pas forcément dérangeant. A l’instar de « Trouble’s coming », le morceau qui ouvre le long playing. Ou du titre maître dynamisé par son riff de gratte fuzz.

Sans quoi, féroces, la plupart des pistes ont vraiment la pèche ! Et tout particulièrement « Who needs friends ». Enrichi de chœurs falsetto, il aurait pu figurer au répertoire de The Black Keys. Ou « Boilermaker », un morceau percutant produit par Josh Homme (Queens of the Stone Age).

Tramée sur des accords de piano, « All we have is now » campe une ballade sentimentale. Dispensable et clôturant la plaque, elle permet peut-être au mélomane de reprendre son souffle.

Enfin, tout au long de cet LP, les lyrics abordent des thèmes plutôt sombres tels que les troubles psychiatriques, l’addiction et l’autodestruction…

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