La nation fantôme de The Besnard Lakes…

Le septième opus de Besnard Lakes, « The Besnard Lakes Are the Ghost Nation », paraîtra ce 10 octobre, confirmant ainsi son statut de l'un des groupes les plus constants de ces 20 dernières années, dont la vision et la qualité sont difficilement égalables…

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Ozark Henry connaît la musique Parker…

C'est vrai, l'attente a été terriblement longue ! « Us », son dernier album studio, date de 2017. Dans le monde éphémère de la musique pop, où les stars vont et viennent, c'est une éternité ! Mais il faut parfois savoir être patient, et en livrant « Light »,…

Denver ou DNVR ?

DNVR est l'étoile montante de la scène soul française, fusionnant les grooves sensuels…

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Fletcher

Sexy et juvénile…

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La grande salle de l’Ancienne Belgique est en mode Ballroom, c’est-à-dire que les balcons et les places assises ont été condamnées. Le concert est complet depuis belle lurette. La queue débute à l’entrée de l’AB, s’étend tout le long de la rue des Pierres et atteint l’entrée de ‘Music village’. Jamais vu une telle file d’attente ! La majorité du public est composé de jeunes adolescentes dont la moyenne d’âge ne doit pas dépasser les 17 printemps. Votre serviteur se sent un peu perdu au milieu de ces grandes ados…

Depuis la sortie de « Undrunk », Cari Elise Fletcher (28 ans), aka Fletcher, a le vent en poupe. Ce single remonte à janvier 2019. Depuis, l’artiste a gravé deux Eps et une volée de singles. Elle devrait bientôt publier son premier elpee.

Le supporting act est assuré par Taylor Cameron Upsahl, aka Upsahl. Née le 28 novembre 1998, cette auteure/compositrice/interprète et multi-instrumentiste américaine est issue de Phoenix, dans l’Arizona. A son actif, un album studio, un live, deux Eps et une volée de singles.

Vêtue d’un body et de bas noirs, elle alterne, guitare, basse et ivoires. Elle est soutenue par un sixcordiste et un drummer.  

Puissantes, les interventions d’Upsahl à la guitare évoluent à la limite du métal. Très interactive, elle affiche une présence scénique dynamique qui fascine l’auditoire. Tout au long de « Drugs », « Lunatic » et « Lady Jesus », elle parvient à faire chanter et danser la foule. Faut dire que ses refrains sont accrocheurs. On est sans doute en présence d’une future star. Enfin, c’est un avis qui n’engage que votre serviteur…

Fletcher débarque sur le podium vêtue d’un bermuda et d’une veste à franges aux épaulettes d’officier de l’armée. Elle est soutenue par un drummer et deux guitaristes, dont une de sexe féminin, très complice avec Fletcher.

Agressif, le light show se focalise aussi bien sur les musicos que sur la foule.

Fletcher réinvente « I Kissed A Girl » de Katy Perry, en utilisant quelques paroles de la version originale afin de raconter sa propre histoire lorsqu’elle est passée à l'âge adulte. Les paroles sont significatives de l’esprit de la chanson : ‘J'ai embrassé une fille et je l'ai aimée. Je l'ai sirotée comme une démodée’. La pop star du New Jersey l’interprète sur le refrain du hit décroché par la Californienne, en 2008, au cours duquel elle racontait : ‘J'ai embrassé une fille et elle a aimé ça. C'est mieux que ce que j'imaginais’.

Après ce morceau dansant, elle nous réserve le plus paisible « Forever », un morceau dont les lignes de guitares particulièrement souples canalisent sa voix qui fluctue constamment.

Elle n’oublie pas « Cherry », enregistré en compagnie de l’icône lesbienne Hayley Kiyoko. Et exécute son dernier Ep, « The s(ex) tapes », dans son intégralité. Manifestement, Fletcher est également devenue une sorte de symbole lesbien au sein de la communauté LGBTQ (NDR : dans la salle, il y avait pas mal de couples féminins). Sa version du « Happier Than Ever » de Billie Eilish est particulièrement entraînante.

Le show va traverser quelques moments cocasses ; notamment, lorsque des sous-vêtements féminins atterrissent sur la scène, mais munis de leur étiquette et du prix. Fletcher a de quoi s’habiller pour l’hiver prochain. Et puis, lorsqu’elle a failli perdre son bermuda. Ce qui a déclenché l’hilarité dans la fosse, la forçant à aller se réajuster en coulisses. De retour sur l’estrade, elle entame alors une danse sensuelle avec sa guitariste.

Un peu de funk ou d’électro plus tard, elle n’oublie pas son tube « Undrunck ». Au sein des premiers rangs, les aficionados connaissent les paroles et les reprennent en chœur. Moment choisi par les spectateurs pour allumer leurs smartphones afin de parsemer l’auditoire d’étoiles. Pendant « If I Hated You », Fletcher s’allonge puis lève sensuellement les jambes en chantant « Sex (With My Ex) », une compo au cours de laquelle elle raconte avoir mal vécu une rupture amoureuse difficile. Très interactive, au cours du show, Fletcher prend plusieurs bains de foule, mais près du front de scène. Et le concert de s’achever par le très rock « Bitter », une nouvelle chanson.

Au cours du rappel, elle interprète « For cari », un inédit qu’elle déclare avoir écrit à un moment particulièrement déprimant de sa vie…

Setlist : « Girls Girls Girls », « Forever », « Cherry », « If You're Gonna Lie », « All Love », « Undrunk », « If You're Gonna Lie », « Fuck You for Ruining New York City for Me, Happier Than Ever » (cover Billie Eilish), « Silence », « If I Hated You », « Feel », « Sex (With My Ex) », « The One », « Shh...Don't Say It », « Bitter ».

Rappel : « For Cari », « Healing ».

(Organisation : Ancienne Belgique)

 

 

 

 

 

Les Nuits Botanique 2022 : lundi 2 mai

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Another night in with Tindersticks…

Tindersticks célèbre les 30 ans de la sortie de son premier album (NDR : un éponyme), mais également celle d’un ‘best of’ (en mars dernier). Et quoi de mieux que les Nuits du Bota (et la classieuse salle Henry le Bœuf du Bozar) pour fêter cet événement, lors de sa tournée programmée dans des auditoires prestigieux. On se souvient, entre autres, de leur passage aux mêmes Nuits, en 2001, pour un quadruple concert, bénéficiant alors du concours de différents guests et ensembles musicaux.

Et ce soir, l’affiche nous promet fièrement, et à nouveau, la présence d’invités et d’un orchestre. Le concert est bien entendu sold out. Les portes se ferment sur le coup de 20h15, et les trois membres originaux du groupe s’emparent du front de scène, soit David Boulter, Neil Fraser et bien sûr Stuart Staples (moustache et grand chapeau vissé toute la soirée sur la tête). Ils sont suivis par Dan McKinna (NDR : il milite au sein du line up depuis 2007) qui alternera la basse et les claviers, durant toute la soirée.

La set list débute déjà par une surprise, en l’occurrence le délicat « Willow », issu du dernier opus solo de Stuart. Le batteur Earl Harvin (dernier arrivé dans le band, en 2010), rejoint discrètement le reste de la troupe, dans un début de concert toujours empreint de sérénité. Un violoncelliste intervient en fin de parcours pour « She’s gone », avant que l’orchestre annoncé, une douzaine de musiciens d’un ensemble à cordes, s’installe sur le côté droit du podium. Ce qui va communiquer une toute autre dimension au spectacle ! Véhiculant des accents empruntés à Calexico, le très rythmé « Her » réveille soudainement la foule. Et déclenche une première salve d’ovations.

Mais le point d’orgue de la soirée est atteint lors du mélancolique « Another night in », transcendé par les violonistes qui vous flanquent des frissons à chaque accord. Pas de temps mort, puisque « City sickness » embraie, un moment savouré, car ce titre figure rarement dans la set list de Tindersticks.

La tension retombe quelque peu pendant « How he entered » et la cover de Peggy Lee, « Johnny Guitar ».

Pendant ce temps on se demande également quand les guests annoncés vont donc débarquer ? Première réponse : lors du « Travelling light », en compagnie de Gina Foster.

Petite parenthèse et souvenir : l’une des rares fois où le duo original s’était produit sur les planches, pour interpréter ce titre, c’était dans le cadre du Cactus festival, à Bruges, en juillet 2000. En effet comme les Walkabouts étaient à l’affiche, Carla Togerson avait rejoint Stuart sur le podium et les deux artistes avaient dû s’aider d’aide-mémoires, avouant n’avoir jamais pu interpréter cette chanson ensemble, en live, auparavant.

Après ce deuxième pallier, orchestre et backing vocal renforcés, le show ne baissera plus d’intensité. Tout comme l’enthousiasme du public. Lors du dernier titre, « For the beauty », feutrée, l’instrumentation (principalement les claviers) laisse toute la place à l’amplitude vocale de Stuart, que l’on constate intacte malgré le poids des années.

Après déjà près de 2 heures de prestation, le public se demande s’il aura encore droit à un rappel, qu’il réclame ardemment. Il sera gâté par pas moins de quatre titres supplémentaires. Proposé sous une version longue, « My sister » bénéficie du concours d’un trompettiste qui y ajoute un crescendo. Sur « Tiny tears », l’orchestration, ici mélancolique et douce, tranche avec les tons graves poussés par la voix de fossoyeur baryton du leader. Un titre qui résume à lui seul une des grandes caractéristiques de la formation.

Et en final, après de longs remerciements, le leader entame un « For those… » qui sonne comme un au revoir, soutenu par Dan McKinna en backing vocal.

Une prestation de haut vol, sonnant comme un ‘best of’, qui cadre donc bien avec la compilation sortie en mars, « Past Imperfect : The Best Of Tindersticks '92-’21 ». A (re)découvrir d’urgence, pour parcourir la riche et longue carrière du band de Nottingham…

Setlist : ‘Willow”, “A Night So Still”, “Medicine“, “She's Gone“, “Sleepy Song“, “Her“, “Another Night In“, “City Sickness“, “How He Entered“, “Trees Fall“, “Pinky in the Daylight“, “Both sides of the blade“, “Johnny Guitar (cover de Peggy Lee)“, “Travelling Light“, “My Oblivion“, “Show Me Everything“, “This Fire of Autumn“, “For the Beauty“

Encore : ”My Sister“, “Harmony Around My Table“, “Tiny Tears”, “For those…”

(Organisation : Les Nuits Botanique)

Tindersticks

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Roots & Roses 2022 : samedi 30 avril

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Après deux années d’interruption, suite à la pandémie covid 19, le Roots & Roses est de retour. Et le festival se déroulera sur deux journées. Soit le 30 avril et le 1er mai. Il y a du soleil, mais le vent est glacial. Heureusement, la musique réchauffe les corps et les cœurs.

Le 30 avril a programmé l’affiche de 2020 et le 1er mai, celle de 2021. Il y a quand même quelques changements et surtout la défection de Pokey LaFarge (la guerre en Ukraine a créé une certaine confusion chez certains artistes américains) ; cependant Fred Maréchal a déniché quelques perles pour pallier à ces absences. Trois nouveaux noms sont ainsi venus rejoindre l’affiche. En l’occurrence Monsters, les BellRays et le Giant Sand de Howe Gelb. Au total, 29 groupes ou artistes étalés sur les deux jours. Une affiche ambitieuse, généreuse, riche de découvertes et d’inattendus. La programmation fait cependant la part belle aux groupes belges :  Bertrand Lani & The Mudbugs, SONS, Deadline, Equal Idiots, High Jinks Delegation et Sloper. Et bien-évidemment, le supergroupe noir-jaune-rouge, créé pour la circonstance : The Italian Job qui réunit Marcella Di Troïa (Black Mirrors), Romano Nervoso, Lord Benardo (Boogie Beasts), Jérémy Alonzi (Experimental Tropic Blues Band) et Mario Goossens (Triggerfinger, Sloper !) Le collectif a enregistré le traditionnel hymne consacré au Roots & Roses ; ce sera assurément un moment à ne pas manquer le dimanche. Nouveau : un camping est accessible aux festivaliers. Et puis on retrouve les chapiteaux, l’espace détente, les stands food locaux ainsi qu’une foire aux vinyles et albums rares, à prix démocratique.

Passons donc en revue la journée du samedi :

Scène Roots : Bertrand Lani & The Mudbugs (11h30-12h05)

Bertrand, c’est le frère cadet de Frédéric, le leader de Fred and The Healers. Il a fondé son propre band, Bertrand Lani & The Mudbugs. Si la famille a biberonné ses fils au rock, au blues et à la country, il faut croire que la guitare servait déjà de hochet. Bertrand s’intéresse davantage à l’americana. Son backing group implique Valentin Marchal-Marchant (basse, contrebasse), Jean-Philippe Jasienski (batterie), Stéphane Pigeon (sax), Philippe Eliaers (trompette) ainsi que Jérémy Frisch (claviers). Bertrand se consacre au chant et aux guitares (électriques et semi-acoustiques). A ce jour, le combo a publié deux elpees, « Small Bowl » (2016) et « It Gets Bluer In A While » (2021). Ce n’est pas la première fois que Bert ouvre le festival.

Si Bertrand se plante au centre du podium, les cuivres (saxophone basse et baryton, trompette et trombone à coulisse) s’installent à gauche.

« Black Beard And blue Mood » nous entraîne à travers les grandes plaines du Far West. Titre maître du second opus, « It Gets Bluer In A While » embraie (NDR : en studio, Fred, Bruno Castellucci et Jack O Roonie avaient participé aux sessions). Bert est particulièrement cool et assure également à la sèche, notamment en picking. Tout au long de « A Amazing Journey », la richesse de la mélodie et la justesse des arrangements servent les mots de l’artiste.

« Countryside », titre maître du dernier opus, évoque la campagne de Maredret, où Bertrand et Fred ont passé leur enfance. On épinglera encore une superbe reprise de « Tout l’Amour » de Dario Moreno ainsi que « I’m Not A Cheater » qui achève un set bien équilibré, partagé entre titres paisibles et plus rythmés, d’une musique oscillant entre country (surtout), blues et soul…

Setlist : « Black Beard And Blue Mood », « It Gets Bluer In A While », « An Amazing Journey », « Somes Faces », « Countryside », « Tout L’Amour », « Movin’ With The Times », « Ice Cold Kisses », « I’m Not A Cheater ».

Scène Roses : Trixie And The Trainwrecks (12h10-12h50)

Fondé à Londres, ce duo réunit Trinity Sarratt et Charlie Hangdog. Elle est américaine et vit à Berlin depuis l’âge de 18 printemps. Il est britannique et s’est également établi dans la capitale de l’Allemagne.

Casquette vissée sur le crâne, lunettes fumées chaussées sur le nez, Trixie chante, joue de la guitare et en même temps se consacre aux percus : un charleston, une cymbale et une grosse caisse actionnée par une pédale au pied. Mais en début de concert, l’accessoire va se détacher ; ce qui va forcer un roadie à jouer au dépanneur. Charlie se réserve l’harmonica. Il a le souffle inépuisable. Elle a une voix puissante. La setlist privilégie les morceaux issus du troisième et dernier LP, « 3 Cheers To Nothing, gravé en 2018. Sarratt exprime ses sentiments de solitude et d'éloignement sur la ballade, « No Good Town ». Lorsqu’elle s’est rendue à San Francisco pour se produire en concert, elle a eu l’impression de ne plus être qu’une étrangère, dans sa ville d’origine. Country/blues ou americana, l’expression sonore dispensée par Trixie And The Trainwrecks, au cours de ce set, est à la fois harmonieuse et rythmée, parfois même sauvage, lorsque les cordes s’enflamment. Dommage que la prestation soit aussi courte…

Scène Roots : The Black Wizards (2h55-13h35)

The Black Wizards nous vient du Portugal. Ce soir, le quatuor est réduit à un trio. Comme ils se plaisent à le colporter, ces jeunes musicos sont nés à l’heure du numérique mais se consacrent à un son analogique.  

Apre, la rythmique contraste avec la voix de la chanteuse/guitariste Joana Brito. Une voix tellement puissante qu’elle domine la section rythmique basse/batterie. Parfois, cette voix rappelle celle de Janis Joplin. Le stoner psychédélique de ce band puise manifestement ses sources dans les 60’s et les 70’s. Le volume sonore est peut-être un peu excessif, mais le concert est particulièrement au point, le power trio affichant une technique irréprochable. Ce qui n’empêche pas les compos de libérer une belle énergie et de procurer d’excellentes sensations…

Scène Roses : Moonshine Wagon (13h40 - 14h20)

Après le Portugal, cap sur l’Espagne. Ou plus exactement le pays basque.

Jean-Paul Wiseman (Classic 21), le présentateur signale que les musicos de Moonshine Wagon se produisaient la veille, à Bordeaux. Ils ont effectué le trajet en tour-bus et c’est Jack Daniels (NDLR : le musicien ou celui qui se siffle ?) qui les a tenus éveillés. Bien que se limitant à des instruments acoustiques (guitare, violon, contrebasse, percussions et banjo), le combo libère une belle énergie sur les planches. Il pratique une forme de bluegrass parfois teinté de punk. Les textes sont interprétés le plus souvent en anglais, mais également en basque. Ils vont littéralement mettre le feu dans l’auditoire. Et Jack Daniels est également de la partie, sur l’estrade. Barbus, trois d‘entre eux ont un look à la ZZ Top.

C’est la première claque du festival !

Scène Roots : Nine Pound Hammer (14h25- 15h05).

Nine Pound Hammer est issu de Lexington, dans le Kentucky. A sa tête, le chanteur Scott Luallen et le guitariste Blaine Cartwright, par ailleurs leader de Nashville Pussy, déjà vu au Zik-Zak d’Ittre. Son mélange huileux voire graisseux de blues, cow punk, hard et southern rock dépote et nettoie les portugaises, nonobstant un souci de préserver le sens mélodique…   

Scène Roses : Jesse Dayton (15h10-15h50)

Né à Beaumont, mais établi à Austin, Jesse Dayton est un pur texan au parcours de vie incroyable. Il mène désormais une carrière solo indépendante, après avoir collaboré avec quelques-uns des plus grands noms de la scène américaine : de Willie Nelson à Townes Van Zandt en passant par Johnny Cash, Supersuckers et Social Distortion. Ce dernier a également collaboré avec le réalisateur de films d'horreur Rob Zombie pour composer quelques musiques de films. Ce sont toutes ses expériences qu’il répercute sur son dernier elpee, « Beaumonster ».

Jesse grimpe sur les planches, accompagné par une section rythmique classique basse/batterie. Entre bluegrass, country, americana et hillbilly, la musique proposée est harmonieuse, paisible et entraînante. Dayton rend de nombreux hommages à Johnny Cash. Et il est même capable de moduler sa voix qui ressemble alors étrangement à celle du Man In Black. En outre, il manifeste beaucoup d’interactivité. Ce qui colle parfaitement au style de ce power trio.

Scène Roots : The Morlocks (15h55-16h35)

Malgré 20 années de carrière The Morlocks n’a gravé que trois albums, à ce jour. Faut dire que fondé en 1984, le groupe s’est séparé en 1987 avant de se reformer en 2011. Originaire de San Diego, en Californie, il est responsable d’un garage/rock teinté de rock’n’roll et de punk.

Devenu une véritable institution dans le style, il libère une sauvagerie et une énergie qui évoquent tour à tour, Ramones, Jim Jones Revue, les Stooges et même les Stones. Faut dire que le quintet implique des ex-membres de groupes cultes comme Fuzztones, Cheeks, Link Wray ou encore Sonny Vincent.

Le band est toujours mené de main de maître par son charismatique chanteur à la voix écorchée, Leighton Koizumi. Riffs de guitares acérés, chargés de fuzz, drumming tribal, The Morlocks célèbre un retour aux sources de l’underground garage bien sale des années 60…

Scène Roses : GA-20 (16h40-17h20)

GA-20 est une formation issue de Boston dans le Massachussetts. Son patronyme n’est autre que le nom de l’amplificateur de guitare fabriqué par Gibson de 1950 à 1961.

C’est Matthew Stubbs qui a fondé le groupe, en 2018. Il a aussi accompagné Charlie Musselwhite (le binôme parfait de Ben Harper), à la guitare.

Le band pratique principalement du ‘chicago blues’. Pas de bassiste, mais deux guitaristes qui se servent de grattes issues des années 60 à 70 et de pédales de distorsion, communiquant à l’expression sonore des accents psychédéliques (NDR : une empreinte qui s’explique, puisque Matthew, barbu et la chevelure bouclée, est également le leader d’un combo psyché répondant au nom de The Antiguas).

Belle découverte !

Scène Roots : Sons (17h25- 18h10).

Sons est la première formation belge à se produire, dans le cadre de cette édition 2022 du Roots & Roses. Un quatuor anversois impliquant le guitariste/chanteur Robin Borghgraef, le bassiste Jens De Ruyte, son frère Arno à la seconde six cordes et le drummer Thomas Pultyn. Le magazine américain Rolling Stone n’en dit que du bien. Il a fait un tabac, au Trix d’Anvers, il y a quelques jours.

Il vient de publier son second long playing « Sweet Boy ». Et la setlist va privilégier les titres de cet LP.

Ces petits jeunes ont de l’énergie à revendre et dispensent un punk/rock/garage brut de décoffrage.

« Succeed » ouvre les hostilités. Les riffs de guitares sont lourds et particulièrement graisseux. Le band embraie par « LOVE », un morceau percutant et efficace de deux minutes qui raconte l’histoire d’une personne assassinée par un groupe d’homophobes. Et le reste du set va se révéler aussi saignant, démontrant que Sons est vraiment taillé pour le live….

Scène Roses : Jake La Botz (18h15- 19h00)

Jake La Botz est un habitué du festival, où il est apparu régulièrement, depuis 2004, en solo ou au sein de diverses formations. C’est un peu le chouchou du public lessinois. Jake mène une double carrière. Celle de musicien, d’abord. Puis d’acteur de cinéma. Il a ainsi été révélé par Steve Buscemi. Son dernier album, « They're Coming For Me », remonte à 2019.

Avant de véritablement lancer sa carrière musicale, il a joué dans la rue, les bars, les salons de tatouage, et même dans les églises, à Chicago. C’était au cours des 80’s. Et ce vécu se ressent dans sa musique. Il puise ses sources d’inspiration chez David ‘Honey Boy’ Edwards, l’ancien compagnon de route de Robert Johnson, mais également Homesick James et Maxwell Street Jimmy Davis. Que de belles références ! Enfin, sa musique oscille entre blues, delta blues et americana.

Le concert s’ouvre par le marécageux « Nickels and Dimes ». Puissante et claire, sa voix évoque celle de Fred Lani. Entraînant, « Shaken & Taken » baigne dans la country. Il n’en oublie pas son dernier single, « First McDonell's on the Moon » …

Scènes Roots : The Godfathers (19h05-20h05)

C’est au tour d’un des plus dignes représentants du pub rock anglais, encore en activité, de monter sur l’estrade. La naissance de The Godfathers remonte quand même à 1985. La formation est surtout connue pour son hit planétaire, « Birth, School, Work, Death » sorti en 1988. Et c’est la seconde fois qu’elle se produit au Roots & Roses.

Outre le chanteur Peter Coyne, le line up implique les guitaristes Steve Crittal et Alex McBain, le bassiste Darren Bitch et le drummer Tim James.

Peter Coyne affiche toujours la même rage matinée de classe british. Le combo nous propose un étonnant « Johnny Cash Blues », rendant ainsi un second hommage au maître de la country, ce samedi. « Unreal World » véhicule des accents funky. La setlist nous réserve « Lay That Money Down », un extrait du futur album qui s’intitulera « Alpha, Beta, Gamma, Delta ». « One Good Reason » constitue une petite perle pop énervée. Les chœurs montent en crescendo tout au long de « She Gives Me Love ». The Godfathers s’est montré convainquant tout au long du show grâce à une présence effective et un jeu de guitare tranchant comme un fil de rasoir. Une prestation qui s’est clôturée par l’inévitable « « Birth, School, Work, Death » …

Scène Roses : Flamin’ Groovies (20h10-21h10)

Les Flamin’ Groovies, c’est une autre légende du rock. Le groupe s’est formé en 1965, à San Francisco, par Ron Greco, Roy Loney et Cyril Jordan. Du line up originel, il ne reste plus que ce dernier. A l’origine, le band ramait à contre-courant du mouvement flower power célébré, alors, sur la West Coast, en proposant un rock’n’roll/blues survolté et hargneux.

Si en ‘live’ « Tore Me Down » et « Way Over My Head » se révèlent toujours aussi sauvages et incisifs, les titres les plus rock comme « Yes, It's True », « First Plain Home » et l'incontournable « Teenage Head » sonnent finalement très actuels, et pourraient facilement figurer au répertoire de bon nombre de bands qui ne jurent que par les sixties…

Scène Roots : The King Khan & BBQ Show (21h15-22h15)

King était annoncé comme le roi du Roots & Roses. Accompagné de son comparse Mark ‘BBQ’ Sultan, il devait repousser, au sein de sa troupe, les limites du blues doo-wop avant de les faire voler en éclats à coup de garage rock débridé. Il débarque sur le podium, en calbutte, torse nu et revêtu d’une cape noire. Il n’a vraiment pas l’air dans son état normal. Il est tellement défoncé qu’au cours de sa prestation, il part gerber du côté droit de la scène. On attendait que The King Khan & BBQ Show consacrel’apothéose du garage rock et de la soul psychédélique. On a eu droit à une vulgaire pantomime. Si bien que votre serviteur est allé voir ailleurs, si la nourriture était plus ragoûtante. Ce qui était, heureusement, le cas…

Scène Roses : The Black Lips (22h20 – 23h30)

The Black Lips clôture donc cette longue journée. Issue d’Atlanta, en Georgie, cette formation a connu, depuis sa naissance, de nombreux changements de musiciens. Si bien que du line up originel, il ne demeure plus que le chanteur/guitariste Cole Alexander et le bassiste Jared Swilley. Le duo est soutenu par le drummer Oakley Munson, le second sixcordiste Jeff Clarke et la saxophoniste Zumi Rosow, une véritable icône de la scène underground à Los Angeles qui s’est imposée dans l’univers de la mode, devenant l’ultime muse de Gucci.

Le rock garage de The Black Lips est interprété avec un maximum de dérision et sous une forme nihiliste, afin de pouvoir déboucher sur un grand moment festif et heureux. Le combo est venu nous présenter de larges extraits du nouvel album, « Sing In A World That's Faling Apart », dont le single « Odelia » constitue un futur hit en puissance. S’il est réputé pour ses shows provocateurs, cette outrance déborde d'énergie positive. Après « Sea Of Blasphemy », « Holding Me Holding You », « Gentleman » et « Dirty Hands », le public est sur les rotules. Bref une belle clôture pour ce premier jour de festival un peu frisquet. The Black Lips a démontré que le rock n’est pas mort, qu’il peut toujours être subversif et synonyme de contre-culture…

A demain !

(Organisation : Centre Culturel de Lessines)

 

 

 

Roots And Roses 2022 : dimanche 1er mai

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Dimanche premier mai, c’est la fête du travail… et du muguet. Sous un soleil resplendissant, c’est également celle du Rock à Lessines et la seconde journée du Roots & Roses. Onze heures à l’horloge de l’église sonnent. Ce dimanche, l’affiche est celle qui était prévue en 2021. Mais à cause de la pandémie, le festival avait été annulé. Ou plus exactement reporté. La programmation y est cependant beaucoup plus éclectique que celle de la veille…

Scène Roots : Deadline (11h00-11h35)

Curieux, le groupe qui ouvre le bal, aujourd’hui, a choisi pour patronyme Deadline. Il s’agit d’un power trio qui pratique une forme de heavy-rock-punk-blues-roots. Issu de Charleroi, le combo s’est formé en 2013. A l’origine, il aiguisait ses cordes sur des riffs punks saturés, puis il a été touché par le maléfice de Robert Johnson. Depuis, les musicos sont hantés par les fantômes du blues et du roots.

Costards/cravates, ils sont sapés comme des traders de la Bourse de Londres. Les deux chanteurs, Quiet Ben et Simon Wray, échangent constamment leurs instruments (guitare, basse, harmonica), opérant ainsi des duels épiques, que canalise le drumming de Simon Blue King.

La setlist va nous réserver quelques extraits de l’Ep, « Those Who Inhabit This Land », gravé en 2018, de nouvelles compos et des reprises. Le début de concert est plutôt paisible, « Lair » et « The Armadillo Song » débarquant sur la pointe des pieds. Le calme avant la tempête électrique. Rythmique saccadée, cordes saturées, la tempête sonore peut commencer. Deux reprises : le « When I Was A Young Men » d’Allan Coe et le « Mannish Boy » de Muddy Waters. Il n’en manquait plus qu’une de Chuck Berry. A la fin du show, les instruments sont malmenés, jetés sur le plancher et contre les amplis. On se serait cru à la belle époque du Who.

Scène Roses : High Jinks Delegation (11h35-12h15)

High Jinks Delegation est un octuor cosmopolite, puisqu’il réunit des Américains, des Français et des Belges. En l’occurrence David Davoine (banjo, chant, trombone), Nora Helali (chant), Rebecca Samos (trompette, accordéon), Isabel Sokol-Oxman (violon), Nicolas Lebrun (harmonica, chant), Hervé De Brouwer (guitare), Jean-Luc Millot (drums, chœurs) et Simon Breux (chant, contrebassine*).

Le collectif pratique une musique inspirée par la tradition des ‘jugbands’ américains des années 30, en mêlant ragtime, blues, jazz et country. Et il va nous proposer de larges extraits de son album « One For The Road », paru en octobre 2021. Aux washboard, contrebassine trompette, clarinette et banjo se frottent la batterie, la guitare électrique et l’accordéon. Le set est vivifiant et bourré d’énergie. Ce qui incite le public à danser. 

* La contrebassine est un instrument à cordes pincées artisanal fabriqué généralement à partir d'une bassine en tôle galvanisée tenant lieu de caisse de résonance (plus récemment en plastique), d'un bâton (de la taille d'un manche à balai - ustensile généralement utilisé - tenant lieu de manche) et d'une seule et unique corde, souvent du type corde à linge (source Wikipédia).

Scène Roots : Parlor Snakes (12h15-12h55)

Place ensuite à Parlor Snakes, un duo franco-américain établi à Paris. Sur les planches, Eugénie Alquezar et Peter K sont soutenus par des musicos qui varient selon les circonstances. Ce soir, le tandem est épaulé par un bassiste et un drummer. Portée par la voix élastique et intense d’Eugenie, la musique explore les croisements lugubres entre punk, garage/pop et psyché. Dans l’esprit de son dernier elpee, paru en 2019, « Disaster Serenades ». Mais est-ce vraiment du garage, de la pop ou du punk. Peut-être un peu de tout ça à la fois, concentré au sein d’un cocktail explosif et lascif…

Scène Roses : Siena Root (12h55-13h35)

Siena Root n’est pas une formation italienne, mais suédoise, issue de Stockholm, très exactement. Fondée à la fin des 90’s, elle puise ses influences majeures dans le rock psychédélique des années 60 et 70. Le quatuor compte quand même douze elpees au compteur dont le dernier, « The Secret Of Our Time », et paru en 2020. Première constatation, en général, l’orgue domine l’expression sonore, un orgue aux sonorités denses, vintages que se réserve Zubaida Solid. C’est également elle qui se consacre au chant, parfois à la seconde sixcordes, sa voix soul/blues surprenante évoquant même parfois celle de Janis Joplin. Et le tout est dynamisé par les cordes de guitare hurlantes et la grosse section rythmique basse/batterie…

Scène Roots : The Cynics (13h35-14h15)

Encore un groupe de vétérans ! Pratiquant du rock/garage, The Cynics est issu de Pittsburgh, en Pennsylvanie. Fondé en 1983, il s’est séparé en 1994, avant de se reformer en 2002. Il a souvent changé de line up, et aujourd’hui, il ne reste plus que le guitariste Gregg Kostelich comme membre originel, le chanteur Michael Kastelic ayant rejoint le band en 1985. Le quatuor est aujourd’hui complété par le drummer Pablo González ‘Pibli’ et le bassiste Angel Kaplan.

« Baby What Wrong » ouvre les hostilités. Les sonorités de gratte sont écrasantes. Michael Kastelic ne chante pas, il vocifère. Et Kostelich souffle dans son harmo. Un morceau réminiscent des prémices du punk, lorsque la désorganisation était au pouvoir. L’orgue Hammond infiltre généreusement « Way It's Gonna Be ». Les compos oscillent du punk au rock garage en passant par le rhythm’n’blues. D’abord paisible, « Get My Way » finit pas s’emballer et opère même un crochet par le psychédélisme. Le public jeune semble complètement subjugué. A tel point qu’il reste bouche bée à l’écoute de « You Got To Love » et « All These Streets ». On reprochera quand même au band de pousser un peu trop le volume sonore et puis surtout les hurlements incessants de Kastelic…

Scène Roses : Chatham County Line (13h35-14h15).

Outre-Atlantique, Chatham County Line est considéré comme une figure marquante de la scène roots. Fondé en 1999, à Raleigh, en Caroline du Nord, le band a publié 13 albums, dont le dernier, « Strange Fascination », est paru en 2020. Le trio est actuellement constitué de David Wilson au micro, de John Terer au banjo, à la mandoline et au violon, ainsi que du contrebassiste Greg Readling, parfois reconverti à la pedal steel.

Ces vieux routards s’inscrivent dans le renouveau de la scène bluegrass américaine. Et dès les premiers accords, le combo nous entraîne à travers les grandes plaines américaines. Sonorités acoustiques (mandoline, banjo, harmonia) et électriques (guitares, pedal steel) se fondent dans un bel ensemble. A l’instar de « Crop Comes In ». Parfois, on a l’impression de revivre des moments partagés autour d’un feu de camp, au cours de notre jeunesse. « Free Again » s’avère presque cajun, alors « Girl She Used To Be » bénéficie d’une intervention puissante au violon…

Scène Roots : The Italian Job (14h55-h15h40)

The Italian Job, c’est le nom d’un thriller des années 60. C’est aussi celui d’un projet éphémère, qui se produira une seule et unique fois au Roots & Roses 2022, alors qu’il était prévu déjà en 2020. Le groupe d’un soir réunit la crème des mafiosi du rock’n’roll qui militent en Belgique. On y retrouve ainsi Marcella Di Troïa (Black Mirrors) et Giacomo Panarisi (Romano Nervoso) aux vocaux, Lord Bernardo (Boogie Beasts) à l’harmonica, Jeremy Alonzi (Experimental Tropic Blues Band), qui a troqué sa guitare pour les claviers ainsi que Lucas Lepori (Romano Nervoso) et Mario Goossens (Triggerfinger, Sloper) derrière leurs fûts. Bon, Mario n’est pas vraiment italien. Mais il vu l’origine de son prénom, ça peut passer. Particularité, il y aura deux batteurs. A gauche, Mario Goossens, considéré comme le meilleur en Belgique.

Le collectif a composé un répertoire original spécialement pour la circonstance et va nous interpréter sa version de « Roots & Roses », l’hymne du festival composé par Fred Lani, en 2014.

Le set s’ouvre par « 21 St Century Boy ». Giac est aux drums. On n’entend pas assez la voix puissante de Marcella. Il y a 9 musiciens sur les planches, et ce n’est pas un exercice facile pour l’ingé-son, surtout quand se produisent des musiciens issus de différents horizons. Le temps de quelques réglages et on retrouve son timbre hanté et chamanique. En outre, elle ne tient pas en place. Tout comme l’harmoniciste. A contrario, assis derrière les ivoires, Jeremy affiche une paradoxale sérénité. La maîtrise technique de Mario à la batterie est impressionnante. Le set va osciller entre blues et rock’n’roll. Et lors de titres les plus percutants, la foule danse et même parfois pogote. Faut dire que les aficionados louviérois, liégeois et anversois ont débarqué en nombre…

Mais l’intensité atteint son point culminant sur « Mother Earth » et « May Satan Bless You ». La version du « Roots And Roses » de Fredéric Lani est attaquée sur l’avant-dernier titre de la setlist. Puis, le concert s’achève par « Let Sabath ». La foule en veut encore, mais il n’y aura pas de rappel.

Setlist : « 21 St Century Boy », « Mother Earth », « Child Hood Witch », « May Satan Bless You », « Gentle Boogeyman », « Angels Lullaby », « Roots And Roses », « Let Sabath »

Scène Roses : Equal Idiots (15h40-16h25)

Equal Idiots est un tandem réunissant Thibault Christiaensen (chant et guitare) et Pieter Bruurs (batterie). Originaire d’Hoogstraten, dans la province d’Anvers, il s’est véritablement révélé, l'automne 2016, lorsqu'il a remporté le prix du public lors du concours ‘De Nieuwe Lichting’ et atteint la finale du Humo's Rock Rally.

Le set s’ouvre par le garage/punk « Knife And Gun » et tout au long de « Hippie Men », on entend des chiens aboyer. Des bandes préenregistrées, vous vous en doutez. Le duo sulfureux reprend le « Ça Plane Pour Moi » de Plastic Bertrand. Ce qui met le souk sous le chapiteau. La foule reprend même les paroles en chœur. Les deux jeunes gaillards ne manquent, en outre, pas d’humour. Rien que le patronyme de la paire, en est une parfaite démonstration. Et musicalement, il s’inscrit dans parfaitement dans la lignée de Black Keys et Black Box Revelation.

Scène Roots : The Lords Of Altamont (16h25-17h10)

Il est assez incroyable qu’après plus de dix ans de Roots & Roses, The Lords of Altamont n’ait jamais figuré à l’affiche. L’injustice est donc réparée en 2022. Le line up réunit le guitariste Dani ‘Dani Sin’ Sindaco, le bassiste Rob Zim, le drummer Barry Bonkers et bien sûr le chanteur/claviériste Jake ‘The Preacher’ Cavaliere. Cet ex-Fuzztones et ex-manager des Cramps s’est installé, depuis quelques années, derrière les claviers pour les Sonics. Originaire de Los Angeles, en Californie, le combo puise ses références majeures dans le hard rock, le psyché/rock américain et le garage. Son sixième opus, « Tune in Turn on Electricity », est paru en 2021. Il constitue l’essentiel de la setlist.  

Les sonorités d’orgue sont véritablement hypnotiques. Ce qui ne signifie pas que les riffs de guitare de Dabi Sin, les lignes de basse de Rob Zinn et la batterie serrée de Barry 'The Hatchet' van Esbroek jouent un rôle secondaire. Non, ces nuances apportent une forme de subtilité et d'originalité au son. Puissant ! Parfois un peu trop. Et des morceaux tempétueux comme « Death On The Highway », « Going Downtown » et « Cyclone » menacent et finissent par vous exploser à la figure…

Scène Roses : Sloper (17h10-17h55)

Il n’y a pas à dire, le timing est scrupuleusement respecté. Sloper, c’est le projet commun de deux batteurs d’exception qui a vu le jour en 2019. Celui de Mario Goossens (Triggerfinger), et la légende néerlandaise César Zuiderwijk (Golden Earring). Le line up est complété par le guitariste Fabio Canini et le chanteur/guitariste anglais Peter Shoulder.

Le chapiteau est plein à craquer pour assister à ce show ! Une estrade a été installée sur le podium. Mario s’y installe à gauche et César à droite. Ils sont séparés d’un énorme tambour placé en hauteur entre les deux. La grosse caisse de Mario est imposante. Assez technique, l’un des deux guitaristes déambule de gauche à droite et inversement. Il lui arrive de reproduire des solos, couché au sol. Pas de bassiste. Britannique, le second gratteur est coiffé d’une casquette en pied de poule. Les deux sixcordistes entrent régulièrement en duel, en se faisant face. César et Mario affichent de larges sourires. Détendus, ils font régulièrement le pitre et viennent même frapper sur les peaux des drums du voisin ; mais le plus génial, c’est que les deux batteurs soient capables de trouver un parfait équilibre dans leurs drummings respectifs. Les deux musiciens y expriment leur personnalité et leur jeu sans tomber dans le piège de la démonstration virtuose, qui n’est jamais loin dans ce genre de projet. C’est inévitable, Mario imite l’avion sur sa grosse caisse et incite l’auditoire à chanter et applaudir. C’était une figure de style attendue ! Un concert solide pour Sloper, dont la musique a parfois rappelé les meilleurs moments d’Eagles of Death Metal…

Scène Roots : The BellRays (18h00-19h00)

C’est la troisième fois que The BellRays se produit au Roots & Roses. Puissante, la voix de Lisa Kekaula se frotte parfois à la soul et au gospel. De temps à autre, elle se sert d’une cymbalette. Bob Vennum ne lésine pas sur les riffs énergiques. Le drumming sauvage voire tribal de Dusty Watson et les assauts de basse commis par Bernard Yin sont vraiment en phase. « Everybody Get Up » et « Perfect » remuent les tripes. « Third Time's The Charm » balance la purée. Sauf, que votre serviteur commence à avoir la dalle et qu’il est donc temps de se restaurer…

Il fait d’ailleurs l’impasse sur le set de Giant Sand

Scène Roses : The Inspector Clouzo. (20h10-21h10)

Car il faut être fit and well pour assister à la prestation The Inspector Clouzo. Un duo gascon originaire de Mont-De-Marsan. Des rockers qui cultivent du bio, élèvent des canards ainsi que des oies. La moitié de l’année est consacrée à la ferme et l’autre au rock’n’roll. Le guitariste Laurent Lacrouts et le batteur Mathieu Jourdain ont fondé ce projet en 2008. Il y a du peuple sous le chapiteau pour assister au show. La combinaison de hard rock et de funk est toujours aussi efficace. Laurent signale ne jamais préparer de setlist, toujours bien militer au sein d’un band indépendant, de s'autoproduire et de se financer à 100%. chez Virgin Angleterre. Le tandem va nous réserver, en exclusivité, des morceaux issus du futur elpee qui sortira en 2023. Après le concert, Laurent a promis de transmettre la setlist à votre serviteur, fin de semaine, car mardi il fallait planter 6 hectares de maïs… N’empêche, à l’issue d’un tel festin gascon, il y avait de quoi être rassasié.  

Il reste deux groupes à l’affiche : The Limiñanas et la formation helvète The Monsters qui clôture ce Roots & Roses. Votre serviteur a assisté à 26 concerts sur 29. C’est bien, il est fatigué et il décide de rejoindre ses pénates… Merci Fred Maréchal et Myriam Boone. A l’année prochaine, sans faute !

(Organisation : Centre Culturel de Lessines)

 

Bertrand Belin

Un charpentier sans langue de bois…

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En gravant "Tambour Vision", mais sans trompettes, Bertrand Belin propose un album dénudé, mais pas dénué d'intérêt…

Après avoir joué dans la comédie musicale des frères Larrieu, ‘Tralala’, dont il a composé la musique, c'est le mode du huis-clos qu'a choisi Bertrand Belin pour son nouvel et septième elpee. En fait, un tête-à-tête face à son complice de longue date, Thibault Frisoni.

Le Breton aux paroles parfois granitiques, qui est aussi écrivain et comédien, dépouille, dans "Tambour Vision", sa musique. Une musique qui évoque quelquefois aussi bien Erik Satie qu'une cold wave épurée, organique et parfois ironique, tout en rendant hommage, dans les textes et la voix, à Kat Onoma ainsi qu’au regretté Alain Bashung au travers d'une fantaisie qui n'a rien de gratuite ni de… militaire.

L'opus est à ce point dépouillé que "Carnaval", le titre de la première chanson, constitue plutôt un appel à tomber le masque…

Pour "Carnaval", je voulais plutôt nous montrer tel que nous sommes, l'envers du décor, de l'homme comme je le signale dans la chanson. De renverser les codes sociaux, les valeurs de comportement, les évidences, les genres, de mettre les choses cul par-dessus tête.

Le mot cul revient d'ailleurs souvent dans l'album ?

Me rendant compte que tout le monde en avait un, je me suis dit qu’en parler allait intéresser les Français. (rires)

"Que Dalle Tout" révèle un aspect Mathieu Bogaerts, mais également électronique dépouillée à la Ellie et Jacno.

C'est en effet très dépouillé comme chez Mathieu Boogaerts auquel le morceau ressemble dans la pulsation, la manière d'agencer les rythmes entre eux qui est assez méticuleuse. Mais il s'agit d'une autre esthétique

"Tambour" adopte un profil années 80, cold wave, Stranglers époque "La folie"…

C'est sûr ! Une époque où les synthés étaient très présents, mais où l'on n'en avait pas complètement fini avec le rock, le punk ayant sévi juste avant. Ellie et Jacno procèdent de ce post punk qui vient s'aciduler avec les synthés. J'aime bien cette période que je n'ai pas connue, car j’étais trop jeune. Les synthés sont revenus en odeur de… sainteté depuis une vingtaine d'années ; soit en revisitant des œuvres très savantes, dans l’esprit de Pierre Henry, soit en se référant aux productions des années 80, comme celles de Madonna.

Mais d'autres musiciens comme ceux de Can, Alan Vega ou Martin Rev taquinaient aussi ces machines. J'ai davantage le goût de cette esthétique rock plutôt que de la variété du style Michel Berger, qui a suscité beaucoup d'émules en France.

J'aime les styles râpeux.

Paradoxalement, vous utilisez le mellotron que l'on associe plutôt à la vague psychédélique ?

Je l'utilise surtout pour les instruments à vent, bien que je me serve souvent du sax ou des flûtes, mais pas à la façon des Beatles sur "Strawberry Fields". Dans cette ambiance de sons synthétiques et de boîtes à rythmes qui caractérise cet album, le mellotron apporte une dimension analogique. Les non-spécialistes ont l'impression d'entendre des saxophones.

Dans "Que Dalle Tout, vous chantez ‘je viens d'une ligne de zéros’.

Il y a un côté déterminisme social dans la chanson. Pierre Bourdieu, sociologue disparu il y a tout juste 20 ans, cela vous parle ?

Oui, bien sûr, mais je chante ‘je viens d'une longue lignée de zéros et de uns’. Bourdieu m'intéresse, mais c'est avant tout mon expérience personnelle qui me parle.

Et puis des ausculteurs de transferts de classes et de l'atavisme, il y en a d'autres…

Quelque chose se joue du côté de l'héritage dans la vie : il y a ceux qui héritent d'une lignée d'ivrognes et d'autres d'une multinationale. On pourrait peut-être organiser des petits passages entre ces deux ensembles afin de partager les choses.

Mas je ne parle pas d'une lignée de zéros au sens péjoratif du terme. Les zéros et les uns signifient d'abord qu'il y a couples ; cela évoque ensuite le code binaire de l'informatique, de la sécurité sociale, de gestion des générations. C'est une allusion ironique au fait que nous ne faisons que passer dans les méandres de l'économie planétaire.

"Le Maître de Luth" me fait penser à Robert Wyatt…

Vous ne pouvez pas me faire plus plaisir. C'est une chanson qui subit les influences du jazz et d'un certain lyrisme opératique réalisé avec trois bouts de ficelle.

Et puis il y a le chant élégiaque de Robert Wyatt. Ainsi que cette forme de liberté la plus large possible, même si le résultat est assez caressant. Chez Wyatt, les formes musicales ne sont pas aussi tarabiscotées, mais elles sont accessibles et singulières en même temps. On devine beaucoup de gentillesse et de bonté chez Robert Wyatt.

Sur cet elpee, on sent une liberté qui évoque Eric Satie : un côté ironique, une audace, tout en restant dépouillé…

Il y a d'ailleurs sur "Que Dalle Tout" une petite citation des "Gymnopédies" dans la ligne de saxophone.

Satie m'a toujours paru sympathique ; outre sa musique dont j'aime particulièrement "Pièces froides", il s'agit d'un personnage qui évolue à la lisière de la musique savante, mais qui, dans la forme, a réussi à intéresser les amateurs de pop et de rock. Il pratiquait une forme musicale qui se transmet sans doute plus facilement que Schoenberg… (il rit)

Satie influence beaucoup les musiciens d'aujourd'hui, y compris les adeptes de la musique électronique.

On vous compare souvent à Bashung à cause de votre façon de chanter et de vos paroles cryptiques, …

Ce n'est pas insultant. Je suis né dans un monde où il était déjà chanteur. Il représente pour moi une des modalités possibles de la francophonie dans la musique rock et la pop.

Il y en a d'autres, mais mon goût me guide plutôt vers Bashung.

Quelqu'un qui s'intéressait à la fois à la musique dans son versant expérimental, et possédait en même temps un fort tropisme pour le rock blues américain… un appétit de modernité, un intérêt pour la poésie, contemporaine en particulier, une fantaisie dans le découpage de ses textes, combinée parfois à une profondeur tragique.

Je me reconnais dans ces éléments.

Charpentier comme lui, je travaille aussi le bois. Logique dès lors que nous partagions des troncs communs… (il sourit)

 

 

 

 

Mélanie Isaac

Surface

Écrit par

Voix fiévreuse, sens inné de la mélodie, Mélanie Isaac nous invite à plonger sous la “Surface”. Ce nouvel album découpé en neuf pistes voyage subtilement entre variété française et pop indé, tel un long baiser de Barbara à Dominique A sous les yeux de Sanson. Suite d’une escale à Astafort et d’une rencontre parisienne avec Antoine Graugnard, ce disque produit et arrangé en compagnie de Julien Lebart dans un studio de Rivesaltes, mixé et masterisé à Bruxelles par Erwin Autrique, nous plante dans un décor aux sonorités tant organiques qu’atmosphériques, fixant comme point de mire cet horizon intemporel.

Posant ses valises à Bruxelles dès 2012, elle remporte la ‘Biennale de la Chanson Française’ (parcours FrancoFaune de l’époque) mais aussi le premier prix ‘Franc’OFF’ aux Francofolies de Spa en 2019, après la sortie de son Ep “L’inachevée”, enregistré à distance entre Manchester et Gand. Elle foule les scènes avec puissance, délicatesse et la promesse de toujours y proposer, en groupe ou en solo, des interprétations uniques de son répertoire. On la retrouve, entre autres, en première partie de Jean-Louis Murat ou de Dani...

Dès ce printemps 2022, c’est seule sur les planches, équipée de sa Gibson firebird et de son piano, que Mélanie Isaac fait vivre son album.

Mélanie Isaac écrit de beaux textes, poétiques, soutenus par une musique de qualité. Et cela fait un bien fou.

Elle est décrite comme le nouveau coup de cœur des médias francophones publics belges. Le nôtre aussi.

Son magnifique single « Paradis Nord » chroniqué précédemment sur Musiczine (à lire ou relire ici)

ouvre ce nouvel opus.

« Surface », qui donne le nom à l’album, embraie. Très belle chanson, touchante, qui décrit la dure réalité parfois subie par le monde extérieur. Par extension, on comprend ce que Mélanie a dû traverser en tant qu’artiste pour arriver là où elle est aujourd’hui. Elle a tenu bon pour son bonheur et le nôtre.

« T’aimer plus fort » commence par cette géniale accroche au piano et à la batterie. Un message un peu flou que l’on devine bienveillant à propos d’une rupture mêlée à l’espérance que la relation continue.

« Rouge Indigo » ? Quel texte ! Baignant au sein d’un climat éthéré, cette compo permet de voyager d’îles en îles, de rivages en rivages ensoleillés. Un instant, un tableau, suspendu de plénitude avant l’orage annoncé.

Pour terminer, « Ne la regarde pas dans les yeux » célèbre une très belle alliance entre batterie, piano et une formidable ligne de basse. Un titre invitant à l’amour véritable, au-delà de la surface. La boucle est bouclée.

En concert

9 Juin - Saint-André-lez-Lille, FR - Le Zeppelin

23 Juillet - Spa, BE - Les Francofolies

Méthode chanson

Quickly Quickly

Quickly Quickly

Écrit par

Quickly, Quickly, c’est le projet de l’américain Graham Jonson dont l’ambition, depuis sa base arrière à Portland, est de transformer sa pop de chambre en un monde psychédélique complexe ! Inspiré par J Dilla, The Pharcyde et Burial, sur un premier album au titre mystérieux (« The Long & Short of It »), il développe des harmonies bien au-dessus de la moyenne. Plus question de parler de ‘bedroom pop’ tant l’ampleur de ses mélodies, pas si lo-fi que ça, fait mouche. Courrez, ‘vite vite’, découvrir Quickly Quickly !

Flock of Dimes

Head of Roses

Écrit par

Jennifer Lynn Wasner est à la tête de deux projets (un troisième baptisé Dungeonesse, auquel participait John Ehrens, semble abandonné, pour l’instant). Tout d’abord, son principal, Wye Oak, en compagnie d’Andy Stack, dont le dernier elpee remonte déjà à trois ans. Puis un solo, qu’elle a réactivé, au cours de la pandémie et pour lequel elle est choisi comme patronyme, Flock of Dimes, dont le premier opus, « If You See Me, Say Yes » remonte à 2016.  

« If You See Me, Say Yes » constitue son second et il est paru chez Sub Pop.

Lors des sessions, l’Américaine a reçu le concours de toute une belle brochette d’invités dont Matt McCaughan derrière les fûts (notamment auprès de Bon Iver), Nick Sanborn à la production et aux synthés (moitié de Sylvian Esso) et encore Meg Duffy à la guitare (il milite au sein du band de Kevin Morby mais également chez Hands Habbit). Parcimonieuses, les orchestrations sont particulièrement léchées. La voix et le lyrisme de l’artiste font le reste.

Si « Head of Roses » fait la part belle aux guitares, on y rencontre également des éléments synthétiques, mais savamment dosés. L’œuvre alterne les climats malgré le ton ténébreux et des compos aux accents pop clairement définis. Ainsi, « Price of Blue » s’avère dense et entraînant tandis que « Walking » et « Lightning » se révèlent davantage minimalistes et introspectifs. On épinglera également le cotonneux « No Question », traversé par une magnifique intervention jazzy au saxophone ou encore le plus folk « Awake for the Sunrise ». 

Un album intimiste au cours duquel la songwritrice parvient à nous émouvoir…

Jean-Louis Murat

La vraie vie de Buck John

Écrit par

Quelques mois à peine après la sortie de son dernier album studio, « Baby Love », Jean-Louis Murat est de retour. Et il nous propose son 21ème elpee, « La vraie vie de Buck John ».

Si le titre évoque un célèbre cowboy héros de bandes dessinées publié dans un fascicule éponyme et tiré des films de l’acteur américain de western, Buck Jones, ne vous attendez cependant pas à tomber dans les poncifs d’un univers folk/blues.

Sur le fond, la figure stylistique empruntée par Bergheaud (à l’état civil) reste dans la même veine que ses ouvrages précédents.

A ceci près que, bricolé durant le confinement, Murat s’est fixé comme contrainte de n’utiliser que deux ou trois instruments (vous n’y entendrez pas de basse), l’unique intervention extérieure se limitant à celle de son complice Eric Toury, à la batterie, à la prise de son et au mixage.

L’Auvergnat réunit tous les éléments pour proposer un produit intéressant : un grain de voix séducteur, un groove funky (« Battlefield »), des gimmicks sautillants (« Où Geronimo rêvait ») et des mélodies inspirées par la thématique de l’amour. L’utilisation sporadique de synthétiseurs et sons typés ‘années 80/90’ (« Marylin et Marianne »), permettent aussi de souligner subtilement cet habillage en lui communiquant un caractère plus contemporain.

Pourtant, dans sa globalité, si le disque répond aux exigences de l’artiste et est traversé par des courants de bonne humeur (?!?!?), il fait figure pâle. Si, objectivement, il n’est pas déplaisant, il n’est probablement pas celui dont on parlera le plus. Pour plusieurs raisons.

Outre le minimalisme de la durée (une trentaine de minutes seulement), le disque souffre d’un manque de corps et fait preuve d’une certaine légèreté, même si l’une ou l’autre chanson s’en tire plutôt bien.

Et puis l’ensemble s’avère un peu trop linéaire. Tout en laissant un goût d’inachevé. Murat se complairait-il dans la facilité ?

Alors oui, en matière de goûts musicaux, il faut parfois se faire une raison. Lorsqu'on aime, tant mieux, mais lorsqu'on n'aime pas… difficile d’être objectif.

Klaus Schulze

Décès de Klaus Schulze, un des pionniers de la musique électronique

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Klaus Schulze, figure de proue du krautrock et de la musique électronique allemande, est décédé à l'âge de 74 ans. La cause exacte du décès n'a pas été révélée, mais il était malade depuis quelques années.

D’abord percussionniste, mais également multi-instrumentiste, ce futur virtuose des synthétiseurs a fondé Ash Ra Tempel et milité sein de Tangerine Dream avant de se lancer dans une carrière solo. Il a marqué l'ère des synthés analogiques.

Influencé par Wagner, la musique stochastique de Xenakis et probablement par Stockhausen, même s’il a toujours nié ces références avant-gardistes, mais également le psychédélisme, il a créé un nouveau genre musical auquel vont se rallier de nombreux disciples.

En introduisant des sequencers et percussions électroniques dans sa musique, il est devenu, un peu avant Kraftwerk, le grand pionnier de la musique entièrement électronique et reste le principal artiste du courant de musique dite ‘planante’, à l'origine essentiellement germanique, une musique qui a souvent été assimilée au rock progressif. Il a aussi tracé la voie la new age et la techno. Et tout comme Brian Eno, à l’ambient. Prolifique, il a publié plus d’une soixantaine d’albums (sans compter les ‘live’) sous son nom et celui du pseudo Richard Wahnfried et on ne compte plus ses collaborations. Parmi lesquelles on épinglera celles qu’il a réalisées pour Steve Winwood, le percussionniste japonais Stomu Yamash’ta ainsi que l’ex-drummer de Santana, Michale Shrieve. Notamment. Et on en oublierait presque son rôle de producteur (Alphaville, Lisa Gerrard, Schiller, …)

RIP

Mad Dog Loose

Décès d'Alain Allaeys, le chanteur de Mad Dog Loose

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Alain Allaey, le chanteur de Mad Dog Loose, tout premier groupe signé en 1995 par 62 TV records, est décédé probablement ce samedi 23 avril dans son appartement à Ypres, d’une crise cardiaque. Son papa n'a découvert son corps sans vie que le lundi 25 avril. Alain venait d'avoir 59 ans.

Le groupe se résumait d’abord à un duo avec Nico Mansy et deviendra rapidement un quatuor comprenant Kurt Van Peteghem, Armand Bourgoignie et Bernard Plouvier. Mad Dog Loose a sorti quelques EPs et un seul elpee dans les années 90 et s'était reformé (en trio) en 2015 pour encore sortir deux albums. Quelques-unes de leurs chansons ont eu une belle vie en radio : « Shiny Side », « Devil Waltz », « Versa », « Take Me Down ».

RIP

 

Un Mobile immobile pour Juicy…

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Après avoir publié trois singles (« Love When It’s Getting Bad », « You Don’t Have To Know » et « Treffles »), Juicy nous propose son quatrième, « Remain », un titre qui figure sur son dernier elpee, « Mobile », paru ce 18 mars 2022.

Tout en douceur, « Remain » clôture la traversée de cet album aux thématiques sociétales et tourmentées. Sur un air mélancolique, Juicy chante les petits fragments de vie que l’on gardera en mémoire lorsqu’il ne restera plus rien d’autre que nos souvenirs. Les moments simples et purs de partage et d’amour qui étaient plus forts que tout.

Comme pour leurs trois précédents singles, le collectif belge Gogol Flex a réalisé un court-métrage. La vidéo de cette quatrième et dernière partie s’installe dans une ambiance de folie. Les éclats et traces d’une scène de ménage brutale ainsi qu’un corps inerte jonchent le sol. Par un enchaînement sans queue ni tête, nous retrouvons Juicy à bord d’une fusée. Le duo s’envole pour échapper à l’explosion imminente de la terre. Focus ensuite sur le doux souvenir d’un repas de Noël en famille, dont on retrouvera les images et selfies familiaux perdus dans un vide intersidéral. Cet objet vidéo original fait partie d’un ensemble d’une série de 4 épisodes qui couvre la totalité de l’opus. « Remain » est la chanson phare de ce quatrième épisode. Ce premier LP sociétal et engagé est marquant de réalisme, frappé par l’époque que nous traversons. Écrit avant la rupture mondiale de mars 2020 et produit pendant, il fait état du désenchantement de Sascha Vonk et Julie Rens, enfants de leur temps, surinformés, désabusés, déprimés, révoltés. L’angoisse y est omniprésente, mais constamment et énergiquement repoussée.

Pour découvrir le clip, c’est ici

Juicy se produira en concert à l’Inc’ Rock à Incourt, au festival de Dour, aux Francos de Spa et un peu partout cet été.

https://www.facebook.com/juicyrnb/

https://www.instagram.com/juicyrnbitch/?hl=fr

https://www.youtube.com/channel/UC4Tdl5Sh6ZpsXZQQRXiog9A

 

 

Angèle, libre dans les ruelles de New-York City

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En se rêvant astronaute, héroïne ou exploratrice ultime, Angèle se construit dans son nouveau clip un environnement alternatif en réaction à un monde souvent trop anxiogène. Elle vit sa réalité en survolant la ville de New- York avec des super pouvoirs et cette légèreté qu’on a déjà tous imaginée. Une véritable invitation à aller chercher cette super version de nous-même, qui nous incite à vivre « Libre » !!!

Le clip de « Libre » est disponible ici

En concert

16.05.2022 - FOREST NATIONAL SOLD OUT
19.12.2022 - FOREST NATIONAL
20.12.2022 - FOREST NATIONAL
21.12.2022 - FOREST NATIONAL
22.12.2022 - FOREST NATIONAL

https://www.facebook.com/angeleouenpoudre

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Lous and the Yakuza en tournée à travers le monde…

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Alicia Keys vient d'annoncer sa tournée mondiale avec Lous and the Yakuza comme invitée spéciale pour ses spectacles aux États-Unis, au Royaume-Uni, en Belgique, en Norvège, en Suède, en Pologne et en République tchèque. Lous assurera également la première partie de deux spectacles de Gorillaz en Allemagne.

En Belgique :

01.06.2022 - Bruxelles @ Botanique

01.07.2022 - Werchter @ Rock Wechter Festival

Son nouveau clip « Kisé » est disponible

https://www.instagram.com/lousandtheyakuza/

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Editors

Un nouveau single et un nouveau membre pour Editors…

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Editors vient de graver un nouveau single. Intitulé « Heart Attack », c’est sa première sortie depuis 2019, et le premier titre pour lequel le compositeur et producteur Benjamin John Power, lauréat du prix Ivor Novello, alias Blanck Mass, est intégré comme nouveau membre du groupe.

En parlant de ce changement, Smith explique : ‘Ayant travaillé avec le groupe pendant près de cinq ans, rejoindre Editors semblait être une progression naturelle plutôt qu'une décision à prendre. Nous savons que nous travaillons bien ensemble, que nous sommes sur la même longueur d'onde sur le plan créatif et que nous sommes tous des amis très proches. Faire partie d'un ‘conglomérat créatif’ est quelque chose que je n'ai pas connu depuis un certain temps maintenant, alors faire partie de quelque chose qui fonctionne de cette manière est à la fois libérateur et excitant à parts égales’.

Avec son intensité électronique pulsée, ses synthés inspirés des années 80 et ses pads de batterie épiques et entraînants, « Heart Attack » se distingue par ses sonorités gothiques et la voix couvrante de Tom Smith, le rendant instantanément reconnaissable. ‘« Heart Attack » est une chanson d'amour morbide’, a déclaré Smith.

Pour la vidéo, Editors a fait équipe avec le réalisateur et artiste visuel Felix Geen, qui a utilisé une technologie d'IA révolutionnaire pour créer un vaste voyage visuel sombre et psychédélique.

Le clip de « Heart attack » est disponible

 

 

 

 

Bruce Hornsby

Bruce Hornsby a rendez-vous chez le psy…

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Bruce Hornsby a embrassé l'évolution constante de son style musical tout au long de sa carrière, en expérimentant aussi bien dans l’univers du jazz, du bluegrass, du rock, de la musique classique que de la country.

Le nouvel elpee du chanteur/compositeur/pianiste, sortira le 27 mai. Enregistré l'été dernier, il s’intitulera « Flicted ». Un premier extrait, « Sidelines », vient de paraître en vidéo. Il a bénéficié du concours d’Ezra Koenig de Vampire Weekend et Blake Mills à la guitare, qui coécrit, par ailleurs le morceau. A ce propos, Hornsby a déclaré : « Sidelines » est une chanson consacrée à l'hystérie sous diverses formes, depuis les procès des sorcières de Salem dans les années 1600 jusqu'à la panique actuelle liée aux pandémies. Et elle est disponible

 

 

!!!

!!! a repeint le dernier album studio des Beatles en bleu…

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Le neuvième album studio de !!!, « Let It Be Blue » sortira le 6 mai 2022. Le groupe voulait des chansons modernes, minimales, avec des rythmes, des basses et quelques accroches vocales. Les paroles ont été inspirées par des chansons de Prince ainsi que par les grands auteurs de métaphores rap comme Andre 3000 et Lil Wayne. En attendant, il nous propose son troisième single, sous forme de clip vidéo, « Panama Canal ».

« Let it Be Blue » est un disque basé sur l’informatique, mais ce n’est pas le cas. En fait, produit par Patrick Ford, il est le résultat du partage de fichiers, de l'échange de stems, de particules de chansons, de petites idées en passe de devenir des morceaux de danse entièrement réalisés. Il a été conçu au cours des deux dernières années, avec des rêves de futurs dancefloors en tête.

Le clip de « Panama canal » feat Meah Pace et à voir et écouter

 

 

Flasher

Par amour de Flasher…

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Flasher est un duo réunissant le guitariste Taylor Mulitz et de la batteuse Emma Baker. Son nouvel opus, « Love Is Yours », paraîtra ce 17 juin.

La vidéo du titre maître a été réalisée par Camilla Smura (qui a également signé le clip du single « Sideways ») constitue un hommage au National Treasure, parce que, tout comme la salle du trésor cachée sous l'église Trinity, l'amour qui dure est la plus grande aventure que l’histoire n’ait jamais révélée.

« Love Is Yours » fait suite à « Constant Image », sorti en 2018. Il a été enregistré à Washington, D.C., sous la houlette d’un ami de longue date, Owen Wuerker, qui a également contribué à l'instrumentation en se consacrant à la basse, les percussions, les synthés et à la guitare.

Bien que les chansons traitent de la désillusion et de la perte, la musique évoque la chaleur et l'optimisme.

Le clip de « Love is yours » est à découvrir

 

 

Laura Veirs

Laura Veirs a trouvé la lumière…

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Laura Veirs publiera son nouvel LP, « Found Light », ce 8 juillet 2022.

« Found light » fait suite à « My echo », paru en 2020. Il est considéré comme l’album du divorce. En fait, c’est la dernière fois que son partenaire et père de ses deux fils, produisait un de ses disques. La séparation l'a amenée à s'interroger sur son identité en tant qu'artiste : cette partie d'elle, qui semblait liée à son partenaire depuis si longtemps, avait-elle été engloutie dans la séparation ? Ferait-elle à nouveau de la musique ? Historiquement, Veirs s'est occupée des éléments les plus fondamentaux de ses chansons - l'écriture et le chant - mais elle a toujours laissé les décisions d'arrangement et de production à son partenaire, jusqu'à la liste finale des morceaux. Bien qu'elle soit copropriétaire d'un studio avec lui, elle n'en a jamais pris la tête, et elle n'a jamais joué de la guitare tout en chantant sur bande. Bien qu'elle ait sorti une douzaine d'albums, elle se demandait si elle avait vraiment le savoir-faire nécessaire pour en faire un sans lui.

Absolument et catégoriquement : Oui. Après une série de brèves sessions (certaines avec le multi-instrumentiste de Death Cab for Cutie, Dave Depper, d'autres seules chez elle), elle a réservé du temps aux Jackpot Studios de Portland, puis a appelé son vieil ami Ismaily pour lui demander de se joindre à eux. Ils se sont entendus et ont décidé de coproduire l'album. Ismaily lui offre ses conseils et sa perspicacité, mais lui laisse l'espace nécessaire pour faire ses propres choix et inviter ses propres invités, comme Sam Amidon et Karl Blau. Elle a fini par chanter en jouant de la guitare, réalisant peut-être pour la première fois qu'elle était vraiment douée pour quelque chose qu'elle avait fait presque toute sa vie.

Le single principal "Winter Windows", avec ses guitares énergiques et fuzzées et ses percussions entraînantes, est une vitrine de cette libération féministe.

Le clip de « Winter windows » est à découvrir ici

 

 

La fête la plus cool de Cocaine Piss

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« Cool Party » c’est le titre du nouveau single de Cocaine Piss, une chanson de fête mais à laquelle on n’est pas sûr de vouloir y aller. Et pourtant, alors que tu ne voulais pas t’y rendre, tu as passé la meilleure nuit de ta vie. La vidéo a été réalisée par Simon Medard et est disponible ici

 

 

Guillaume Ledent inspiré par Kevin De Bruyne…

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Guillaume Ledent vient de graver un nouveau single, « Balek ». Il a été enregistré dans son studio, La Tanière du Panda, à Tournai et mixé au Detours Studio, à Bruxelles par Géraldine Capart. Les visuels sont de Fred Corio

L'album sortira en octobre 2022. Il devrait s’intituler « Fancy fair ». En attendant, Guillaume reprendra la route cet été avec son projet jeune public « Dérange Ta Chambre » dont l’opus, « Le mot dit » est paru juste avant la pandémie. Les premières dates de la tournée « Fancy fair » sont prévues pour cet automne.

« Balek » (locution verbale signifiant je m’en bats les c********) est en écoute ici

Prochains concerts :

- ATH - Chez Poupoun -  29 JUIN - DÉRANGE TA CHAMBRE
- ERE - Ferme des Coquelicots -  9 JUILLET (à confirmer) - DÉRANGE TA CHAMBRE
- LEUZE - JUIN - GUILLAUME LEDENT
- LESSINES - 17 JUILLET (Notre-Dame à la Rose) - DÉRANGE TA CHAMBRE
- SEPTEMBRE - Au B'Izou - DÉRANGE TA CHAMBRE

 

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