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Paddang à la poursuite des fantômes…

Paddang est un trio de rock psyché formé en 2020 à Toulouse. Osees et King Crimson à fond dans lʼautoradio et un nom de groupe inspiré d'un spot de surf en Indonésie, Paddang file à toute berzingue dans une épopée cosmique. Les trois voix dictent le ton et…

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Yuck

Nouvel ordre

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L’évènement majeur de ce lundi soir d’octobre, qui s’est produit entre les murs de l’Ancienne Belgique, était sans nul doute le concert de New Order. Pourtant, c’est dans le Club que j’avais choisi de me rendre. Certainement quelques uns des spectateurs présents devaient ressentir un pincement au cœur, partagés entre deux affiches aussi alléchantes. Mais peu importe, car le concert des jeunes pousses de Yuck allait ranimer la flamme d’une Indie Pop fière et goguenarde tout en ravivant le souvenir des heures de gloire du genre.

Les premiers accords de Deadsets retentissent alors que je gravis les escaliers. Pénétrant dans la salle, je suis d’emblée frappé par l’impact visuel du combo.  

En rang serré, les trois guitaristes, le bassiste et la claviériste se tiennent fièrement au devant de la scène, tandis que le batteur, seul élément retranché, tient la cadence depuis l’arrière de celle-ci.

Si musicalement leurs compositions n’ont rien de renversant, force est de constater un certain savoir faire et une indéniable générosité qui rend l’ensemble fort sympathique.

Vraisemblablement au goût du public, le groupe s’efface après une quarantaine de minutes sous les applaudissements et les hochements de têtes approbateurs.

Sur la scène, on dresse une toile où le nom de Yuck apparaît en lettres noires grossièrement peintes sur fond blanc. Arty mais pas prétentieux, le groupe londonien se lance alors dans un concert où pêle-mêle, ressurgissent des relents de Dinosaur Jr, agrémentés de vagues Shoegazer rappelant Ride, et saupoudrés de mélodies faussement évidentes mais absolument accrocheuses comme savaient nous les servir les Teenage Fanclub ou encore les Lemonheads.

Définitivement influencés par les nineties, Yuck remet au goût du jour le meilleur d’une scène que bon nombre de personnes présentes ce soir n’ont connu que par procuration.

Tantôt énergiques, tantôt caressantes, tantôt sucrées, tantôt acides, les chansons de l’album éponyme se succèdent entre larsens et échappées mélancoliques.

« Georgia », « Suicide Policeman » et « Get Away » rappellent l’évidence d’un excellent album, agrémenté pour sa ressortie de quelques bonus, dont un « Save Me » un peu mou aujourd’hui.

Qu’importe, puisque après s’être éclipsé pour la beauté du geste, l’espace d’une poignée de minutes, les quatre jeunes gens nous offrent deux autres morceaux, dont en final l’épique et langoureux « Rubber », incontournable dernier titre de leur elpee.

Après coup, je regarde le chanteur se prêter volontiers au jeu des autographes et je ne peux m’empêcher de penser qu’à l’aube des années nonante, aux premiers faits d’armes des Pixies, et consorts, les petits Yuck devaient encore être des enfants.

Quelqu’un pour me dire ce qui est advenu des années 2 000 ?

Organisation : AB

 

The Kooks

Des déglinguées pour les loufoques !

Écrit par

Forest National est, il faut le reconnaître, la deuxième salle de Belgique, en matière de capacité d’auditoire ; mais plus que probablement, une des dernières, si pas la pire, au niveau acoustique…

Mais bon, pas vraiment le choix si je veux aller écouter et voir Les Dingues (Kooks en français se traduit par loufoques ou dingues). Deux albums d’excellente qualité précèdent un troisième opus, un peu moins convaincant. Qu’à cela ne tienne, leur musique me donne des frissons et des fourmis dans les jambes. Alors, allons-y !

Big surprise en arrivant, c’est pas la grande foule attendue. Pas d’inquiétude, nous n’en sommes qu’à première partie, assurée par Morning Parade, responsable d’un hit sulfureux et surtout très actuel, intitulé « Under The Stars », un tube qui cartonne, pour l’instant, sur les ondes de notre Pure Fm nationale. Bon, ben ça commence bien, le micro ne fonctionne pas ! Et le malheureux de s’époumoner en pure perte… Un technicien passe heureusement par là et arrange le coup. Ouf !

Les 5 musicos, noirs de la tête aux pieds, s’en donnent à cœur joie et chauffent le public, en dispensant un petit répertoire chouette et entraînant. On a déjà vu plus moche comme mise en bouche…

Allez donc jeter une oreille vers ce lien http://www.youtube.com/watch?v=vyv45K0AivE pour être convaincus des qualités de ce band.

Une petite demi-heure s’écoule et les lumières se remettent à éclairer une foule assez clairsemée. A peine une demi-salle, et encore, je pense être généreux. Trente minutes sont nécessaires pour préparer le plat consistant.

Il est passé 21 heures quand les Kooks montent sur l’estrade. C’est à partir de ce moment-là que je me suis senti vraiment vieux ! Un véritable essaim de gonzesses âgées à peine de 15 voire de 16 ans, commencent à hurler, prennent des photos par milliers et font de petits coucous au chanteur. Un comportement qui va perdurer tout le set. Digne de la période des Beatles à la grande époque… Bref, une hystérie collective et typiquement féminine qui gâche irrémédiablement le plaisir que peut procurer un bon concert.

Sur un fond ligné qui varie de couleur selon l’éclairage diffusé, Luke Pritchard, sexy à souhait, selon les ‘demoiselles’ en transe à chaque interruption, a beaucoup de mal à communiquer avec son public. Dur, dur, il est vrai, de dire quelque chose à une bande de groupies à moitié folles (c’est un euphémisme). Pour tout échange, on a juste droit au titre de la chanson qui suit, point à la ligne !

Fort heureusement, le répertoire des Kooks est d’excellente qualité. Alternant titres extraits du dernier album « Jungle Of The Haert » et plus grands succès issus de « Naïve » et d’« Inside In Inside Out », les 5 membres (tiens, habituellement, ils ne sont que 4) consentent une débauche d’énergie qui fait chaud au cœur et va même jusqu’à causer quelques dégâts sur les planches (pauvre micro !) La qualité d’interprétation (je n’ai pas dit le son !) est vraiment excellente, et les voix sont sublimes. Le lead vocal fort heureusement, mais les chœurs également, ce qui rehausse encore le niveau. Durant une grosse heure, les hits s’enchaînent pour notre plus grand plaisir, chacun chantant et dansant au rythme de ce qui se fait quasi de mieux en pop/rock actuel. Pour interpréter « Seaside », le leader du combo se met en évidence sur une petite marche, seul flanqué de sa guitare. A cet instant tous les éclairages sont braqués sur lui et évidemment les filles qui hurlent à la mort ! Il est tellement sexyyyyyyyyyyyy ! Le ton monte encore d’un cran lorsque le quatuor dispense, tout en acoustique, un avant-dernier morceau, Luke se réservant le dernier, seul au piano, comme un grand.

Puis sans prévenir, le band se casse. Pour se faire désirer pendant plus de dix minutes… A ce moment-là, mes oreilles rendent l’âme (merci les filles). Je n’imaginais pas que ce genre de comportement existait encore !

Heureusement, car je n’aurais pas pu supporter une minute de plus, les Kooks réapparaissent sur scène pour nous accorder un final à couper le souffle. Cerise sur le gâteau, le combo nous réserve « Do You Wanna », un morceau qui –et je pèse mes mots– fait ‘jouir’ une dizaine de déglinguées. Elles se pâment et se lâchent sur ce titre où, il est vrai, Luke leur demande si elles veulent faire l’amour avec lui… Ben oui, quand on cherche, on trouve, mon vieux !!!

Au final, je dois avouer ne jamais avoir vécu un pareil concert, une expérience semblable, et une fameuse, il faut le préciser…

Je comprends mieux pourquoi Balavoine voulait devenir chanteur…

(Organisation Live Nation)

IAMX

Comme un diesel…

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La route qui nous mène à la toute nouvelle salle montoise de l’On-air studio ce samedi est parsemée d’embûches. Outre les travaux entrepris à la rue de Nimy (celle qui aurait dû nous mener à destination), nous sommes retardés par un accident de la circulation, croisé sur notre itinéraire. Arrivé enfin dans la cité du Doudou, nous parquons notre véhicule avant d’en sortir pour emprunter des  trottoirs qui n’en sont plus vraiment. On entend des cris barbares qui résonnent depuis l’autre côté de la ville ; c’est que l’Albert joue au foot à domicile ce samedi.

Mais au bout de ce chemin de croix, la récompense est là. Tout d’abord celle de redécouvrir un lieu de sortie montois, l’Alhambra, rafraîchi et débarrassé de sa réputation d’endroit louche. Malgré le sold-out, la salle surplombée de deux balcons (et un bar à l’étage) n’est pas bondée, mais s’avère particulièrement conviviale…  

Répondant au patronyme de Noblesse (NDR : oblige !), le supporting act bénéficie d’un accueil chaleureux. La formation revisite les 80’s en se servant de sonorités électro basiques et ‘vintage’. Quoique secouant sa dark-wave de percussions africaines, le résultat n’est guère percutant. Le duo me fait même parfois penser à Neon Judgement (NDR : des vieux de la vieille !) Sauf que la chanteuse, Valérie Renay, est également une actrice. Une situation démontrée par son jeu de scène et ses nombreux changements de fringues, aussi excentriques les unes que les autres.

Et bien que le matériel d’IAMX soit déjà prêt en arrière-plan du podium, le groupe attend 22 heures avant de faire son apparition, de manière faire monter l’ambiance d’un cran. Chris Corner et sa bande débarquent sur une déferlante de beats. La troupe multiplie ses efforts pour chauffer le public ; mais les titres du dernier album (« Volatile times ») sont tellement plats, que ma réaction première est plutôt glaciale. Le son est approximatif. Le jeu de lumières assez sombre. Marie devra d’ailleurs trimer pour immortaliser quelques clichés. Il faut attendre des titres plus excitants comme « Nightlife » ou « Kiss of swallow » (NDR : et un retour sur le premier album) pour que le set reprenne du poil de la bête. Notamment lors des excellents arrangements réservés sur « My secret friend ». Ou quand trois des quatre musiciens décident de s’acharner sur des percus en tout genre. Après une bonne heure de concert, la température est quand même montée de plusieurs crans.

Avant le rappel, on s’éclipse pour se rafraîchir au bar. Juste le temps de redescendre pour assister à un final époustouflant. Quatre titres dont le dantesque « Spit it out » qui met le feu à la foule. L’atmosphère est alors à son paroxysme. Bref, tout le monde attend un second rappel. De longues minutes d’attente laissent espérer un nouvel encore. Mais le groupe ne reviendra plus. Les lumières se rallument. Qu’importe, les spectateurs affichent des mines réjouies. Il faut dire qu’en dépensant 20€, dans une salle aussi intimiste, pour un set d’1h30, les spectateurs n’ont pas été lésés.  

Mons n’a pas encore été désignée capitale culturelle européenne pour 2015. Mais une telle soirée qui se prolonge encore dans les bars rock’n’roll des environs, nous permettent d’imaginer que sa candidature est en bonne voie.

Setlist :
 

1.         Into Asylum 
2.         Music People 
3.         Nightlife 
4.         Ghosts of Utopia 
5.         My Secret Friend 
6.         Fire & Whispers 
7.         Tear Garden 
8.         Oh, Beautiful Town 
9.         Volatile Times 
10.       Think of England 
11.       Nature of Inviting 
12.       Cold Red Light 
13.       Kiss & Swallow  

-           Rappel –

14.       Bernadette 
15.       The Alternative 
16.       Bring Me Back a Dog 

17.       Spit It Out 

(Voir aussi notre section photos)

The Subways

L’énergie et la puissance à leur paroxysme…

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Ce samedi soir, le Botanique avait décidé d’épingler trois groupes pop aux accents punk-rock. En guise d’apéritif, plutôt léger, deux groupes français, The Dancer et The Dukes, ouvraient le bal, bénéficiant de l’insigne privilège de ‘chauffer’ la salle aux  inépuisables Britanniques de  The Subways’. Formation hors-norme qui, dès son premier  album paru en 2005 (« Young For Eternity »), avait fait l’unanimité de la presse anglaise. Elle ne tarissait d’ailleurs pas d’éloges à son égard, qualifiant très tôt les trois jeunes banlieusards londoniens de ‘the next big thing’. Talent que les jeunes gens ne tarderont pas à confirmer sur scène grâce à leur troisième et dernier opus, né sous le signe évocateur de « Money & Celebrity ».

Deux supports acts ouvrent donc pour le combo insulaire. Deux premières parties que nous réduirons laconiquement à cette citation célèbre de John Lennon : ‘Le rock français, c’est comme le vin anglais’. Deux jeunes formations qui auront pourtant eu l’audace de se mesurer à la légendaire puissance sonore des Subways et, par là même, de leur permettre d’exposer jusqu’à l’éclatement, de déchaîner  leur force dévastatrice.

Comment ne pas évoquer les mots ‘énergie’ et ‘puissance’ lorsque l’on parle de The Subways ? Quels termes employer lorsque l’on baigne dans un tel ‘chant’ magnétique, une telle intensité? Tâche ardue s’il en est. Que l’on aime ou pas, ils vous prennent à la gorge et leur cruelle étreinte ne faiblit pas du début à la fin du spectacle. Quand on songe que ces trois jeunes musiciens sont capables d’incendier tout un stade, on imagine sans mal les sensations éprouvées au sein de l’Orangerie. Peu importe la salle, ces trois-là déploient la même vigueur à chaque concert comme si, à chaque soupir, dans l’unique présent qui efface le reste, ils livraient leur première et cependant ultime représentation. 

C’est sur une musique annonçant la fin du monde que Billy Lunn, Charlotte Cooper et Josh Morgan débarquent en trombe, telles des stars internationales de catch, avant de nous lancer leurs premiers missiles. Ce dynamisme, cet enthousiasme nous offrent spontanément leur plaisir de jouer. Il suffit de regarder la bassiste, comme envoûtée, parcourir la scène en sautant sans relâche pour s’en faire une idée. Un plaisir communicatif auquel ne peut guère résister le   public et qui l’immerge d’emblée dans la haute énergie brute de « Oh Yeah ». Une setlist  d’ailleurs composée d’innombrables morceaux issus de l’indétrônable « Young For Eternity ». Album culte sur lequel le public demeure plus réactif  et réveille les surfeurs de foule. Lorsqu’on prend acte de l’accueil enthousiaste que le public réserve aux nouveaux titres (« We Don’t Need Money To Have A Good Time », « Popdeath »…) extraits du récent troisième elpee, on mesure l’ampleur de la victoire du trio londonien. Entre passé et futur, le double défi relevé ce soir est un franc succès.

Ensuite, les titres s’enchaînent sans temps mort ; même les courts intermèdes sont parfaitement contrôlés par Lunn qui aime la scène et son public (NDR : un public qui succombera à l’invitation du chanteur à se lancer dans un ‘circle pogo’ en forme de farandole agitée). Quelques mots échangés encore et la force de la voix, les riffs de guitare brûlants et la basse acide reprennent de plus belle. Finalement, les cent décibels affichés au compteur  agitent avec ferveur les vitres extérieures de la serre pour trois derniers rappels. Pourtant, on aurait presque l’impression que le leader du groupe ne veut pas quitter la scène tant cette envie insatiable de jouer est palpable. Seul existe alors un intense présent, comme un instantané de la présence même. La foule saute, exulte avant que Lunn n’enlève son micro et se lance dans un ultime stage diving.

The Subways ne changera probablement pas le visage de la musique mais il offre, à chaque concert, un pur moment de plaisir et d’énergie contagieuse. L’énergie exorbitante distillée par le trio, en une seule nuit, excède tout ce dont certains groupes sont capables de dispenser, dans une carrière entière.

(Organisation Botanique)

 

Too Much & The White Nots

Un feu d'artifice visuel et musical.

Écrit par

L'atelier 210 accueillait, ce jeudi 13 octobre 2011, les Too Much & The White Nots, à l'occasion de la sortie de leur premier album, "Hootenanny". Quatre ans après leurs débuts (sur les planches de l'atelier 210!), le public qui afflue pour les (ré)entendre jouer prouve, s'il le faut, que le combo bruxellois s'est taillé une belle réputation.

La convivialité est de rigueur dans cette petite salle. Le public est plutôt jeune, mais on croise aussi une vieille dame accompagnée d'enfants.

La première partie du concert est assurée par Sinus Georges. Seul à la guitare et au chant, ce gai et sympathique luron est accueilli avec bienveillance, malgré une influence très marquée de  pop-chanson française-un peu reggae et une voix dans la lignée d'Anis, de Patrice, d’Ayo voire de Tété... Les textes ne sont pas d'une grande profondeur, (l'une des chansons s'intitule "Viens par ici que j't'attrape") mais c'est vers la fin du set que Sinus Georges se rattrape un peu, en interprétant des compositions apparemment plus récentes, et un peu moins stéréotypées.

Après une petite pause, les sept membres des Too Much s'installent dans le joyeux bazar disposé sur la scène. Beaucoup d'instruments (violoncelle, contrebasse, calebasse, guitare, flûte, harmonica, harmoniums, carillon, tube, guimbarde, didgeridoo, charango...) et des micros pour tout le monde, une lampe épileptique, un téléphone scotché au pied de micro. L'espace prend des allures de cirque, les musiciens arborant chignons, vestons de cow-boy, robes dorées ou tissus années trente. Les genres s'y côtoient pour un feu d'artifice visuel et musical.

Venus d'horizons musicaux différents, les membres de Too Much & The White Nots se sont rejoints pour cette belle expérience, éclectique malgré une classification folk. Le concert s'ouvre par un premier morceau dynamique et décalé, qui entraîne de suite les plus timides bassins. Vient ensuite un titre plus lent qui met le violoncelle à l'honneur, ainsi que les voix dont les types se répondent.

Darshen Golan (guitariste et chanteur) est au centre, et si c'est lui qui initie la plupart des morceaux, l'improvisation de tous a certainement permis d'enrichir les compositions. La spontanéité et l'amusement sont palpables, et chacun se met à danser, enfants émerveillés par le dompteur d'ours et la fildefériste.

Quelques reprises sont jouées, dont « My Moon My Man » de Feist, dans un admirable arrangement qui le rend franchement méconnaissable. Entonné par un duo d'harmoniums, il monte en puissance quand la violoncelliste, le contrebassiste et Choekita, la chanteuse à la voix grave s'en mêlent. Très rythmé, il semble partir en tango, puis s'accélère, s'étoffe, se répète et prend une direction plus électronique.

Sur « Folk is not dead », tous les membres scandent, non sans ironie, la phrase empruntée au slogan ‘punk is not dead’. La lampe de salon se met à clignoter comme lors un orage, le rythme et les bouches s'exagèrent, jeu auquel l'auditoire prend part.

Le groupe n'hésite pas à nous emmener dans des contrastes marqués, et quand la violoncelliste et le contrebassiste interrompent leur duo pour laisser exploser les percussions, les fauves sont lâchés et le plaisir embrase la salle entière.

Quelques ballades balancent cette furie, dont une reprise de Daniel Johnston, plus sage et introspective. On pense furtivement à Moriarty, et ses odeurs de Far West, mais l'on aurait tort de vouloir comparer les Too Much, et surtout, ce serait très long, vu la souplesse du répertoire.

Généreux, les Too Much n'hésitent pas à en faire un peu trop, avec classe et autodérision.

Trois morceaux de rappel continuent résonner dans l'atelier 210. Les musiciens attrapent des percussions et deviennent batucada, puis terminent par « Elise », chanté en acoustique et en rang d'oignon, les sept complices tapant des mains, sautant et jouant de la sonnette de vélo et du réveille-matin.

Too Much & The White Nots se produira en concert le 25 novembre au Rideau Rouge à Lasne, et probablement d'ici peu sur d'autres scènes bruxelloises.

(Organisation Atelier 210)

 

The Dø

L’univers décalé de Tim Burton en musique…

Écrit par

Ce mercredi, The Dø avait décidé de planter ses quartiers à l’Ancienne Belgique de Bruxelles. Après avoir bouclé une saison de festivals qui a mis leur nom dans la bouche des amateurs de musique, le duo franco-finlandais poursuit sur cette voie royale.

C’est de notoriété publique: l’inconnu attire. Sur base de cet adage et de leur réputation grandissante, je suis parti à la découverte totale de The Dø. L’intime salle de l’Ancienne Belgique n’était pas tout à fait pleine, bien que le public bruxellois n’ait pas failli à sa réputation. Mais les présents en ont eu plein les yeux et les oreilles.

Devant eux, Olivia Merilahti, une princesse finlandaise, venue à la rencontre de fidèles pour peupler son monde. The Dø a construit un univers sur lequel elle règne d’une manière époustouflante. Sa voix est envoûtante et sa prestance scénique impressionnante. Bref, elle ne manque de rien. Elle est sublime ! En quelques chansons seulement, elle devient la souveraine de nos cœurs. Si nous sommes éblouis par ce qui émane du groupe, pas une seule tête ne se détourne des lèvres de la chanteuse scandinave. Au point que lors d’un silence noir abandonné au beau milieu d’un titre, tout parait se figer. La salle devient silencieuse, comme si chacun cessait de respirer. Quand la chanson reprend ses droits, l’air nous parvient de nouveau, l’ambiance renait en un éclat de voix. Ce royaume, dans lequel nous sommes aspirés, recèle une magie inexplicable, invisible, immatérielle. Et qu’est-ce qu’elle fait du bien! C’est aussi le seul empire au sein duquel les gouvernants partagent ce qu’ils ont de plus précieux.

Transportés, nous quittons la réalité des murs de la salle bruxelloise. On croise des situations insensées, des combinaisons improbables sur cette route hors du commun, et pourtant, jamais l’envie de faire demi-tour ne nous envahit. Ce qui peut paraître un peu fade sur Cd prend une autre dimension sur scène. On pourrait ainsi imaginer une traduction musicale de l’univers décalé de Tim Burton. Et si l’espace d’un instant je pense à vous, la peur de ne pas avoir les mots pour retranscrire cette fantastique soirée me tenaille.

L’impression laissée par ce spectacle, qui s’est déroulé ce 12 octobre, dans cette salle de l’Ancienne Belgique, n’a pas le pouvoir d’en sortir. C’est la tête pleine de souvenirs, de musiques, d’envies d’encore que je ressors de ce concert. Mon esprit continue de vagabonder quelque temps avant de reprendre sa place. Mais ce foisonnement d’idées est également accompagné d’une promesse : celle de retourner à la conquête de ce plaisir que The Dø m’a procuré pendant une heure et demie.

On glissera un petit mot aussi en faveur de Paper The Fox qui assurait la première partie. Leurs mélodies électro bercées par un violon avaient déjà entrouvert une porte sur une soirée chargée de promesses...

(Organisation AB)

(Voir aussi notre section photos)

Russian Red

Spanish Rose

Écrit par

C’est toute la chaleur de l’Espagne qui s’est invitée ce 9 octobre au Club de l’AB. Pas de match Belgique-Espagne au programme, mais le passage attendu de la jolie Lourdes Hernandèz. Derrière le ton Russian Red de son rouge à lèvres, elle venait présenter les compositions émaillant « Fuerteventura », un second recueil qui l’approche lentement mais sûrement du devant de la scène.

Le tube « I Hate You But I Love You » et ses accents folky n’ont pas échappé à l’oreille attentive des mélomanes de tous bords. Porté par une voix délicate et des accords de guitares mariant efficacement folk, americana et pop, Russian Red s’inscrit dans la lignée de ces projets tout à fait banals, mais dont le tout petit truc en plus pousse l’auditeur à s’y attarder. Et surtout davantage qu’il ne l’aurait, à priori. Ce petit plus, on le doit à Lourdes Hernandèz et à son délicieux timbre de voix rehaussé d’un léger accent hispanique.

La salle n’est pas comble mais donne cette impression, le public patientant dans sa majorité les fesses à terre. Mais l’heure de se lever a tôt fait de sonner. La jeune femme s’avance sur le podium de l’ABClub, sur le coup des 20h40. Entourée de deux musiciens, elle s’arme d’une énorme guitare avant d’entamer son set par « The Memory Is Cruel », extrait du dernier né de Russian Red. Hernandèz remercie son public d’être venu si nombreux et lui adresse quelques mots dans sa langue natale. Lorsque tu vois toutes les mains se lever, tu comprends que t’aurais mieux fait d’être un peu plus attentif pendant tes cours d’espagnol.

Des extraits de « Fuerteventura » s’intercalent entre ceux de « I Love Your Glasses », premier du nom. Acclamations pour le single « I Hate You but I Love You » placé assez tôt dans la setlist. On se dit alors que la petite va avoir du mal à tenir en haleine les petits curieux de mon genre ; mais elle finit par y parvenir à l’aide des efficaces « The Sun, The Trees », « Every Day Every Night », « Cigarettes Revisited » et « January 14th ». En bout de course, la Madrilène offre à son public une version retravaillée et interprétée dans sa langue natale du « All My Little Words » de Magnetic Fields, réintitulée pour l’occasion « Todas Mi Palabras ». Une reprise d’une reprise, comme l’expliquera la chanteuse avant d’entamer son morceau.

Au rappel, Russian Red réitère l’exercice de l’adaptation dans une version impeccable du « Baby, It’s You » des Beatles, avant de s’éclipser et de réapparaître une ultime fois pour des ‘au revoir’ acoustiques. « A Hat » clôture la prestation de la jeune femme qui s’éclipse sous les acclamations de ses compatriotes. Ils en auraient d’ailleurs volontiers goûté une quatrième part. Mais point trop n’en faut.

(Organisation : Ancienne Belgique)

Hubert-Félix Thiéfaine

Les dingues et les paumés étaient au rendez-vous

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Cinq ans après sa tournée ‘Scandale Mélancolique’, qui passait par l’AB, HFT était de retour à Bruxelles, au Cirque Royal très exactement, ce samedi 8 octobre 2011, pour un ‘Supplément de Mensonges’ que nous aurons vite fait de lui pardonner.

Et ce n’est donc pas l’heure de retard pour problème technique qui va changer grand-chose à la donne. Le bar a tourné un peu plus qu’à l’accoutumée et faute d’autorisation de fumer –légale ou illégale– dans l’enceinte du Cirque –oui, même pour Thiéfaine !– le public a animé de sa présence les rues avoisinantes histoire de tuer l’attente, en ce début de soirée. Les fidèles les plus fervents n’ont quant à eux pas quitté leur siège, des fois que !

21h00 précises, les musiciens s’installent : Marc Perrier à la basse, Alice Botté à la guitare, Christopher Board (ça ne s’invente pas !) aux claviers et Jean-Philippe Fanfant, à la batterie. Et l’homo sapiens à l’honneur apparaît comme si nous l’avions quitté hier, dans son jeans noir et sa chemise blanche, rehaussée d’une cravate désaccordée.

Dans une salle pleine à craquer, Hubert-Félix Thiéfaine démarre son set par « Annihilation » l’inédit glissé dans le « Best-hier » de 2009. Il fallait y penser. Le son des premières minutes n’est pas bon, mais les esprits sont ailleurs, à l’affût de la prestation si rare du bonhomme sur nos terres.

La moitié de l’album « Suppléments de mensonge » est passée en revue dont, en ouverture, « Fièvre résurrectionnelle », annoncée par les salutations d’usage puis une citation d’Aloysius Bertrand : ‘Et le soleil ouvrit ses cils d’or sur le chaos des mondes’. S’ensuivent « Infinitives voiles » et « Petit matin 4.10 heure d’été », compos entrecoupées des incontournables que sont « Lorelei sébasto cha » et « Soleil cherche futur ».

Entre les morceaux, le ton est à l’humour léger, HFT se défendant de faire l’apologie de la drogue en défiant quiconque de se shooter avec une amanite phalloïde… repris en chœur par le public et suivi du blues ensorcelé de « Solexine & Ganja », de « 113e cigarette » et d’un « Narcisse » taillé dans le rock. Très scolairement, il nous explique aussi qu’après avoir ôté tous les titres parlant de sexe, de drogue ou de Dieu, ne restaient au final que 12 minutes de spectacle. Cqfd.

La confidence est au rendez-vous pour « L’étranger dans la glace », écrit en souvenir de cet ami souffrant de la maladie d’Alzheimer.

Sur scène, ses déhanchés suggestifs et son aplomb rendraient presque jaloux, tous les quadras/quinquas de la salle, rêvant secrètement d’avoir encore son énergie au même âge et balaient d’un même coup les jérémiades des grands déçus qui ne sentent plus Thiéfaine habité par ses morceaux comme il a pu l’être.

Mention spéciale pour « Le chant du fou », chuchoté dans un silence clérical sur le ton rauque de ceux qui ont connu un autre ailleurs, dans un déplacement théâtral achevé par une généreuse carte blanche aux musiciens. 

Le concert se termine par « Alligator 427 », dans la lourdeur délectable des instruments et des volutes bleues qui se forment dans la salle. Chapeau bas aux musiciens, et plus spécialement à Alice Botté, qui, en plus d’avoir une guitare dans les mains et dans le ventre, remercie chaleureusement le public pour sa présence et son enthousiasme.

Et déjà, l’heure des rappels, dont « La fille du coupeur de joints », repris en chœur par un public un peu foufou, certains se prenant pour des chefs d’orchestre d’un soir faisant balancer de droite à gauche leur long bras, d’autres improvisant une espèce de jerk démantelé sur ce classique sautillant…

Après deux bonnes heures de concert, le bistrot ferme définitivement ses portes sur « Lobotomie sporting club », et ces deux derniers mots sans appel : fin programmée.

Si, comme annoncé, cette tournée devait être l’ultime, le bourdon de ce dernier concert risque de résonner longtemps encore au clocher de nos nostalgies…

Set list :

Annihilation
Fièvre résurrectionnelle
Lorelei sébasto cha
Soleil cherche futur
Infinitives voiles
Petit matin 4.10 heure d’été
Le chant du fou
Confession d’un never been
Les dingues et les paumés
L’étranger dans la glace
Sweet amanite
Solexine et Ganja
113e cigarette
Narcisse
Garbo XW Machine
Mathématiques souterraines
Ta vamp orchidoclaste
La ruelle des morts
Alligators 427

R1 Les ombres du soir
R2 La fille du coupeur de joints
R3 Lobotomie sporting club

 

True Widow

Voyage au bout de l’ennui

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Vendredi soir sur la terre, comme chantait l’autre. Les lumières de la nuit commencent à se refléter à la surface des flaques d’eau et Bruxelles m’aspire dans son long œsophage au transit bien ralenti. Trois heures après mon départ de Liège, je me retrouve enfin face à l’Ancienne Belgique, où d’emblée, mes amis me rassurent. Oui, j’ai bel et bien raté la première partie. Oui, j’ai bien fait. Non, ce n’était pas bien terrible.

 as de regrets donc d’avoir manqué Crystal Antlers, dont le set était, suivant la rumeur, assez indigeste. La présence d’Ikey Owens, producteur des Mars Volta, derrière les claviers ne m’ayant pas franchement inspiré confiance, je confesse volontiers un certain soulagement.

Quand montent sur scène les trois True Widow, mes grandes espérances fondées sur l’écoute de divers titres disponibles sur la toile chavirent quelque peu.

Manifestant autant d’enthousiasme qu’un trio de paresseux sous antidépresseurs, notre combo texan se lance, tel un Phoenix englué dans une marée noire, dans un concert au ralenti qui jamais ne prendra son envol…

Une heure d’ennui profond, d’une platitude morne où les musiciens semblent traîner les pieds. Pas la moindre envolée, et les quelques tentatives amorcées ne parviendront jamais à réanimer un scan désespérément plat.

Les voix au diapason restant timidement emprisonnées dans les gorges, la seule envie qui me titillera sera un repli vers le bar. Néanmoins, je me suis efforcé de tenir bon, espérant un quelconque sursaut d’énergie qui hélas, n’est jamais venu.

S’ils sont effectivement très bons sur disques, True Widow ne nous a rien prouvé ce soir. Rien dans le ventre. Sorte de Low neurasthénique (sic !) sans désir ni passion, et donc loin du génie de ceux-ci.

Déçus mais pas vaincus, mes amis et moi quittons l’Ancienne Belgique en direction des bars de Bruxelles où l’entrain est quand même tout autre.

Organisation : AB

Noah & The Whale

Noah & Sons ?

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Votre serviteur avait quitté Noah and the Whale –dont le nom est issu d’une combinaison entre le film préféré d’un membre du groupe, « The Squid and the Whale », et celui du réalisateur américain Noah Baumbach– en 2008, lors de la sortie de leur premier et magnifique album « Peaceful, the World Lays Me Down », opus qui avait squatté mon IPod pour de nombreux mois, tant il me rappelait le folk tout en fragilité des Américains de Neutral Milk Hotel voire de Micah P. Hinson. Curieusement, une série de malencontreuses coïncidences ne m’a jamais permis de découvrir les deux albums suivants, publiés par les insulaires…

Qu’importe, leur musique chargée d’émotion m’avait suffisamment bouleversée à l’époque pour que je décide de me procurer un ticket, à l’annonce de leur passage à l’Ancienne Belgique de Bruxelles. En outre, leur répertoire d’alors ne me permettait pas d’imaginer que la formation allait récolter un tel succès, aujourd’hui. Quelle n’a donc pas été ma surprise en découvrant une salle comble, pour accueillir le band, et surtout pour applaudir les nouvelles chansons d’« A Night on Earth », le dernier né de Noah et ses sbires. Un disque qui doit probablement cartonner sur les radios au Nord du pays ; car la popularité du combo demeure relativement confidentielle en Wallonie !

Dès les premiers accords, je me rends compte que l’ensemble qui se produit ce soir n’est plus (ou n’a jamais été) celui que je pensais connaitre ! Les délicats « Give a Little Love » et « Shape of my Heart », interprétés en début de set, sont artificiellement gonflés à l’électricité. Et les sonorités dispensées par la basse sont trop puissantes ; elles asphyxient carrément une expression, à l’origine, raffinée. Charlie Fink et ses acolytes enchaînent des hymnes rock à tendance celtique, à la manière de Mumford & Sons. La prestation n’est cependant pas dérangeante ni désagréable ; bien torchée, elle libère même énormément d’énergie. Mais je n’y retrouve plus ce supplément d’âme que j’avais cru déceler à travers la magnifique voix du chanteur, finalement aussi décevante, ce soir. Une bonne heure de concert plus tard, le public est conquis. Manifestement, Noah and the Whale est taillé pour les stades. Mais il vient de perdre un de ses fans de la première heure…

(Organisation AB + Live Nation)

 

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