Claud et la musique

Claud sortira son troisième opus studio, « Me and the Music », ce 23 octobre 2026. Ce long playing succède à Supermodels paru en 2023. Pour accompagner cette annonce, il a partagé le single « She Doesn't Love Me », sous forme de clip (et il est disponible…

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Aucun remboursement de prévu pour les Lambrini Girls

Le duo punk Lambrini Girls sortira son deuxième album, « No Refunds », le 15 janvier 2027 chez City Slang. En attendant, il a partagé un tout nouveau single, « Bang Bang Bang », accompagné d’un clip vidéo. Successeur de leur premier elpee, « Who Let The Dogs…

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Chroniques

Freedom Call

Legend Of The Shadowking

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Malgré des débuts prometteurs, Freedom Call a souvent été considéré comme un groupe de seconde zone, destiné à vivre dans l’ombre des géants du speed mélodique incarnés par Helloween et Gamma Ray. Intitulé « Legend Of The Shadowking », son sixième opus devrait probablement changer la donne et propulser le groupe de Nurenberg à une place beaucoup plus enviée.

« Legend Of The Shadowking » marque le retour de Freedom Call aux albums conceptuels, genre qu’il avait abandonné depuis quelques années. Afin de donner une consistance musicale aux évolutions de l’histoire qu’il dépeint, le groupe de Chris Bay s’éloigne un peu de l’autoroute linéaire du speed métal de ses derniers albums pour emprunter les chemins parfois un peu plus lents et souvent plus tortueux du hard rock et du métal classique où les chœurs tiennent une place non négligeable. Cette démarche, plutôt heureuse, semble faire passer le combo à un niveau supérieur. Dans un style musical que ne renierait pas Tobias Sammet d’Edguy, les quatre musiciens germaniques narrent l’histoire du roi Louis II de Bavière, ce monarque décalé et rêveur qui vouait une admiration sans borne à la musique de Wagner et dont la politique un peu laxiste n’était pas du goût de tous. Ce qui explique sans doute son décès dans des circonstances étranges (NDR : Vous avez dit complot ?)

La voix de Chris Bay, comme celle de Tobias Sammet, est mélodieuse et accrocheuse. C’est une des grandes forces du combo. Les autres musiciens ne sont cependant pas en reste, et en particulier Dan Zimmerman, véritable drum-hero qui, à ses heures perdues martèle aussi les fûts chez Gamma Ray. Lars Rettkowitz, quant à lui, délivre riffs inspirés et soli envoûtants qui feront la joie des amateurs de métal véritable.

« Legend Of The Shadowking » est donc une belle réussite pour ces Allemands dont nous n’attendions pas grand-chose. Un must pour les amateurs de métal joyeux et de mélodies percutantes.

 

Boney Fields

Live at Jazz à Vienne

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Le Bone's Project est une formation établie en France qui pratique un blues funk, considéré comme le meilleur du style de ce côté de l'Atlantique. Boney Field en est le leader. Un trompettiste noir originaire du ghetto de Chicago. Il a côtoyé des maîtres du blues comme Junior Wells, James Cotton, Albert Collins, Buddy Guy et Jimmy Johnson. En 1997, il intègre le backing band de Luther Allison puis de son fils Bernard. Il se plaît au sein de l’hexagone et monte le Bone's Project. Sous ce line up, il aligne plusieurs albums, dont "Hard work" en 1999, "Red wolf" en 2003 et "We play the blues" en 2005. S’il souffle passionnément dans sa trompette, Boney est également auteur, compositeur et chanteur. Il est entouré d'excellents musiciens, originaires de tous les Continents : Sénégalais, Mauritiens, Martiniquais, Italiens, Danois et Français dont sa compagne Nadège Dumas qui se réserve le saxophone.

Ce nouvel opus a été immortalisé au festival Jazz de Vienne (NDR : c’est en France !), le 12 juillet 2008. Un cd audio et un Dvd sont donc consacrés au même concert! Dès "Hang loose", nous pénétrons dans l’univers sonore de Fields. Un funk dansant saturé de groove. Une ouverture caractérisée par le front de cuivres à l’avant-plan. Les interventions des différents musiciens sont bien distinctes. Ils sont tous contaminés par le jazz. Constitué d'Enrico Mattioli aux drums et Mike Armoogum à la basse, la section rythmique est solide. Jerry Leonide s’autorise un premier billet de sortie sur son piano électrique. Il est rapidement suivi par son leader et guitariste Hervé Samb, dont la vitesse d'exécution est impressionnante. Très long, "Late comer" trempe dans un climat R&B offensif, réminiscent de James Brown voire de Tower of Power. Une invitation permanente à s'éclater devant la scène. "Don't call me local" lorgne davantage vers le blues, mais un blues dont les accès de boogie sont alimentés par le piano de Leonide Boney. Le chapon rond coloré, toujours solidement vissé sur le crâne, Boney chante très délicatement l’indolent "Tough pill", un blues à la sauce maison! "Funny how time slips away" est propice à la danse hypnotique. Au saxophone ténor, Nadege démontre toute sa puissance, sa créativité et sa souplesse, une plage pétillante et aventureuse qui embraie sur une ligne rythmique reggae particulièrement allègre. Derrière ses fûts, Enrico nous replonge dans le funk pur et dur. Il est épaulé par Mike dont les accords de basse versatiles sont très caractéristiques. Tout au long de ce "Get up and stand up", Nadège tire une nouvelle fois son épingle du jeu. Et son intervention ne manque pas de punch. Toujours funky, "Live in peace" permet au trombone de mettre le nez à la fenêtre. Et Chabs Chabrele y injecte toute sa passion. Autre long morceau, "Red wolf" est un autre long morceau. La machine à funk est lancée sur rails. Une situation qui permet aux solistes de se mettre en évidence. Très rapide, "Hard work" démontre une nouvelle fois toute la dextérité aux cordes d’Hervé Samb. Cet homme pète la santé ! Ce concert s’achève par "Ain't doing too bad", un morceau au cours duquel Boney présente ses partenaires.

Le Dvd restitue parfaitement les pulsions explosives du band, parfaitement à l’aise sur les planches. Le même concert y est reproduit, mais bénéficie d’un bonus de 40 minutes. Au menu, des interviews accordées par Lucky Peterson, Jean-Jacques Milteau, Bernard Allison et Corey Harris, mais également deux plages supplémentaires : "Your good thing's about to run out" et "Another place in the blues". A l’instar de ses pochettes, la musique de Boney Felds & The Bone's Project est très classe, colorée, pimentée même. Il ne vous reste plus qu’à y goûter ! 

Das Pop

Das Pop

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La sortie de certains albums est tellement repoussée que les fans perdent finalement patience, et passent malheureusement passer à côté de la plaque. Le dernier album de Das Pop illustre une nouvelle fois ce phénomène. La formation gantoise aurait même pu disparaître dans les méandres de la pop belge. Dans ce cas de figure, il faut trouver un truc, une astuce, pour toucher sa cible. Et si cette solution passait par les frères Dewaele ? Ou si vous préférez, Soulwax ? Une bonne idée, quand même, non ? Certains estimeront peut-être cette chronique inutile est un peu tardive ; mais honnêtement, le troisième elpee de la bande à Bent Van Looy mérite tout de même qu’on s’y intéresse. Car il sent bon le chewing-gum ! Pas le Freedent, non ! Le gros chewing-gum tout rose, celui qui fait des grosses bulles !

La production et le mixing ont donc été assurés par les 2 Many Dj’s. Et ça se sent. Les arrangements et les orchestrations sont irréprochables. Le génial ingénieur du son Dave Sardy est même venu apporter sa contribution au single « Underground », un morceau incompréhensiblement passé inaperçu. Et après avoir pris une telle claque, on a vraiment envie d’écouter la suite. De délicieuses chansons pop, sucrées (« Wings », « Never Get Enough », « Fool For Love »), tendres (« Girl Be A Man », …), croustillantes même, qui démontrent que, dans le style, le combo belge est capable de rivaliser avec n’importe quelle autre formation insulaire, même bien rôdée. Et on épinglera encore, les superbes interventions aux cordes concédées par le guitariste Reinhard Vanbergen. Six longues années après la sortie de « Human Thing », le troisième opus (NDR : éponyme) de Das Pop a failli s’évaporer dans l’anonymat. Heureusement la qualité du produit a sauvé les meubles. Le tout est de tirer profit de cette mauvaise expérience, et surtout de ne plus la reproduire…

 

Broken Bells

Broken Bells

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Jamais à court d’idées ou de potes en compagnie desquels fricoter, Brian ‘Danger Mouse’ Burton est à l’Indie ce que Timbaland ou Pharrell Williams sont au Hip Hop. Fin 2009, le producteur/bidouilleur annonçait une future collaboration avec la figure de proue de The Shins, le sieur James Mercer. Une annonce suivie par la publication d’un site internet mystérieux où n’étaient dévoilés qu’un artwork et un loop instrumental. Et après avoir bien titillé le public et la presse, le duo publie un single sous le sobriquet de Broken Bells. « The High Road » a immédiatement l’effet escompté. Du coup, même plus besoin de promo. La blogosphère s’en occupe seule comme une grande. Deux mois plus tard paraît le premier disque éponyme des deux hommes. Alors, bombe ou pétard mouillé ?

En fait, « Broken Bells » met le cul entre deux chaises. Le travail de production est impeccable et les dix morceaux space-pop du duo sont de véritables réussites. Mais l’éponyme du duo aurait aussi bien pu être présenté comme un recueil de The Shins post « Wincing The Night Away » produit par Danger Mouse que l’on n’y aurait vu que du feu. Les cloches brisées se paient donc un excellent premier album comptant autant de tubes potentiels que de nombre de plages. Mais peut-être attendait-on plus d’étincelles de la part des deux hommes au parcours exemplaire. Recommandé à toutes celles et tous ceux pour qui l’attente d’une nouvelle livraison de la bande à Mercer devient insupportable.

Arno

Brussld

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Putain, putain, c’est déjà le treizième album studio de notre Arno national. A plus de 60 ans, notre homme a toujours bon pied bon œil. Il n’a rien perdu de sa verve légendaire malgré une baisse relative de qualité.

‘National’ l’ami Arno ? Mmmm difficile de s’en convaincre. L’homme nommé ‘Chevalier des Arts et des Lettres’ chez nos voisins français n’interprète ses compositions qu’en français et en anglais, un français croustillant d’ailleurs. Il suffit de l’entendre rouler ses ‘r’. Sa popularité s’est d’ailleurs construite grâce à son ‘accent’ flamand, popularité devenue énorme en francophonie (Belgique, France, Canada, Suisse). Savez-vous qu’il est plus souvent en représentation en France que chez nous ?

Arno, non content de chanter dans ‘ses deux langues nationales’ (l’anglais et le français), a décidé de s’identifier encore un peu plus à son pays en intitulant son dernier opus « Brusseld ». Et pour ne choquer ni les uns ni les autres, il décide d’‘angliciser’ le nom de la capitale. Pas de jaloux…

« Brusseld » nous propose treize titres, cinq en français, le reste en anglais. Douze sont de la plume du maître, le treizième est comme d’habitude, une cover d’un standard. Pour la circonstance, il reprend (NDR : je devrais plutôt dire, il revisite) « Get up, Stand up » de Bob Marley et Peter Tosh. Et oh surprise, il nous blouse complètement. C’est réellement hallucinant. Cette adaptation est digne d’une nouvelle création. Elle n’a plus rien à voir avec ce qui était à l’origine un tube reggae du début des eighties. Marrant, vraiment !

Le reste du Cd ne recèle aucune surprise, aucun morceau ‘craquant’ non plus. Ses compos naviguent un peu loin de ce qu’il concoctait lorsqu’il était chez Virgin. Son nouveau label serait-il moins exigeant ? « French Bazar » avait été élu album de l’année aux Victoires de la Musique en 2005. « Brusseld » est loin de pouvoir rivaliser avec ce dernier. Néanmoins, on est en présence d‘authentique’ Arno. Quelques titres semi-comiques, semi-tragiques (« Quelqu’un a touché ma femme », « Le lundi on reste au lit »), d’autres plus noirs (« Black Dog Day » ; et bien sûr des ‘légèretés’ comme « Mademoiselle ». Musicalement, rien de bien original, de bien ‘croquant’ à se mettre sous la dent. Des rythmes lents, répétitifs et des ritournelles auxquelles Arno nous a maintenant habitués depuis plus de 20 ans. Néanmoins, éclaircie dans la grisaille, on retiendra le titre « Brussels » qui a inspiré le nom à l’opus et devrait nous sortir quelque peu de notre léthargie. Entraînant, un peu plus musclé, électronique sur les bords, il deviendra probablement le futur single diffusé sur les ondes. Arno nous a préparé une espèce de pot au feu à la belge. Il y mélange différents idiomes et chante pour tous les Linda, Mustapha, Jean-Pierre bruxellois : arabes, flamands et wallons. Une démarche qui me rappelle un peu celle de Zazie quand elle avait écrit « Tout le monde ».

Honnêtement, j’attendais un peu plus de cette dernière plaque. Je recherche toujours chez ce génial flamand ce grain de folie. Cette touche particulière qui rend ce mec pas comme les autres. Hélas, cette fois, je reste sur ma faim. Oui bien sûr c’est du ‘Arno’. Mais j’ai dans la bouche comme un goût de trop peu, d’inachevé. J’ai l’impression de me farcir, pour une fois, de l’Arno de second choix. 

 

The Aces (Californie/USA)

No one rides for free

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Les Aces nous viennent de Santa Rosa, en Californie. Une formation née en 2000. Objectif : restituer le caractère primaire et brut du blues, dans l’esprit des juke joints issus des collines du Nord du Mississippi! Le combo a signé chez El Toro, un label espagnol, barcelonais pour être plus précis. Derek Irving en est le guitariste soliste et le frontman. Planté derrière son micro, Sky O'Banion souffle généreusement dans son harmonica. Mike ‘Junk Johnson’ Gutsch assure les percussions. Pour la circonstance, le trio a reçu le concours de deux guitaristes rythmiques : Bob Welsh et Chris Anderson. Ils assurent les parties de basse, un peu à la manière de Brewer Phillips auprès de Hound Dog Taylor. Les Aces composent leur répertoire. Ne les confondez cependant pas avec les Aces, le groupe de blues légendaire chicagolais, impliquant les frères Dave et Louis Myers ainsi que le batteur Fred Below, un ensemble qui avait accompagné brillamment des stars comme Little Walter et Junior Wells.

A première écoute, une référence évidente saute aux oreilles : les Red Devils de Lester Butler, celle de leurs débuts, il y a près de 20 ans. "You're gonna loose" nous donne immédiatement l’eau à la bouche. Implacable, la rythmique met instantanément le feu, à la manière du Jimmie Vaughan de ses débuts, lorsqu’il était flanqué des T-Birds. Les lignes de basse tracées par les six cordes rythmiques forment une ossature idéale! Sky, un colosse de près de deux mètres a certes le souffle puissant, mais ses interventions sont à la fois efficaces et bouleversantes. "Stole something for me" nous entraîne au sein d’un univers sonore proche des Red Devils. Ici également, la rythmique implacable balise l'ensemble. O'Banyon en profite alors pour chanter et souffler comme un possédé dans sa frêle musique à bouche. Il ne lâche jamais prise et sa voix est émouvante. La section rythmique nous invite à participer à un voyage tout au long de "Shed some light on me", un morceau plus Butler que nature. Sky chante à travers son micro astatique. Il prend son public à la gorge et ne relâche plus son étreinte. "Knee deep in mud" ralentit le tempo. L’harmo réverbère des accents fantomatiques. L’aspect lugubre des swamps louisianais remonte à la surface. Cinq bonnes minutes d’effroi, au cours desquelles, seul l'instrument chromatique parvient à communiquer une chaleur bienveillante. "Drinkin' song" macère au sein d’un climat de torpeur. Un blues lent et dépouillé à l'extrême au cours duquel des notes angoissantes s’échappent de l’harmonica. Sky chante tristement et nonchalamment. Derek en remet une couche à cette sinistrose, à l’aide de sa guitare, qui s’est insensiblement mais sûrement installée. La slide de "Need your lovin" nous transporte dans les climats humides du Delta du Mississippi. Les rythmes foisonnent, bouillonnent et sont projetés sur toute la scène. La slide d'Irving est poisseuse, reflet d'un mal de vivre évident. Toujours plongé au sein d’un même climat, Roy souffle frénétiquement dans les aigus lors d’un "Down in the cave" introduit par des notes orientalisées d’un sitar, dont l’âme a probablement été vendue au diable. "Mr Highway man" restitue l'ambiance des trips accomplis par le géant Howlin' Wolf. Et notamment à cause de ce riff inlassablement remis sur le couvert par Derek! La silhouette imposante de Mr O’Banion se profile derrière le shuffle vivifiant et torride "House on the hill". Et pour cause, il y impose son harmonica. "Kanka Kanka" achève cet elpee de toute bonne facture. La rythmique est implacable. L’harmo embrase un dernier brûlot interminable, pendant que les cordes se libèrent dans la braise. Un excellent opus dont la transposition en ‘live’ devrait faire des ravages…

 

X-Mary

Al Circo

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Il y a quelques mois, j’ai rédigé une chronique pour le moins acerbe de l’album de X-Mary, « A Tavola con Il Principo », un disque publié en 2006. J’y mentionnais que le punk-rock du groupe était d’une ‘monotonie criante’, la production plus que médiocre et concluais l’article en ces termes : ‘Ce n’est donc pas ce X-Mary qui va relever le blason du rock vert, blanc, rouge’. Autant dire qu’à l’époque, la musique des Italiens de San Colombano (Lombardie) était loin de m’avoir comblé. C’est donc en affichant un certain apriori que je me suis lancé à l’écoute d’« Al Circo ».

Première différence, mais elle est de taille, la production est nettement plus soignée que sur l’opus précédent. Et puis X-Mary démarre sur les chapeaux de roues en alignant deux morceaux allègres. Le ton est donné ! Le titre de l’album est vraiment significatif. Et pour cause, l’écoute des premiers titres a de quoi nous mettre déjà de bonne humeur. Et notamment « Mohamed Sahara » agité de rythmes latinos ainsi que « Giacomino II Re Del Circo » caractérisé par son ambiance ska. Mais on n’est pas au bout de nos (bonnes) surprises, puisque X-Mary change ensuite radicalement de style pour nous plonger au cœur d’un punk bien crade digne des Sex Pistols, au cours duquel les guitares crissent sous les cris du chanteur italien. A l’instar d’« If You Give My Love » ou encore de « Derby Crash ». L’opus recèle également quelques morceaux plus mélodiques. Et je pense tout particulièrement aux « Marco Ti Amo » et « Fatima ». De quoi calmer un peu les esprits. Bref, un tracklisting dont la diversité rime avec efficacité. Et puis le nombre de titres proposé sur cet elpee a de quoi rassurer : quinze. Bien plus digeste que la tartine interminable de vingt-quatre titres étalée sur le précédent cd.

Bref, cet « Al Circo » est parvenu à me réconcilier avec X-Mary, voire le punk italien. Ne reste plus maintenant qu’à confirmer. J’attends déjà impatiemment le prochain long playing…

Taxi Taxi !

Still Standing At Your Back Door

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Une rumeur battrait le pavé des ruelles sinueuses du Old Stockholm : la Petite Sirène ne serait pas danoise ! Non plus unique et singulière, elle se conjuguerait même sur le nombre duel et viendrait de la capitale. Voici le nom bifide de cette créature : Miriam et Johanna Eriksson Berhan. A l’écoute de la beauté  abyssale de leur premier opus, les bruits qui courent sur la nouvelle sensation de la scène indépendante scandinave pourraient dire vrai. Un folk féérique et enchanteur en témoignerait.

En bref : 2 + 2 + 2 = Taxi Taxi !

Soit deux jeunes surdouées, deux démos et deux ans de travail avant que Björn Yttling (Peter, Björn and John) ne produise leur premier six titres en 2006. Année où les deux sœurs jumelles hautes de 17 ans décident de fouler sans façons les planches des plus prestigieux festivals d’Europe du Nord (Roskilde, Hultsfred,…)

Expérience scénique qui servira de substrat à la réalisation de « Still Standing At Your Back Door ». Un premier elpee d’une grâce inouïe édifié de matériaux phoniques, de cristaux impalpables indélébilement : guitares acoustiques, ukulélé, fingerpicking, piano. Sonorités instrumentales plongées dans un océan de limpidité que font onduler mystérieusement des voix cristallines.   

Une bulle de savon musicale qui sonne comme une nuit d’été stockholmoise. Un opus d’une étrangeté fascinante qui mérite un arrêt sur image :

« Still standing at your back door », en ouverture, flâne d’emblée sur des rêveries tendres et mélancoliques. Un regard lent et obsessionnel inspiré des ondulations sonores de la mer Baltique.

« More childish than in a long time » écoute des percussions lointaines se pincer de cordes mélodiques. Une douceur acoustique qui défie le syndrome de Peter Pan.

« Old Big Trees » ferme le trio d’ouverture. Et, tout à coup, une voix moins implorante, plus assurée et enjouée, brise les mélopées intimistes du duo scandinave.

 « Same side of the moon » s’existentialise et hurle les avilissantes contraintes du corps. Celles qui posent des barrières à la perception, à la création. Un cri épuisé qui se ‘mosaïque’ en sens et transforme la langue. Les paroles, inouïes au sens propre et figuré, se substituent alors à la langue suédoise et explorent les rives de l’inintelligible.

« All I think of » est une piste où la production de Johan Berthling se fait particulièrement entendre. Un sillon orchestré d’une rythmique soignée de percussions lourdes et de cliquetis stridents qui miment délicieusement le clapotis du cœur livré continument à la marée de nostalgie qui le submerge, à la beauté inconfortable de l’existence.

  « The ripest fruit » surprend par un shuffle-latin-swing excentrique. Une piste déroutante à la rhétorique plus proche des frontières de Tijuana que de celles des provinces suédoises.

« … » : trois autres pistes aux saveurs surprenantes avant de refermer la porte sur « Mary ». Morceau touchant réenregistré de l’Ep éponyme de 2006 et paisiblement (re)décoré. Une mise en son finale au piano qui échoue et se rend oiseux par excès de subtilité et de formalisme. Un excès final de ‘byzantisme’ ?

Malgré les influences floues puisées au bord de la Baltique et chez l’Islande de Björk, « Still Standing At Your Back Door » se pose sereinement comme un premier album indéfinissable et résolument touchant. Album frôlé par l’aile de la grâce dans la forme et le fond : richesse dans les arrangements, véritable profondeur de songwriting et surprenante maturité.

Miriam et Johanna Eriksson Berhan se produiront le 25 mars prochain au Witloof Bar du Botanique. 

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