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RORI

En concert, j’aime être soutenue par de vrais musiciens.

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RORI n’est pas une inconnue dans l’univers musical, puisqu’elle était l’un des binômes de Beffroi, groupe qui a rencontré un succès populaire et critique. Mais l’aventure a pris fin à la mort de Valentin Vincent, fin 2017, des suites d’une longue maladie.

Après une inévitable reconstruction, la jeune femme s’est remise à rêver à une carrière musicale.

En choisissant de se produire en solo, elle emprunte désormais des versants pop, rock ou même funky tout en s’essayant à la langue de Voltaire afin de creuser un peu plus le sillon des émotions.

« Docteur » et ses larges passages n’est qu’un échantillon d’une palette de compos percutantes grâce auxquelles RORI s’exulte à libérer un mal-être.

Touchante et la sensibilité à fleur de peau, RORI a accordé, à Musiczine, une interview le jour de la sortie d’un Ep qui risque de faire couler beaucoup d’encre.

Analyse !

Camille, tu as milité au sein de Beffroi, une formation qui a connu pas mal de succès. Une aventure qui s’est achevée au décès de Valentin Vincent, à la suite d’une longue maladie. Comment s’est déroulée la période de transition entre Beffroi et RORI ?

Bizarrement, ça s’est bien passé. Tout s’est déroulé à mon rythme. De manière très naturelle. J’ai pris le temps de voir ce que j’avais envie de faire et de raconter. Durant cette période, j’ai également connu quelques expériences, mais toutes n’ont pas réussi.

Ce nouveau projet constitue finalement une forme de résilience…

Oui, on peut dire ça ! Mais pas que ! C’est l’envie de poursuivre un but, de trouver ce que j’avais envie de faire et comprendre ce qui me parlait le plus. Mais surtout de le trouver. Je dirais que c’est ça qui m’a conduit dans cette direction.

Ta musique est teintée de différentes couleurs. On y croise de la pop, du rock et même du funk. Est-ce que proposer quelque chose à la fois d’éclectique et multiple, ne risque-t-il pas de te disperser dans des genres parfois opposés ?

Non, je ne crois pas ! J’estime qu’il est plus enrichissant, y compris en ce qui me concerne, de varier les couleurs dans les chansons. J’écoute tellement de musiques et de styles différents que la manière d’avoir conçu cet Ep me correspond totalement. Finalement, le produit rendu possède une certaine homogénéité.

Un Ep quatre titres sort ce jour. Dans quel état d’esprit te sens-tu ?

Ça va plutôt bien ! J’avoue que j’étais un peu stressée, mais très contente d’avoir pu enfin sortir un Ep, en lieu et place d’un seul titre, comme l’année dernière. Le sentiment qui domine aujourd’hui est d’être parvenue à réaliser quelque chose de nettement plus concret.

Jusqu’ici tu chantais en anglais. Tu optes maintenant pour français. Cette nouvelle option te permet-elle de mieux te raconter et d’aller davantage dans les émotions ?

Tout à fait ! C’est d’ailleurs la raison pour laquelle j’avais le choix, jusqu’à présent, de ne pas chanter en français. L’anglais est un refuge qui permet de s’y cacher en quelque sorte. La langue française est plus riche. Elle permet d’être plus précise lorsqu’il s’agit de faire passer certaines émotions. Je suis contente d’avoir eu le courage de chanter dans ma langue maternelle.

On observe d’ailleurs aujourd’hui un retour de la langue de Molière chez pas mal de groupes ou artistes (Grand Blanc, Flavien Berger, Paradis, Feu! Chatterton, Perez…) A ton avis, quelle est la raison de cette décomplexion ?

Il y encore quelques années, un certain style d’écriture dominait. Il s’agissait d’un genre qui ne parlait pas nécessairement au plus grand nombre. J’écoutais de la chanson française très classique, mais je ne comprenais pas nécessairement le message que l’artiste souhaitait communiquer. Ce qui est intéressant aujourd’hui, c’est qu’on a éclaté cette façon de voir les choses. On se libère davantage sur ce que l’on a envie d’exprimer et la manière dont on a envie de l’exprimer.

« Docteur » a comptabilisé plus de 3 000 000 de streams. Une compo en français, peu de gens le savent, mais à la base, elle a été composée en anglais...

C’est exact, cette chanson était, au départ, écrite en anglais. Nous avions une session au Pays-Bas. Les Néerlandais ne parlant pas le français. Donc nous l’avons proposée en anglais. Je l’ai traduite. Tout comme « Ma place ». Je travaille encore de cette manière. Perso, il est plus facile pour moi de composer des mélodies en me servant de cette langue. Il s’agit juste d’une question d’habitude. En fin de compte, cette méthode de travail fonctionne et j’en suis très contente.

Tes chansons abordent des sujets personnels. « Docteur » met en exergue ce sentiment de se sentir différente. Alors qu’hier, cette différence te rongeait, aujourd’hui tu sembles la cultiver et en faire ta plus grande qualité.

Je ne crois pas cultiver cette différence. Nous sommes différents. Je n’ai ni l’envie, ni le sentiment de porter cet étendard. J’exprime, dans cette chanson, le fait d’être complètement perdue face à un entourage qui, lui, avait fixé des objectifs précis. Je ne me sentais pas du tout en phase avec cette situation. C’est ce côté différent que je souligne.

La santé mentale reste un sujet dont l’industrie musicale s’empare de plus en plus, à l’instar de Mustii qui rend hommage à son oncle atteint de schizophrénie, sur son dernier album, de Stromae pour « Enfer » ou encore de Selah Sue sur « Pills ».

A vrai dire, je n’ai pas cette impression. Ces thématiques existent depuis la nuit des temps. Les chansons que j’ai écoutées ont toujours été très personnelles. A titre d’exemple, je citerais Amy Winehouse ou encore les Beatles. Je crois que la seule différence est qu’aujourd’hui, l’espace pour partager son ressenti est plus important. On s’identifie peut-être plus facilement et on se sent concerné plus rapidement.

Justement, en abordant les problèmes de santé mentale, n’y a-t-il pas un risque d’en faire un absolu ?

Non, je ne crois pas. Je partage juste ma vie et les événements que j’ai traversés. Finalement tout le monde expérimente la même chose, mais à des degrés divers.

A l’avenir, pourrais-tu imaginer raconter des histoires fictionnelles ?

Oui, tout-à-fait. La volonté est d’expérimenter un peu plus l’écriture et voir ce que je peux sortir d’autre. Je m’y exerce en ce moment en m’inspirant notamment de films, de livres ou encore de rencontres.

Le choix de RORI comme nom de scène, ne permet-il pas aussi de dissocier l’artiste de Camille, la jeune femme que tu es ?

Effectivement, ce choix m’aide beaucoup et renforce ma confiance lors des concerts ou des interviews. Lorsque je suis RORI, j’arbore alors une casquette professionnelle, même si je n’aime pas trop ce terme. Je fais ce que j’ai à faire pour pouvoir accomplir mon travail correctement. Pour moi, un nom de scène assure une forme de protection, un peu comme ceux qui portent un costume dans l’exercice de leur métier.

Véritable autodidacte, tu bénéficies aussi des conseils avisés et de l’expérience d’Hadrien Lavogez.

Je travaille tout le temps avec lui. Il m’apprend énormément. Nous nous sommes rencontrés lors d’un concert. Nous avons pas mal discuté. J’aimais beaucoup sa manière de travailler. Il s’agit d’un vrai musicien, il connaît donc parfaitement son sujet. C’est ce que je cherchais à développer. Je lui ai envoyé un message, il a répondu positivement. On a commencé par une session, puis une autre en studio et la magie a opéré. On a continué à bosser ensemble, à tenter des expériences, à les rater et à recommencer.

Tu as tourné cet été dernier. De nouvelles dates sont bookées pour les prochains festivals. Mais en octobre, tu as eu l’occasion de ‘teaser’ tes nouvelles compos à l’AB, un endroit mythique en Belgique, ce qui n’est pas rien…

C’était une expérience très impressionnante. L’Ancienne Belgique a vu défiler tellement d’artistes que j’aime ou que j’ai découverts. C’est une salle qui offre une très bonne acoustique aussi. Pouvoir jouer dans de telles conditions procure évidemment beaucoup de plaisir. Il existe aussi ce sentiment que se produire devant un public donne plus de sens parce qu’avec les réseaux et plateformes de streaming, on ne voit que des chiffres, ce qui ne permet pas de percevoir la manière dont la musique touche les uns et les autres. C’est un sentiment assez étrange. J’ai présenté des morceaux qui n’étaient pas encore sortis. J’étais stressée, mais dès que je suis montée sur scène, tout s’est dissipé rapidement car le public a été réceptif.

Justement, tu as choisi la formule ‘groupe’. Hadrien t’accompagne sur les planches, mais aussi Pierrick Destrebecq qui a notamment milité chez Recorders, Abel Caine ou encore en compagnie de Mat Bastard. Une formule nécessaire pour donner une coloration plus rock aux compos ?

C’était une volonté de ma part. En concert, j’aime être soutenue par de vrais musiciens. J’ai rencontré Pierrick par l’intermédiaire d’Hadrien. Ils se connaissaient depuis des années. Ils ont tous les deux fréquenté l’école ‘Jazzstudio’ à Anvers. C’est un très bon batteur. Lorsque tu montes un groupe, il faut généralement du temps avant que la connexion s’établisse entre les membres. Ici, elles se sont mises en place beaucoup plus naturellement. Il ne me restait qu’à prendre le train en marche, ce qui ne m’a posé aucune difficulté.

Être accompagnée de musiciens est un luxe. Mon rêve a toujours été de pouvoir me passer des outils informatiques et de toutes ces machines lorsque je me produis en live. Aujourd’hui, nous sommes trois, mais la formule pourrait encore évoluer afin de pouvoir retrouver davantage cet esprit à l’ancienne.

Tu as terminé tes études en graphisme. Comment te projettes-tu professionnellement ? Est-ce que la musique constitue une réelle ambition ou s’agit-il juste d’une opportunité ?

J’ai toujours rêvé de faire de la musique. J’ai suivi des études en attendant de pouvoir faire autre chose. La musique est une priorité et il n’y qu’elle qui compte en ce moment…

 

 

 

Francesca Fulmini

L’infusion lente de Francesca Fulmini…

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Écouter la musique de Francesca Fulmini, c'est comme rentrer à la maison après une longue journée pluvieuse et se débarrasser simultanément de ses vêtements mouillés et des soucis de la journée...

Sa cadence chaleureuse vous enveloppe dans une étreinte teintée de jazz et de soul et offre une retraite loin du monde extérieur. C’est elle la sœur dont vous avez besoin pour venir vous chercher et vous donner une vérification de la réalité qui affirme la vie lorsque des doutes commencent à s'infiltrer, mais aussi celle qui comprend fermement votre chagrin d'amour.

La voix unique de la chanteuse peut être attribuée à ses racines belges, néerlandaises et italiennes. Le folk et le blues, qui lui sont présentés par un oncle, servent de base à son écriture brute et intimiste. De manière peu conventionnelle, c'est son père italien de 50 ans qui l'a initiée au RnB et le reste appartient à l'histoire.

Roy Ayers, D'Angelo, Erykah Badu, James Blake et Frank Ocean sont ses plus grandes inspirations.

C'est avec ces forces que Francesca Fulmini a enregistré « Slow Brew », son premier Ep. Un disque découpé en 6 titres nonchalants, chaleureux et réfléchis.

Cette chanteuse, auteure-compositrice et multi-instrumentiste prouve sans effort sa valeur et ne vous quittera certainement pas des yeux et des oreilles...

Le clip consacré à « No Rules » est disponible

Cloudie

Cloudie se lance en politique…

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La tête dans les nuages, Cloudie nous invite dans son univers coloré, pétillant et rêveur. Mais ne vous faites guère d’illusions : son monde n'est pas tout rose !

Derrière sa musique enjouée et positive, aux touches de nostalgie, cette jeune artiste belge de 24 ans aborde avec subtilité des sujets tels que l’anxiété, la lassitude, le désir ou encore, le manque de confiance en soi. Cloudie trouve sa place dans la pop francophone, aux notes urbaines et de variétés.

La jeune artiste originaire de Liège s’inspire des artistes de la scène pop américaine d’aujourd’hui comme Billie Eilish, Sasha Alex Sloan, Lolo Zouai et Bea Miller mais est également influencée par de nombreux artistes francophones comme Louane et Angèle en passant par Orelsan, Tessae ou encore Poupie.

Sa musique rafraîchissante est colorée de notes urbaines, folk, variétés et latines. Elle nous fait passer de l’amour à la tristesse et de la joie à la douleur. Cloudie nous offre un savoureux mélange de toutes les petites émotions qui lui passent par la tête.

Plus jeune, Cloudie se forme à la rigueur du chant lyrique à la maitrise de l’Opéra Royal de Wallonie (Liège). Elle décide alors d’apprendre la guitare et le clavier, en autodidacte, pour se lancer dans la composition. Perfectionniste et touche à tout, elle apprendra plus tard la production afin de composer, écrire et co-produire son premier Ep, dont la sortie est prévue pour l’hiver 2023.

« Pacwoman », son second single, est disponible sous forme de clip,

 

 

Moonya

Le S.O.S. de Moonya

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Amandine Fontaine-Rebière, aka Moonya, est une artiste originaire du canton brionnais.

En 2003, elle a fondé, en compagnie du musicien David Fontaine, le duo AÑA. Elle se charge des vocaux et de la guitare ; lui de la basse. Il se partagent le clavier et la batterie.

En parallèle, Amandine s’est également lancée dans une aventure solo. En 2013. Le public apprécie ses créations pop et répétitives, presque hypnotiques.

Moonya chante aussi bien en français qu’en anglais. Mélangeant le rock et l'électro, la musique de Moonya est puissante et douce. À la fois rêveuse et révoltée, utopiste et torturée, elle mélange ses états d’âme et tisse une toile sonore personnelle.

"Save me", son nouveau clip a été mixé par Etienne Caylou (Woodkid, Eddy de Pretto, Brisa Roché...) et il est disponible

 

 

Cléo (Belgium)

Cléo revisite Disney…

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Parue en single, « Peter Pan » est une chanson qui parle de nos rêves d'enfants, de la peur de grandir et de cette part d’innocence, d’insouciance et de liberté qu'il faut garder et savoir écouter pour continuer de rêver grand selon Cléo.

Un mélange de mélancolie, d'espoir, de tendresse et de légèreté. La chanteuse et productrice lui a donné une couleur pop en gardant toujours des sonorités chaudes et organiques, en laissant de l’espace et de la profondeur pour le texte et la voix.

Un texte tout droit sorti du cœur de la Cléo enfant qui rêvait déjà de sa carrière de chanteuse. Une enfant à part, en mal d’intégration, en manque d’attention, casque sur les oreilles, dans son monde. La musique était déjà son refuge.

Cléo redéfinit le personnage de la diva des temps modernes : un savant mélange entre la puissance d’une femme qui s’assume et la douceur d’une hypersensible.

Hommes ou femmes, elle ne laisse personne indifférent. Balancée de producteurs en signature de labels depuis plus de 10 ans, cette femme fatale a longtemps écumé les scènes, de Bruxelles à Paris, sans jamais que sa musique ne puisse voir le jour telle qu’elle l’avait toujours imaginée.

En 2018, elle se recrée alors un véritable laboratoire musical, créatif et apaisant, au sein-même de son appartement en région bruxelloise. C’est ce retour aux sources qui lui permet d’incarner aujourd’hui son propre personnage : une femme forte et douce, une Castafiore contemporaine que l’on entend mais que l’on voit également, assumant sans détour son histoire et sa personnalité.

La session ‘live’ consacrée à la compo « Peter Pan » est à découvrir ici

 

 

Marcel

Marcel en toute intimité…

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Marcel, c’est un fantôme carnavalesque qui aime faire beaucoup de boucan en se frottant à la joue des humains avec tendresse. Comme un chat boiteux à la queue duquel on aurait attaché des cymbales. Insupportable mais bizarrement sympathique, sa musique doit autant à Jonathan Richman qu’aux frappes tendues de Steven Gerrard ; aux guitares tordues de Sonic Youth qu’à la peinture expressionniste allemande ; aux dessins-animés idiots de leur adolescence qu’à la philosophie présocratique.

Fondé à Arlon, ville la plus ancienne de Belgique avec la plus haute concentration de cafés par habitants, Marcel prend le plus souvent la forme d’un quintet. Les guitares et la basse font comparaître 50 ans de musique saturée devant un tribunal révolutionnaire : rock’n’roll, post-punk, punk-rock, grunge, noise et indie ; et le tout défile joyeusement devant la barre, dans le désordre le plus complet. La batterie malaxe le tout avec des beats qui emportent l’auditeur dans une vieille locomotive fêlée, sans trop regarder dans le rétro. Enfin, la voix ressuscite le Sprechgesang de Brecht et la chanson dadaïste du Cabaret Voltaire dans une langue anglo-wallonne, comme un monsieur Loyal qui aurait fait ses armes au CBGB tout en gardant la nostalgie des paysages de Lorraine belge.

La vidéo d’« Intimité » feat. Blank est à voir et écouter

 

Ferdi

La vie de château de Ferdi

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Ferdi a sorti son premier Ep solo, « Val Duchesse », fin de l’an dernier. 5 titres qui naviguent à la frontière du jazz, du hip hop, du RnB et de la néo-soul. Un projet 100% instrumental dans lequel on retrouve d’ailleurs Béesau à la trompette, sur un titre.

La musique de ce projet se révélant cinématographique, Ferdi a décidé de mettre en image l'intégralité de l’elpee, pour illustrer au mieux son univers. Après une semaine de tournage sur la Côte d’Azur, son ami réalisateur Virgil Hombach et lui-même finissent de tourner tous les titres dans une ambiance vintage, entre les 70’s et aujourd’hui. A l’image de son Ep, moderne et intemporel.

« Son Corps », l'intro du projet, est une ballade romantique, langoureuse et planante. Autour d’une harmonie puissante, le saxophoniste y interprète un thème fort, sur une prod léchée qui sonne entre r’n’b et nu-soul.

Le clip consacré au titre maître de l’Ep, « Val Duchesse » est à découvrir ici

 

dEUS

Authenticité, fidélité, frivolité et spontanéité…

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dEUS a sorti un nouvel et excellent album studio, onze longues années après avoir gravé « Following sea ». La formation drivée par Tom Barman compte quand même 32 années d’existence, mais il est vrai que l’Anversois mène, en parallèle, des autres projets, et pas seulement musicaux. Il a ainsi réalisé un film, « Any Way the Wind Blows », en 2003, des vidéos pour des compos du groupe et s’est passionné pour la photographie. Il a ainsi exposé récemment au sein d’une galerie, dans sa ville natale. Mais c’est son batteur, Stefan Misseghers, qui s’est collé à l’interview pour nous parler de « How to replace it », le huitième elpee studio. D’une grande diversité, cet LP viendra, sans doute, renforcer une popularité jamais remise en question, malgré la parcimonie avec laquelle le groupe d'origine anversoise délivre de nouvelles compositions. C’est ce que nous explique notre interlocuteur, drummer au sein du band depuis deux décennies et qui lui est... gantois

Ce long playing s’avère très varié, contrasté même. Cette richesse est-elle la conséquence des side projects entrepris par différents musiciens ?

Sans doute. C'est certainement le cas de Tom, qui a pris une envergure supplémentaire au sein de Magnus, notamment.

Perso, j'ai produit huit albums au cours des dix dernières années, dont l'avant-dernier de Stake, « Critical method » et celui d’Absynthe Minded, « Jungle Eyes » (NDR : en 2017) ; ce qui a certainement eu une influence sur mes goûts musicaux.

Mais nous avons surtout décidé de renoncer à quelques idées artistiques, comme celle d’ajouter des arrangements trop symphoniques, ce qui n'était plus soutenable sur la longueur. Néanmoins, nous ne nous sommes pas tourné les pouces pendant dix ans chez dEUS. Nous avons beaucoup bossé et réfléchi seuls ou ensemble pour déterminer les nouvelles directions à prendre. Que faire après 7 albums et dix ans de silence ?

Après la tournée anniversaire de « The Ideal Crash », paru en 1999, il y a trois ans, on s’est demandé quel changement il fallait opérer si nous voulions poursuivre notre aventure ; ce qui ne signifiait pas faire table rase du passé. Mais nous souhaitions que notre musique redevienne un peu plus légère par rapport à l'album « Vantage Point », où tout était très compressé, très down, lourd, voire dangereux. Et s'il y avait un élément que nous pouvions reprendre des débuts de dEUS, c'était bien la légèreté, la frivolité, du rythme et de la spontanéité. Et puis de la lumière face à l'obscurité… (il sourit)

Musique populaire

Le morceau « 1989 » est d'ailleurs carrément référentiel. La musique que vous interprétez, et ce n'est pas une critique, émane du siècle dernier.

C'est l'époque de la genèse du groupe, mais nous tentons en tout cas d'y inclure des influences contemporaines, d'actualiser les sonorités.

Mais « 1989 » rend hommage aux années 80, aux drums électroniques notamment. Et puis, c'est surtout l'année de formation de dEUS.

Dix ans sans nouvel album, huit ‘studio’ seulement en trente ans, et pourtant la formation reste toujours aussi populaire...

Pour survivre longtemps, il faut créer la rareté. Et parfois elle se prolonge plus longtemps que prévu (il rit).

Mais nous nous sommes toujours produits, avons sorti des ‘best of’, une réédition de « The Ideal Crash », dans le cadre de l’anniversaire de sa parution. Dix ans c'est très long, en effet, mais nous avons des excuses personnelles à faire valoir. J'ai divorcé, Klaaz Janzoons également, Mauro Pawlowski a quitté le groupe et nous avons dû procéder à un nombre incalculable d'auditions avant de dénicher un guitariste suffisamment éclectique. Nous disposons, en effet, d’un back catalogue particulièrement riche de plus de 100 morceaux.

En ce qui concerne notre popularité qui est restée intacte, je pense que chaque fois que nous sortons un disque, il résonne auprès de nombreuses personnes. C’est le résultat d’une certaine expertise, d’un bon management, mais surtout d’une authenticité et d’une fidélité à notre identité originelle, à notre personnalité.

Un peu comme les groupes de heavy metal qui possèdent une ‘fan base’ solide parce qu'ils respectent une même approche qu’à leurs débuts. Ils ne dérogent à une formule bien établie ou pas beaucoup, en tout cas. Cette fidélité à eux-mêmes se reflète au niveau de leur public.

Français-flamand

dEUS c'est un peu la même chose avec une base plus large ?

Sans doute, mais, elle fluctue un peu, car nous n'avons jamais réalisé deux fois le même album. On essaie de se renouveler, ce qui attise la curiosité de notre public. Il s'agit de l’itinéraire artistique d'un groupe qui tente de ne pas se répéter, ce que le public respecte.

« Le Blues Polaire », chanson interprétée en français qui clôt l’elpee, ressemble très fort à « Quatre Mains, titre qui ouvrait le précédent...

San doute à cause de la manière dont Tom l’interprète ; son phrasé est à peu près le même, sur ce morceau…

Nous avons énormément travaillé sur cette compo. Mais j'avoue que lorsque j'ai écouté la première démo, j'étais très sceptique, d'autant que notre seul dogme au sein de la formation, est de ne pas se répéter.

Or, nous avions déjà enregistré « Quatre Mains » en français. Et surtout, j’estimais que le morceau sonnait un peu trop Gainsbourg. D'accord pour une chanson en français qui emprunte à Gainsbarre, mais sans en faire trop pour autant, et en se servant d’une musique qui soit à l'opposé. On ne voulait ni d’un plagiat, ni d’un hommage ; simplement utiliser les éléments de Gainsbourg, mais sans l'imiter.

J’ai joué le rôle du mouton noir, du râleur de service. Mais Tom est très persuasif et il n'est pas simple de s'opposer à sa volonté.

Et finalement, « Le Blues Polaire » est devenu ma chanson préférée (il rit).

Et pourquoi pas une chanson en néerlandais alors ?

J'ai le sentiment que ça viendra un jour. Mais l’idée doit encore mûrir un peu. Et pourquoi pas un album complet en flamand ? (il sourit)

Comme les Kreuners alors ?

(Il rit) Ah non pas comme les Kreuners, c'est juré !

dEUS : album « How to Replace It » (Pias) – sorti le 17 février 2023

 

Rozi Plain

Prize

Écrit par

« Prize » constitue le cinquième LP de Rozi Plain, un disque pour lequel elle a reçu le concours d’une floppée d’invités, dont deux saxophonistes, une banjoïste, une harpiste, une violoniste, un préposé aux synthés ainsi qu’une section rythmique aussi discrète qu’efficace ; ondoyante, la ligne de basse s’insinuant même dans l’expression sonore, sans jamais s’imposer. Kate Stables, la leader de This is The Kit, combo au sein duquel milite également Rozi, est même venue donner de la voix sur l’une ou l’autre compo, quand elle ne participe pas aux superbes harmonies vocales.

Plain se charge du lead vocal, et elle accompagne sa douce voix d’une guitare électrique ou acoustique, mais minimaliste, qu’elle joue en arpèges envoûtants, complexes et élégants, tout en modulant ses interventions suivant le climat et de la structure souhaités. Son pop/folk lo-fi se teinte régulièrement de jazz bucolique. Enfin, des synthés ouatés (New Muzik ?) s’infiltrent naturellement dans les compos vaporeuses, évanescentes, intimistes ou introspectives et deviennent étonnement aventureux sur l’excentrique « Painted the room black ».

Crows

Beware believers

Écrit par

Pour composer les textes des chansons de ce « Beware believers », second elpee de Crows, James Cox a beaucoup lu les ouvrages de J.G. Ballard et de Kurt Vonnegut. Il en résulte des lyrics qui traitent de la décadence de la politique et de la société, en Grande Bretagne. Et notamment de l’angoisse face au Brexit (« Garden of England »), des dérives du Département d’aide sociale en matière de pensions et d’hébergement des enfants, le DWP (« Closer still »). Entre autres. Une angoisse que reflète également « Room 156 », une piste dont l’atmosphère est entretenue par le tempo hypnotique.

Le ton peut même devenir carrément nihiliste. A l’instar du frénétique « Only time », un morceau bien punk ou de « Slowly separate », imprimé sur un tempo tribal.

En général, le climat est sombre, la voix ténébreuse de Cox reflétant son désespoir sur « Moderation », mais aussi « Healing », une plage post punk chargée d’amertume et de haine. Et puis, l’inquiétude hante le puissant « Wild eyed and loathsome ».

« Meanwhile » adopte une forme de psychédélisme rencontré chez Black Rebel Motorcycle Club. Et dans le même registre, la voix de Cox s’élève et se couvre d’accents dramatiques en traversant une brume de guitares épaisses et saturées sur l’inquiétant et incisif « Sad lad » ; une voix qui régulièrement emprunte les intonations de Mark Burgess (Chameleons).

A conseiller vivement si vous appréciez The Murder Capital, IDLES ou encore Fontaines DC.

En concert le samedi 11 février 2023, à l’Aéronef de Lille.

My Idea

Cry Mfer

Écrit par

Nata Amos (Water From Your Eyes) et Lily Konigsberg (Palberta) forment le duo de pop avant-gardiste My Idea et détiennent, grâce à « Breathe you », titre sucré issu de « Cry Mfer », un hymne de poche plutôt irrésistible ! Dans un monde parfait, il passerait d’ailleurs en boucle à la radio tant il est addictif… Bande-son de leur couple qui traverse un quotidien souvent compliqué, « Cry Mfer » navigue entre indie folk (« Baby I’m the Man »), électro-pop (« Lily’s Phone ») et même parfois expérimentation (« Popstar »).

Inventif de bout en bout, avec une fausse légèreté mais un véritable talent, le duo de Brooklyn se fait de plus catchy et semble parfois à la limite du mauvais goût. Exigeant mais terriblement accessible, c’est un défi qui n’est pas donné à tout le monde !

The Garbage & The Flowers

Cinnamon Sea

Écrit par

The Garbage & the Flowers est une phrase extraite de la célèbre chanson « Suzanne », signée par feu Leonard Cohen. C’est également le patronyme choisi par cette formation originaire de Nouvelle-Zélande, mais aujourd’hui établie en Australie. La toile ne fournit pas beaucoup d’infos au sujet de cette formation fondée en 1991 par Yuri Frusin et Helen Johnstone, rejoints d’abord par le batteur Torben Tilly. Au fil du temps, le groupe a connu des phases d'interruption et de résurgence, travaillant avec des musiciens tels que Paul Yates, Heath Cozens, Rachel Davies, Kristen Wineera et Stuart Porter. Il a même sorti des albums et des K7 devenus aujourd’hui quasi-introuvables.

A vue d’œil, les musicos doivent avoir dépasser les cinquante balais. Et il nous propose donc un mini elpee réunissant cinq morceaux dont la production DIY saute aux oreilles. Un court instant, on a l’impression d’être replongés au cœur des 60’s.

Entraînée par les voix de Frusi et Johnstone qui alternent derrière le micro, sa musique se fait tantôt psyché/rock, tantôt psyché folk ou carrément ‘unplugged’. Le spectre du Velvet Underground plane régulièrement tout au long de ce mini elpee. Quand ce n’est pas celui de Syd Barrett ou encore de Nick Drake.

Si l’écoute de « Cinnamon Sea » devrait ravir les mélomanes nostalgiques, on imagine mal The Garbage & The Flowers traverser les océans et conquérir un nouveau public. De toutes manières, ce n’est clairement pas son objectif… il serait plutôt enclin à accorder des prestations champêtres aux milieu des quatre vents…

Orbel

Lur Hezea

Écrit par

Issu de Bayonne, Orbel est responsable de deux albums à ce jour. Son premier, « Hegan », est paru en 2019. A l’époque, on lui attribuait des vertus doom metal et dark wave. Son second opus, « Lur hezea », évolue au sein d’un univers davantage crépusculaire et mélancolique, naviguant quelque part entre trip hop (Portishead ?), électro expérimentale (Thom Yorke ?) et world mystico-baroque (Dead Can Dance ?)

Les incantations vocales d’Annelise évoquent inévitablement celles de Lisa Gerrard, même si les paroles sont interprétées en… basque ! Les bourrasques de guitare rappellent le passé doom de la formation et tout particulièrement sur l’apocalyptique « Okerra ». Après la berceuse gothique et lancinante Hitzordua », l’elpee s’achève par le plus chaleureux « Gau Batez », un morceau enrichi par des interventions (probablement) d’harmonium.

Un regret quand même, ce manque de relief dans ces rythmes (?) électroniques. Au fil du temps, ils finissent par plomber des compos qui gagneraient à essuyer davantage de turbulences…

OK Panda

Perspectives (Ep)

Écrit par

Formation bruxelloise, OK Panda vient de sortir son premier Ep. De trio, elle est passée à un quatuor depuis que le chanteur/compositeur/multi-instrumentiste du duo électro 4th Dimension, Alexis André, a rejoint le line up.

Cinq plages figurent sur cet Ep, dont la première, instrumentale, est introduite par des sonorités de moog réminiscentes de feu Keith Emerson, avant de laisser parler les guitares.

« Gone love » et « War on radio » abordent une électro/pop dans l’esprit de The 1975, alors que « Dorothy » concède des accents davantage funkysants.  

Le disque s’achève par « Enough », un morceau plus électrique qui confirme le goût des musicos pour la britpop.

La release party se déroulera le 8 avril 2023 au club du Cirque Royal de Bruxelles.

Detonics

Detonized

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Cette formation batave avait remporté le Dutch Blues Challenge en 2016 et l’année suivante, s’était hissée en demi-finale de l’international Blues Challenge à Memphis, dans le Tennessee.

« Detonized » constitue son troisième elpee, un disque dont la musique puise ses sources dans le West Coast blues traditionnel des fifties et le Mississippi blues. Et pour respecter le plus fidèlement possible ces styles, le quintet a enregistré cet opus en analogique, à l’aide de micros, d’instruments et d’amplis à lampes d’époque. Rien que le Hammond aux sonorités véritablement vintage donne le ton.

La plupart des plages de ce long playing oscillent entre rock’n’roll, boogie, shuffles et ballades nostalgiques. Et lorsque l’expression sonore vire au blues/rock, c’est aux Fabulous Thunderbirds qu’on se met à penser.

« Money train » trempe dans un americana inspiré par les Blasters. « Memphis » se déchaîne, à mi-parcours, dans l’esprit de Los Lobos, alors que l’intimiste « Love is gone » se frotte au jazz. Quant à « Life’s your best friend », il groove paresseusement sur un tempo funkysant.

On en oublierait presque le swing entretenu par la contrebasse et les accès d’harmonica, qui selon les circonstances se fondent dans l’ensemble ou déchirent littéralement l’atmosphère…

Odonata

Gravitational perturbation

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« Gravitational perturbation » constitue le premier elpee de cette formation limougeaude, au sein de laquelle figure Steff Tej, un personnage surtout connu pour avoir sévi chez les Ejectés, groupe de reggae/ska/rock responsable d’une quinzaine d’album entre 1989 et 2018. Cependant, pas question de musique jamaïcaine sur le premier opus d’Odanata, mais plutôt une forme de psyché-prog-kraut-doom au sein de laquelle on retrouve des réminiscences du Floyd circa « Interstellar overdrive », de Hawkwind, de Gong et d’Amon Düül II.

Apparemment, pas de bassiste au sein du line up, mais deux guitaristes, Steff et Fabienne Albiac, ainsi qu’une drummeuse répondant au doux nom de Betti Lou Dugnolle. Elle imprime un tempo hypnotique, pour ne pas dire métronomique, aux compos.

Il n’y en que six plages sur le long playing, mais deux d’entre elles dépassent les 9’. Propices à la transe, elles manquent quand même de variation, à tel point que parfois on se demande si elles ne sont pas toutes issues d’un même moule…

El Fatso

Bravado (Ep)

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Second Ep pour El Fatso, une formation batave (NDR : elle est issue de Rotterdam), dont la musique oscille entre metal, prog, stoner et pop.

Quatre plages qui alternent envolées frénétiques (le début de « Do or dread », l’intro et la conclusion de « As above, so below »), passages déchiquetés et moment plus complexes, entretenus par les guitares qui se permettent même, circonstanciellement, d’entrer en duel.

Haut-perchée, la voix est parfois soutenue de chœurs, et souvent en fin de parcours ; et sur le mystérieux « White noise », que dynamise une ligne de basse caoutchouteuse, ils achèvent même la piste, a cappella.

« As above, so below », dernier titre de cet Ep, est aussi le plus élaboré. Epique, il concède, à mi-parcours, un intermède atmosphérique importuné par du spoken word et traversé d’un vocal incantatoire...

Television

Le punk/rock américain vient de perdre un de ses pionniers : Tom Verlaine est décédé ce samedi 28 janvier 2023.

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De son véritable nom Thomas Miller, Tom Verlaine est décédé ce samedi 28 janvier, à l’âge de 73 ans, à l’issue d’une brève maladie. Après Jeff Beck et David Crosby, il vient s’ajouter à une longue liste de disparition de musiciens célèbres dans l’univers du rock, enregistrée en ce début de l’année 2023.

Considéré comme un des pionniers du punk américain, ce natif du New Jersey avait fondé Neon Boys en compagnie de Richard Hell (NDR : il quittera le navire dès 1975 pour rejoindre Johnny Thunders and The Heartbreakers avant de former les Voidoids), en 1972 avant d’opter pour le patronyme Television à partir de 1974, recrutant pour la circonstance Richard Lloyd. La formation s’illustre au sein du circuit underground new-yorkais en élisant résidence au CBGB’s, à l’instar des New York Dolls, des Ramones, des B-52’s, de Patti Smith, des Stilettos (futur Blondie), des Cramps et des Talking Heads. Entre autres.

Guitariste au toucher subtil et singulier, inspiré par le jazz de John Coltrane et le psychédélisme, responsable de textes poétiques (NDR : raison du choix de son pseudo Verlaine) qu’il interprète d’une voix étranglée, Tom va influencer une multitude de sixcordistes, et notamment The Edge (U2), Thurston Moore (Sonic Youth), Steve Wynn (Dream Syndicate), Will Sargeant (Echo & The Bunnymen), Edwyn Collins (Orange Juice), John McGeoch (Magazine) ainsi que Lloyd Cole. Et la liste est loin d’être exhaustive.

En 1976, Television signe chez le label major Elektra sur lequel il grave « Marquee Moon », un elpee dont le titre maître (en écoute ici)

deviendra un véritable hymne du punk/rock américain. Dans la foulée, le combo publie « Adventure », un second opus qui se solde par un échec commercial retentissant, alors qu’il recèle quelques perles. Television ne résiste pas à ce revers et se sépare. Tom se lance alors dans une carrière solo émaillée de quelques excellent long playings, mais sans pour autant récolter davantage de succès. En 1991, Television se reforme, sort un excellent LP éponyme. Depuis, il se produit sporadiquement en concert, situation qui va perdurer pendant deux bonnes décennies, même si Richard Lloyd quitte définitivement le band, en 1997, pour raisons de santé. En 1996, Tom avait participé à la tournée mondiale qui avait marqué le retour de la chanteuse et poétesse Patti Smith. Outre ses nombreuses collaborations, il avait encore publié un album solo en 2006, « Around ». Television avait enregistré une dizaine de morceaux destinés à un nouvel opus, dont la sortie était prévue pour cette année…  

RIP

 

 

Funky Rob

Il aurait même pu reprendre le célèbre « Get Up Sex Machine » de James Brown…

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Ce soir, ‘Funky’ Rob, aka Robert Roy Raindorf, se produit au club de l’Ancienne Belgique. Fin des seventies, le Ghanéen avait signé deux hits devenus des classiques, aujourd’hui quelque peu oubliés : « Funky Rob Way » (1977) et « Make It Fast, Make It Slow » (1978). Ce dernier morceau avait même été samplé par l’incontournable J Dilla. La salle est bien remplie, comme celle du rez-de-chaussée, qui accueille les rappeurs du 91. Pas de supporting act. Le concert est annoncé pour 20h30. Il débutera avec 20 minutes de retard.

ROB, c’est du funk ghanéen emprunté à des références du style, comme James Brown et Otis Redding.

En ‘live’, Funky ROB est soutenu par le Flammer Dance Band, un sextuor norvégien, responsable d’une musique afro-psychédélique. Soit un percussionniste (djembés, tambourins aux dimensions réduites), deux guitaristes, un bassiste, un drummer, un saxophoniste et un préposé aux synthés.

C’est ce collectif qui ouvre le set par deux morceaux instrumentaux, avant que Funky ‘ROB’ ne débarque. Hormis la chemise et la ceinture de couleur blanche, il est vêtu de rouge : costard, cravate et stetson enfoncé sur le crâne.

Particulièrement souriant, il communique instantanément sa bonne humeur à l’auditoire. Les synthés vintages, les effets planants, quelques grooves sympas, des breaks enlevés et des percus généreuses incitent tout le monde à danser. Que ce soit sur le podium ou dans la foule. Rob invite des filles à danser avec lui sur l’estrade. Une dizaine d’entre elles vont ainsi défiler lors du show. Et quoique particulièrement émoustillées, elles dansent plutôt bien, il faut le reconnaitre. Et dans le même esprit, les musicos vont également participer à ces mouvements collectifs. Si ses paroles sont plutôt simples et répétitives, ROB mouille sa chemise, à la manière d’un James Brown. Et alors que les riffs de guitares funkysants à la Nile Rodgers et les accords de basse en slap tapping sont légion, les interventions du saxophoniste enrichissent l’expression sonore.  

Funky Rob quitte la scène le temps de deux morceaux, mais lorsqu’il revient sur les planches, c’est pour attaquer ses deux hits, « Funky Rob Way » et « Make It Fast, Make It Slow ». Deux compos bissées, mais sous des formes différentes

Certains titres virent parfois à l’afro beat psychédélique à la manière de de Fema ou de son père Fela Kuti. Un périple à travers l’Afrique occidentale qui concède quelquefois des réminiscences au blues du désert.

Avant de vider les lieux, ROB salue longuement la foule, entraînant avec lui, derrière la scène, deux filles apparemment surexcitées. On ne connaît pas la suite de l’histoire. A vous de l’imaginer…

Il aurait même pu reprendre le célèbre « Get Up Sex Machine » de James Brown…

Setlist : « Intro - Gatta See You Again », « He Shall Live In You », « Make It Fast », « Funky Rob Way », « How Do You Think You Are », « Loose Up Your Self », « Just One more Time », « Boogie On », « Moor », « Make It Fast original », « Extra Lat », « Make It Fast Remix »

(Organisation : Ancienne Belgique)

 

The Inspector Cluzo

The Inspector Cluzo

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The Inspector Cluzo, c’est un duo gascon originaire de Mont-De-Marsan. Des rockers qui cultivent du bio, élèvent des canards ainsi que des oies. La moitié de l’année, ils la consacrent à la ferme et l’autre au rock’n’roll. Le guitariste Laurent Lacrouts et le batteur Mathieu Jourdain ont fondé ce projet en 2008.

‘Diriger une ferme familiale est plus rock que jouer de la musique rock'n'roll’ proclament les musicos lors du très métallique « Running a family farm is more rock than playing rock‘n’roll ». Pendant deux ans, ils ont développé des techniques agroécologiques aptes à faire face au changement climatique tout en composant ce neuvième opus studio, « Horizon », une œuvre inspirée par le quotidien difficile des agriculteurs. Les sessions se sont déroulées pendant trois semaines, à Nashville.

Ecolos dans l’âme, ils adressent, à travers leurs chansons, des messages forts destinés à protéger notre belle planète. Ils évoquent des évènements qui se sont produits dans leur vie quotidienne comme lorsqu’ils se sont opposés (en vain) à la construction d’un bâtiment industriel destiné à l’élevage de canards en pleine pandémie de grippe aviaire, désastre qui en a tué des millions, mais aussi des poulets, en France, deux ans d’affilée, sans toucher leur ferme. Et pourtant, ils ont dû affronter l’État français et l’agro-industrie locale qui voulaient abattre leurs animaux sains, juste par prévention ; ce qui les a amenés à faire de la désobéissance civile et rencontrer de sérieux problèmes auprès des autorités. Ils ont finalement gagné le combat et évité le sacrifice de leurs oies des landes grâce, notamment, au professeur Jean Luc Guérin qui étudie actuellement leur système agronomique unique en son genre. C’est ce qu’ils racontent dans « Saving The Geese ».

Le chant de Laurent passe allègrement des aigus aux graves tout au long de « Shenaningans », alors qu’une jolie voix féminine vient adoucir l’ensemble.

« The Outsider » rend hommage à leur ami américain Ivan Kolpakoff qui apporte sa collaboration aux textes, depuis plusieurs années déjà.

Ils ont pu observer les hirondelles dans leur grange deux années durant alors que ces oiseaux se font de plus en plus rares, à cause de l’utilisation abusive de pesticides dans le monde. C’est ce qu’ils racontent dans « Swallows » et « Swallows Back »

Même si l'agriculture fait aujourd'hui l'objet d'un ‘green washing’, ce qui signifie que les véritables initiatives dans ce domaine sont quelque peu mises en veilleuse, l'espoir demeure. On retrouve ce concept dans le titre maître. Cette plage aurait dû figurer sur leur premier LP, publié en 2008, mais il est resté dans les cartons. Il leur a fallu 15 ans pour terminer les paroles. Ils ont pris le temps de trouver les mots justes pour exprimer leur philosophie de vie. Ce morceau a été traduit en clip d’animation par Maxime Cazaux qui se sert, pour la circonstance, des peintures/dessins de Marc Large (Charlie Hebdo, Siné Mensuel, Fluide Glacial, Le Canard Enchainé). Et il est disponible .

Le duo nous invite également à sillonner les grandes plaines de l’Ouest américain, mais également à s’enfoncer dans les méandres du Delta du Mississipi parmi les alligators et les serpents venimeux (« Act Local Think Global ». A la manière de ZZ Top, la paire libère une énergie bien sudiste tout au long de « Wolf At The Door ».

Lors des sessions, The Inspector Cluzo a également reçu le concours de quelques ami(e)s dont l’organiste (NDR : également issu de Nashville) Charles Treadway, la violoniste Eléonore Denig et la violoncelliste Cara Fox. Cette dernière s’illustre sur « 9 Billion Solutions » alors qu’Eléonore enrichit de ses interventions « Rockophobia », un blues bien crasseux auquel participe également, comme invité… Iggy Pop. Et dans le même registre, « The Armchair Activist » campe un boogie bien graisseux et entrainant.

Isabelle K

De l’obscurité à la lumière…

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Isabelle K est une artiste française, qui partage sa vie entre Paris et la Normandie. Elle sort aujourd'hui son premier album solo "Noir", qu'elle a entièrement produit, écrit et réalisé.

Son parcours éclectique riche en formations, collaborations et expériences diverses, aussi bien en musique, théâtre, cinéma, vidéo et arts plastiques lui a permis d'approfondir au fil du temps, sa sensibilité, son indépendance artistique, pour aboutir enfin à ce nouveau projet.

Elle se livre à cœur ouvert, sur sa fragilité, ses doutes, ses illusions perdues, la perte d'êtres chers, la possibilité d'une renaissance.

Une plongée dans un univers poétique, onirique et sensuel, où les textes essentiellement écrits en français sont à la fois parlés et chantés, sur des beats qui nous tirent vers la vie.

Pop, soul, électro, jazz, rock... ce voyage au cœur de l’obscurité aboutira vers la lumière.

Le clip de "Supersex" est à découvrir ici

 

 

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