La clef de TOPS git 6 pieds sous terre…

TOPS sortira son nouvel elpee, "Bury the Key", ce 22 août. Le quatuor propose une musique intemporelle qui allie profondeur et immédiateté. Il s’agit de son premier album complet depuis 2020, un opus qui explore des tons plus sombres tout en restant maîtres…

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Dernier concert - festival

dEUS - 19/03/2026
Stereolab
Concerts

Jasper Steverlinck

Eblouissant !

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Ce soir, le Zik Zak accueille l’ex-chanteur/guitariste d’Arid, Jasper Steverlinck. Il a entamé une carrière individuelle, il y a maintenant trois ans. Il s’agit d’une des plus belles voix issue du Nord de la Belgique. Le Gantois bosse actuellement sur un nouvel opus, qu’il viendra défendre, notamment, au Botanique et à l’Ancienne Belgique, dès l’automne prochain.

Julie Jeavons aka Folk Vagabond assure le supporting act. Elle est aussi grande que son talent. Son goût pour le folk issu des 70’s, elle le doit à ses parents. Et tout particulièrement son père, qui est anglais. Sa mère est française. Julie vit d’ailleurs aujourd’hui, à Lille… Elle milite également au sein de The Lonely Free, qui s’était d’ailleurs produit, en première partie de Bai Kamara Junior, dans la même salle, il y a quelques semaines. Ce soir, elle se produit en solitaire, avec sa voix, son harmonica, ses sifflements et sa gratte semi-acoustique, sur laquelle sont imprimés les mots ‘This Machine Travels’. Fin du mois de juin, elle publiera son troisième elpee, « Heart Of The Matter ».

Un tonnerre d’applaudissements accueille Julie sur les planches. Elle est armée de sa gratte semi-acoustique. Ses nombreux voyages inspirent ses lyrics. « Edge Of Your World » ouvre le set. Une compo hantée par Dylan, même si la voix évoque davantage Joan Baez. Le toucher de cordes est empreint de subtilité. On a l’impression de partir le cœur léger, à l’aventure, en emportant pour tout bagage, son sac à dos. Un doux sifflement traverse l’atmosphère... Les cordes sont toujours aussi délicates et tout en retenue, tout au long de « Child Of The Universe ». Elles s’agitent quelque peu pendant « Lifetime », une nouvelle compo, alors que la voix de Julie devient graveleuse. Un morceau dont l’écoute serait idéale, en bord de mer, devant un feu de camp. « Life Of A Vagabond » adresse un clin d’œil au « Like A Hobo » de Charlie Winston. « Tale Of The Fallen Princess » est un inédit. Autre composition récente, « I’ll Be Your Clown » figurera sur le prochain opus. Libérant des ondes positives, elle bénéficie d’un refrain contagieux et pourrait facilement squatter la bande FM. Retour des sifflements pour « Utopia », un morceau qui fait du bien au cœur et à l’âme. Bref, ce récital folk était vraiment judicieux pour oublier les tracas de la vie quotidienne…

Le concert de Jasper Steverlinck sera également acoustique ; mais l’artiste est accompagné par Valentijn Elsen, aux claviers. Il fait de plus en plus chaud. Quelques ventilateurs au plafond seraient les bienvenus… Si jasper est très apprécié en Wallifornie, en Flandre, il est considéré comme une star. Pas étonnant que de nombreux aficionados issus du Nord du pays aient fait le déplacement. En s’accompagnant à la gratte semi-acoustique, Steverlinck attaque immédiatement plusieurs titres de son prochain long playing, dont « Our Love Got Lost » et « So Far Away From Me ». Sa voix est atmosphérique, céleste même. Jasper avait annoncé sur son compte Facebook, qu’il y avait longtemps qu’il s’était produit en live, et que ses doigts étaient impatients de toucher un manche de guitare. Nouveau single, « That’s Not How Dreams Are Made » enthousiasme l’auditoire. L’artiste n’en oublie pas pour autant son répertoire plus ancien, à l’instar de « Things That I Should Have Done ». De quoi vous flanquer des frissons partout. Et puis de reprendre magistralement le « Life On Mars » de Bowie, en prenant soin de descendre dans la fosse. Bref d’une durée de 120 minutes, ce concert réunissant nouvelles et anciennes compos a ébloui l’auditoire, malgré la fournaise…

Photo : focale2.8

(Organisation : Zik Zak)

Slayer

Personne ne vient défier un Roi, au risque d’en perdre la tête…

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‘Vous n’auriez pas une place à revendre ?’ Face à l’Ancienne Belgique, la question se répète inlassablement. Des négligents et des malchanceux cherchent à se procurer quelques chers sésames pour le show de ce soir. Et pour cause, la mythique salle de concert bruxelloise affiche sold out depuis quelques mois déjà. Il faut dire que programmer Slayer n’était guère risqué. Malgré trente-six années de présence sur scène, les pionniers du Thrash Metal attirent toujours autant les foules, celles d’hier et même d’aujourd’hui.

L’été approche à grandes enjambées. Les gosiers ont besoin d’être désaltérés. Le bar de l’AB est en coulée continue. De houblon ! Ça discute, ça parle, ça rigole. Quelques grosses voix beuglent : ‘Slaayyyeeerr’. Un cri de ralliement, nourri à la testostérone et à la virilité. Slayer, c’est pas pour les rigolos ! Une troupe s’affaire autour du stand de merchandising et agite des billets de dix et vingt euros pour ramener un précieux souvenir de guerre qui s’annonce. Bien que… quelle que soit la renommée du groupe ou l’importance de la bataille, débourser trente euros pour une casquette ou vingt euros pour un bracelet/éponge peut très vite faire mal à l’arrière-train. Business is business, messieurs, dames ! Mais direction l’arène, où le spectacle va bientôt commencer…

Il faut manifester une belle dose de confiance en soi –ou d’inconscience !– pour ouvrir la soirée des vétérans du Thrash. Un défi héroïque relevé par The Charm The Fury, un combo batave pratiquant un Groove Metal à la sauce Metalcore. La fosse est encore clairsemée, seul-e-s les plus curieuses et les plus curieux sont proches de l’estrade. Caroline Westendorp a enfilé un t-shirt noir moulant et transparent ainsi qu’un jeans troué de rigueur (un dress code du band apparemment). Elle se débat comme une belle diablesse et alterne habilement chant clair et hurlé. Le groove des morceaux ainsi que certains breaks provoquent quelques hochements de tête, d’abord timides puis progressivement assumés. Rolf Perdok attaque une reprise de Metallica à la gratte. Les autres musicos embraient. Ce qui agite quelque peu les esprits. Il n’empêche que face aux monstres qui s’apprêtent à leur succéder… le set, s’avère finalement, inoffensif. La vocaliste laisse même parfois l’impression de s’excuser d’être là, incitant plus d’une fois la fosse à crier en l’honneur de Slayer. Il aurait peut-être été plus judicieux de dénicher un supporting act davantage caustique, afin d’astiquer, comme il se doit, les metalheads avides de blasts et riffs endiablés.

Il reste à présent vingt minutes. Le temps nécessaire pour permettre au band orange de remballer son matos et l’équipe technique de Slayer, de dresser le théâtre des opérations. Du moins… les armes létales de chaque artiste ; le reste de l’espace scénique se limitant à un large backflag frappé en son centre d’une représentation christique et implorante de la cover de son dernier elpee, « Repentless ». Un Dieu terrorisé, au regard niché dans le plafond qui n’ose pas braver ses détracteurs sur scène. Les guitares sont accordées au poil. Surélevée, la batterie trône au milieu de la scène. J-2 minutes, un dernier coup de chiffon est appliqué un peu maladroitement sur le micro. Les haut-parleurs crachent quelques morceaux du répertoire d’AC/DC. De quoi tuer le temps. Les minutes s’égrènent. Les esprits s’échauffent. Quelques t-shirts commencent à tomber. Immersion dans l’obscurité. Des spots bleus blafards éclairent l’arrière-plan apocalyptique. La guitare ronde et délicieusement ironique de « Delusions of Saviour », morceau d’introduction du dernier LP, prélude l’arrivée des artistes sur le podium. Tapie dans l’obscurité, la silhouette imposante du vocaliste Tom Araya commence, petit à petit, à se dessiner. Épaisse chevelure sombre, barbe grise généreusement fournie. Il se plante devant son micro, visage empreint d’un sourire énigmatique. Son rictus figé entre la possession maligne et l’ironie légèrement présomptueuse. Il est sobrement fringué d’un t-shirt et d’un pantalon en cuir noirs. À sa gauche, Kerry King, armé de sa B.C. Rich conçue spécialement pour lui, détonne par davantage d’extravagance : crâne fraîchement rasé et tatoué à l’arrière, épaisse barbe réunie par plusieurs élastiques, singlet à l’effigie du band laissant apercevoir ses imposants tatouages, pantalon de cuir noir surmonté d’une grosse chaîne ramassée sur elle-même. Les deux survivors du line up originel. À la droite du Père Araya, Gary Holt, successeur du regretté Jeff Hanneman, visage mangé par d’importants favoris, cou de taureau dopé au headbanging forcené, t-shirt frappé d’un grand pentagramme, veste à patchs et jean noir. Le musicien ne manque d’ailleurs pas de rappeler –que ce soit par un des bracelets éponge qu’il porte ou par un des patchs cousus à l’arrière de sa veste– qu’il est également toujours le maître à bord d’Exodus, autre combo yankee de Thrash des premiers jours. Le batteur Paul Bostaph, quant à lui, est entièrement dissimulé derrière son kit de batterie. Seules quelques mèches de cheveux flottantes confirment qu’il existe, en arrière-plan, une trace de vie.

Le show démarre sur les chapeaux de roue par « Repentless ». Constatation immédiate : le son est particulièrement net et puissant. Pourtant, en festival, Slayer traîne la mauvaise réputation d’être plutôt brouillon. La soirée s’annonce vraiment très bonne. L’enchaînement des morceaux donne également le ton : les maîtres du Thrash ne sont pas venus pour se la couler douce, mais bien pour botter le cul de 3 000 personnes qui garnissent la salle. En plus de trente ans de carrière, ce n’est évidemment pas le choix des morceaux qui manquent. Bien que leur dernier opus soit en toute logique mis en exergue –à l’instar du dévastateur « Take Control », mais aussi du plus paisible, mais tellement malsain « When The Stillness Come »– le combo est allé repêcher des compositions plus anciennes, dont « The Antichrist » datant de 83 ou « Postmortem », de 86. La fosse est littéralement survoltée, et dès les premières notes, c’est le remue-ménage. Les grands classiques, tels que « Disciple », « Seasons in the Abyss » ou encore « South of Heaven » vont remettre une couche de déséquilibre. L’ambiance ne connaît pas de haut ni de bas : elle est en constante progression. Force est de constater que bon nombre de fans de la première heure ont fait le déplacement et eux aussi veulent en découdre. L’antre de l’Ancienne Belgique devient un défouloir collectif, où les gros bras se bousculent. Un vrai combat de coqs où les torses imbibés de sueur s’entrechoquent et s’envoient en l’air à coups de stage diving. L’adage selon lequel ‘je faisais ça quand j’étais jeune, mais plus maintenant’ ne tient pas la route. Slayer, catalyseur de violence depuis 1981, n’a rien perdu de son pouvoir.

Sur les planches la hargne est beaucoup plus canalisée et jaillit dans la précision et la qualité d’exécution. Telle une huître bodybuildée, Kerry King est renfermé sur lui-même, plié sur son instrument. Aucun contact avec le public, si ce n’est un rare échange visuel de temps à autre. Garry Holt, partage davantage avec la fosse, grimaçant au gré de ses riffs ciselés. Mais le plus impressionnant reste néanmoins Tom Araya, du haut de sa stature impassible, fermant les yeux pour concentrer son énergie à travers son instrument et hurlant tel un gorille possédé. Il existe quelque chose de malsain en lui ; et impossible de différencier dans son regard, l’humour de la saine folie. Lors d’un break, il prend un malin plaisir à, lentement, parcourir du regard les premiers rangs, avant de remonter sur les deux étages de balcons. Comme si le mâle alpha tenait à dominer, un par un, les metalheads qui le bravent. La batterie retentit trois coups. Les musiciens font face à la batterie. Seconde semonce de trois coups, accompagnée d’une giclée de larsens. Le public le sait, la tension monte de façon exponentielle : dans quelques minutes, tout va exploser. Troisième semonce, les musiciens tirent le suspense en longueur, jusqu’à ce que le riff diabolique de Raining Blood n’envahisse l’espace. Le drumming démarre. Le feu est mis aux poudres. L’onde de choc se répand de long en large. Ça cogne sec et dur. Mais ils n’en n’ont pas encore fini et tiennent l’audience par la carotide. Un « Chemical Warfare » vient se planter dans les côtes, avant de profiter d’une envolée céleste grâce à « Angel of Death ». Pas de rappel, le credo a été récité. Pas de doute : les Californiens connaissent leur statut. Ils savent qu’ils sont connus et reconnus, et ne s’en privent pas de s’en servir. Ce soir, sur scène, ils ont été les Rois. Et personne ne vient défier un Roi, au risque d’en perdre la tête.

À moins qu’on ne l’ait déjà toutes et tous perdue.

(Organisation : Live Nation – Nuclear Blast)

Setlist : “Repentless”, “The Antichrist”, “Disciple”, “Mandatory Suicide”, “Hallowed Point”, “War Ensemble”, “When the Stillness Comes”, “You Against You”, “Postmortem”, “Born of Fire”, “Dead Skin Mask”, “Hate Worldwide”, “Pride in Prejudice”, “Take Control”, “Seasons in the Abyss”, “Spirit in Black”, “South of Heaven”, “Raining Blood”, “Chemical Warfare”, “Angel of Death”

Suzanne Vega

Un set empreint de délicatesse et de fraîcheur…

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Quand on évoque Suzanne Vega, on pense immédiatement à ses deux tubes, « Tom’s Dinner » et « Luka ». Pourtant, cette auteure-compositrice-interprète américaine compte 9 albums studio à son actif, dont son dernier « Lover, Beloved: Songs from an Evening With Carson McCullers », est paru l’an dernier. Responsable de chansons introspectives, parfois autobiographiques, elle reconnaît pour influences majeures, Lou Reed, Bob Dylan et Leonard Cohen. Ce qui explique pourquoi, quoique fondamentalement folk, ses compos adoptent volontiers, un profil expérimental. Pour accueillir la Californienne (NDR : établie depuis quelques années à New York, quand même), l’AB est en mode semi flex. Mais c’est sold out !

Le supporting act est assuré Emil Landman, un Néerlandais originaire d’Utrecht. Agé de 28 ans, c’est la première fois qu’il foule les planches de l’Ancienne Belgique. A son actif, deux elpees, « Colours And Their Things » paru en 2012 et « An Unexpected View », en 2014. Ce soir, il se produit en solitaire, armé de sa seule gratte semi-acoustique. Ses chansons sont sculptées dans un folk tendre et, ma foi, classique. En outre, il pince ses cordes avec énormément de subtilité.

Son set est de bonne facture, mais pas assez énergique à mon goût. Le nerveux « Need To Feel Loved » démontre cependant que si l’artiste était soutenu par un backing group, son répertoire prendrait une autre dimension. Tout au long de la vidéo d’« All Thats In Front Of Us », sa gratte sonne comme une pedal steel. Ce n’est pas le cas ce soir, elle adopte des tonalités davantage métalliques. Le Batave est interactif avec le public et attire toute sa sympathie. Il faut cependant attendre « Goodnight New Orleans » pour que l’ambiance décolle véritablement. Emil a énorme potentiel et pourrait recueillir un franc succès…mais à la tête d’une véritable formation…

Après une demi-heure d’attente, place à la tête d’affiche. Sur le podium, on remarque l’absence de drums. Seules trois grattes traînent à gauche de l’estrade. Le set devrait être essentiellement acoustique. Les lumières s’éteignent. Une voix caverneuse réverbère dans les haut-parleurs ‘From New York City, please welcome, Suzanne Vega’. Bien que vêtue de noir, elle est souriante. Et malgré ses 60 balais, elle affiche une beauté naturelle. Elle est soutenue par son fidèle guitariste, Gerry Leonard. Et à la gratte électrique, il est balaise. Suzanne alterne entre acoustique et semi-acoustique. Le concert va nous proposer de larges extraits du dernier long playing,  « Lover, Beloved : Songs From An Evening With Carson McCullers ». Suzanne a d’ailleurs écrit une pièce de théâtre s’inspirant de feu la romancière américaine, à qui elle voue un véritable culte. Et il s‘ouvre par « Fat Man & Dancing Girl ». Gerry électrifie généreusement « Marlene On The Wall ». La voix de Suzanne est toujours aussi candide. « Caramel » a un goût de sucré/salé. Suzanne sort de sa poche un chapeau haut-de-forme et le pose sur sa tête. Ce qui déclenche l’hilarité au sein de l’auditoire. Elle dialogue beaucoup avec ce public et en profite pour balancer l’une ou l’autre vanne. Et elle nous rappelle qu’elle a aussi un talent d’actrice, à travers « New York Is My Destination » et « Harper Lee ».

Il y a déjà 30 ans que l’album « Solitude Standing » est paru (NDR : « 99.9F° » remonte à un quart de siècle ; et ces deux elpees, elle reviendra les interpréter dans leur intégralité, cette année, lors d’une tournée électrique). C’est celui sur lequel figure les incontournables « Luka » et « Tom's Diner ». Le premier est littéralement hanté par la voix de Vega, le second boosté par des riffs électriques dispensés par son partenaire. D’ailleurs, les deux artistes semblent plutôt complices et prendre du plaisir sur les planches. Et avant d’attaquer « I Never Wear White », elle confesse… adorer le noir (NDR : Arno aurait ajouté, pour sortir le soir…), une chanson très appréciée par la foule. 

Lors du premier rappel, le duo nous réserve un « Carson's Last Supper » dépouillé. A cours duquel, Gerry se consacre également au chant. Enfin !

Et lors du second rappel, on aura encore droit à « Rosemary », un morceau à la fois sucré et atmosphérique. Suzanne Vega est une artiste attachante. Et on prend toujours autant de plaisir à la revoir sur les planches. Que ce soit en set électrique ou comme aujourd’hui, essentiellement acoustique, car empreint de délicatesse et de fraîcheur…

(Organisation : Ancienne Belgique)

Abel Caine

Acoustique, mais pas trop…

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Le Salon de Silly en mode club, c’est quoi ? Le bistrot qui sert de salle de concert. Ce soir, il va se dérouler devant 70 personnes. Calé sur un tabouret haut, on sirote son verre et on déguste la musique. Mais si on souhaite avoir une vue d’ensemble, il faut monter sur ce tabouret. En tête d’affiche Abel Caine. Soit la bande aux frangins Chainis. Qui vient de sortir son premier album, « Miracles », un opus autoproduit.

Les supporting act est assuré par Ladylo. L’ingé-son du Salon jouit d’une excellente notoriété. En bref, quand il est derrière les manettes, le son est nickel. Certains groupes ou artistes optent pour leur mixeur personnel. Comme cette formation bruxelloise qui assure la première partie. Pas vraiment à la hauteur. On n’entend presque pas la voix du chanteur. Un peu plus lorsque l’instrumentation fléchit. A revoir dans d’autres conditions…

Changement de matos pour Abel Caine. Les frères Chainis sont d’excellents musicos. Greg se charge de la basse, Micka, de la guitare. Quand ils ne se consacrent pas aux claviers. Le line up est complété par le chanteur/gratteur Milann Lafontaine (NDR : c’est le fiston du compositeur de « Cœur de Loup) et Gorgo. Généreusement tatoué, ce dernier est préposé aux synthés, à la batterie électronique et à l’human beatbox. Milann prévient que le concert sera acoustique. Pas de drummer ce soir. Pourtant, sorte d’électro/funk/soul, la musique est particulièrement dynamique et irrésistiblement dansante…

Dès le morceau d’entrée, « Mash Up », Gorgo étale tout son talent de human beatbox. Le son est excellent. Pas comme au festival de Seneffe, où il était bien trop puissant. Si « Teardrop  Eyes » est flamboyant, « Lights On » est taillé pour le dancefloor. Et vu le manque de peuple présent, il y a de la place pour s’exprimer. Le band attaque « Diamonds », la cover de Rihanna. La version met le feu à la salle. Viscéral, « East West » baigne carrément dans l’électro. Gorgo y excelle de nouveau dans son exercice de human beat box. Sculpté dans le funk, « Cut Lines » est un morceau balisé par la basse et dynamisé par des percus grisantes. Inévitablement on ne peut s’empêcher de penser à Nile Rodgers et Bernard Edwards. La basse claque et la guitare est rythmique.

Electro/pop, « Electric  Purple » est contaminé par le funk et la soul. Epatant ! Le titre figurait déjà sur l’Ep. Il a été remis au goût du jour. Quelques boubourses éméchés invitent Milann à se dévêtir. Il les remet en place, non sans une pointe d’humour. De quoi calmer ces imbibés. « Busy P » et « One Night Stand » clôturent les 60 minutes du show. Et en rappel, Abel Caine va nous réserver « Radiation », un funk incendiaire…

(Organisation : Silly Concerts ASBL)

Roger Hodgson

Une impression de déjà vu… et entendu…

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Roger Hodgson et Rick Davies étaient les leaders de Supertramp, une formation responsable d’une dizaine d’albums (NDR : dont les incontournables « Crime Of The Century » et « Even In The Quietest Moments ») de rock dit progressif. Roger Hogdson est sans conteste l’un des auteurs/compositeurs les plus doués de sa génération. La voix légendaire de tous les hits de Supertramp a notamment chanté́, écrit et composé « Give a Little Bit », « The Logical Song », « Dreamer », « Take the Long Way Home », « Breakfast in America », « It’s Raining Again », « School » et « Fool’s Overture » Des compositions devenues intemporelles ; et certaines, des tubes, encore diffusés aujourd’hui en radio. En outre, au cours de son existence, le groupe a vendu plus de 60 millions de disques. Un véritable phénomène mondial !

Pas de supporting act ce soir. Mais il fallait quand même débourser 50€, outre son sésame, si on souhait assister au soundcheck et y poser pour une photo en compagnie de l’artiste, avant qu’il ne la dédicace. Ah, ce marketing !

Le retour de Roger Hodgson constitue toujours un évènement particulier. L'artiste est très apprécié par le public noir-jaune-rouge et il lui rend bien, en ‘live’. Chaque fois qu’il se produit en Belgique, c’est sold out ! D’autant plus qu’il aime, tout particulièrement, se produire au Cirque Royal. Il le déclare dès qu’il grimpe sur le podium. Il est alors précisément 20h15. Il sait également qu’il bénéficie d’une fanbase plus que conséquente. Et il le signalera à plusieurs reprises. Roger est un artiste attachant, sympathique et d’une simplicité déconcertante. Sur le podium, le décor est sobre. On y retrouve les habituelles plantes vertes placées dans le dos des musiciens (NDR : à force d’être trimballées aux quatre coins de la planète, elles ne doivent d’ailleurs plus être très fraîches) ! L’éclairage est subtil et se focalise sur les artistes. Hodgson chante et se consacre tour à tour aux claviers, au piano (à queue), à la gratte acoustique ou électrique. Il est épaulé par quatre fidèles partenaires : le multi-instrumentiste Aaron Macdonald (saxophone, mélodica, fifre, flûte traversière, harmonica, synthétiseur etc.), le drummer Bryan Head, le bassiste David J Carpenter et le préposé aux synthés Kevin Adamson.

Le show est partagé en deux parties séparées d’un entracte de 15 minutes. Et la setlist réunit la plupart des hits de Supertramp. Qui a dit nostalgie ?

Le premier acte s’ouvre par « Take The Long Way Home », un extrait de l'elpee « Breakfast in America », paru en 1979. Si le light show privilégie alors les teintes bleues et roses, un faisceau de couleur blanche se focalise sur Aaron, lorsqu’il souffle dans son harmonica. Pour cette chanson, Roger siège derrière ses claviers. Son intervention aux ivoires est épatante. Une excellente entrée en matière. Résultat des courses : il est déjà longuement et chaleureusement applaudi par l’auditoire. A plus de 67 piges, il assure encore. Et malgré le temps, limpide, sa voix est restée intacte.

Le concert embraie par « School », un des titres phares de l'album « Crime Of The Century » ; et déjà la machine tourne à plein régime. Le leader a ainsi rapidement mis le public, son public, en poche…

Roger s’installe derrière le piano à queue pour « Lover In The Winds ». Moment propice au recueillement. A cet instant on a l’impression que l’auditoire boit les paroles du maître de cérémonie. Il revient vers son clavier placé à l’avant-scène pour « Breakfast in America », une pièce maîtresse. Les oreilles sont en extase ! Cette chanson a traversé les décennies sans perdre de son intensité. Et Aaron s’y révèle magistral aux cuivres.

Entre deux pièces, l'Américain d'adoption s'efforce de causer en français et ne manque pas de glisser quelques blagues pour détendre l’atmosphère. C'est ainsi, qu'en prélude à « Breakfast In America », Roger raconte que, lorsqu'il vivait en Angleterre, il rêvait de la Californie, tout simplement. « Hide In Your Shell » figure sur « Crime Of The Century », ce fameux long playing paru en 1974. Le véritable départ de la carrière de Supertramp. Cette compo évoque les thèmes du repli sur soi et de la folie.

Plus pop et caractérisé par ces claviers symphoniques en couches, « Puppet Dance » rappelle quelque part le Barclay James Harvest.

En 2000, Hodgson gravait l’elpee « Open The Door », dont il nous propose « Along Came Mary ». Il prétend que c’est la première fois qu’il la joue en live. C’est faux, il l’a déjà jouée, deux ans plus tôt, au même endroit. Mais la chanson a été revue et corrigée. En fait, on se demande, quand même, si on n’a pas déjà vécu un même spectacle. « A Soapbox Opera » (« Crisis? What Crisis? ») est vraiment excellent. Mais il y manque, quand même, un orchestre philharmonique. Et la première partie s’achève par « The Logical Song », moment choisi par Roger pour revenir aux claviers. Il emporte sa tasse et annonce un break de 15 minutes… 

Second acte. Dès le retour du band, la foule applaudit chaleureusement. Puis, le combo attaque deux extraits de « Breakfast In America ». Tout d’abord, « Child Of Vision » ; puis l’étrange et tendre « Lord Is It Mine », au cours duquel Roger siège derrière son piano. « Death And A Zoo » (« Open The Door ») est une plage construite comme un opéra rock. Si la mélodie est soignée, l’instrumentation est plutôt emphatique. Du Pink Floyd à la sauce Hodgson ! Le célèbre « Event In The Quietest Moments » n’est pas oublié; et après les inévitables tubes « Only Because Of You », « Had A Dream et « Dreamer », le concert se termine par l’incontournable « Fool's Overture », au cours duquel Roger est littéralement divin aux ivoires. Mais j’ai de plus en plus l’impression de regarder le même film, pour la deuxième fois…

En rappel on aura droit à « Two Of Us » et « Give A Little Bit ». Une petite dernière pour la route ? C’est ce qu’il nous déclare en introduction de cet avant-dernier titre. Il n'est que 22h30. Car il concède encore « It's Raining Again ». Pas de parapluie, cette fois-ci ouvert, au premier rang, comme en 2015, mais près de la sortie. Il ne sera pourtant pas cette fois, nécessaire de l’ouvrir, dès qu’on mettra le nez dehors. Heureusement, sans quoi, cette sensation de ‘déjà vu’ aurait été vraiment inquiétante. Pas vraiment envie de faire un voyage spatio-temporel…

(Organisation : AA Productions SPRL + Next- Step)

Setlist :

Première partie : « Take The Long Way Home », « School », « Lovers In The Wind », « Breakfast In America », « Hide In Your Shell », « Puppet Dance », « Along Come Mary », « A Soapbox Opera », « The Logical Song »

Deuxième partie : « Child Of Vision », « Lord Is It Mine », « Death And A Zoo », « Event In The Quietest Moments », « Only Because Of You », « Had A Dream», « Dreamer », « Fool’s Overture

Rappel : « Two Of Us », « Give A Little Bit », « It’S Raining Again »

Pierce Brothers

Un kangourou poursuivi par un cow-boy…

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Soirée ‘kangourou’ à l’AB, ce mercredi 7 juin. Au programme, en supporting act, Coby Grant ; et en tête d’affiche, les jumeaux Pierce. Les frères Pierce sont issus de Brisbane, mais c’est à Melbourne qu’ils ont fait leurs débuts artistiques. Dans la rue. Ils reconnaissent pour influences majeures John Butler Trio et Mumford and Sons. Ces multi-instrumentistes privilégient, en outre, le DIY. Ce qui ne les a pas empêché de vendre plus de 50 000 copies de leur premier Ep, sur une structure indépendante. Depuis, ils ont signé sur un label major…

Le supporting act est assuré par une plantureuse blonde aux cheveux longs. Simplement vêtue d'une robe à fleurs, Coby Grant est armée d’une gratte semi-acoustique. Elle est seule en grimpant sur l’estrade. Suave et sucrée, sa voix évoque celle d’Alanis Morissette. Sa musique nous entraîne au cœur du grand bush australien. Elle va puiser au sein de ses deux elpees, « I Was Young », paru en 2014, et « Is In Full Colour », en 2012, pour opérer ce périple. Pas de nouvelles compos prévues dans sa set list. Coby signale qu'elle va interpréter quelques chansons d'amour. Elles seront tendres et agréables à l’écoute. D’ailleurs, en une demi-heure, elle va charmer la foule –qui enfle, au fil des minutes– recueillant de chaleureux applaudissements…

Place ensuite aux Pierce Brothers. Jack se consacre aux percus (tom basse, tambour africain, cymbales), mais aussi au didgeridoo (instrument à vent aborigène) ainsi qu’à l’harmonica. Pat se réserve la guitare, qu’elle soit sèche, électrique ou semi-acoustique. Et imprime le tempo à l’aide d’une grosse caisse, en appuyant sur une pédale, posée devant son pied gauche. Le tandem va nous présenter de larges extraits de « The Records Were Ours », un Ep huit titres sorti en mai dernier.

Dès son entrée en scène, la fratrie est vivement acclamée. Faut dire que la diaspora australienne a débarqué en nombre. Et elle va mettre de l’ambiance, pendant ce concert. En 2015, le tandem avait assuré le supporting act d’autres compatriotes, The Cat Empire, dans la grande salle de l’AB. Et il avait fait belle impression, malgré la bronchite de Jack. Qui se soir, confesse avoir une petite extinction de voix. Décidément !

Jack salue le public, en français, en anglais et en néerlandais. Le set s’ouvre par « It's My Fault ». Pat excelle à la sèche. Jack le soutient aux backing vocaux et frappe ses mains sur les bords de la guitare. Il est vraiment hanté par les percus, mais nous balance déjà un aperçu de ses aptitudes à l’harmo. Il souffle ensuite dans son didgeridoo. Tiens, Marcus Mumford assiste au spectacle, dans la salle. Et paradoxalement, à cet instant, la musique des frangins me fait plutôt penser à celle de… Mumford and Sons voire de The Lumineers… Jack cogne ses baguettes, tour à tour sur son tom basse ou sur la caisse en bois de la guitare de son frangin.

Après ces 4 minutes de folie pure, le duo attaque « Amsterdam », une compo écrite en hommage à cette ville où il est particulièrement populaire. Les percus sont généreuses, la gratte est incisive. « Follow Me Into The Dark » vous pénètre en douceur et en profondeur (NDR : comme le signalerait si bien Arno). Le public reprend en chœur les onomatopées du  refrain…

« Black Dog » nous entraîne de l’autre côté de l’Atlantique. Dans les grandes plaines, plus précisément. Jack souffle dans son harmonica alors que Pat se concentre sur sa gratte lors de ce titre aux accents country/americana. Chaque fois que Jack met la gomme aux percus, l’intensité et la température montent d’un cran. Alors, chaud boulette, le public frappe des pieds et dans les mains. Pendant « Overdose », Jack cumule micro et percussions. Il tapote à nouveau ses baguettes sur le bord de la gratte de son frère. Mais énergique, ce morceau de folk adopte un profil davantage yankee (NDR : pensez au boss !) qu’antipodal. Jack pique la sèche de son frère pour aborder le plus paisible « Blind Boy Run ». Ce dernier n’a plus qu’une alternative : récupérer une six cordes électrique. A cet instant, l’expression sonore baigne au sein d’un americana classieux. Véritable bête de scène, Jack s’approche du bord de l’estrade et tape du pied, pour mettre l’ambiance. Tout le public réagit au quart de tour. Jack vient se mêler au public et il martèle les baffles en bord d’estrade.

Pat a conservé sa gratte électrique pour « Take A Shot ». Jack reprend son harmonica. Pour aborder « Self Portrait », Pat s’assied afin de se focaliser sur la semi-acoustique. Jack ne tient plus en place. Et ses interventions au didgeridoo font mouche. Il passe ensuite aux percus africaines et vient ensuite aider son frère en appliquant ses doigts sur le manche de sa gratte. A cet instant, on a l’impression de voir un kangourou poursuivi par un cow-boy. Et « Genevieve » (NDR : c’est leur frangine) est du même style. Si les harmonies vocales sont savoureuses, la compo vous incite surtout à esquisser un pas de danse.

« Golden Times » constitue le sommet du spectacle. Pat est à la sèche. Jack empoigne son didgeridoo et colle l'harmo devant la bouche de son frère. Tonnerre d'applaudissements dans l’auditoire ! Jack martèle le plancher à l’aide de ses baguettes. Et avant de souffler derechef dans son didgeridoo, il replace l’harmo devant les lèvres de Pat. Le show se termine par « Brother ».

Pas la peine d’insister, il y aura un rappel. Au cours duquel le duo va nous réserver « The Records Were Ours », le titre maître du nouvel Ep. Et puis en final, « Flying Home ». Sculpté dans la country, il nous invite à retraverser les grandes plaines de l’Ouest…

Pierce Brothers se produira en concert ce 6 août à Floreffe, dans le cadre du festival Esperanzah, et le lendemain, à Bruxelles, dans celui du BSF.

(Organisation: Ancienne Belgique)

Arcade Fire

Un concert épique accordé au cœur d’un théâtre antique...

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Tout mélomane possède, quelque part dans le coin de sa tête, le souvenir d’un groupe ou un artiste particulier qui a bercé son adolescence et donné envie d’approfondir ce magnifique art qu’est la musique. Pour votre serviteur, il s’agit d’Arcade Fire. En septembre 2004, la formation canadienne publiait « Funeral », un bijou de rock baroque considéré comme l’un des meilleurs albums des années 2000. Alors depuis la sortie de cette pépite, comment ne pas la suivre à la trace. Jalonnée de trois opus d’excellente facture. Ne pas encore l’avoir applaudie en ‘live’ créait, quand même, un manque. Treize années après les débuts du collectif, l’opportunité s’est donc présentée. Et pas n’importe où. Au Théâtre Antique de Fourvière. Existe-t-il meilleur endroit que cette splendide arène limitée à 4 000 âmes ? pas sûr ! Une chose est sûre, la course a été impitoyable pour se procurer le précieux sésame ; car la billetterie s’est vidée en moins de 5 minutes. Quel bonheur d’être passé à travers les gouttes.

Mais bref, revenons au spectacle. L’excitation est évidemment à son comble. Plus de 4 heures avant le début de la représentation, une file se forme déjà devant l’entrée du site. A 19h, on y pénètre enfin. Vers 22h15, alors que le soleil se couche, la bande à Win Butler entre en scène. Discrètement. Alors que les haut-parleurs crachent une version moderato d’« Everything Now », son dernier single, gravé quelques jours plus tôt ! Le band attaque le set par « Wake Up », l’hymne qui sert de finale pour tous ses concerts, depuis plus de 10 ans ! Audacieux ! Et surprenant. Le public est déjà au bord du délire et nul doute, il est constitué de connaisseurs.

Après un départ aussi inattendu, place à la version normale d’« Everything Now ». Et celle-ci surclasse, manifestement, celle du studio. D’ailleurs, au cours de tout le concert, ce sera une quasi-constate : les adaptations en ‘live’ magnifient les originaux. Sauf peut-être pour « Haïti », titre un peu trop paisible, à mon goût. Mais dès « Here Comes The Night Time », la machine reprend de plus belle. La foule reprend le refrain du classique « No Cars Go ». De quoi vous flanquer des frissons partout.  

Les membres du band (NDR : ils sont 10 sur les planches) adoptent tous une attitude différente. Si Win, le leader, se révèle particulièrement introverti, son frère Will se déchaîne littéralement. Il harangue l’auditoire constamment. La violoniste Sarah Neufeld est plutôt discrète, mais efficace. Mais mon coup de cœur s’adresse néanmoins à Régine Chassagne, l’épouse de Win. Son charisme et sa sensualité sont tout bonnement incroyables. Tout au long de « Sprawl II », le public semble médusé par sa performance. A tel point, qu’il est resté silencieux. Cette petite brune piquante se saisit même de guirlandes offertes par les spectateurs et s’en sert pour entamer une danse. Et pendant « Neon bible », elle se dirige derrière la troupe, afin de feuilleter une bible lumineuse, qu’on peut voir à travers des vitres translucides…

Moment particulièrement intense pendant l’interprétation de « Reflektor ». Et pour cause, feu David Bowie y avait apporté son concours au chant, en studio. Et lorsque Win doit interpréter le passage qui était réservé au légendaire Londonien, on le sent clairement bouleversé. Une émotion bien palpable, même si le titre est dansant…

Le set s’achève en puissance par le mégatube « Rebellion (Lies) ». Et le band accorde en rappel « In The Backseat », une composition également émouvante, mais chantée par Régine. De quoi clore une soirée, parfaite en tous points. Un concert épique accordé au cœur d’un théâtre antique ; que demande le peuple ? Et votre serviteur, pour qui il s’agissait d’une première. Arcade Fire revient à Werchter. Ce sera donc la deuxième. Et pas la dernière… 

(Organisation : les Nuits de Fourvière)

The Beach Boys

Good vibrations…

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Les Beach Boys –enfin ce qu’il en reste– sont donc repartis en tournée, un périple baptisé ‘Wild Honey 2017 World Tour’. On va donc entrer dans la machine à remonter le temps. Ou plus exactement accompagner Dr Emmet Brown à bord de sa DeLorean DMC-12 pour un voyage qui va débuter en 1961 et se terminer 150 minutes plus tard, soit en 2017. 56 ans de carrière pour les derniers dieux vivants du surf rock. Ca ne nous rajeunit pas ! Pas de supporting act, sans quoi, il y aurait du retard à l’allumage. Mais une expédition partagée en deux épisodes, séparés par un entracte de 15 minutes.

Les Beach Boys ont vendu plus de cent millions d’albums. On ne va pas vous refaire l’histoire de ce combo californien, mais on ne peut passer sous silence l’incontournable single « Good Vibrations », qui a révolutionné la technologie en studio, et puis l’album culte « Pet Sounds », paru en 1966. Et on n’en n’oubliera pas pour autant le rôle joué par le producteur Phil Spector, au cours de leur carrière, ainsi que ces fameuses harmonies vocales, très souvent imitées, mais jamais égalées.

Des frères Wilson, il ne reste plus grand monde. Le drummer Dennis Wilson est décédé en 1983 ; ivre, il s’était noyé en sautant de son bateau. Et le gratteur Carl Wilson, des suites d’un cancer du poumon, en 1998. Quant à Brian (NDR : c’est quand même lui qui signe la plupart des hits du band), il ne participe plus à l’aventure, depuis 2011, privilégiant une carrière solo. Du line up original, ne figure donc plus que le chanteur Mike Love. Le chanteur/claviériste Bruce Johnston, n’a (!?!?) débarqué qu’en 1965.  

Sur les planches, le tandem est soutenu par une solide équipe. Brian Eichenburger, Scott Totten et Jeffrey Foskett se consacrent aux grattes. Ce dernier, aussi bien électriques qu’acoustiques. John Cowsill et John Stamos (NDR : cet ami de Mike Love, depuis belle lurette, incarnait le rôle de l’oncle Jesse, dans la série américaine, ‘La fête à la maison’), dont le matos est séparé par un plexiglas, siègent derrière les fûts. Encore que Stamos apporte également et circonstanciellement son concours à la six cordes et au micro. Tim Bonhomme est préposé aux claviers et Randy Laego aux cuivres (saxes, clarinette, flûte à bec) ainsi qu’aux percus. Toute l’équipe participe aux vocaux, mais à des degrés divers. Des plantes vertes disséminées sur le podium sont éclairées par des spots de couleurs différentes.

Les lumières s’éteignent. Il est 20h00. La première partie du show peut commencer. Mais elle ne dépassera pas l’heure. Projetées en arrière-plan, sur un écran géant, des vidéos nous replongent dans les années 60 ; ces fameuses golden sixties vécues par le combo : concerts, foule, filles en délires, tubes et tout ce qui a forgé sa notoriété...

Les musicos prennent tout leur temps avant de grimper sur l’estrade. Ils saluent la foule et ouvrent le set par « Surfin’ Safari ». Bruce et Mike sont coiffés d’une casquette frappée du nom de la formation. Ce dernier débarque le dernier, micro à la main. Souriant, il est accueilli par un tonnerre d’applaudissements. Constamment à l’avant-scène, il adresse régulièrement un signe de la main à l’auditoire.

Complexes, mais très mélodieuses, les harmonies vocales se superposent en couches. Les chansons durent entre 2 et 3 minutes. La setlist réunit 19 titres notoires. « Catch A Wave » émerveille. Les 8 voix qui se conjuguent en harmonie, c’est vraiment dingue ! Randy ne se sert pas encore de ses instruments à vent. Il a saisi une couronne à cymbalettes de couleur bleue dont Mike va se servir, très régulièrement, par la suite…

Durant « Little Honda », l’image de Dennis Wilson apparaît sur l’écran. Et « Kiss Me, Baby », de jolies filles surfant sur des vagues. Moment particulier, lorsque Mike est entouré des quatre gratteurs qui pointent leurs manches dans sa direction. Les hits s’enchaînent. Jeff a abandonné le rôle de soliste aux jeunes sixcordistes. Il se concentre sur la rythmique et remplace le regretté Carl Wilson lors de certaines parties vocales, comme sur « Kokomo », en fin de concert. « Getcha Back » privilégie les percus et les ivoires. Les envolées vocales successives affrontent les cordes pendant « Good To My Baby ». Armé de son saxophone, Randy défie Scott. Mister Foskett empoigne une semi-acoustique avant d’aborder « Kiss Me, Baby ».

Place ensuite aux covers. Le « Why Do Fools Fall In Love » de Frankie Lymon and The Teenagers est dominé par les ivoires et magnifié par les harmonies vocales. Elles sont tout simplement divines. Randy s’avance pour accorder un autre solo au sax. Plus rock, le « Cotton Field » de Lead Belly met en exergue la technique des gratteurs. Mike loupe volontairement son intervention vocale pendant « Be True To Your School ». De quoi provoquer l’hilarité dans la foule. Randy y a troqué son sax contre une flûte traversière. Tout au long de « Little Deuce Coupe », des voitures de collection défilent sur l’écran. La première partie du show tire à sa fin, et après les rock’n’roll « 409 » et « Shut Down », elle s’achève par le grandiose « I Get Around ». Entracte !

Welcome in California ! Car la célèbre reprise du « California Dreaming » de The Mamas and The Papas ouvre le deuxième volet. Le drummer s’impose au chant, tout en assurant aux drums. Ce qui n’empêche pas Randy Laego de se réserver un nouveau solo au saxophone et de s’avancer au bord de l’estrade, comme chaque fois qu’il souffle dans ses instruments. Et le classique « California Girls », une compo qui fait l’éloge de la drague, du surf, de la plage tout en célébrant la joie de vivre sous les rayons de soleil, confirme cette invitation. Surf aussi comme les sonorités de grattes dispensées par « Then I Kissed Her ». En 1966, les Beach Boys gravaient l’incontournable elpee « Pet Sounds ». « Would’t It Be Nice » en est extrait. Place ensuite au karaoké. Les paroles défilent sur l’écran. Le public se prête à l’exercice, bien aidé –et joyeusement– par la troupe. « Forever » honore John Stamos. Il est vraiment impérial derrière ses fûts. Mais également très à l’aise derrière sa gratte ou au chant. La version du « Rock And Roll Music » de Chuck Berry rend hommage au célèbre guitariste, récemment disparu. Tout en s’accompagnant à la semi-acoustique, Jeffrey s’impose aux vocaux tout au long de « Kokomo ». Et le voyage s’achève par d’inévitables « Good Vibrations ». Un final d’enfer au cours duquel le public est debout.

Outre le rappel, Mike explique la raison de ce bout de tissu qui est accroché à son pied de micro. Souvenirs, souvenirs ! George Harrison et Mike étaient amis. Ils ont pratiqué la méditation transcendantale, ensemble. Puis vendu ces foulards afin de récolter des fonds ; des fonds destinés à une association caritative en Inde. Ils les exhibaient déjà en 1971 ! Et Love n’oublie pas d’adresser un petit clin d’œil aux ladies, quand il leur demande d’allumer leurs i-phones et de les balancer, en cadence, au-dessus de leurs têtes…  

Setlist

Première partie : « Surfin’ Safari », « Catch A Wave », « Little Honda », « Do It Again », « Surfin’ USA », « Sufer Girl », « Getcha Back », « Good To My Baby », « Aren’t You Glad », « Kiss Me, Baby », « Why Do Fools Fall In Love » ( Frankir Lymon And The Teenagers cover), « When I Grow Up (To Be A Man)», « Cotton Field » (Lead Belly cover), « Be True To Your School », « Don’T Worry Baby », « Little Deuce Coupe », « 409 », « Shut Down », « I Get Around »

Seconde partie : « California Dreaming » (The Mamas And The Papas cover), « California Girls », « Then I Kissed Her », « Sloop John B » (traditionnel cover), « Would’T It Be Nice », « Disney Girls », « I Can Hear Music » (The Ronettes cover), « All This Is That », « Forever », « God Only Knows », « Pisces Brothers », « Summer In Paradise », « DoYou Wanna Dance ? » (Bobby Freeman cover), « Rock And Roll Music » (Chuck Berry cover), « Help Me, Rhonoa », « Kokomo », « Good Vibrations »

Rappel : « Wild Honey », « Barbara Ann » (The Regents cover), « Fun, Fun, Fun »

(Organisation : STLIVE)

 

Mustii

Mustii président?

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Afin de célébrer son ‘Printemps 2017’, la Province de Hainaut avait mis les petits plats dans les grands : défis, dégustations, performances, gaming, bien-être... soit plus d’une soixantaine d’activités. Il y en avait pour tous les goûts !
Mais pas seulement, puisque afin de fêter dignement cette sympathique manifestation, Mustii se produisait sous le dôme multifonctionnel et avant-gardiste du Lotto Mons Expo.
Des consignes avaient été stipulées quelques jours au préalable. Sous peine de se voir refuser l’entrée, il fallait être présent suffisamment tôt. Les organisateurs craignaient un sold out.
Faut dire que Mustii commence à se tailler une solide réputation dans l’univers musical noir-jaune-rouge…

Call me Lia assure le supporting act. Une très jolie surprise ! Ce quintet est mené tambour battant par la toute frêle Alice Spapen et son comparse Arthur Bochner.

L’histoire de ces chevilles ouvrières est d’une banalité exemplaire. Une rencontre au célèbre ‘Jazz Studio’ d’Anvers, une complicité musicale qui s’amorce, un amour de la musique et une amitié naissance. Les ingrédients sont réunis !

Très vite, le duo cherche à se diversifier et propose un spectre musical plus large, davantage structuré et coloré. Il recrute trois autres jeunes musiciens, encore élèves au Conservatoire Royal de Bruxelles : Louise Andri (claviers), Victor Goldschmidt (batterie) et Pierre Louis Barthélémy (basse).

La formation –dont les musicos sont originaires de Bruxelles et du Brabant Wallon– prend véritablement son envol, suite à sa participation en 2015, au concours ‘L’Envol des Cités’. Elle est finaliste. Ce qui lui permet de signer chez Rox Records, un label distribué par Moonzoo music.

Sucrée, sa pop emprunte parfois des accents rock et se teinte circonstanciellement de tonalités jazzyfiantes ou funkysantes. Cosy, feutré même, l’univers sonore est plutôt proche d’un Black Lilys.

Les refrains sont envoûtants et entêtants. Les riffs de guitares sont faussement nonchalants dans la progression rythmique. Sans oublier cette vocalise ensorcelante qui annonce chaudement le printemps. Une tessiture susceptible de faire frémir de bonheur !

Les voix masculine et féminine se conjuguent à merveille ! Elles convient le spectateur à une cérémonie très agréable, pleine de réminiscences qui nous ravissent.

D’une trentaine de minutes cette prestation a certes marqué les esprits, mais elle laissera comme un goût de trop peu.

Les applaudissements –hautement mérités– fusent de toute part. Les lumières tamisées s’éteignent doucement et la salle sort de sa pénombre.

Il faut attendre 22h30 avant que Mustii ne montre le bout de son nez. Il s’excuse d’avoir une demi-heure de retard. Faut dire qu’il était programmé à l’affiche d’un autre festival, quelques heures plus tôt.

Si habituellement, il est couvert d’un ersatz de peignoir à capuche de style ‘Boxer’, acheté aux fripes, il arbore une tenue un poil plus conventionnelle ce soir : soit un survêtement en toile de lin de couleur noire et des fringues en cuir.

Histoire de théâtraliser un peu plus l’évènement encore, les musicos qui l’accompagnent ont suivi le même rituel.

Thomas Mustin, à l’état-civil, s’est essentiellement illustré en publiant « The Golden Age » et « Feed Me », deux titres matraqués sur les ondes radiophoniques.

Jeune artiste belge, acteur, auteur, compositeur et interprète, son univers musical baigne au cœur d’une pop électro enivrante, sensuelle, douce et abrupte à la fois.

A même pas trente ans, le gamin diplômé de l'IAD possède déjà une sacrée expérience scénique ! Ces derniers mois, il a écumé des dizaines de salles de concerts et des festivals.

Son tour de chant commence lorsque deux comparses flanqués en arrière-plan frappent énergiquement sur deux cymbales gargantuesques. Tout est millimétré. Les sons synthétiques sortent des machines, posées ci et là, et inondent immédiatement les conduits auditifs des aficionados. C’est assez énergique, les premiers pas de danse de sioux sont perceptibles !

La salle est pleine à craquer ! Les quelques piliers de comptoir ont déserté le bar, déposé leur pinte et sont venus tendre l’oreille à moitié ivre.

Mustii interprète, bien sûr les titres de son Ep, « The Darkest Night », paru l’an dernier. De nombreux fans connaissent les textes et les reprennent en chœur.

Les chansons conventionnelles et de jolies ballades ténébreuses alternent. Elles figureront sur un elpee, qui devrait sortir très prochainement.

Etrangement, la puissance de sa voix contraste avec son physique de jeune premier tout droit sorti d’une sitcom française pour ados, diffusée pendant les années 90.

Les détracteurs estimeront le set, sans doute, trop lisse. Donc, sans relief. Si manifestement l’improvisation n’a pas sa place, il est au contraire fort dense.

Sa reprise du tube séculaire « Heroes » s’avère toujours un des moments forts du spectacle. Une compo très intelligemment réappropriée. Le regretté David Bowie aurait été très fier du travail accompli.

Sans relâche, le show est rythmé par une kyrielle de chorégraphies ! Le gaillard ne cesse de courir et d’interagir avec les spectateurs.

A plusieurs reprises, il descend dans la fosse et serre les mains. De quoi laisser de nombreux spectateurs, bouche bée. Le tout, en arborant un large sourire, malgré une chaleur particulièrement écrasante. Il perle de sueur. Mais, on le sent heureux d’être là ! Il communique son énergie. On se croirait en pleine campagne électorale. Un spectateur lui offrira même du ‘Babybel’ pour le remercier. Et ce fromage est aussitôt converti en trophée…

Dents blanchies, sourire ravageur, coiffure soigneusement peignée et yeux hypnotiques, il profite de sa plastique de mannequin pour lécher du regard sans trop de scrupules les plus jolies filles. Et apparemment, elles sont ravies.

Un concert d’une rare intensité ! Décidément, La Belgique regorge de bien plus de talents qu’on ne peut l’imaginer…

(Organisation : Province de Hainaut)

 

 

 

Bai Kamara Jr

Ebahi ? Mais par Kamara Junior…

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Situé à Ittre, au beau milieu des bois, le Zik Zak est une très jolie salle. Rien n’est donc susceptible de troubler la tranquillité du voisinage. En outre, le son y est excellent et l’accueil réservé au public ainsi qu’aux artistes, chaleureux. Au programme, ce soir, The Lonely Free en supporting act et Bai Kamara Jr en tête d’affiche. Il était venu présenter son nouvel elpee, « The Mystical Survivors And Some Rare Earthlings », au Botanique, en avril dernier. On doit donc s’attendre à une set list qui fasse de nouveau la part belle à cet opus. Un disque dont le métissage entre funk, rock, latino, blues, soul, blues et world africaine est tout bonnement savoureux. Mais ce soir, la prestation sera surtout intimiste, privilégiant le format acoustique…

Arrivé en retard, impossible de vous décrire le set de The Lonely Free. Suivant les échos recueillis, la formation pratique un rock/blues que souligne, de sa voix chargée de groove, Sophie Kroonen.

Et lorsque votre serviteur débarque, Bai Kamara Jr vient d’entamer son second morceau. En costard cravate, armé d’une gratte semi-acoustique, il a le sourire aux lèvres. Il est soutenu par un quatuor qui semble tout autant prendre son pied. En l’occurrence Eric Moens, à la guitare électrique, et Thierry Rombaut (BJ Scott, Sarah Carlier), à la basse. Sans oublier, sur une estrade, bien en retrait, Yves Baibay aux drums.

Il a plus ou moins 50 âmes dans la salle. Aussi Bai invite l’assemblée à se rapprocher du podium.

Minimaliste, la version du « Going Up The Wrong Way » est dépouillée de ses cuivres. « Misery » dénonce la famine et la misère qui sévit en Afrique, le continent d’où il est originaire. Un nouveau titre : « It Ain’T Easy ». Tout au long de « For The Promise Of Gold », la voix du Sierraléonais adopte les inflexions de Jimi Hendrix. Et elle est carrément bouleversante pendant le plus rock « Riverboat Blues », un morceau au cours duquel l’auditoire est ébahi par sa maîtrise aux cordes ; il se réserve d’ailleurs alors un bel envol, en triturant judicieusement ses pédales.  

Si sa musique nous entraîne dans le delta du bayou, « If I Could Walk On Water » aborde le drame des Boat People. Lors de la version studio, des artistes belges avaient apporté leur concours, une chanson dont les bénéfices ont été reversés à Médecins Sans Frontières.

Plus latino, mais sans percus ni ivoires, « Signs » lorgne carrément vers Carlos Santana. A cause du toucher de gratte si caractéristique.

La voix se charge de groove sur « Got Out Of This », une compo hantée par Marvin Gaye et Curtis Mayfield. Et le funky « Making Beggers Into Thieves » clôt ce set, un morceau qui incite à investir le dancefloor.

Le band quitte brièvement les planches pour réapparaître aussitôt afin d’accorder un rappel de deux titres : « Substitute » et « Fortune », soit les deux dernières perles de la soirée.

(Organisation : Zik Zak)

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